AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Note moyenne 4.37 /5 (sur 109 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 18/09/1932
Mort(e) à : Villejuif , le 08/04/2009
Biographie :

Henri Meschonnic est un poète, traducteur, critique, théoricien du langage et essayiste français. Il a notamment été lauréat des prix Max Jacob en 1972 et Mallarmé en 1986. Il a reçu à Strasbourg en 2006 le Prix de littérature francophone Jean Arp (alors dénommé Prix Nathan Katz) pour l'ensemble de son œuvre et en 2007 le grand prix international de poésie Guillevic-ville de Saint-Malo. Membre de l'Académie Mallarmé depuis 1987.

Henri Meschonnic est régulièrement intervenu dans le Forum des langues du monde. Il fut président du Centre national des lettres, devenu en 1993 Centre national du Livre. Henri Meschonnic a déposé ses archives à l'IMEC en 2007.

Source : wikipedia
Ajouter des informations
Bibliographie de Henri Meschonnic   (54)Voir plus

étiquettes
Videos et interviews (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de

POÉSIE BIBLIQUE - L’art du récit dans l'Ancien Testament (France Culture, 2000) Émission « Tire ta langue », par Jacques Munier, diffusée le 26 décembre 2000 sur France Culture. Invités : Dominique Barrios, responsable de la dernière édition de : "La Bible de Jerusalem" (Cerf) ; Henri Meschonnic, linguiste et spécialiste de poétique, traducteur de : "Les cinq Rouleaux" (Gallimard) et Michel Quesnel, bibliste à l'Institut catholique et coauteur de : "La Bible et sa culture" (Desclée de Brouwer).


Citations et extraits (123) Voir plus Ajouter une citation
Henri Meschonnic
sabine59   24 janvier 2020
Henri Meschonnic
Images nuages

tête pluie

le paysage est dedans

j'ai des collines dans les bras

la rivière

dort dans mes yeux

quand je me réveille j'ai

des oiseaux dans mes cheveux
Commenter  J’apprécie          410
Malaura   11 février 2012
L'obscur travaille de Henri Meschonnic
Chaque visage

Est un soleil

J’ai mes nuages

Comme chacun

Mais je vais de soleil en soleil

De nuage en nuage

À ta rencontre

À ma rencontre

Commenter  J’apprécie          340
Henri Meschonnic
coco4649   17 mai 2018
Henri Meschonnic
 

 

je fais du feu…





je fais du feu

quelque chose de moi

est dans ce feu

la flamme me monte

ce feu c’est mon image

c’est pourquoi je me regarde

dans ce feu

Commenter  J’apprécie          270
Henri Meschonnic
coco4649   09 mai 2018
Henri Meschonnic
Et la terre coule





Extrait 2



j’ai tellement regardé regardé

les autres qu’ils sont une part

maintenant de mon regard

ma peau tout entière est regard

mes mains sont des yeux

mes yeux

sont des mains

et je marche visage

de vie en vie

être le monde n’a pas de fin

à mon plaisir

j’avance sans savoir

plus je suis en moi moins je

me fais à l’idée que j’ai de moi

tellement j’entre chez tous

ceux que j’aime

que je suis en chemin d’infini

Commenter  J’apprécie          250
Henri Meschonnic
sabine59   09 décembre 2016
Henri Meschonnic
J'avance avec

le silence des arbres

je marche avec

le rond du ciel

je ne parle pas

mes mots

je les marche

et je marche mon silence

ça ne commence pas

et ça ne finit pas.
Commenter  J’apprécie          244
Malaura   01 février 2012
L'obscur travaille de Henri Meschonnic
Je n’ai rien que des jours

A t’offrir mais ensemble

Ensemble

Ma bouche ta bouche

Dans tes mains dans mes mains

Ce sont elles qui tournent

Autour de l’an pas l’an

Qui tourne

Mais nous ensemble

La ronde de la vie

Commenter  J’apprécie          220
Henri Meschonnic
Partemps   18 mai 2022
Henri Meschonnic
Extrait d’un entretien Benoît Chantre, Henri Meschonnic, Philippe Sollers



Le psaume 133 commence en chanson et est devenu une chanson populaire israélienne : « Vois qu’il est bon et qu’il est doux d’être frères aussi ensemble. » Il faut voir comment d’autres traducteurs s’y sont exercés. Ce n’est pas par arrogance ou par mauvais esprit, mais pour montrer que la petite symétrie, qui ressemblait déjà à une chansonnette, a disparu. Lemaistre de Sacy : « Ah ! que c’est une chose bonne et agréable que les frères soient unis ensemble. » C’est une phrase en prose. Il n’y a pas de métrique, mais c’est une autre rythmique. Ostervald : « Oh ! qu’il est bon et qu’il est doux que des frères demeurent unis ensemble. » Samuel Cahen : « Qu’il est beau, qu’il est agréable lorsque des frères demeurent ensemble ! », Le sens est toujours le même, mais la rythmique est tout autre. Segond : « Voici Ô qu’il est agréable, qu’il est doux de demeurer ensemble ». Le Rabbinat : « Ah ! qu’il est bon, qu’il est doux à des frères de vivre dans une étroite union ». La Bible de Jérusalem : « Voyez ! qu’il est bon, qu’il est doux d’habiter en frères tous ensemble ».



la Bible

le livre des écrivains



Texte fondateur de trois monothéismes révélés judaïsme, christianisme et islam — la Bible apparaît depuis le Moyen Âge comme le « Livre ». Matrice originelle de la littérature et de l’art en Occident, elle est source inépuisable d’images, de symboles, d’archétypes, mais aussi de formes narratives ou poétiques. La Bible représente, inspire, transmet bien au-delà de la croyance qu’elle établit et affirme. C’est cet « au-delà » qu’explorent aujourd’hui des écrivains venus d’horizons très divers : « au-delà » de la mort et du silence de Dieu, « au-delà » de la foi que les rédacteurs du texte biblique cherchaient à transmettre ; la Bible, dans sa langue forte et souvent violente, s’approche plus que tout autre de ce « sacré » que les êtres humains cherchent à atteindre même lorsqu’ils ne se déclarent plus croyants. Des écrivains se sont attachés à revenir aux sources, à apprendre l’araméen pour traduire le texte dont ils nourrissent leur propre travail d’écriture. Autant d’approches nouvelles de la Bible dont ce dossier La Bible, le livre des écrivains.



Le même verbe peut signifier « habiter », « être assis », ou bien « être » tout simplement. Dhorme : « Qu’il est bon, qu’il est doux pour des frères d’habiter ensemble », Chouraqui : « Voici ! quel bien, quel agrément, d’habiter, frères, unis ainsi ! »



Benoît Chantre. — Redonnez-nous Meschonnic, que nous l’ayons en tête...



Philippe Sollers. — « Vois qu’il est bon / et qu’il est doux /// d’être frères aussi ensemble. » On peut être frères sans être aussi ensemble et sans habiter ensemble — [on peut se souvenir des père de Sollers : deux frères ont épousés deux soeurs et vivent dans des maisons contigües et symétriques...]



Henri Meschonnic. — L’essentiel, en l’occurrence, c’était deux choses : d’être frères, et d’être ensemble. Le problème ne résidait pas dans le sens. Bien des traducteurs savent l’hébreu certainement mieux que moi. Ce n’est pas un problème de langue, c’est un problème de rythme et de mode de signifier.



*

Quel tohu-bohu ?



Prenez le début de la Genèse. Ce ne sont pas les problèmes qui manquent au commencement du monde. Le mot « tohu-bohu », tóhou/vavóhou, est un couplage expressif. Ce n’est pas une onomatopée, cela n’imite rien. On trouve beaucoup d’expressions expressives dans la Bible. Le problème n’est donc pas celui du sens. Étant donné que nous sommes dans le récit d’une cosmogonie, il y a dans chacun des mots qui sont employés là comme une épaisseur de légendaire.





D’après la Bible moralisée, c1250, Vienne, Bibliothèque nationale autrichienne.

En 1973, j’avais traduit tóhou vavóhou par « boue et remous ». Je m’étais fondé à l’époque sur des récits akkadiens et babyloniens. J’ai préféré, après lecture de tous les commentaires, « vaine et vide », pour le couplage et plus proche du sens, car il fallait rendre la notion de vide.

En 1535, Olivétan est le premier traducteur de la Bible en français à partir de l’hébreu. Jusqu’alors, tous avaient traduit à partir du latin. Mais traduire à partir l’hébreu ne suffit pas. Encore faut-il répondre au défi poétique. Olivétan dit : « indisposée et vide ». Le latin donne : « terra autem erat inanis et vacua ».



Philippe Sollers. — Vous traduisez par « vaine et vide ». Cette traduction tient bien. « Vaine » : le Waste land de T. S. Eliot, la terre vaine.



Henri Meschonnic. — Il y a d’autres tentatives du même ordre. Dans la Bible de Jérusalem, on, trouve « vide et vague ». Il y a une infinité de manières d’échouer et une infinité de manières de réussir, jamais une seule solution. Il faut faire en sorte que le programme de traduction contienne la prosodie et le rythme. Inanis et vacua ne donne que le sens des mots. L’autre problème est celui de la fin du premier jour, rom e’had, que je traduis par « jour un » et non pas par « premier jour ». Le signifiant est bien un adjectif cardinal et non pas ordinal. En revanche, dans la suite du texte, on a bien : deuxième, troisième, etc. J’ai suivi le commentaire célèbre de Rachi, du XIe siècle. Je ne fais pas mienne son explication, mais il justifie l’adjectif cardinal par le fait qu’au début Dieu est seul dans son univers.



Philippe Sollers. — C’est tout à fait juste.



Henri Meschonnic. — Mais c’est aussi parce que, au moment où cela se passe, la série n’a pas encore commencé. Cela ne peut donc pas être traduit par « premier ».

C’est le jour un. La plupart des traductions ont traduit par l’adjectif ordinal. Au verset 5, Lemaistre de Sacy : « et du soir et du matin se fit le premier jour ». Ils ont tous traduit par « premier jour ».



Philippe Sollers. — Ils sont très pressés qu’il y en ait d’autres.



Henri Meschonnic. — Oui. Mais pour le sixième jour, c’est une autre syntaxe qui se présente et j’ai traduit par « Jour, le sixième ». Il faut reconnaître que tout ce début n’est pas du langage ordinaire. C’est une cosmogonie. C’est une syntaxe très simple, par rapport à celle des Gloires. Mais le problème poétique est ailleurs, il est celui de l’atmosphère du divin. Je crois qu’elle est perdue avec la traduction de Jean Grosjean, qui en fait du français ordinaire, même si je comprends très bien pourquoi Jean Grosjean traduit ainsi : « C’était le premier jour », en ponctuant avec des « et voilà. »



Philippe Sollers. — Il y a là une dé-divinisation très grande. Cela me fait penser à quelqu’un, le vieux Joseph Haydn. Beethoven dirige son oeuvre La Création. Quand tout le monde s’est mis debout pour applaudir, il a levé les bras au ciel pour signifier que cela venait de là-haut.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Partemps   19 mai 2022
Modernité, modernité de Henri Meschonnic
Contre toutes les poétisations, je dis qu’il y a un poème seulement si une forme de vie transforme une forme de langage et si réciproquement une forme de langage transforme une forme de vie.
Commenter  J’apprécie          20
Henri Meschonnic
Partemps   17 mai 2022
Henri Meschonnic
Combien de noms



les morts sont couverts de mots

mes mots sont pour ceux qui vivent

ils ne ferment pas une vie

je ne fais que commencer

de les dire des bouts de mots

qui sortent à peine de nos bouches

tant ils sont mêlés à nous

que la phrase à dire c’est nous

elle n’est pas pour les pierres je

ne sais pas ce qu’elle dit elle

continue si on s’arrête

se tait si on parle trop

on avait enterré un cimetière

pour le sauver

les pierres plus

fragiles que nous depuis

qu’on les dresse vers le ciel

pour qu’elles tournent avec les astres

qu’elles nous portent dans les temps

nous n’avons pas ce temps mais

nous sommes le temps du temps et

les pierres ne portent plus que

des mots dont l’air s’est perdu

on les déchiffre on écoute

l’absence

c’est nous sans nous

la force de ce qui n’est pas

écrit la main touche les lettres

et passe



oui

c’est moi

qui manque aux mots

non les mots qui me manquent j’ai

dû dormir quand il ne

fallait pas je n’étais pas

présent quand on leur a fait

dire ce que je ne voulais pas

depuis je travaille pour le silence

j’amasse l’absence des mots

je laisse une place vide dans

tout ce qui est dit c’est la

place du mot à dire pour que

la mer s’arrête

les pierres montent

je suis le vide

de ce mot



nous du temps que nous parlions

aux pierres

nous avons pris leur

sens leur temps et maintenant

leur mémoire est en nous elle

marche dans nos pas elle bouge

dans notre chaleur nous ne

faisons plus la différence

entre ce qu’elles disent et nous

le temps des pierres c’est nous et

nous sommes pleins de cris que nous

laissons sur nos passages comme

des pierres

en nous tenant l’un à l’autre

pour trouver parmi elles notre

chemin.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Henri Meschonnic
coco4649   21 janvier 2018
Henri Meschonnic
Je suis l’enfant je suis la foule…





Je suis l’enfant je suis la

foule qui pousse ses mains

comme un arbre

sort de moi

et plein de cris je m’ouvre

sans comprendre

ce qui vient

Commenter  J’apprécie          180

Acheter les livres de cet auteur sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura

Listes avec des livres de cet auteur


Quiz Voir plus

Harry Potter et le prince de sang-mêle.

En quoi est métamorphosé Horace Slughorn, lorsque de sa première rencontre avec Harry?

En horloge
En fauteuil
En chat
en lit

13 questions
59 lecteurs ont répondu
Thème : Harry Potter, tome 6 : Harry Potter et le Prince de sang mêlé de J. K. RowlingCréer un quiz sur cet auteur