ISBN : 2916207481
Éditeur : Editions Ca et Là (2010)


Note moyenne : 4.37/5 (sur 19 notes) Ajouter à mes livres

Octobre 2003. La vie de Jake Gallo est un enfer : il n'arrive pas à trouver de travail, son père vient de faire une crise cardiaque, son frère Freddie est devenu une star du cinéma; mais le plus difficile à avaler, ce sont les frasque... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par alouett, le 18 mai 2011

    alouett
    Jake Gallo est un écrivain en panne d'inspiration, au chômage de surcroit. Il mène une vie on ne peut plus banale jusqu'à ce qu'il apprenne qu'Elmer, son père, a fait une crise cardiaque. Il se rend chez ses parents, son père est très affaibli… il décède quinze jours plus tard, en octobre 2003. Jake décide alors de rester auprès de sa mère pour la soutenir dans cette épreuve. C'est aussi pour lui l'occasion de retisser des liens avec son frère et d'apprendre les fiançailles de sa sœur avec un humain. Jake est indigné ! Sa sœur va se marier avec un humain ! Oui, Jake est un coq. Chaque jour, il se sent victime de l'hypocrisie des hommes, du racisme ou de la discrimination à l'embauche. Il se sent méprisé et ses difficultés à retrouver un emploi que font qu'entretenir sa haine à l'égard des humains.
    Quelques jours après l'enterrement d'Elmer, sa mère le prend en aparté pour lui remettre le journal intime du défunt. Ce sont-là les dernières volontés du paternel : que son « enfant préféré » soit le premier dépositaire de son témoignage et de la mémoire de leur famille. Jake remonte ainsi en 1979 et revit les événements tels qu'ils ont été vécus par ses parents. A commencer par cette nuit où, durant quelques secondes, un grand halo de lumière a éclairé la nuit. le lendemain, les gallinacées étaient dotées d'une âme, d'une conscience et du langage. Jake va donc découvrir les conséquences de cette révolution et l'histoire de tout un peuple.
    " Merci d'avoir pris cette bande dessinée. Que vous l'ayez achetée ou empruntée à quelqu'un, merci de me donner l'opportunité de partager mes histoires. (…) pour une raison quelconque, mon voisin de classe voulait lire cette histoire, et il pleura après l'avoir lue. Ça a été une surprise pour moi d'obtenir ce genre de réaction. Je trouvais ça bien. Non, je trouvais ça génial de voir qu'une de mes histoires semblait suffisamment réelle pour susciter une émotion. Et puis une autre surprise : mon camarade m'a donné 10 pesos pour écrire le prochain chapitre. Ouah ! "
    Voici les premiers mots de la préface de Gerry Alanguilan. L'auteur revient sur une passion qu'il nourrit depuis qu'il est enfant : dessiner. Il explique son rapport au monde imaginaire, le besoin de le mettre en image, l'importance qu'il consacre à ce partage. le ton est chaleureux, l'auteur est humble, il ne m'en fallait pas plus pour accepter son invitation à le lire et m'enfoncer confiante dans cette lecture. Cet artiste s'est fait connaitre aux États-Unis via son travail de colorisation sur des albums de chez DC et Marvel. En parallèle, il réalisait déjà ses propres albums aux Philippines (depuis 1992) où il a très largement contribué à l'essor de la bande dessinée dans son pays. Son premier ouvrage (Wasted) est auto-édité puis, en 2004, Gerry Alanguilan crée sa propre Maison d'Edition (Komikero Publishing) qui lui permet notamment de publier Elmer (2006).
    Bien que cet album parte d'un postulat de départ totalement fou, la découverte de ce monde se fait naturellement. Les premières planches montrent le quotidien d'un personnage (que l'on ne voit pas de suite) : entre réveil matinal, préparation pour un entretien d'embauche et petite scéance de surf sur Internet. Il fantasme au passage sur les photos d'une star de cinéma, une belle humaine… Son comportement m'a semblé si familier que je pensais que le narrateur était un homme. du coup, l'acceptation de cet anti-héros et des quelques éléments sur sa personnalité est déjà amorcée lorsqu'on découvre que c'est un coq.
    Le scénario est fluide, le ton est juste et le personnage principal est honnête envers lui-même. Je lui ais emboité le pas grâce à ses bulles de pensées. Rapidement, j'étais dans sa tête à partager avec lui les joies, les peines, les sentiments de haine ou d'amour. Avec Jake, j'ai haïs les hommes pour leurs folies meurtrières et lorsque Gerry Alanguilan revient sur la peur panique suscitée (chez l'homme) par la grippe aviaire… rien n'y a fait ! Je me suis identifiée à Jake et à sa famille. La manière dont leurs émotions et leurs inquiétudes sont retranscrites m'a émue, j'ai eu de l'empathie pour cette espèce. Gerry Alanguilan a placé son album sur une fine frontière entre « fable » et réalité, il maîtrise parfaitement son univers. L'auteur ne nous fait rien découvrir car ce monde est le nôtre au quotidien : entre haines raciales, génocides, discriminations… ce sont autant d'aspects qui nous sont familiers. le scénario est d'une richesse et d'une technicité certaines ; il dispose du recul nécessaire (la voix de son père vient du passé) tout en laissant une grande place à l'affect. Les nombreuses allées-venues passé/présent donnent un rythme agréable à la narration. Enfin, l'auteur se repose sur la cohabitation forcée entre hommes et volailles (où les Gallinacées représentent tous les peuples opprimés, symbolisent toutes les différences qu'elles soient raciales, ethniques, religieuses, intellectuelles…) pour introduire une réflexion sur les notions de tolérance, d'égalité, d'entraide… Il a créé un album troublant et émouvant. Beaucoup d'humour et de dérision permettent à l'auteur de faire passer un message fort : Alanguilan ne heurte pas le lecteur, il l'émeut.
    L'utilisation du noir et blanc sert réellement le récit, laissant à chacun la possibilité d'y injecter ses propres couleurs. le graphisme est plus convenu, il m'a dérangé sur certains passages, parfois cru et maladroit, souvent figé. La qualité de la narration contrebalance largement cette gêne d'autant que les dessins d'Alanguilan sont détaillés, expressifs et véhiculent quantité d'émotions. J'ai encore en mémoire ces pupilles dilatées des coqs décapités semblables à des gouffres d'angoisse dans lesquels j'ai eu peur de plonger.
    Nouveau coup de cœur de lecture pour ce mois de mai. Ce petit album a tout d'une grande œuvre. Il traite intelligemment de sujets douloureux et mêle avec ingéniosité humour et émotions. Une lecture que je vous recommande.

    Lien : http://chezmo.wordpress.com/2011/05/18/elmer-alanguilan/
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par yvantilleuil, le 13 février 2011

    yvantilleuil
    D'abord auto-édité par son auteur philippin, ce one-shot est maintenant publié en français par les éditions Cà & Là. Encreur sur plusieurs séries très connues, Gerry Alanguilan n'est pas vraiment un inconnu dans le monde du comics, mais ce récit qu'il signe en solo est pour le moins surprenant.
    Il n'y a pas longtemps, on retrouvait déjà les poulets au centre d'un postulat de départ intéressant dans « Tony Chu, détective cannibale », où, suite à une pandémie de grippe aviaire ayant décimée 116 millions de personnes à travers le monde, la volaille était devenue le premier produit de contrebande. le point de départ de cette histoire est tout aussi loufoque, mais le récit qui en découle est beaucoup plus profond.
    L'idée de base est qu'en 1979, suite à un phénomène inexplicable, les poulets sont subitement devenu conscients et ont non seulement progressivement appris à parler et à écrire, mais ont également fini par revendiquer des droits identiques aux humains. Ce chamboulement ne s'est évidemment pas déroulé dans la douceur et laisse encore des traces bien visibles dans la société d'aujourd'hui. Car le récit débute vingt-cinq ans après cette prise de conscience des gallinacés et invite à suivre le quotidien de Jake Gallo, un jeune coq qui a du mal à trouver sa place dans la société.
    « Elmer » propose tout d'abord une émouvante chronique familiale et une quête de soi touchante. Entre son frère devenu star du grand écran, une sœur qui annonce son mariage mixte avec un humain et son incapacité à trouver du travail, la vie de Jake n'est pas de tout repos. Mais c'est surtout la relation père-fils que l'auteur développe avec brio tout au long de ce one-shot. C'est au travers du journal intime du père, Elmer, que le lecteur va non seulement découvrir toute l'histoire de la famille Gallo, mais également celle des gallus gallus et de leurs efforts pour parvenir à cohabiter avec les humains.
    Et c'est là que se trouve le principal intérêt de ce chef-d'œuvre, car le chemin emprunté par ces poulets intelligents pour accéder à des droits fondamentaux, n'est pas sans rappeler quelques tristes passages de l'Histoire du genre humain. De leur élevage en batterie, qui fait inévitablement allusion aux fameux camps nazis, à leur exécution sanglante, qui a tout d'un génocide, la liste des maltraitances dont ils étaient victimes n'est pas mince. Et maintenant qu'ils ont quitté le règne animal, le bilan du genre humain n'est malheureusement pas beaucoup plus positif, car au menu des gallinacés, on retrouve intolérance, racisme et exclusion, mais heureusement également quelques histoires qui font chaud au cœur, comme celle du fermier Ben, véritable héros de la résistance. Malgré une approche particulièrement déstabilisante, l'auteur brosse finalement un monde particulièrement réaliste et familier et aborde de nombreux thèmes universels. Si l'approche anthropomorphique des personnages permet de créer une certaine distance vis-à-vis des faits relatés, la vision du genre humain offerte par l'auteur n'est pas moins triste pour autant. A la fois universelle, intimiste, drôle et émouvante, cette mise à nu du manque d'acceptation de la différence est d'une intelligence rare.
    Derrière une couverture sobre et élégante, l'auteur propose un dessin noir et blanc précis et réaliste qui accompagne brillamment ce récit riche en émotions et invitant à la réflexion. Est-ce le postulat de base de cette histoire qui est absurde ou l'intolérance qui anime notre monde ?
    Quoi, qu'il en soit, Gerry Alanguilan a probablement raison de supposer que quand les poules auront des dents, l'homme, lui, sera toujours intolérant !

    Lien : http://brusselsboy.wordpress.com/2011/01/28/gerry-alanguilan-elmer/
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par trust_me, le 28 octobre 2011

    trust_me
    En cette fin d'année 2003, Jake Gallo a les nerfs à vif. Il vient encore de rater un entretien d'embauche, son père a fait une attaque, son frère, star du cinéma, ne prend plus le temps de lui parler et sa sœur May va épouser un humain, ce qui, pour lui, est totalement impensable. Et oui, un humain ! Il faut dire que chez les Gallo, on est poulet de père en fils. Depuis l'événement qui s'est déroulé le 3 février 1979, toutes les poules et tous les coqs de la planète sont doués de raison et capables de parler. Après bien des combats, les gallinacés sont aujourd'hui considérés comme appartenant au genre humain. Dans les faits, les différences de traitement continuent d'exister mais l'intégration des poulets dans la société est devenue la norme.
    Jake va opérer un retour aux sources en se rendant dans la maison familiale pour assister aux derniers instants de son père. Après l'enterrement, sa mère lui donne le journal intime du défunt et Jake y découvre un témoignage bouleversant sur les premiers mois qui ont suivi la transformation des poulets...
    Elmer est un OVNI complet. Déjà, il me semble que c'est la seule et unique bande dessinée Philippine jamais publiée en France. Et que dire de l'intrigue imaginée par l'auteur ? Dans une interview de janvier 2011, il explique d'où lui est venue l'idée : « Un jour, assis devant ma maison, je me suis demandé : Et si les poulets parlaient ? Que feraient-ils ? Que diraient-ils ? Seraient-ils en colère ? ». Les choses auraient pu en rester là où tourner à la série Z de science fiction (L'attaque des poulets mutants !) mais Gerry Alanguillan a réussi le tour de force de créer une œuvre tout en finesse. En faisant de la famille de Jake l'épine dorsale de son intrigue, il recentré le récit sur des thèmes intimistes tels que la perte d'un proche et les liens familiaux. Entremêlant sans cesse la petite et la grande histoire, il déroule une partition sans faute où les événements s'enchaînent naturellement malgré les nombreux flashbacks.
    Jake Gallo est un personnage touchant sous ses airs d'écorché vif. Un individu en colère, en conflit perpétuel, persuadé que tous les humains sont des racistes anti-poulet. En plongeant dans les souvenirs de son père, il découvre que les choses ont progressé en à peine quelques années et que les combats menés pour l'égalité entre humains et poulets ont été aussi douloureux que salutaires.
    Concernant les relations père/fils, l'auteur avoue qu'il s'est inspiré de son histoire personnelle : « Pendant des années, j'ai vécu dans la crainte de perdre mes parents, d'un âge avancé. Dans ce bouquin, on trouve beaucoup de mes souvenirs. [...] Mon père et moi n'étions pas si proches. Après sa mort, je me revois fouiller dans des vieilles boîtes pour trouver son journal... ». Un point de départ totalement irrationnel, un développement centré sur la cellule familiale et la mise en perspective de son propre vécu : avec ces ingrédients pas forcément évidents à accommoder Gerry Alanguilan a concocté une recette délicieuse.
    Si je devais concéder un très léger défaut, je dirais que le dessin n'est pas le point fort du recueil. Un noir et blanc par moment assez maladroit mais qui reste suffisamment efficace pour ne pas desservir le propos. L'influence des auteurs de comics indépendants saute aux yeux. Personnellement, le trait d'Alanguilan m'a rappelé celui de Terry Moore, l'auteur de la série Strangers in Paradise.
    Une superbe découverte (une de plus !) des éditions ça et là. Publié il y a tout juste un an, Elmer a déjà reçu la reconnaissance du public et de la critique, remportant notamment le prix Asie-ACBD 2011. A découvrir d'urgence pour les amateurs de BD atypique et de grande qualité.


    Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.com/2011/10/elmer.html
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Plumeline, le 31 juillet 2011

    Plumeline
    Ce qui m'a tout d'abord plu, c'est le petit texte d'introduction de Gerry Anlanguilan où il explique son parcours dans le monde de la BD et ce qui lui a donné envie de faire ce métier. le ton est sympathique et la simplicité de l'auteur m'a séduite. Cela m'a donné davantage envie de m'aventurer dans la lecture de cette bande dessinée.
    Avec Elmer, il nous offre un monde fantasque dont il est pourtant aisé de plonger. Après tout, il est celui de notre quotidien à un détail près : les Gallinacées se sont éveillés et comme les hommes, ils ont désormais une conscience mais aussi la capacité de parler. Et c'est sur cette trame originale que le scénariste va aborder de nombreux thèmes dont certains sont d'actualité : racisme, intégration, violence, entraide, acceptation, tolérance et amitié. Gerry Anlanguilan, le fait avec beaucoup de justesse et d'émotions.
    Les personnages sont également un point fort de cette bande dessinée. Je n'ai pu m'empêcher de m'y attacher. Tout d'abord, par une habile manœuvre, le scénariste nous aide à nous identifier au personnage principal. Jake Gallo est un coq en colère qui ne trouve pas sa place dans la société des hommes. Son côté agressif parfois exaspérant n'est pas non plus compris par sa fratrie. Contrairement à leur frère, Freddie et May ne portent aucun ressentiment en eux et sont totalement intégrés. May s'apprête à épouser un homme et Freddie est une star du cinéma adulé par les foules humaines et gallinacéennes. Helen, leur mère, porte en elle une profonde tristesse et de la douceur. Et le père Elmer, très présent à travers son journal, possède un esprit plein de curiosité et ouvert. Courageux, il se distingue également par sa soif de connaissance. Parmi les Anciens, il sera celui qui s'intégrera le mieux. Il y sera aidé par Ben, humain repentant, qui sera sans cesse le soutien de la famille Gallo.
    La dynamique de la famille est bien restituée entre les non-dits, les secrets et les liens fraternels. L'amitié unique entre le fermier Ben et Elmer Gallo est aussi une belle découverte.
    L'histoire se raconte à deux voix créant ainsi un dynamisme intéressant : celle de Jake Gallo puis à la lecture du journal, celle de son père. D'abord hésitante avec quelques mots, il s'exprime de manière plus fluide et ferme au fur et à mesure qu'il apprend à parler et à écrire. Deux voix pour deux temps : celle du passé et celle du présent qui s'alternent pour narrer la vie d'une famille dans les moments difficiles de l'Histoire mais qui se mêlent aussi pour un ultime dialogue entre un père et son fils.
    Le dessin a été plus difficile à apprivoiser. En noir et blanc, le trait est dur et marqué. Plein de réalisme et fourmillant de détails, ils ne nous épargnent rien : ni la violence, ni le sang. Cependant, ils s'accordent avec cette histoire touchante et fantasque, bouleversante de réalité et d'émotions.
    Gerry Alanguilan nous offre ici une BD étonnante, pleine de profondeur et d'humanité. Un coup de cœur.

    Lien : http://antredelivres.free.fr/index.php/2011/07/elmer/
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    • Livres 4.00/5
    Par liratouva2, le 22 septembre 2011

    liratouva2

    Curieuse histoire! Curieux héros! Curieux roman graphique!
    Sans Mo' qui en a parlé si bien et si chaleureusement recommandé cette BD , un mercredi de mai dernier, je n'aurais jamais eu l'idée de choisir cet album. La seule vue de la couverture m'aurait fait fuir: un encadré de coq arborant une belle et fière crête rouge, ce n'est pas spécialement une image faite pour me plaire. A vrai dire, un tel coq bien vivant au milieu de sa basse-cour, voilà bien longtemps que je n'en ai pas vu!
    Bien sûr, il s'agit d'une fable et je viens de beaucoup apprécier Blacksad. Je commence donc à m'habituer aux histoires où les animaux remplacent les hommes.
    Qu'en est-il de celui-ci qui s'est vu décerner le prix Asie ACBD 2011 et que l'on nous présente comme la première BD philippine traduite?
    Jack Gallo est un jeune coq qu'un cauchemar réveille un beau matin d'octobre 2003 : il doit se présenter à un entretien d'embauche.
    A la une de tous les journaux, la grippe aviaire fait paniquer les humains.
    Dans sa recherche d'emploi, il se sent discriminé parce qu'il n'est qu'un poulet. Ce n'est en effet que très récemment que les coqs et les poules ont été reconnus comme les égaux des hommes, après la nuit de leur métamorphose et une terrible lutte de reconnaissance de leurs droits. L'équilibre et l'égalité entre ces deux espèces restent cependant très fragiles et l'épidémie qui commence entraîne un vrai génocide de poulets.
    Ce même mois, son père meurt. Il hérite de son journal intime et c'est ainsi, en lisant l'histoire héroïque de ses parents qu'il découvre la vérité concernant ses voisins et les rôles joués par chacun d'eux. Ben, par exemple, leur fermier, a été un protecteur des plus admirables.
    Et l'histoire de Jack, le jeune coq, continue ainsi avec ses hauts et ses bas. Il doit arriver à s'insérer dans cette nouvelle société et trouver le rôle qu'il devra à son tour y jouer.
    L'essentiel tient dans le message de paix et de compréhension mutuelle des différences de chacun que met en valeur cette fable. le racisme, la tentation de se protéger par l'exclusion des autres, voilà le mal et le danger toujours prêts à renaître et qu'il faut sans cesse combattre.
    C'est très bien fait, agréable à lire et à regarder, ni didactique ni outrancièrement moralisateur. J'ai bien aimé.

    Lien : http://liratouva2.blogspot.com/2011/09/elmer-de-gerry-alanguilan-bd-..
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Citations et extraits

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  • Par Plumeline, le 31 juillet 2011

    « 25 Avril 2002. Cher Jake … Eh bien, le voilà. Je sais que tu as longtemps cherché ce cahier. Je faisais semblant de ne pas te voir farfouiller partout, mais cela me faisait plaisir. A l’époque, je ne savais pas encore à qui il reviendrait. Je voulais être sûr de le laisser à quelqu’un qui le comprendrait, qui se soucierait de ce qu’il contient. J’ai écrit cela parce que cela ma paraissait important. Je voulais le noter pendant que je le vivais : on oublie si facilement. Les gens ont la mémoire courte, et ce que j’écris ici pourrait les aider à se rappeler ce que nous avons vécu. Nous tous. Ce n’est pas seulement mon histoire ou celle de ton père et de ton oncle Joseph, ou celle de Fermier Ben. C’est l’histoire de tous les gens qui ont traversé cette époque avec nous. C’est notre histoire. A tous. Et c’est important de ne pas l’oublier. »
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  • Par alouett, le 18 mai 2011

    Des MILLIONS, Jake. C’était affreux ! Des millions des vôtres sont morts. Personne ne sait combien. Ils étaient trop nombreux. Des millions de victimes innocentes. Jamais je n’ai détesté à ce point être humain. Pour moi, notre race était maudite. Je ne comprenais pas qu’on soit autorisés à survivre alors que de toutes les espèces, nous étions celle qui le méritait le moins
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  • Par zevince, le 15 décembre 2011

    Comme des gladiateurs. Voila ce qu'on était. Des gladiateurs.
    On ne connaissait pas d'autre vie. On ne pouvait pas en vivre une autre.
    Et on ne pouvait la quitter que dans le sang.
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