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> Alzir Hella (Traducteur)
> Olivier Bournac (Traducteur)

ISBN : 2253147966
Éditeur : Le Livre de Poche (2000)


Note moyenne : 4.22/5 (sur 95 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Joseph Fouché (1759-1820) est l'une des figures les plus énigmatiques de son temps. Elevé chez les Oratoriens, il fut un pilleur d'églises. Conventionnel modéré, il massacra les royalistes de Lyon. Ayant voté la mort de Louis XVI, il fut ministre de Louis XVIII. Napoléo... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Marple, le 02 mars 2013

    Marple
    J'ai tendance à 'oublier' ce qui fait la différence entre un roman sympa (mais pas vraiment marquant) et un grand livre (qui sera lu et apprécié par des générations). Et là, après fouché, je m'en souviens !
    fouché est un grand livre. Et, surtout, Zweig est un grand écrivain.
    Ses phrases sont ciselées, son propos est limpide et ses expressions sont toujours justes, au point qu'on se prend à relire certains passages ne serait-ce que pour la musique des mots. J'ai relevé quelques citations, mais il y a de petites perles de style presque à chaque page. Il paraît d'ailleurs que c'est encore mieux en VO allemande, j'essaierai peut-être un jour...
    Cette écriture fluide et belle sert un contenu tout à fait intéressant : l'étude du caractère de l'intrigant et opportuniste Joseph Fouché, et de son parcours de ruse et de trahisons dans les coulisses de la Révolution et de l'Empire. La petite histoire, celle des alliances et des changements de camps au gré du vent, croise la grande, et contribue à la faire. En ce sens, ce livre est instructif. L'instruction est ici fort plaisante grâce à cette analyse psychologique très fine de ce héros méconnu, brillant et travailleur, mais irrémédiablement amoral.
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    • Livres 5.00/5
    Par petitours, le 18 janvier 2012

    petitours
    Nietzsche disait de Stendhal qu'il était le dernier des grands psychologues français. Eût il vécu quelques années de plus qu'il aurait certainement affirmé la même chose de Zweig. La biographie de Zweig est une descente dans les tréfonds d'une âme étrange qu'il ausculte avec une acuité exceptionnelle. Je serais bien en peine de juger la qualité du travail de recherche historique, mais le personnage de fouché ici décrit dans ses turpitudes, de sa grandeur politique à sa fourbe morale personnelle en fait un anti-héros monstrueux et fascinant à la fois. du travail d'orfèvre
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    • Livres 4.00/5
    Par gill, le 20 juillet 2012

    gill
    fouché fut, sûrement, l'un des hommes les plus puissants de son époque mais aussi, certainement, l'un des plus, unanimement, détestés.
    Les grandes figures de la Révolution et de l'Empire, Napoléon, Robespierre, Carnot, Barras, Talleyrand, ne rendent, jamais, honneur à sa personnalité, se montrant à son égard d'une dureté implacable.
    Il gardera pour la la postérité, aidé en cela par Michelet, Lamartine et Louis Blanc, l'image d'un policier efficace, mais surtout d'un homme politique fuyant, d'un traître avéré , avec pour seule constance que celle de son intérêt.
    S'appuyant, sur la volumineuse biographie de fouché écrite par Louis Madelin, en 1901 et récompensée par l'Académie Française, Stefan Zweig nous offre, avec ce livre magnifique, une biographie éclairante du personnage.
    Écrivain pacifiste proche de Romain Rolland, romancier prolifique et talentueux, dramaturge surdoué et homme de conviction engagé, Stefan Zweig réalise, ici, une complexe étude psychologique qui, hors d'une morale partisane, replace le personnage face à lui-même et dans le contexte d'une époque primordiale, troublée et orageuse.
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    • Livres 5.00/5
    Par Bigmammy, le 22 mars 2012

    Bigmammy
    Stefan Zweig (1881-1942), est déjà un romancier et poëte célèbre, combattant de la paix aux côtés de son ami Romaink Rolland, lorsqu'il aborde la biographie : il raconte la vie de grands auteurscontemporains (Emile Verhaeren, Romain Rolland, Marceline Desbordes-Valmore, Erasme), puis de personnages historiques marqués par la tragédie : Marie Antoinette, Marie Stuart.
    Comment s'est-il intéressé au symbole de la « basse police » qu'est Joseph Fouché, Conventionnel régicide, massacreur de Lyon en 1793, indispensable ministre de la police du Directoire, du Consulat et de l'Empire , finalement viré par l'Empereur, qui ne s'est jamais fait d'illusions sur sa loyauté ?
    Ce qui intéresse Zweig, ce sont les ressorts du personnage, « le mystère démonique de son caractère » : rester au centre du dispositif, tirer les fils des marionnettes que sont, pêle-mêle, les traine-sabre de Napoléon – ceux dont les noms ceinturent aujourd'hui Paris -, les harpies de la famille Bonaparte, les immigrés rentrés pour se mettre au service de l'Usurpateur...
    fouché n'a pas de conviction, mais il a une passion : manipuler.
    Une inquiétude vient lorsqu'on lit ce fouché : Zweig, emporté par le portrait psychologique, a-t-il respecté la vérité historique ? Après tout, il est romancier et non historien ; il a travaillé à partir de l'œuvre de Louis Madelin, historien modéré qui a écrit un fouché en 1901. Si vous voulez en savoir plus, il y a une œuvre récente de l'excellent Jean Tulard sur fouché.
    Puisque nous pensons à Zweig, n'oublions pas son œuvre la plus magistrale, « Le Monde d'hier », réflexion lumineuse sur le terrible XXème siècle européen, dont Zweig et sa femme seront les victimes, en se donnant la mort au Brésil en 1942.
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    • Livres 5.00/5
    Par Pchabannes, le 02 octobre 2011

    Pchabannes
    Derrière les faits indiscutables, Stefan Zweig recherche l'intime qui fait se mouvoir les hommes. C'est dans leur nature même que ce fidèle de Freud dévoile les racines psychiques et primales des décisions toutes entières habillées de raisons raisonnantes par les historiens consciencieux expliquant les évènements après coup, par tels ou tels des évènements antécédents, alors qu'un évènement tout différent se serait aussi bien expliqué, dans les mêmes circonstances, par des antécédents autrement choisis (relire Henri Bergson, Essai du possible et le réel). L'Homme alors devient sujet et acteur de l'Histoire comme dans le magnifique et toujours actuel Conscience contre violence.
    1759, nait à Nantes ce fils de commerçants et de marins que rien ne présageait à devenir duc d'Otrante. Il aura fallu à ce demi-prêtre professeur au séminaire, l'éclatement des vermoulures d'un ordre fini pour se voir révéler un génie formé comme Sieyès ou Talleyrand à l'école de Loyola, l'école de la maitrise de soi et de l'éloquence. Dans la tourmente les amis d'Arras d'hier deviennent les ennemis d'aujourd'hui. Robespierre y laissera sa tête. Napoléon ses rêves. “Le trait essentiel de sa nature : sa répugnance à se livrer entièrement à quelqu'un ou à quelque chose. Ambitieux au dernier degré sans la vanité, le pouvoir est à celui qui le possède et non à celui qui le représente.”
    “Les Girondins tombent, fouché reste. Les Jacobins sont traqués, fouché reste.”
    L'Empire est bien sûr au cœur de la vie de fouché et l'image de Napoléon, génie dévoré par sa famille, est saisissante. de ces relations avec Napoléon Bonaparte, je ne retiendrai que cet échange si typique
     Vous êtes un traitre, duc d'Otrante, je devrais vous faire couper la tête.
     Ce n'est pas mon avis, Sire
    De son inimitié avec Talleyrand, retenons ce mot de l'évêque d'Autun à Napoléon
    “Sans doute, Monsieur fouché a grand tort, et moi, je lui donnerais un remplaçant, mais un seul : Monsieur fouché lui-même.”

    Le plus saisissant pour un français élevé dans le mythe de la Révolution française est cette lecture d'un européen de l'Est, de cet homme du XXème siècle qui voit au sein de ces temps héroïques les premiers manifestes communistes, et même bolchevique, en 1793 avec les Instructions de Lyon : “Prenez tout ce qu'un citoyen a d'inutile ; car le superflu est une violation évidente et gratuite des droits du peuple. Tout homme qui a au-delà de ses besoins ne peut plus user, il ne peut qu'abuser”. Cette lecture plus actuelle permet de voir s'affronter des socialistes et des communistes et aussi des faiseurs de butins et des âmes à double visages, des généraux et des financiers, profiteurs, chevaliers d'industrie…
    Machiavel avait ouvert la porte au monde moderne en séparant la politique de la morale. Pourtant l'artiste, dans sa préface, ne peut accepter ce jeu : “Chaque jour nous constatons encore que, dans le jeu ambigu et souvent criminel de la politique, auquel les peuples confient toujours avec crédulité leurs enfants et leur avenir, ce ne sont pas de hommes aux idées larges et morales, aux convictions inébranlables qui l'emportent, mais ces joueurs professionnels que nous appelons diplomates, - ces artistes aux mains prestes, aux mots vides et aux nerfs glacés”. Sans doute nombreux sont ceux qui, aujourd'hui encore, convoqueront les mânes de Sweig contre le sang glacé du Prince italien.
    N'oublions pas que Stefan Zweig, dans la partie consacrée à Hölderlin de son Combat contre le démon, avait déjà pris à parti le moulin de la destruction de la Révolution levant sa hache sur la beauté du monde. “Divers est leur trépas, mais pour tous il est précoce.” En France André Chénier, Apollon d'un nouvel hellénisme, trainé à la guillotine le dernier jour de la terreur. En Angleterre en quelques années, John Keats, Shelley et Lord Byron, la plus noble floraison lyrique est anéantie. Pour l'Allemagne Novalis, Kleist, Raimund, Büchner, Hauff, Schubert, expirent avant le temps. Leopardi, Bellini, Gridojedof, Pouchkine endeuillent Italie et Russie. Seul Goethe est toujours debout à Weimar.
    Petite curiosité : Il travaillait dix heures par jour. Voilà l'expression typique de Stefan Zweig désignant celui qui se donne passionnément à son activité. Une expression allemande ? Une limite personnelle ?
    Vite courez chez votre libraire ! 10€ pour une magnifique biographie de Zweig couvrant, certes la vie de fouché, mais surtout une vision de la révolution française par un magnifique écrivain du XXème siècle!


    Lien : http://quidhodieagisti.kazeo.com/lectures-diverses-critiques-et-comm..
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Citations et extraits

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  • Par Florence94, le 14 août 2012

    Tel est, encore une fois, le secret suprême de la puissance de Joseph Fouché : tout en voulant l'autorité, et même l'autorité la plus haute, il se contente, contrairement à ce que font la plupart des hommes, de la conscience qu'il a de posséder cette autorité elle-même, sans avoir besoin de ses marques extérieures ni de son uniforme. Fouché est ambitieux au plus haut degré, plus que tout, mais il ne cherche pas la gloriole, il a de l'ambition mais non de la vanité. En véritable joueur intellectuel, il n'aime que les valeurs positives du pouvoir, mais non leurs insignes.

    ...la peur met sa couleur grise sur leurs figures , et rien n'avilit plus l'homme, et surtout une masse d'hommes, que la peur de l'invisible.

    Fouché connaît trop bien Napoléon pour essayer, lorsque leurs idées sont opposées, de lui faire partager les siennes. Il se laisse commander et il accepte les ordres, comme tous les autres flatteurs et serviles ministres de l'époque impériale, - seulement avec une petite différence qu'il n'obéit pas toujours.

    Plus Napoléon devient puissant, plus Fouché le gêne. Plus Fouché devient fort, plus il hait Napoléon....Tous les deux cherchent à se tromper mutuellement, tous les deux en jouant à découvert , de nouveau, la question se pose : qui, à la longue, l'emportera, le plus fort ou le plus habile, le sang chaud ou le sang froid ?...Napoléon a dit de lui à Sainte-Hélène ce mot profond : Je n'ai connu qu'un traître véritable, un traître consommé : Fouché.

    Mais plusieurs fois déjà nous avons fait allusion à ce qui est chez Fouché le point faible : son ambition a toutes les habilités, à l'exception d'une seule, celle de savoir s'en aller à temps.
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  • Par LydiaB, le 04 juillet 2010

    Le tiers état est encore exclu de tout, dans le royaume corrompu et mal administré ; il n'est pas étonnant qu'un quart de siècle plus tard le poing exige ce qu'on a refusé trop longtemps à la main humblement suppliante.
    Il ne reste que l'Eglise. Cette grande puissance, vieille de mille années, infiniment supérieure aux souverains dynastiques quant à la connaissance du monde, pense avec plus d'intelligence, un esprit plus démocratique, un cœur plus large. Elle trouve toujours une place pour qui est doué et elle accepte même le plus humble dans son royaume invisible. Comme le petit Joseph s'est déjà distingué par son zèle à l'étude, sur les bancs de l'école des Oratoriens, ceux-ci lui accordent volontiers, lorsqu'il a fini ses classes, un poste de professeur de mathématiques et de physique, de surveillant général et de préfet des études. A vingt ans il a, dans cet ordre, qui depuis l'expulsion des jésuites dirige partout en France l'instruction catholique, une charge, à vrai dire modeste, et sans beaucoup d'avenir, mais qui constitue pour lui cependant un moyen de s'instruire en enseignant les autres.
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  • Par Pchabannes, le 02 octobre 2011

    “Chaque jour nous constatons encore que, dans le jeu ambigu et souvent criminel de la politique, auquel les peuples confient toujours avec crédulité leurs enfants et leur avenir, ce ne sont pas de hommes aux idées larges et morales, aux convictions inébranlables qui l’emportent, mais ces joueurs professionnels que nous appelons diplomates, - ces artistes aux mains prestes, aux mots vides et aux nerfs glacés”
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  • Par Oliv, le 17 mai 2012

    Il faut profondément sonder l’histoire pour remarquer, dans le feu de la Révolution et dans la lumière légendaire de Napoléon, la simple présence de cet homme, d’apparence modeste, mais qui, en réalité, met la main à tout et dirige l’époque. Pendant toute sa vie il restera dans l’ombre — mais il enjambera les corps de trois générations; Patrocle est depuis longtemps tombé, et Hector, et Achille, qu’Ulysse vit encore, Ulysse fécond en artifices.
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  • Par Marple, le 02 mars 2013

    Le plus éblouissant, le plus charmant et peut-être aussi le plus important des deux est Talleyrand. Issu d'une culture littéraire et très ancienne, assoupli par la finesse d'esprit du XVIIIe siècle, il aime le jeu de la diplomatie comme l'un des nombreux autres jeux excitants que comporte l'existence, mais il hait le travail.

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Vidéo de Stefan Zweig

Les Derniers jours de Stephan Zweig en BD, interview du dessinateur Guillaume Sorel .
Interview du dessinateur Guillaume Sorel au Salon du Livre de Paris 2012 à l'occasion de la sortie de l'album Les Derniers jours de Stephan Zweig en BD, par Laurent Seksik et G. Sorel (chez Casterman).











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