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ISBN : 2756102849
Éditeur : Léo Scheer (2011)


Note moyenne : 4.25/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
La fiction sait ce que la réalité ne fait que sentir. L'Occident a répandu ses ténèbres sur le reste de la Terre. Et la série Lost ne se contente pas d'en dresser le portrait le plus complet ; elle met également en scène la quête d'un nouveau pôle d'orientation, qui pas... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (3)

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 15 avril 2011

    LiliGalipette
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    Essai de Pacôme Thiellement.
    Que vous ayez applaudi ou maudit la fin de la série Lost, en aucun cas vous n'y avez été indifférent. Que vous portiez J. J. Abrams, Damon Lindelof et Carlton Cuse aux nues ou que vous les vouiez aux gémonies, vous ne pouvez nier qu'ils ont créé une oeuvre qui se refuse à l'interprétation facile. Ce que propose ici l'auteur, ce ne sont pas des réponses aux questions que la série a soulevées, c'est plutôt un regard particulier qui accompagne le lecteur et invite le spectateur à cheminer lui-même à la rencontre du possible sens de la série.
    "Le conflit principal au coeur de Lost n'est pas, comme les scénaristes l'ont longtemps prétendu, celui entre la science et la foi. Ce n'est pas non plus, comme certains personnages se sont maladroitement essayés à le suggérer, celui entre le Bien et le Mal. [...] La polarité centrale de Lost est celle de la Confiance et de la tromperie. Et cette polarité est le corollaire du conflit entre la fiction et ses règles et le monde réel et son anomie." (p. 31) le principal reproche que les fans ont adressé aux scénaristes et à la série, c'est d'avoir déçu leurs attentes. Comme les personnages qui vivent et font vivre des trahisons, d'aucuns ont estimé que la série avait trahi ses promesses et ses spectateurs. "Curieusement, ces fans mécontents ne se sont jamais demandé s'ils ne pouvaient pas trouver, en eux-mêmes, le sens de ces fameuses énigmes. [...] Ils ont beaucoup exigé de Lost en échange du temps passé à en regarder les épisodes. Ils ne se sont pas demandés si Lost, en retour, pouvait exiger quelque chose d'eux en échange du temps passé à les écrire et à les réaliser." (p. 38) Pacôme Thiellement invite le spectateur à ouvrir les yeux. Pour ce faire, il convient de rompre les amarres et de repousser une pensée occidentale moderne et matérialiste qui empêche l'accès au sens véritable et à la compréhension.
    "L'ouverture des yeux, l'éveil à sa véritable nature, est le leitmotiv de Lost qui va de pair avec le variateur de perspective que représente l'attribution d'un nouveau centre, incarné par un personnage différent à chaque épisode." (p. 33) Devant la série, le spectateur ne doit pas ouvrir les yeux que pour voir, mais pour comprendre et pour être. Lost n'est pas une fiction qui se satisfait de la passivité. Lost a des échos dans la réalité, la fiction sort de son cadre pour nourrir le réel. Pour ce faire, elle a besoin que le spectateur s'éveille à elle et à la vérité et, finalement, à lui-même. "Lost est une doctrine de l'éveil dont chaque éveil passe par une négation systématique de l'éveil vécu précédemment par le sujet." (p. 33)
    La série a poussé les spectateurs dans une recherche de la gnose et du sens. Or, la découverte la plus fondamentale de cette quête semble être l'acceptation de l'absence de sens, le lâcher-prise face à l'impalpable. "Lost est une fiction sur le rôle de la fiction de notre vie. Et le caractère déceptif de toute fiction est le noyau de sa propre fiction. Lost est une exploration de la "demande de conclusion" propre à tout spectateur regardant une fiction, et une méditation sur les conséquences possibles de l'absence de conclusion.". (p. 58) Considérer la fiction inachevée comme une initiation, tel est peut-être le message ultime de Lost. le spectateur, bardé de doutes et de questions, a alors accès à une connaissance plus sûre que celle qui lui aurait été délivrée sans recherche ni remise en question. "La fiction peut se faire la plus transfiguratrice possible, nous restons encore étrangers à son opération tant que nous ne l'avons pas transformée en méthode. [...] Une fiction qui ne sert pas à illuminer la vie ne vaut rien." (p. 115 & 116)
    Pacôme Thiellement inscrit Lost sur un palimpseste. Avant la série, un mythe ancestral indo-européen évoquait déjà une île et une source de lumière - la connaissance - protégées par un gardien éternel et retiré de l'action, le Roi du Monde : "Maître du Temps, il ne participe pas aux actions des hommes, mais les conditionne toutes, et il se tient, par le non-agir, immobile au centre du mouvement comme le moyeu au centre de la roue." (p. 21) Ce que l'auteur veut faire comprendre, c'est que si Lost est une production du monde moderne véhiculée par un média moderne, la série n'en est pas moins nourrie et ancrée dans une pensée traditionnelle que le spectateur doit tenter de comprendre pour cerner l'harmonie de la fiction.
    Lost renvoie aux Oeuvres d'Henry James, notamment L'Image dans le tapis, ou à la série Twin Peaks. Elle s'inscrit dans la lignée des textes à clé et des cheminements initiatiques. Rien ne sert d'assener des vérités : elles seront systématiquement battues en brèche par des révélations éphémères et transitoires. le sens de Lost n'est pas figé, il n'est pas unique et il n'est pas inaccessible. Pacôme Thiellement propose un essai à la fois intelligent et intelligible sur la série qui a fait tressaillir des millions de spectateurs. le propos est élégamment rédigé et très accessible. Les amateurs et détracteurs de la série y trouveront des clés en pour poursuivre la redécouverte. Parce que Lost n'est pas une fiction que l'on peut appréhender en une seule fois. Elle exige la patience, l'humilité, le renoncement et le recommencement.
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    • Livres 5.00/5
    Par Charybde2, le 17 mars 2013

    Charybde2
    Lecture de LOST d'une rare intelligence. Must pour amateurs, curieux, et même (surtout ?) déçus
    Publié début 2011 dans la collection "Variations" de Léo Scheer, cet essai de Pacôme Thiellement réjouira tous les amateurs de la série-culte "Lost", mais aussi, potentiellement, tous les sceptiques de l'ensemble de la série et tous les déçus de la dernière saison.
    Essai brillant, d'une agilité intellectuelle hors du commun et d'une culture fouillée et éclectique, "Les mêmes yeux que Lost" nous emmène très vite sur le terrain des mythologies orientales, du mysticisme, ou de l'ésotérisme hermétique, mais ne s'y confine pas, loin de là. La lecture des personnages, de leurs moments-clé, de leurs rôles, de leurs limites, de leur sens individuel et de leur signification collective, constitue un véritable enchantement, un défi intellectuel toujours souriant, et une puissante incitation à voir et revoir ces six saisons qui ont dérouté plus d'un spectateur...
    Au fil des 115 pages et des 6 chapitres ("Pense à une boîte", "Le Roi du Monde", "Son nom est Jacob", "Introduction au monde de l'âme", "L'air lui-même est devenu ténébreux" et "Regard parfait"), on naviguera ainsi avec Ferdinand Ossendowski, Jacques Maritain, René Guénon, René Daumal, Henry James, Constance Fenimore Woolson, Jorge Luis Borges, Francis Ford Coppola, Brian de Palma, Giordano Bruno, Giulio Camillo, Antonin Artaud, David Lynch, Farîd al-Dîn Attâr, Franz Kafka, Raymond Abellio,..., pour un feu d'artifice d'intelligence précise, d'analyse filmique et d'humour malicieux.
    "LOST, dans son ensemble, peut apparaître comme un remake grandiose de "L'approche d'Almotasim" de Jorge Luis Borges, lui-même un remake du "Langage des oiseaux" d'Attar."
    "Jorge Luis Borges dit de la défaite qu'elle a une dignité qui appartient rarement à la victoire. On pourrait ajouter que l'échec est le lot de la majorité, tandis qu'une rare minorité peut se vanter de s'être véritablement accomplie pendant sa chétive durée. Les héros de LOST sont, comme vous et moi, quelles que soient leur classe sociale ou leur culture d'origine, des ratés."
    "Le conflit principal au cœur de LOST n'est pas, comme les scénaristes l'ont longtemps prétendu, celui entre la science et la foi. Ce n'est pas non plus, comme certains personnages se sont maladroitement essayés à le suggérer, celui entre le Bien et le Mal. (...) La polarité centrale de LOST est celle de la Confiance et de la tromperie. Et cette polarité est le corollaire du conflit entre la fiction et ses règles et le monde réel et son anomie."
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    • Livres 5.00/5
    Par bibliothequeViroflay, le 24 juillet 2013

    bibliothequeViroflay
    De l'avis général, ces dernières années le genre série TV a atteint au chef-d'œuvre. C'est le cas de Lost pour Pacôme Thiellement, qui explique ici en quoi cette série est selon lui travaillée par toute une mythologie, constituant en cela « un récit sacré utilisant une technique de narration moderne ». Testé par Hugues (Bibliothèque de Viroflay)
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Citations et extraits

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  • Par LiliGalipette, le 15 avril 2011

    "Le conflit principal au coeur de Lost n'est pas, comme les scénaristes l'ont longtemps prétendu, celui entre la science et la foi. Ce n'est pas non plus, comme certains personnages se sont maladroitement essayés à le suggérer, celui entre le Bien et le Mal. [...] La polarité centrale de Lost est celle de la confiance et de la tromperie. Et cette polarité est le corollaire du conflit entre la fiction et ses règles et le monde réel et son anomie." (p. 31)
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  • Par LiliGalipette, le 15 avril 2011

    "La spécificité de Lost, c'est de nous avoir montré que regarder, ce n'est pas seulement subir; regarder c'est voir; et voir, c'est être. C'est le pari de Lost: transformer notre matière d'être en transformant notre manière de regarder, introdurie les hommes d'aujourd'hui à une relation consciente au monde de l'âme; faire de la télévision l'organe de la conscience non humaine et le lieu de notre connexion aux décisions du Roi du Monde." (p. 53)
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  • Par LiliGalipette, le 15 avril 2011

    "Et le Mal, en conformité avec la tradition [...], n'y est pas représenté comme principe éternel, antagoniste du Bien, mais comme le résultat d'un enténébrement de la Lumière incréé par le monde matériel. Ou encore celui de notre chute dans le Temps. (p. 31)

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  • Par LiliGalipette, le 14 avril 2011

    "Le destin des miroirs et des hommes, c'est d'être brisés. La réflexion n'est pas suffisante et elle ne le sera jamais; il faut qu'on vous fasse particulièrement mal pour que vous compreniez à quel point la vie ne ressemble pas à l'image que vous vous en faisiez. Un homme, c'est quelqu'un qui se trompe. Et il peut aussi bien être trompé par l'illusion de sa liberté que par l'attribution de ses décisions les plus intimes à une puissance étrangère officiant comme providence personnelle. Il peut aussi bien être trompé par l'idée de hard que par l'idée de destin" (p. 11)
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  • Par LiliGalipette, le 15 avril 2011

    Comme les personnages qui vivent et font vivre des trahisons, d'aucuns ont estimé que la série avait trahi ses promesses et ses spectateurs. "Curieusement, ces fans mécontents ne se sont jamais demandé s'ils ne pouvaient pas trouver, en eux-mêmes, le sens de ces fameuses énigmes. [...] Ils ont beaucoup exigé de Lost en échange du temps passé à en regarder les épisodes. Ils ne se sont pas demandés si Lost, en retour, pouvait exiger quelque chose d'eux en échange du temps passé à les écrire et à les réaliser." (p. 38)
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Vidéo de Pacôme Thiellement


Conférence Philip K. Dick, un moderne 4/4
Avec Ariel Kyrou, auteur de l'ABCDick, Thomas Cazals auteur du documentaire Adickted, Pacôme Thiellement, réalisateur et essayiste et Etienne Barillier, essayiste et spécialiste de Philip K.Dick. La conférence avait lieu lors de l'évènement "Philip K.Dick, trente ans après" organisé le 29 septembre 2012 par Actusf Une conférence à écouter ici : www.actusf.com








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