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Note moyenne 4 /5 (sur 11 notes)

Nationalité : États-Unis
Né(e) à : Arad, Roumanie , 1942
Biographie :

Edward Nicolae Luttwak (né en 1942 à Arad, Roumanie), est un économiste et un historien américain. C'est un des spécialistes en stratégie et en géopolitique les plus connus dans le monde. Il travaille notamment au Centre d’études stratégiques et internationales de Washington (CSIS) et a publié Coup d'État, mode d’emploi, Le Rêve américain en danger et Le Turbo-capitalisme.

Source : Wikipedia
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La montée en puissance de la Chine, Luttwak Edward


Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Henri-l-oiseleur   15 février 2016
La Grande Stratégie de l'Empire Byzantin de Edward N. Luttwak
On a stigmatisé la décadence de Byzance, contrainte d'acheter ses ennemis et de s'appuyer lâchement sur l'or au lieu du fer avec lequel les Romains des grandes heures de leur historie combattaient : cette distinction erronée n'en est qu'une de plus entre les deux périodes.



Comme les divers témoignages le prouvent, les Romains de toutes les époques de leur histoire ne connaissaient aucune inhibition qui leur fût imposée par leurs prétentions héroïques : même à leur plus grande force, d'Auguste (I° siècle) à Marc-Aurèle (II°s), ils préféraient l'or au fer chaque fois qu'il était plus économique d'acheter leurs ennemis que de les combattre.



p. 129
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Walktapus   07 janvier 2014
La Grande Stratégie de l'Empire Byzantin de Edward N. Luttwak
Exousiaokrator, exousiarches, exousiastes [variations sur souverain « extérieur »] ; archonte des archontes, archegos, archegetes, archonte, exarchonte [tirés d’un ancien terme désignant un souverain ou un officiel de haut rang, signifiant à peu près « prince »] ; pro(h)egemon, hegemonarchos, hegemon, kathegemon [variantes de « suzerain »] ; dynastes, prohegetor, hegetor, protos, ephoros [« surveillant », à Sparte] ; hyperechon, diataktor, panhypertatos, hypertatos, koiranons, megalodoxos [« illustre souverain »] ; rex [roi] ; prinkips [princeps romain, c’est-à-dire « premier des citoyens », titre qui eut la faveur d’Auguste comme déguisement de ses vastes pouvoirs, et dont dériva « prince »] ;doux [dux, commandant de région, dont dériva « duc »] ; synkleitikos, ethnarches [« chef de tribu »] ; patrarchos, strategos, stratarches, stratiarchos, stratelates [quatre variantes de « général »] ; taxiarchos, taxiarches [commandant de formation d’infanterie] ; megaloprestatos [« magnifique »] ; megaloprepes, peopthemenos, endoxotatos [« très estimé »] ; endoxos, periphanestatos, peiphanes, peribleptos, peribleptotatos [variations sur « distingué »] ; eugenestatos, eugenes [deux versions de « bien né »] ; ariprepestatos, ariprepes, aglaotatos, aglaos, eritimotatos, eritimos, gerousiostatos, gerousios, phaidimotatos, phaidimos, kyriotatos, kyrios [ces deux derniers termes signifiant « seigneur »] ; entimotatos, entimos, pro(h)egoumenos, hegoumenos [aujourd’hui, « abbé »] ; olbiotatos, olbios, boulephoros, arogos, epikouros, epirrophos, amantor.



Cette grande diversité était manifestement utile car elle créait une irrémédiable confusion dans la hiérarchie des rangs. Si un chef de clan tout fier de porter le magnifique titre de megaloprestotatos rencontrait un très distingué megalodoxos, l’un et l’autre pouvaient se sentir investis du plus grand honneur de la part de l’empereur, et, par conséquent, contraints de faire preuve de la plus grande loyauté.
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Walktapus   11 janvier 2014
La Grande Stratégie de l'Empire Byzantin de Edward N. Luttwak
Contrairement au mythe propagé par des historiens qui ne pratiquent pas le cheval, l’étrier n’est pas indispensable pour permettre aux cavaliers de charger avec la lance sans être renversés par l’impact.
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Walktapus   10 janvier 2014
La Grande Stratégie de l'Empire Byzantin de Edward N. Luttwak
Mais les Byzantins savaient qu’il n’y avait pas de fin, que de nouveaux ennemis surgiraient si les anciens essuyaient une défaite complète et qu’il existait une chance sur deux que ces nouveaux ennemis fussent aussi dangereux que les anciens, voire davantage.

(...) Dans cette hypothèse, la flotte de l'ennemi que le stratège aurait conservée intacte au lieu de la détruire pouvait se révéler utile ; les nouveaux arrivants étaient en effet susceptibles de se montrer aussi menaçants à l'égard de l'ennemi de naguère qu'à l'égard de l'Empire.
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Henri-l-oiseleur   20 février 2016
La Grande Stratégie de l'Empire Byzantin de Edward N. Luttwak
La campagne d'Italie commença en 535 pour se prolonger par à-coups sur trois décennies : pourtant, les Goths, et, sur ce sujet, les Francs et les Lombards qui les suivaient, n'adoptèrent pas l'arc composite des Byzantins comme ces derniers avaient imité l'archerie des Huns.



Pourquoi les "nations aux cheveux clairs" ne parvinrent-elles pas à adopter la meilleure des armes existantes ? Ce ne fut certainement pas parce qu'ils étaient trop attardés pour apprendre à sécher les couches de tendons de cheval pour former un coeur de bois, à travailler les plaques de corne pour leur donner la forme nécessaire et à préparer la colle pour maintenir ensemble les trois parties de l'arc... Nous avons conservé des témoignages d'une joaillerie spécifiquement gothique qui exigeait des aptitudes techniques bien plus élevées...



... Les Goths n'ont pas adopté l'arc composite, non plus que les techniques d'archerie qu'il autorisait, pour la même raison expliquant pourquoi l'arc long des Anglais ne fut guère imité même après ses victoires éclatantes (et les premières armes à feu, des arquebuses extrêmement grossières, furent préférées aux arcs pourtant supérieurs à la fois en portée de précision et en rythme de tir) : parce qu'il fallait un entraînement sans fin pour acquérir et conserver la compétence nécessaire à l'emploi d'arcs très puissants, qu'il s'agît de l'arc long ou de l'arc composite des Byzantins.



p. 315
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Henri-l-oiseleur   19 février 2016
La Grande Stratégie de l'Empire Byzantin de Edward N. Luttwak
Les Romains étaient partisans de la destruction des ennemis qui n'avaient pas eu la sagesse de reconnaître les avantages de la soumission ; de ce fait, l'infanterie lourde avec sa capacité à tailler en pièces, à enfoncer et à assiéger l'adversaire, constituait pour eux l'arme la plus importante, parce qu'elle était la plus à même d'obtenir des résultats décisifs.



Par contraste, la plupart du temps, et d'une manière certaine à l'époque du Strategikon (VI°s), les Byzantins étaient partisans d'une stratégie visant à contenir leurs ennemis au lieu de les détruire - les ennemis d'aujourd'hui pouvant être les alliés de demain. Aussi la cavalerie était-elle à leurs yeux l'arme la plus importante, parce que les engagements qu'elle menait n'avaient pas à être décisifs mais pouvaient au contraire se terminer par une retraite rapide, ou bien une poursuite prudente évitant aux deux parties de subir des dommages trop profonds.



p. 292
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Henri-l-oiseleur   18 février 2016
La Grande Stratégie de l'Empire Byzantin de Edward N. Luttwak
Il y avait bien plus important, par ses conséquences, que les stratagèmes adroits ... : c'était le concept - bien particulier aux Byzantins - de guerre et de paix, qui évolua, dès la fin du VI°s, en un véritable "code opérationnel" ... Son point de départ était l'impossibilité d'une victoire décisive - le but même de la guerre pour les Romains du passé comme pour Napoléon, Clausewitz et leurs émules jusqu'à nos jours, avec toutefois une conviction de moins en moins forte, peut-être. Le concept byzantin constituait donc un renversement révolutionnaire.



p. 256
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Henri-l-oiseleur   20 février 2016
La Grande Stratégie de l'Empire Byzantin de Edward N. Luttwak
Les Byzantins affrontèrent toujours une multiplicité d'ennemis réels ou potentiels. Ils ne furent jamais confrontés à un seul et unique ennemi dont ils pussent imaginer la destruction comme signifiant la fin du conflit - de la même manière que certains interprétèrent à tort l'acte de décès de l'Union Soviétique comme la fin de l'histoire. Depuis l'arrivée des Huns, les Byzantins gardaient toujours en mémoire que derrière les ennemis déjà à leurs frontières s'en trouvaient d'autres qui attendaient leur tour pour lancer leur offensive - de telle sorte que la destruction totale d'un ennemi n'aurait pour effet que d'ouvrir la route à l'invasion d'un autre, susceptible de se révéler encore plus dangereux. En outre, l'ennemi d'hier pouvait devenir un allié immédiat précieux.



p. 305
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Henri-l-oiseleur   18 février 2016
La Grande Stratégie de l'Empire Byzantin de Edward N. Luttwak
Après une ultime tentative de défense de l'arrière-pays perse à la bataille de Nihawand (Nehâvend) en 642 ... la résistance - et avec elle l'empire des Sassanides - déclina jusqu'à la fin de l'empire, dès 651.



Les conquérants arabes musulmans qualifièrent eux-même cette victoire de "divine", Nasr Allah, non sans humilité. On peut rétrospectivement y reconnaître un succès plus grand encore : une victoire politique sur deux empires qui permit de gagner non seulement de vastes territoires, mais aussi l'approbation de nombre de leurs habitants.



Les impétueuses avances des Arabes auraient pu n'être que de simples raids éphémères, dont les effets eussent été annulés par la résistance des populations locales, si les envahisseurs ne leur avaient offert deux avantages tout à fait considérables et immédiats dès leur arrivée.



Le premier fut une réduction drastique des impôts, si onéreux qu'ils avaient fini par ruiner les habitants. Le deuxième constitua un vrai paradoxe : en imposant des règles discriminatoires à tous les non-musulmans, les Arabes musulmans mirent fin aux persécutions religieuses arbitraires qui avaient récemment opprimé une majorité des habitants (chrétiens monophysites) de Syrie et d'Egypte.



p. 215



Note : l'impôt de "protection" des infidèles coûte moins cher aux infidèles, dans un état arabe embryonnaire, que toute la structure byzantine ou persane, qui cherche la conversion des hérétiques.
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Henri-l-oiseleur   17 février 2016
La Grande Stratégie de l'Empire Byzantin de Edward N. Luttwak
On fait grand cas, ces temps-ci, de l'al-jihad al-akbar, "la grande lutte" que chacun doit mener contre ses propres désirs charnels, qui rabaisserait la guerre contre les infidèles à l'al-jihad al-asghar, "la petite lutte". Mais il s'agit de l'interprétation hétérodoxe de certains soufis et ecclésiastiques libéraux, largement ignorée du principal courant musulman, incluant la plupart des mouvements soufis. Des versions douces, humanistes et tolérantes de l'islam dominent l'enseignement de l'islam dans les universités occidentales mais restent inconnues, ou tout au plus marginales, dans les pays musulmans - à l'exception de minorités comme les Alévis Bektashi de Turquie et d'anciennes terres ottomanes, dont l'humanisme est à la fois ancien et authentique. *



p. 214



* Les Alévis sont surtout Bektashi ; leur chiisme est principalement nominal, tandis que leurs pratiques distinctives sont principalement chamanistes. (note 3 p. 468)
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