
"La manière la plus sûre et la plus satisfaisante de travailler mentalement à une histoire reste pour moi associée à... la vaisselle". Ainsi parlait Agatha Christie à propos des Travaux d'Hercule. Cette auto-analyse, que l'on retrouve dans le portrait que François Rivière dresse de la "Duchesse de la mort", semble assez bien correspondre à cette romancière hors du commun : créative, imaginative, perverse mais également pétrie de morale et attachée aux valeurs de la grande époque victorienne. Elle connaît tous les secrets mortels des poisons, et les sert à ses lecteurs comme le thé mais selon la tradition. C'est l'analyse de cette ambiguïté qui fait tout l'intérêt de l'ouvrage. On sait que son œuvre regroupe soixante-six romans, vingt pièces de théâtre, plus de cent nouvelles et contes pour enfants, des poèmes et carnets de voyage auxquels il faut ajouter une autobiographie qui selon François Rivière est à considérer comme la "plus sublime pièce de fiction" ! Car autour de Dame Agatha règne encore quelques mystères, et notamment celui de sa disparition au cours de l'hiver 1926...
Autobiographie ou déclaration d'amour ? François Rivière est, à n'en pas douter, tombé amoureux de la romancière. La subjectivité qui affleure au fil des pages donne toute la force à cet ouvrage très bien documenté, suivi d'une bibliographie et d'une filmographie de la reine du crime.--Claude Mesplède