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Note moyenne 2.68 /5 (sur 17 notes)

Né(e) : 1987
Biographie :

Anton Beraber vit au Caire.

"La grande idée" (2018) est son premier roman.

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Anton Beraber - La grande idée


Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
Teflon25000   18 août 2018
La grande idée de Anton Beraber
Alors il se pencha vers moi et, comme s'il partageait un secret, me souffla : "Le monde, monsieur, souffre de la banalité désespérante de notre espèce. Nous y prospérons, nous y déplaçons tout sans demander, nous y répandons notre foutre avec la sérénité d'un grand propriétaire ; le bel esprit, les faits d'armes, tout ça, mais à la vérité il n'y a rien de notable, rien d'exceptionnel, je veux dire, qui arrête le regard et fasse se dire : putain! On imagine bien, pourtant, que ce n'était pas prévu comme ça, à l'origine ; que ces océans infinis, ces montagnes, ces forêts du tout début appelaient, je ne sais pas, des hommes à leur mesure ; qu'ils les susciteraient même, comme l'huître fait sa perle, assez naturellement. Il n'en fut rien."
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Malaussene   05 septembre 2018
La grande idée de Anton Beraber
Il m'a demandé mon nom et je ne sais plus quel nom j'ai donné. Il m'a demandé pourquoi je n'avais pas de chaussures et je lui ai expliqué que les morts, sur la plage, taillaient tous trop grand. Après il m'a plus regardé, et pourtant j'en suis là, des années plus tard, à parler de lui avec vous dans la voiture; si vous freinez trop fort, ma mémoire éclatera partout sur le pare-brise et on ne verra que lui.
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rkhettaoui   01 octobre 2019
La grande idée de Anton Beraber
On imagine bien, pourtant, que ce n’était pas prévu comme ça, à l’origine ; que ces océans infinis, ces montagnes, ces forêts du tout début appelaient, je ne sais pas, des hommes à leur mesure ; qu’ils les susciteraient même, comme l’huître fait sa perle, assez naturellement. Il n’en fut rien. Au lieu de ça — mais regardez-les ! ces amoureux de l’humble, ces frayeurs dans les caves, quasi aveugles, mais prêts à lever la main devant leurs yeux au cas où une lueur trop forte apparaîtrait. Ils ont des philosophies de la mesure, des monceaux de proverbes sur la prudence, et ils atténuent leur grande peur d’avoir mal compris en se les répétant les uns aux autres, comme des enfants.
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rkhettaoui   01 octobre 2019
La grande idée de Anton Beraber
On imagine qu’à la guerre il faudrait gueuler moins mais non, tout nous agace, et on voudrait tout corriger. Le commandement faisait ses recommandations et le voisin tirait des lignes très soigneuses sur des cahiers neufs grands carreaux au porte-mine — un sourire ahuri, vraiment. Ça a énervé le frère de Cola Javier et il s’est levé pour tout rempaqueter. On l’a tué là. Le type de la radio a dit, dame ! que ce n’était pas de sa faute si, que les gens n’avaient qu’à pas, qu’il n’avait fait que suivre les, et il tremblait tellement que le pantalon lui tombait.
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rkhettaoui   01 octobre 2019
La grande idée de Anton Beraber
J’ai vu ce que c’était, avant la guerre, même. Les gens parlaient bas à la terrasse des cafés : toutes les langues oui, mais la nôtre, celle-là, ils la parlaient bas. Comme si on allait s’en souvenir, la tasse, la cuiller, le fou noir de l’échiquier, comme si tout notait dans le secret de sa matière : lui, c’en est un. On rentrait chez soi avant l’heure, et très vite. On commandait des armes aux consulats étrangers, en graissant la patte des sentinelles. On n’en obtenait jamais.
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Guz   10 août 2018
La grande idée de Anton Beraber
Ils pleuraient. La jalousie, le désespoir, le désœuvrement : que sait-on des puissances qui mènent les âmes perdues ?
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rkhettaoui   13 mai 2021
Signes d’un fléchissement à la troisième semaine du Jeûne de Anton Beraber
Il est des règnes trop évidemment issus des ténèbres d’avant la Révélation pour ne pas compromettre le salut des braves gens. Quand la peur l’eut gagné lui aussi de ces agapes défendues, bien forcé malgré tout de trouver quelque chose, le militaire organisa des sortes de spectacles où, pour cinq guinées l’agonie, il jetait les petits chats estropiés de Qasr El Eini en pâture à son troupeau de crustacés. " Cela aussi la Loi lui interdit, conclut Mohsen. Mais ce garçon-là aimait une femme du centre-ville, où l’on ne vous présente pas pour moins de quarante mille. "
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rkhettaoui   13 mai 2021
Signes d’un fléchissement à la troisième semaine du Jeûne de Anton Beraber
Je n’ouvre pas les Livres, je ne visite pas les Hauts Lieux. Je ne respecte, à titre personnel, aucune de leurs fantastiques sommations. Toutes les fois que je trouvai sur ma route des hommes respectables, pétris de saines valeurs et de l’orgueilleuse désinvolture des Tu ne point, il m’en coûta moins de les fuir que de répondre à leur salut : il y a dans la sainteté une insolence pénible de joueurs du coude, signe d’une envie trop forte de marcher devant vous ; or, expliquai-je au chauffeur, je ne sais d’hommes beaux que ceux qui boitent.
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rkhettaoui   13 mai 2021
Signes d’un fléchissement à la troisième semaine du Jeûne de Anton Beraber
Il boit directement au tuyau cette eau morte à lui déchausser les dents. Boire cela, se dit-il, ce n’est pas vraiment boire, pas plus que frapper un mort n’est tuer. Saura-t-il ? Le désir soudain me prend d’être cet homme, de sa manière de tomber et sans orgueil aucun de son autorité d’une seconde sur l’espace. Et la terre derrière lui qu’il a distraitement mouillée blanchit plus encore que le reste : le désert y croît plus vite parce que la provocation.
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rkhettaoui   01 octobre 2019
La grande idée de Anton Beraber
La vérité, c’est que ces ombres sur qui nous avions épuisé nos balles depuis le début des hostilités étaient l’avenir, et que nous étions les ombres. La vérité, c’est que ces gens-là nous singeaient sans risque, nous jugeaient sans faute, un pied sur la page suivante du manuel d’Histoire, où nous ne poserons pas le nôtre. L’avenir en ces cas-là a toute autorité. La vérité, c’est qu’à leur place, les gars comme moi, je les aurais tous pendus par hygiène.
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