Oui, oui, bien sûr, on n'est certes plus dans la grande période d'Astérix "piloté" par
René Goscinny, avec ses deux niveaux de lecture enfants/adultes, les jeux de mots de bon aloi, le second degré permanent, le souffle épique de certains scénarios inspirés et les allusions à l'Histoire avec un grand H (cf.
Astérix légionnaire,
Astérix et Cléopâtre). Tout ici tombe à plat ou presque. Certaines répliques sont indigentes ("hé hé, p'tit perroquet va", "et à part ça, quoi de neuf ?"), les jeux de mots sont qualifiés de mauvais par
Uderzo lui-même (le "moi d'or" attribué par César, "j'en ricane d'aisance" = jerrycan d'essence, il m'a fallu chercher longtemps pour le trouver celui-là), certaines ficelles un peu trop grosses : réutilisation en "guest star" de personnages des précédents albums pour relancer l'intérêt dans un scénario plutôt poussif : Pompée le traitre, Tragicomix le bellâtre, Roméomontaigus l'ivrogne..., et les parents d'Astérix et d'Obélix qui débarquent de Condate, ignorés pendant 30 albums...
Et pourquoi, me suis-je demandé, ce surréaliste épisode du dauphin chevauché par Astérix, incompréhensible et totalement hors sujet ? Et puis, au fait, Astérix sur un dauphin est également sorti en figurine chez Plastoy, ça doit donc être symbolique... Bien sûr ! il s'agit de justifier la présence des dauphins dans le parc Astérix, attraction phare revendiquant désormais sa place parmi les thèmes des albums, au prix d'une verrue dans un scénario ! Cette scène est également là pour faire aimer les gentils dauphins amis d'Astérix et pour donner envie à nos enfants d'aller en voir des vrais. Chez Astérix, finalement, tout est devenu commercial !
Je pensais à l'époque qu'
Uderzo avait touché le fond du bassin avec cet album pitoyable. Mais je m'étais lourdement trompé. le calamiteux et apocalyptique dernier tome 33 n'avait pas encore vu le jour !