AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Note moyenne 4.2 /5 (sur 91 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Lyon , le 14/07/1942
Biographie :

Jacques Ancet est un poète et traducteur français.

Après des études secondaires et supérieures dans cette même ville, il fut lecteur de français à l'université de Séville, puis agrégé d'espagnol. Il a enseigné depuis plus de trente ans dans les classes préparatoires aux Grandes Écoles avant de se consacrer à son travail d'écrivain et de traducteur près d'Annecy, où il réside.

Au cours de sa carrière, il a reçu ces distinctions :

le prix Apollinaire en 2009
le prix de poésie Charles Vidrac de la Société des gens de lettres en 2006
le prix Hérédia de l'Académie française en 2006
la bourse de traduction du prix européen Nathan Katz en 2006
le prix Rhône-Alpes du Livre en 1994
le prix de traduction Nelly Sachs en 1992

+ Voir plus
Source : Wikipédia
Ajouter des informations
étiquettes
Videos et interviews (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de

POÉSIE HISPANIQUE – l’Espagne contemporaine : de l'Ultraísmo à Sanchez Ortiz (France Culture, 1982) Une compilation des émissions « Albatros », par Gérard de Cortanze, diffusées les 3, 10, 17, 24 et 31 janvier 1984 sur France Culture. Invités : Jacques Ancet, Saül Yurkievich, Claude Miniere et Severo Sarduy. Poètes évoqués : José Angel Valente, Pere Gimferrer, Andres Sanchez Robayna, Julian Rios et Emilio Sanchez Ortiz.

Podcasts (2) Voir tous


Citations et extraits (163) Voir plus Ajouter une citation
Jacques Ancet
Piatka   29 janvier 2019
Jacques Ancet
Écrire c’est être traversé.
Commenter  J’apprécie          470
Jacques Ancet
Piatka   27 janvier 2019
Jacques Ancet
UN MORCEAU DE LUMIÈRE



J’écris des dates

le temps les traverse

ne laisse qu’un peu de poudre humide

parfois les feuilles remuent

le ciel n’est pas le ciel

le jour est un reste de regard.
Commenter  J’apprécie          420
coco4649   29 octobre 2020
La vie, malgré : Chronique de Jacques Ancet
II L’ÂGE DU FRAGMENT







Extrait 1



J’entre dans l’âge du fragment. Les choses se serrent, éclatent : esquilles, fibrilles, sang sur les doigts. Et la neige, toujours.



[…]
Commenter  J’apprécie          10
coco4649   29 octobre 2020
La vie, malgré : Chronique de Jacques Ancet
Suivre le murmure







Extrait 2



Comment dire moi, puisque moi — comment dire — ça n’est pas moi ? Une pluie d’éclats et d’ombres, comme un feuillage agité par le vent. Un sommeil, un éveil confondus, des visions — montagne table, vent, pieds croisés — un aveuglement, oui. Et comment ne pas dire ce vacillement bref : quelque chose se tient là — quel-que chose n’est plus là.
Commenter  J’apprécie          00
coco4649   29 octobre 2020
La vie, malgré : Chronique de Jacques Ancet
II L’ÂGE DU FRAGMENT







Extrait 2



Dans l’image on n’entre pas. Elle reste en face, comme posée devant les yeux qui lui donnent ses limites et sa profondeur. La beauté est cette distance infranchissable tissée de lumière et de vols qu’on croit toujours pouvoir franchir. La main se tend, la bouche s’ouvre. On touche le murmure.
Commenter  J’apprécie          00
coco4649   29 octobre 2020
La vie, malgré : Chronique de Jacques Ancet
Suivre le murmure







Extrait 1



On ne se bat pas — on est le champ de bataille. D’ailleurs, contre qui, se battre ? On ne sent rien, on ne voit rien, on n’entend rien. Dehors, rien n’a changé : l’air et le visage qui sourit. Et tout semble si tranquille. C’est dedans que ça se bat — et on suit : on ne fait que suivre.

Commenter  J’apprécie          00
Jacques Ancet
coco4649   27 janvier 2020
Jacques Ancet
J’attends





– Qu’est-ce que tu fais ?

– J’attends.

– Quoi ?

– Si je savais.

Commenter  J’apprécie          170
Jacques Ancet
sabine59   18 janvier 2017
Jacques Ancet
Je me demande encore ce qu'est l'amour

cette folie de faire tourner le monde

autour d'un même centre rose et mortel

je sais qu'il n'est pas de réponse je sais

que c'est se vouer à la perte et aux larmes

mais malgré tout j'ouvre les bras je dis oui



( " La brûlure", in " Lettres vives")
Commenter  J’apprécie          110
Partemps   15 octobre 2020
L'éthique démontrée selon l'ordre poétique de Jacques Ancet
Le verbe et l’espérance





J’ai rêvé d’une alliance entre le verbe

et l’espérance, même si la vie n’est

pas mûre pour nos rêves...

Liliana Lukin





Les clichés sur la littérature d’Amérique latine ont la vie dure. Entre autres l’inévitable adjectif « baroque » accolé à tort et à travers à toutes ses productions littéraires et artistiques et qui permet de proposer sous cette appellation non contrôlée tous les textes dans lesquels l’usage de l’image, de la métaphore débridée ou de la prolifération langagière jouent un rôle prépondérant. Pourtant, si un certain nombre d’écrivains du sous-continent peuvent facilement se retrouver dans cette classification, tous n’y entrent pas et même s’en éloignent considérablement. Liliana Lukin est de ceux-là.

Il suffit de parcourir son œuvre, qui ne compte pas moins d’une douzaine de livres à ce jour, pour s’en rendre compte. Du premier poème (datant d’un recueil de 1981) au dernier (celui, paru en 2012, ici traduit), c’est la même écriture pensive, incisive et concise. Où ne se trame aucune envolée rhétorique, aucun ruissellement d’images, pas ou très peu d’épanchements lyriques, mais des textes qui s’offrent moins qu’ils réclament d’être peu à peu conquis dans leur secrète alchimie.

Cette alchimie — travail conjoint de l’œil et de l’oreille — consiste en une mise en espace de la voix — en une calligraphie de la voix (1). Cette voix invisible qui parle dans le poème, qui parle le poème, se fait en le faisant — ce « mouvement de la parole dans l’écriture » (Hopkins) dont l’écoute donne à voir, nous offre un « théâtre d’opérations » diverses (visuelles, sonores, textuelles, mentales, érotiques...), sur lequel se « joue » (dans tous les sens du terme), toute cette œuvre. D’où ces jeux de miroir où notre réalité la plus intime se révèle dans la distance même d’une mise en scène (souvent accompagnée d’un remarquable travail d’illustration) dont l’écriture et le corps, l’une dans l’autre, sont l’espace privilégié.

C’est dire que la poésie de Liliana Lukin, se situe d’emblée dans cette tradition de la méditation dont Unamuno en son temps se réclamait également et qui, des mystiques espagnols, des « Métaphysiques » anglais à Eliot, Cernuda ou Valente, en passant par Leopardi, Wordsworth, Coleridge, Hopkins, Rilke, Mallarmé ou Borges tend, selon lui, et contre tous les dualismes qui nous parasitent, à sentir la pensée et penser le sentir. Pareille « appréhension sensorielle de la pensée » (Eliot), c’est sans doute L’Ethique démontrée selon l’ordre poétique qui nous en donne l’illustration la plus frappante et la plus belle.



*



Car voici un livre, comme il en existe très peu, qui rend en quelque sorte à la philosophie la monnaie de sa pièce. Dans la mesure où ce n’est plus la philosophie qui, du haut de son savoir, viendrait donner un sens à la poésie, lui expliquer en quelque sorte ce qu’elle ne sait pas qu’elle dit ou fait, mais où c’est la poésie qui investirait la philosophie de sa puissance sensible et la ferait non plus seulement comprendre intellectuellement mais éprouver physiquement. Et qui lui révélerait la charge d’affect qui souvent de cache sous ses concepts. D’autant que la philosophie ici n’est pas représentée par n’importe quel philosophe mais par Spinoza, celui justement chez qui affect et concept sont si étroitement confondus qu’on a pu parler à son propos de « poème de la pensée » (2).

C’est ce poème de la pensée qu’explore Liliana Lukin et à partir duquel elle développe son propre poème. Où il est, d’entrée, question de « rêve » . Rêve d’un jardin, d’une sorte d’Eden où retrouver l’unité et la paix interdites par le monde extérieur:



Je rêve d’une porte :

je ferme mon verrou

comme une clef.

Comme dans tous les

beaux rêves humains,

la porte donne sur un jardin.

Mais ma clef ouvre vers

l’intérieur, où il n’y a

qu’ombre, parfum et rumeur

de feuilles et de vent.



Telle apparaît l’Ethique à laquelle le titre de ce livre fait très clairement allusion. Si clairement même qu’on ne peut s’empêcher d’y percevoir une ambition de la poésie qui s’affirme ici comme l’égale de la philosophie. Et, comble d’audace, lui ouvre des perspectives dont elle-même n’aurait pas eu conscience. Oui, l’Ethique serait un jardin rêvé, une sorte d’Eden de « parfum [...] de feuilles et de vent », un espace de liberté — une Utopie. Celle d’un monde qui, par la puissance de la Raison, réaliserait « le rêve de tous » (XIV) :



...

l’univers entier

se reposant des catastrophes,

sans innocence, mais oublieux du mal.



Dans l’instant du rêve

tout est en accord avec sa nature,

et attentif à une violence

plus grande que le silence .

plus proche du bien commun. (XV)

...



Mais cet accord ne dure justement que « l’instant du rêve », avant que le réveil ne rende le rêveur à la dure réalité, à ce « monde d’/affamés, déguenillés /et seuls,/amputé par/une misère/qui ne guérit /dans le récit d’aucune veille » (XI) :



Au désespoir je reçois

comme un choc le désespoir :

d’avoir rêvé et maintenant d’être

réveillé : je mords l’os,

je donne le quignon à ronger,

je soulève la pierre et je maudis,

non pas comme celui qui a rêvé

à la profondeur de ne pas pouvoir,

non pas comme celui qui sait quoi faire

et ne trouve ni comment ni où

ni avec quoi,

mais comme éprouvant mes forces,

préparant mes dents,

mesurant les obstacles

et les laissant tomber

selon la loi

de leur propre gravité. (VII)



Il y a une rage dans ce désespoir. L’obstination aussi d’une pensée mue par une force irrésistible : le désir, cette émanation du corps. Contre le dualisme régnant à son époque et jusqu’à aujourd’hui, Spinoza est le premier à affirmer l’inséparation de l’âme et du corps, comme le soulignent les citations placées en exergue du livre IV : L'idée du Corps et le Corps, c'est-à-dire (Prop. 13) l'Âme et le Corps, sont un seul et même Individu qui est conçu tantôt sous l'attribut de la Pensée, tantôt sous celui de l'Étendue.

Cette célébration du corps, dont nous n’avons pas fini d’hériter (« Je me suis réveillé en célébrant ce corps/qui me rend libre de célébrer ») fait signe vers un travail de pensée et de langage où philosophie et poésie finissent par se rejoindre : « Mon corps jouit quand je pense » écrit Liliana Lukin. Parole de philosophe, bien sûr, mais parole de poète tout autant. Car ce penseur, ce réprouvé, cet « étranger » dont il nous est dit dans le poème IX qu’il est un être « sans identité sans carte/de rationnement, ni argent », qui a faim, qui ne sait où dormir, que les autres rejettent, s’il correspond à l’image du rebelle qu’était Spinoza, correspond aussi à celle du poète. Ce marginal qui rêve de « donner un sens plus pur aux mots de la tribu », qui lui aussi, rêve d’un jardin où il « laisser[ait]/des mots dans l’oreille/d’un enfant ». Celui dont le langage sort du langage commun et nous touche au sens le plus fort du terme, parce qu’il est avant tout un langage du corps. Ou plutôt, le maximum de corps — de matérialité — que puisse porter le langage.

D’où la force insinuante de cette œuvre dont la brièveté n’a d’égale que l’intensité et qui, tout en rêvant ce « poème de la pensée » qu’est l’Ethique de Spinoza, devient en même temps une pensée du poème — ou son rêve. Rêve sur lequel elle se referme avec la répétition en miroir du texte liminaire qui, s’il renvoyait d’abord au travail du philosophe — « démonstration Baruch Spinoza parle », pourrait renvoyer, maintenant qu’il n’a plus de titre, à celui de Liliana Lukin, c’est-à-dire à celui du poète :



Moi qui ai été

chassé, exposé, j’aime le reste

de clarté qui rend possible

de voir le jardin où il n’y a

pas de jardin : j’aime

mon rejet, mon verrou,

le danger du texte

engendré.







(1) C’est le titre d’une brève anthologie, présentée et traduite par Jacques Ancet, publiée l’an passée aux éditions Alidades.



(2) Henri Meschonnic, Spinoza poème de la pensée, Maisonneuve & Larose, 2002.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
coco4649   23 juillet 2018
Voir venir Laisser dire de Jacques Ancet
                        LAISSER DIRE





                             I

Extrait 4



Laisser le jour, laisser la nuit. Laisser le temps, laisser le fil et le gravier,

Ce qui s’approche qu’on ne voit ni n’entend. Une sorte de floraison invisible.

C’est le printemps, dit une voix. Mais non. Ça n’a ni herbe ni fleurs. C’est

  à la fois

Obscur et transparent. Un souffle sans air, un pas sans pied — va savoir.



*



Commenter  J’apprécie          80

Acheter les livres de cet auteur sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox



Quiz Voir plus

Poèmes gruyère :))

(Le Corbeau et le Renard) - Maître Corbeau, sur un arbre ......... , Tenait en son bec un fromage. Maître Renard, par l'odeur alléché, Lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes ........ ! que vous me semblez ......... ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le ......... des hôtes de ces bois

élevé - beau - bien - roi
perché - joli - beau - phénix
feuillu - noir - joli - meilleur
sec - haut - loin - phénix

6 questions
63 lecteurs ont répondu
Thèmes : culture générale , littérature , poésieCréer un quiz sur cet auteur

.. ..