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3.75/5 (sur 161 notes)

Nationalité : France
Né(e) : 1904
Mort(e) : 1985
Biographie :

Antoinette Peské (1904-1985). Fille d'un peintre, elle composait d'étonnants poèmes à l'âge de huit ans. Vocation précoce qui, après des débuts prometteurs, se cristallisera dans deux romans : « La Boîte en os » et « Ici le chemin se perd » (composé en collaboration avec son mari Pierre Marty sous le nom de plume Peské-Marty).

Peské Marty : c'est le pseudonyme collectif choisi juste après la guerre par Antoinette Peské (l'auteur de La Boîte en os) et son mari Pierre Marty pour signer ce livre unique (d'abord paru chez Gallimard en 1955, réédité par Phébus en 1985). A l'origine de ce récit, qui est d'abord un chant d'amour dédié à l'âme russe l'incroyable histoire (vraie peut-être) de la « vie cachée » du tsar Alexandre Ier, le vainqueur de Napoléon, réputé mort en 1825 à l'âge de quarante-huit ans... mais qui, selon une légende à laquelle Tolstoï croyait dur comme fer, aurait abdiqué secrètement pour mener quarante années durant une vie de vagabond, loin de tout au fin fond des solitudes de l'immense Sibérie, terre de tous les excès...

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Source : http://sybilline.canalblog.com
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
L’homme de soixante ans porte ce qu’il a “là-dedans” accroché sur le visage
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À vrai dire, j'ai éprouvé dans l'Écosse des Highlands ce que je n'ai éprouvé nulle part au cour de mes nombreux voyages à travers l'Europe. Ces monts, dont les sommets presque toujours perdus dans la brume font croire qu'ils touchent le ciel, ces lacs de plomb fondu, dont les eaux sont si profondes qu'elles semblent être les ouvertures de l'enfer, font subir tour à tour aux passions humaines des envolées et des descentes incroyables. L'Écosse du Nord est je crois, par excellence, le lieu du rêve , de la contemplation intérieure et de l'amour.
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Incipit :

De passage à Londres cette année de 1893, prodigue pour moi en évènements singuliers, j'attendais une personne de ma connaissance dans un club du West-End.
Mon journal ayant cessé de m'intéresser, je m'amusais à reconnaître la nationalité des occupants de la salle où je me trouvais, à leur façon d'être assis.
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Je ne cessais de penser à mon acte depuis quelques temps, et plus j'y pensais, plus les yeux de mon amie retrouvaient leur caractère de jadis, leur matière, leur couleur, leur vide profond dans lequel j'avais failli tomber... me noyer ! Je tremblais...
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Je ne peux supporter la vue d'un tabeau et encore moins celle d'un peintre essayant de fixer un paysage, une expression. Je suis aussi l'ennemi des littérateurs qui essaient de donner une forme aux sentiments humains et des musiciens qui les remuent trop. Comme tu peux le constater, je suis devenu une brute.
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« J’ai vu le diable là-bas, et il m’a séduit. » (p. 21)
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« Je souffrais de ce que je ne me sentais jamais assez près de ma femme. J’avais beau la tenir dans mes bras, la serrer sur ma poitrine à l’écraser, son corps était toujours un corps à côté de mon corps, son cerveau, un cerveau à côté de mon cerveau, son cœur, un cœur à côté de mon cœur. Et cela ne laissait pas de m’étonner. Ne pas pouvoir être avec ce qu’on aime ! » (p. 90)
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Je me demandais parfois jusqu’à quel point l’amour de Dieu n’allait pas à l’encontre de l’amour de son semblable.
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Cette "boite en os" dont elle rêve de forcer la serrure, c'est le crâne humain qui garde obstinément son secret. C'est aussi l'image de la mort qui guette derrière le visage aimé. Le roman conte l'aventure d'un homme qui tombe amoureux d'un visage, ou plutôt du mystère que révèle (et dissimule) ce visage. Et cet homme découvre que le désir, insatisfait même à l'heure de la possession, la plus frénétique, ne peut s'assouvir que dans la connaissance, désespérément inaccessible, du désir éprouvé par l'autre. Connaître au sens biblique du mot !

Antoinette Peské proclame avec un beau sens de l'excès : "L'homme ne va jamais assez loin dans ses actes et dans ses rêves".
Désirer un corps, le posséder ne suffit jamais à celui qui aime. Car le véritable objet du désir est au-delà de cette chair en laquelle l'être aimé feint de se livrer. Ce que l'amour traque partout et toujours avec fureur, avec désespoir, c'est l'imagination cachée de l'autre : le désir - comme la folie - reste seul.
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Lorsque nous nous quittâmes, je me demandai de quoi est faite cette enveloppe que les êtres revêtent avec le temps et quel est son nom. Est-ce une couche de chair qui se superpose à leur chair et donne à leur visage un aspect plus dur, mais aussi plus défini, ou bien est-ce une couche d'états d'âme, d'expressions et de réflexions, ce qui permettrait de croire que les pensées ne nous quittent que pour s'enrouler autour de notre figure et à la longue y former ces plis et ces bosses qui font du masque des vieillards quelque chose de généralement très expressif.
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