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> Alzir Hella (Traducteur)
> Olivier Bournac (Traducteur)

ISBN : 2253147966
Éditeur : Le Livre de Poche (2000)


Note moyenne : 4.17/5 (sur 142 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Joseph Fouché (1759-1820) est l'une des figures les plus énigmatiques de son temps. Elevé chez les Oratoriens, il fut un pilleur d'églises. Conventionnel modéré, il massacra les royalistes de Lyon. Ayant voté la mort de Louis XVI, il fut ministre de Louis XVIII. Napoléo... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Marple, le 02 mars 2013

    Marple
    J'ai tendance à 'oublier' ce qui fait la différence entre un roman sympa (mais pas vraiment marquant) et un grand livre (qui sera lu et apprécié par des générations). Et là, après fouché, je m'en souviens !
    fouché est un grand livre. Et, surtout, Zweig est un grand écrivain.
    Ses phrases sont ciselées, son propos est limpide et ses expressions sont toujours justes, au point qu'on se prend à relire certains passages ne serait-ce que pour la musique des mots. J'ai relevé quelques citations, mais il y a de petites perles de style presque à chaque page. Il paraît d'ailleurs que c'est encore mieux en VO allemande, j'essaierai peut-être un jour...
    Cette écriture fluide et belle sert un contenu tout à fait intéressant : l'étude du caractère de l'intrigant et opportuniste Joseph Fouché, et de son parcours de ruse et de trahisons dans les coulisses de la Révolution et de l'Empire. La petite histoire, celle des alliances et des changements de camps au gré du vent, croise la grande, et contribue à la faire. En ce sens, ce livre est instructif. L'instruction est ici fort plaisante grâce à cette analyse psychologique très fine de ce héros méconnu, brillant et travailleur, mais irrémédiablement amoral.
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    • Livres 5.00/5
    Par petitours, le 18 janvier 2012

    petitours
    Nietzsche disait de Stendhal qu'il était le dernier des grands psychologues français. Eût il vécu quelques années de plus qu'il aurait certainement affirmé la même chose de Zweig. La biographie de Zweig est une descente dans les tréfonds d'une âme étrange qu'il ausculte avec une acuité exceptionnelle. Je serais bien en peine de juger la qualité du travail de recherche historique, mais le personnage de fouché ici décrit dans ses turpitudes, de sa grandeur politique à sa fourbe morale personnelle en fait un anti-héros monstrueux et fascinant à la fois. du travail d'orfèvre
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    • Livres 4.00/5
    Par gill, le 20 juillet 2012

    gill
    fouché fut, sûrement, l'un des hommes les plus puissants de son époque mais aussi, certainement, l'un des plus, unanimement, détestés.
    Les grandes figures de la Révolution et de l'Empire, Napoléon, Robespierre, Carnot, Barras, Talleyrand, ne rendent, jamais, honneur à sa personnalité, se montrant à son égard d'une dureté implacable.
    Il gardera pour la la postérité, aidé en cela par Michelet, Lamartine et Louis Blanc, l'image d'un policier efficace, mais surtout d'un homme politique fuyant, d'un traître avéré , avec pour seule constance que celle de son intérêt.
    S'appuyant, sur la volumineuse biographie de fouché écrite par Louis Madelin, en 1901 et récompensée par l'Académie Française, Stefan Zweig nous offre, avec ce livre magnifique, une biographie éclairante du personnage.
    Écrivain pacifiste proche de Romain Rolland, romancier prolifique et talentueux, dramaturge surdoué et homme de conviction engagé, Stefan Zweig réalise, ici, une complexe étude psychologique qui, hors d'une morale partisane, replace le personnage face à lui-même et dans le contexte d'une époque primordiale, troublée et orageuse.
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    • Livres 5.00/5
    Par bvb09, le 29 décembre 2013

    bvb09
    Je considère que la biographie d'un personnage historique est l'ancêtre du concept « L'Histoire pour les Nuls ».
    Quand le sujet de la biographie est fouché et que son auteur est Stefan Zweig on touche au sublime. Sans doute Zweig prend-il des libertés dans ses interprétations mais cela rend ce « roman » tellement facile à lire que l'on ne peut que lui en savoir gré.
    Si un auteur de fiction envoyait un thriller dont le héros noir vivait ne serait-ce que la moitié de ce qu'a vécu fouché, on lui rirait probablement au nez pour tant d'invraisemblances.
    Oui mais voilà, l'expression « la réalité dépasse la fiction » a été inventée pour fouché (Je croyais que c'était pour Churchill, mais je m'étais trompé).
    Si vous souhaitez que vos enfants deviennent prof d'histoire, mettez-leur ce livre entre les mains… et même si vous voulez qu'ils deviennent plombier
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    • Livres 5.00/5
    Par Gustave, le 21 avril 2014

    Gustave
    Il s'agit du premier Zweig que j'ai lu: si depuis je n'en ai pas lu d'autres, ce n'est pas par désaffection, mais par simple arbitrage avec d'autres lectures...En attendant d'y revenir, certainement dans pas très longtemps.
    Bien que cela fasse plus de deux ans que je l'aie lue, la vivacité, l'efficacité du récit et l'impression de réalité presque vécue que m'ont imprimé cette biographie demeurent à ce jour intactes.
    Stefan Zweig fait preuve d'une efficacité redoutable dans le récit de la vie de celui qui fut successivement professeur chez les Oratoriens, Conventionnel girondin avant de passer chez les Montagnards les plus extrémistes parmi les extrémistes (Lyon, où je fais mes études, s'en souvient encore maintenant), puis, après une période de misère Ministre de la Police du Directoire, de Napoléon 1er et de Louis XVIII...Avant que son passé de Conventionnel régicide ne le rattrappe.
    Zweig possède en effet l'art d'alterner savamment entre recul critique à l'égard du personnage fouché, lorsqu'il en élucide les ressorts et une capacité à nous faire quasiment vivre la vie de fouché lui même, en particulier dans ses instants les plus critiques: le chapitre consacré à sa confrontation à mort avec Robespierre est à cet égard d'une tension parfois à la limite du soutenable, quand on songe à la lame de la guillotine si près de la nuque de celui qui venait de commettre un bain de sang à Lyon: et l'on se surprend alors à éprouver de l'empathie pour cet individu sanguinaire, à plus forte raison lorsque l'on apprend qu'il vient de perdre sa fille encore au berceau.
    Il est également passé maître dans la capacité à tirer des évènements historiques particuliers, des comportements individuels des lois générales qui valent de manière universelle. Il n'est qu'à songer à la manière dont il fait de la lâcheté le moteur de la plupart des désastres historiques ayant causé les bains de sang, que ce soit la Terreur, la Première guerre mondiale et la Révolution russe.
    L'écriture est par ailleurs d'une grande élégance. Je me souviens encore de certaines citations, à la fois finement ciselées et terribles par ce qu'elles expriment de vérité sur fouché ou tout autre personnage historique: "le manteau ducal ne suffira pas à effacer les traces de sang sur ses mains", à propos des mitraillades de Lyon, ou encore lorsqu'il relate la manière dont Bonaparte encore consul se défait (pour pas longtemps d'ailleurs) de son ministre, en lui octroyant une retraite particulièrement généreuse: "à défaut de les lier (ses mains), on les charge d'or"
    Le talent de pédagogue dont fait preuve par ailleurs Zweig fait que le livre est facile d'accès pourvu qu'on dispose de connaissances élémentaires en histoire. C'est certainement lié au fait qu'écrivant à l'origine à un public de langue allemande, il devait leur faire comprendre les tenants et aboutissants de l'Histoire de France que celui-ci ne connaissait peut-être pas forcément.
    A mon sens, il suffit de de connaître les fondamentaux absolus suivants: savoir que la Révolution commence en 1789 et qu'on y a coupé la tête à Louis XVI, que Napoléon a pris le pouvoir en 1799 avant de devenir empereur en 1804, qu'il a quasiment dominé l'Europe avant de perdre définitivement à Waterloo en 1815 et que la monarchie est rétablie par Louis XVIII.
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Citations et extraits

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  • Par Florence94, le 14 août 2012

    Tel est, encore une fois, le secret suprême de la puissance de Joseph Fouché : tout en voulant l'autorité, et même l'autorité la plus haute, il se contente, contrairement à ce que font la plupart des hommes, de la conscience qu'il a de posséder cette autorité elle-même, sans avoir besoin de ses marques extérieures ni de son uniforme. Fouché est ambitieux au plus haut degré, plus que tout, mais il ne cherche pas la gloriole, il a de l'ambition mais non de la vanité. En véritable joueur intellectuel, il n'aime que les valeurs positives du pouvoir, mais non leurs insignes.

    ...la peur met sa couleur grise sur leurs figures , et rien n'avilit plus l'homme, et surtout une masse d'hommes, que la peur de l'invisible.

    Fouché connaît trop bien Napoléon pour essayer, lorsque leurs idées sont opposées, de lui faire partager les siennes. Il se laisse commander et il accepte les ordres, comme tous les autres flatteurs et serviles ministres de l'époque impériale, - seulement avec une petite différence qu'il n'obéit pas toujours.

    Plus Napoléon devient puissant, plus Fouché le gêne. Plus Fouché devient fort, plus il hait Napoléon....Tous les deux cherchent à se tromper mutuellement, tous les deux en jouant à découvert , de nouveau, la question se pose : qui, à la longue, l'emportera, le plus fort ou le plus habile, le sang chaud ou le sang froid ?...Napoléon a dit de lui à Sainte-Hélène ce mot profond : Je n'ai connu qu'un traître véritable, un traître consommé : Fouché.

    Mais plusieurs fois déjà nous avons fait allusion à ce qui est chez Fouché le point faible : son ambition a toutes les habilités, à l'exception d'une seule, celle de savoir s'en aller à temps.
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  • Par LydiaB, le 04 juillet 2010

    Le tiers état est encore exclu de tout, dans le royaume corrompu et mal administré ; il n'est pas étonnant qu'un quart de siècle plus tard le poing exige ce qu'on a refusé trop longtemps à la main humblement suppliante.
    Il ne reste que l'Eglise. Cette grande puissance, vieille de mille années, infiniment supérieure aux souverains dynastiques quant à la connaissance du monde, pense avec plus d'intelligence, un esprit plus démocratique, un cœur plus large. Elle trouve toujours une place pour qui est doué et elle accepte même le plus humble dans son royaume invisible. Comme le petit Joseph s'est déjà distingué par son zèle à l'étude, sur les bancs de l'école des Oratoriens, ceux-ci lui accordent volontiers, lorsqu'il a fini ses classes, un poste de professeur de mathématiques et de physique, de surveillant général et de préfet des études. A vingt ans il a, dans cet ordre, qui depuis l'expulsion des jésuites dirige partout en France l'instruction catholique, une charge, à vrai dire modeste, et sans beaucoup d'avenir, mais qui constitue pour lui cependant un moyen de s'instruire en enseignant les autres.
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  • Par Pchabannes, le 02 octobre 2011

    “Chaque jour nous constatons encore que, dans le jeu ambigu et souvent criminel de la politique, auquel les peuples confient toujours avec crédulité leurs enfants et leur avenir, ce ne sont pas de hommes aux idées larges et morales, aux convictions inébranlables qui l’emportent, mais ces joueurs professionnels que nous appelons diplomates, - ces artistes aux mains prestes, aux mots vides et aux nerfs glacés”
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  • Par Oliv, le 17 mai 2012

    Il faut profondément sonder l’histoire pour remarquer, dans le feu de la Révolution et dans la lumière légendaire de Napoléon, la simple présence de cet homme, d’apparence modeste, mais qui, en réalité, met la main à tout et dirige l’époque. Pendant toute sa vie il restera dans l’ombre — mais il enjambera les corps de trois générations; Patrocle est depuis longtemps tombé, et Hector, et Achille, qu’Ulysse vit encore, Ulysse fécond en artifices.
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  • Par Marple, le 02 mars 2013

    Le plus éblouissant, le plus charmant et peut-être aussi le plus important des deux est Talleyrand. Issu d'une culture littéraire et très ancienne, assoupli par la finesse d'esprit du XVIIIe siècle, il aime le jeu de la diplomatie comme l'un des nombreux autres jeux excitants que comporte l'existence, mais il hait le travail.

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