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ISBN : 2916207732
Éditeur : Editions Ca et Là (2012)


Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Le dramaturge passe une grande partie de ses journées à
penser à l'amour et au sexe. Ambiance de nicotine et de thé
aux algues, son scénario de 1985 récompensé par un prix, était
basé sur les réflexions que lui avaient inspirées ses occasions > voir plus
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Critiques, analyses et avis (2)

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  • Par alouett, le 09 juillet 2012

    alouett
    Le Dramaturge est un homme d'âge mûr. Célibataire, il a pourtant connu plusieurs femmes, certaines l'aimaient mais il a grandi à mauvaise école et l'éducation qu'il a reçue ne l'a pas préparé à gérer ses sentiments. Jeune, il a été placé en Internat. Puis vint le Service Militaire, la Guerre… à force de côtoyer des individus du même sexe que lui, il a pris l'habitude de recourir aux plaisirs solitaires et d'assouvir ses fantasmes par procuration. Lors de son service militaire à l'étranger, il a saisit l'occasion de créer et de faire fructifier un petit service d'import de sodas. Cette manne financière inespérée l'a mis définitivement à l'abri du besoin. Vint ensuite l'écriture, une première publication a remporté un succès rapide. Les remises de prix ont ensuite jalonnés toute sa carrière de dramaturge.
    Le Dramaturge est un homme consciencieux, froid. Il ne va jamais aborder les autres et son attitude n'invite pas ces derniers à venir nouer un brin de conversation avec lui. Il reste solitaire, profitant d'une vie très ritualisée, très conventionnelle et dépourvu de tout affect.
    -
    A l'instar de son personnage, le scénario de Daren White est monotone. J'ai comme l'impression que si ce texte-là devait être lu à voix haute, ce serait d'une voix monocorde. La régularité des enchainements emmène le lecteur d'un trait de caractère (du dramaturge) à l'autre… et ainsi de suite jusqu'aux 4/5 de l'album. Ne pensez pas pour autant que la lecture devient lassante. Imaginez-vous plutôt face à une lecture certes très aseptisée où les frustrations (sexuelles) se succèdent, mais qui met en scène un personnage intéressant et intriguant. Cette solitude semble s'imposer à lui sans trop de contraintes, d'autant qu'elle lui permet de disposer d'un environnement calme, sobre et cossu, propice à ses travaux d'écriture. Son mode de vie est vieillot, il se conforme aux valeurs transmises par ses parents. Il serait certainement devenu fou s'il n'avait eu l'écriture comme mode d'expression. Là, il s'échappe, il est libre. Libre de parler du handicap de son frère ou de l'aguichante poitrine de la femme qui partageait la même banquette que lui dans le bus. Certaines femmes lui semblent plus accessibles, le mettent à l'aise, ce qui le surprend systématiquement. Mais il est bourré de complexes, de tabous… et le moindre prétexte lui suffit pour décider de ne pas honorer un rendez-vous galant.
    La sobriété de la narration fait pourtant vivre ce personnage apathique et ce qui le rend intriguant, c'est cette lucidité quant à sa situation. le sentiment de détachement est d'autant plus renforcé que les personnages que l'on croise dans l'album sont nommés par leur fonction sociale : la prostituée, le comptable, l'infirmière, l'oncle, la papetière… au final, la récolte de prénom est maigre mais pas inexistante, car dans les derniers chapitres de l'album (qui en compte 10 en tout), sa vie prend un autre tournant… permettant au lecteur de ne pas rester sur l'impression d'un récit linéaire.
    (...)

    Lien : http://chezmo.wordpress.com/2012/07/09/le-dramaturge-white-campbell/
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    • Livres 4.00/5
    Par melina1965, le 14 août 2013

    melina1965
    Une réflexion sur la solitude, le travail de création et le vieillissement.

    Le dramaturge vieillit et commence de plus en plus à regarder en arrière. Il a remporté de nombreux prix pour ses écrits -pièces de théâtre, scénarios pour la télévision et le cinéma- inspirés de sa propre vie dont le moteur est l’obsession sexuelle doublée de la peur d'approcher les femmes.
    Un jour, il recueille son frère handicapé mental et engage une infirmière pour s’occuper de lui. Peu à peu, des liens vont se tisser avec elle tandis que l’inspiration va se tarir. Cette rencontre sera-t-elle son éveil à la vraie vie et la fin de sa carrière ?
    Cet opus se présente sous forme de courts strips de trois pages réalisés à l'aquarelle, composées elles-mêmes de trois vignettes, commentées par une voix off qui livre les pensées, les observations, et les fantasmes du dramaturge. Tour à tour, les illustrations se font tendres, nostalgiques, perverses ou troublantes.
    La symbiose entre le texte et l'illustration entraîne le lecteur dans cet univers à la fois nostalgique et ouvert sur l'avenir.
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Critiques presse (3)


  • Lexpress , le 17 juillet 2012
    Le charme de cette bande dessinée tient à son ton, fait - texte et images homologiques - de cette sorte de désespérance douce et sarcastique qui est une des formes les plus troublantes de l'humour.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • BoDoi , le 13 juillet 2012
    Si le livre laisse filtrer une pointe d’amertume, il est surtout très drôle et superbement écrit, toujours dans le registre délicat de la distance étudiée et de la fausse empathie. Une bande dessinée à part, sans aucun doute.
    Lire la critique sur le site : BoDoi
  • Telerama , le 27 juin 2012
    Images cadrées serré, pas un mot de trop : cette épure de satire pointe les déboires du dramaturge, son inadap­tation un peu ridicule à la réalité et ­l'assèchement accéléré de son inspi­ration.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par alouett, le 09 juillet 2012

    "Le Secret", son scénario de 1978 récompensé par un prix, était en grande partie inspiré par son frère aîné, handicapé mental. Et depuis sa diffusion à la télévision, le dramaturge est persona non grata. Le dramaturge regrette de n’avoir plus de famille. Mais il ne laisse jamais un bon matériau se perdre

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  • Par alouett, le 09 juillet 2012

    De la même façon, le Dramaturge ressent un soulagement presque pervers chaque fois qu’il apprend qu’un vieil ami a un cancer de la prostate. Car, raisonne-t-il, une telle nouvelle réduit statistiquement le risque qu’il soit lui-même affecté de la sorte

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