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Citations de Caroline Broué (16)


p.21 "En fait j'ai rencontré Sophie l'ex de Benjamin et on est restées collées l'une à l'autre serrées entre les tombes à pleurer en écoutant le poème de Benjamin les trois enfants accrochés à ses jambes... Pendant ce temps on entendait le son d'une guitare manouche et on est restées là à scruter le visage de Benjamin pour essayer de percer le mystère de comprendre ce qui pouvait bien lui donner la force de tenir debout de paraître aussi digne et fort et même souriant et dispendieux de tant d'amour autour de lui pour attraper dans ses yeux et sa pudeur un peu de sa résistance Je te jure pour tout le monde ce fut une incroyable leçon de vie On a beaucoup pleuré en se tenant l'une l'autre par le bras avec Sophie cramponnées pour se sentir solidaires et moins seules face à ces émotions si fortes ça m'a beaucoup aidée qu'elles soit là avec moi et sans doute que c'était réciproque.
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« Paul avait beau être photographe, quand ils étaient ensemble, la main du peintre rejoignait le bras du danseur. Ce qui réunissait Paul et Tin, fondamentalement, c'était le silence. Le silence de l'art. Ils se trouvaient précisément à la jonction de deux axes complémentaires : celui du peintre dansant sur sa toile et celui du danseur composant les couleurs de sa chorégraphie. Leurs vies s'entremêlaient, et ce mariage impromptu transcendait leurs différences. Ils n'avaient plus besoin de se parler pour se comprendre. L'entente entre eux était tacite. Ils s'accordaient d'un regard furtif. D'un geste de la main. Loin de tout bavardage, de tout mot superflu, leur mode d'être et de relation relevait de l'implicite, de l'entendu avant même d'être dit. »
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p.36 "Non, ce n'est pas à cause de la famille qu'elle n'épouse pas Paul, ce n'est pas non plus parce que la réalité ne peut pas égaler son fantasme. La raison est beaucoup plus prosaïque. Le mariage signifie pour elle l'enfermement. La vraie raison, c'est qu'elle veut préserver sa liberté. Pouvoir partir quand elle le veut, si elle le veut, et laisser à Paul cette possibilité. Du coup, elle se met à réfléchir à leur amour, à ce qu'il représente pour elle, et à ce que lui apporte la vie à deux. Le premier mot qui vient à elle est le mot citadelle... C'est ça, au fond, leur amour à tous les deux : une forteresse. Quelque chose qui fortifie. La résistance et la maturation. La robustesse et la construction dans le temps. Leur relation n'a rien de fusionnel, chacun fait en sorte que l'autre puisse vivre sa vie pleinement et s'épanouir à ses côtés. Vraiment ? Comment comprendre alors ce sentiment poisseux d'insuffisance, d'incomplétude, qui s'est emparé d'elle depuis quelque temps ?"
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Justine gît effectivement par terre, elle a dû tomber du lit et tenter de se rattrapper à la couverture, mais elle a renversé sa table de nuit : les livres sont éparpillés sur le sol, Primo lévi est tombé sur Robert Antelme, Pierre Daix s’est lié d’amitié avec Imre Kertesz, Le nom de Klara est ouvert côté pages, André Scharz-Bart et Aharon Appelfeld ont volé au milieu de la pièce.
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« Le monde que je tisse de mes pas et construis de mes gestes est autre, mon corps dansant ignore tout, pour n'écouter que lui-même dans son espace propre, car la danse est affaire de temps, d'espace et d'écoute. Elle me fait entrer dans une vie étrangement instable et réglée à la fois, un temps qui ne dure pas, mais qui est cyclique. Quand je saute, je quitte la terre pour mieux y revenir, je quitte provisoirement le sol sur lequel piétine la vie ordinaire. La marche est la prose du mouvement humain. Je n'ai pas de mérite à te dire ça, ce sont les mots de l'écrivain Paul Valéry, en 1936, dans une conférence sur la philosophie de la danse. Je reprends ses mots à mon compte tant il a su dire la nature profonde de la danse. Comme Rilke avant lui dans ses Sonnets à Orphée. »
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J'ai erré dans les couloirs de mon appartement, un verre plein à la main, pour oublier la nostalgie tenace qui me secoue. Les souvenirs ne sont pas prophètes. Ils disent l'époque révolue, celle qui s'est pour toujours éteinte, et qu'une mélodie ou la sérénité d'un feu de cheminée ravivent un bref instant.
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« La seule façon que vous avez de vous retrouver est de vivre avec votre passé, non plus de le fuir, de le mettre de côté, mais bien de le dépasser, comprenez-vous, de vous construire l'un et l'autre avec vos origines, et non plus contre elles. Vous n'avez pas le choix. Le passé doit être repassé pour être dépassé (…). » 
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Un baume océanique, soyeux, doté d'effets magiques, dont elle enduisait sa peau cuivrée chaque soir après des journées enroulées dans les vagues, une peau gommée par le sable, tannée par le soleil, claquée par le vent et desséchée par le sel. Une essence rare à l'odeur de poivre samarcande et d'épice marine que sait identifier un nez subtil.
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C'est ça, au fond, leur amour à tous les deux : une forteresse. Quelque chose qui fortifie. La résistance et la maturation. La robustesse et la construction dans le temps.
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Des bras fins qui flottent dans les airs au rythme de ses mots, des mains délicates qui tourbillonnent au-dessus de sa tête, des poignets souples qui jouent les arabesques, des coudes nerveux qui voltigent, des doigts effilés qui pianotent devant son nez. Chaque intonation, chaque mouvement d'humeur s'accompagne chez Marjorie d'un geste précis du corps.
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Ensemble, ils effaçaient le temps de l'incertitude. Ou, mieux, ils l'oubliaient.
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Leurs bras chantaient en canon. Leurs mains se croisaient à intervalles réguliers. Le mouvement était répété plusieurs fois, puis la musique s'emballait, et leur pas de deux se terminait par un porté de haute volée.
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Ses bras, ses pieds, ses jambes, ses mains, sa tête prennent le contrôle de son corps et l'entraînent dans une chorégraphie qui mêle les figures occidentales classiques apprises à l'Opéra aux mouvements khmers des Apsaras. La matière visuelle qu'elle a sous les yeux et sous les pieds nourrit son inspiration et met en scène ses élans, comme si sa danse animait la substance peinte, et comme si elle superposait à la vision du peintre la dynamique des formes auxquelles son corps donne énergie et sensualité. Elle se sent soudain envahie d'une puissance émotive prête à éclater. Les muscles d'abord tendus, le souffle court, elle s'assouplit progressivement à mesure que ses bras lancent des brassées de mots à la figure des spectateurs.
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Le monde que je tisse de mes pas et construis de mes gestes est autre, mon corps dansant ignore tout, pour n’écouter que lui-même dans son espace propre, car la danse est affaire de temps, d’espace et d’écoute. Elle me fait entrer dans une vie étrangement instable et réglée à la fois, un temps qui ne dure pas, mais qui est cyclique. Quand je saute, je quitte la terre pour mieux y revenir, je quitte provisoirement le sol sur lequel piétine la vie ordinaire. La marche est la prose du mouvement humain. La danse, elle, est poésie, une poésie de l’action. Je n’ai pas de mérite à te dire ça, ce sont les mots de l’écrivain Paul Valéry, en 1936, dans une conférence sur la philosophie de la danse.
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La lueur verte du papier d’Arménie que j’ai fait brûler sur ma table de chevet a ranimé un souvenir heureux qui m’a saluée du haut de son éternité. Une éternité idéale, inavouable, solidaire de mes rêves.
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… elle sort du bassin de pierre, enfile un peignoir, va dans sa chambre, choisit la version longue de Sinnerman par Nina Simone sur son iPhone, et se met à danser …
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Un peintre- Un tableau

Ce tableau représente le plus jeune fils du peintre, Claude, au domaine des "Collettes" à Cagnes sur mer. Il avait acheté ce domaine pour sauver les oliviers: "Ce sont les arbres les plus beaux du monde, d'une majesté rare, alliée à une légèreté aérienne". Ce peintre avait trois fils: l'ainé fut comédien, le deuxième réalisateur et Claude est devenu céramiste. Il a changé plusieurs fois de style. "Le déjeuner des canotiers" est l'une de ses toiles les plus célèbres. Il s'agit de:

Claude Monet
Alfred Sisley
Edouard Manet
Gustave Caillebotte
Auguste Renoir

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