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Note moyenne 3.75 /5 (sur 4 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Béziers , le 30/08/1942
Biographie :

Jean-Paul Guibbert est poète, sculpteur et calligraphe.
Son premier recueil, Veines, composé en 1962, l’année ses vingt ans, publié deux ans plus tard et repris peu après dans Alyscamps (Mercure de France, 1966), lui vaut d’emblée l’admiration des plus grands : André Pieyre de Mandiargues, Yves Bonnefoy, Gaétan Picon lequel décèle en lui « la voix la plus personnelle et la plus persuasive qui ait surgi depuis des années » (1963).
Son oeuvre poétique a été rassemblée en 1987 sous le titre La Chair du monde soit vingt ans de création poétique (1962-1982), augmentée d’un nouveau recueil, Milieu du temps, réunissant les oeuvres composées entre 1989 et 1996.

Source : www.editionsphebus.fr › Catalogue › Littérature françaisewww.mercuredefrance.fr/auteur-Guibbert_Jean
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
coco4649   15 mars 2020
Haut lieu du cœur de Jean-Paul Guibbert
Nous abîmez alors dans la louange…





Extrait 6



L’amie est dans le rêve,

Dans les voiles d’oubli, de marche et de grand vent.

Son âme est un vaisseau

(Le corps aux isthmes où l’on aborde).

Ma peur, je crie vers les collines de chaleur,

Les servitudes des arbres et des fontaines,

Les sentiers noirs, le miel des rives ;

Pour qu’elle aborde en ces contrées.





O ma douleur d’être avec toi sur cette lame de vie

Et décriés comme au néant de l’être nous serons

Et morts dans l’âme de survivre

Et de naître si violemment à chaque saison de toi.

(Mémoire)
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coco4649   15 mars 2018
Images de la mort douce de Jean-Paul Guibbert
     Tombe de jeune homme





Je fus l’enfant très aimé des habitudes et des

routines. J’ai connu l’amour de ma mère et

d’autres femmes peu, une seule peut-être

  reste à rêver aux larmes que j’ai laissé

       glisser sous mes paupières

La vie me fut douce et absente, la mort

aura rongé avant longtemps mon visage de

  miel ; je relis à l’envers les phrases de

       mes maîtres, je suis libre.
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coco4649   15 mars 2020
Haut lieu du cœur de Jean-Paul Guibbert
Nous abîmez alors dans la louange…





Extrait 5



Ou lorsque vous baisez ma bouche un long temps

Avant les pièges de la nuit,

Que mon sommeil en est séduit

(Les nuits d’obscur sont nos bonheurs)

Que d’enfants blondes et de lèvres

Sur le bateau de cette nuit.
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coco4649   15 mars 2020
Haut lieu du cœur de Jean-Paul Guibbert
Nous abîmez alors dans la louange…





Extrait 4



Infante, ma maison est blanche dans le bleu,

Votre main si futile a dérouté les langues de la mort.

De ma fenêtre enracinée je vois les filles dans le soir,

Leurs pieds sanglés de cuir et leurs robes qui glissent

  sur le flanc des chevaux ;

Et la fin qui me guettent en ma tour vers l’obscur

Et votre main légère qui demande mon bras pour le

  repas du soir.
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coco4649   15 mars 2020
Haut lieu du cœur de Jean-Paul Guibbert
Nous abîmez alors dans la louange…





Extrait 3



En silence le vase identifie la salle

Et les murs sont ténèbres et vastes et vénéneux,

L’air a cette moiteur des robes en été

(Irrespirables et douces)

Et quelle effroi d’avoir opté pour l’infante,

D’avoir neigé pour elle,

Et de l’avoir lavé avec l’eau des sources domestiques.

Nous sommes en vos bras, grand favori, grand échanson,

Celui qui tend les bras et déchire la robe.
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coco4649   15 mars 2020
Haut lieu du cœur de Jean-Paul Guibbert
Nous abîmez alors dans la louange…





Extrait 2



Je fus il y a longtemps abordé et fidèle,

Aujourd’hui à ma porte,

Lorsque sont devant moi les ténèbres du soir,

Je ne sais rien sinon l’espace de ma chair

Et sur des mains absentes les traces de mes mains ;

Et souvent aux degrés la brise de passage

Laisse un passé de sel, une trace de pas

Et le poids de ton corps, l’orgueilleuse mémoire

De mon geste à tes reins.
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coco4649   15 mars 2020
Haut lieu du cœur de Jean-Paul Guibbert
Nous abîmez alors dans la louange…





Extrait 1



Nous abîmez alors dans la louange de vos gestes,

Ainsi, afin de demeurer,

Car la face de dieu toujours dans l’ombre persévère.



Les traces de vos pas m’ouvrent un chemin serein,

Jamais le corps ne fut un si grand risque.
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coco4649   15 mars 2018
Alyscamps de Jean-Paul Guibbert
Voix ailée et vaine de Béatrice





Extrait 2



Et tu viendras,

Dans ces allées où mon cœur saigne à chaque pas,

Mes bras seront d’une autre nuit, d’un autre ciel,

Et nos embrasements parmi les arbres morts

Seront d’une autre terre, d’un autre temps.



Et nos arbres et nos bras déchirés vers le ciel

Et les ronces d’enfance et les baies dans nos mains.



Car dans la nuit de notre peur,

Tu aimes avec des larmes dans la voix

Et la douleur qui est la tienne est sans raison

Et le jeu adorable de l’amour que tu donnes

Est sans raison.

Et toujours je me laisse réduire par ta voix,

Toujours au même ventre je suis grande prêtresse

Et servante de roi.

Et la blessure que tu fais a la violence des saisons

Mais le temps après la blessure est une lente floraison.

Une descente au monde bas

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coco4649   17 mars 2019
Images de la mort douce de Jean-Paul Guibbert
Stèle d’une courtisane





Toutes mes portes furent ouvertes, forcées à

cris, ou larmes, ou plaisirs, tous mes anneaux

sans clefs furent ouverts. Il ne resta qu’une

habitude de plaisir, d’autres plaisirs, rien qui

ne fût ensemble de plaisirs. Ma mémoire

sera dans l’oubli. Ainsi fut désirée ma fin,

mais les dieux seuls savent vers quoi je

marche. Il ne reste de moi que quelques fleurs

éparses, peu de larmes pour mon bûcher.

Ici cette beauté que je ne voile pas et sur ma

chair de marbre cette pâleur que je conserve.

   J’ai ordonné ainsi que l’on colore la

       pupille de mes yeux verts
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coco4649   15 mars 2018
Images de la mort douce de Jean-Paul Guibbert
Stèles d’un mystique étranger





Celui qui dort ne dort pas, celui qui meurt

ne meurt pas. Passant qui passe, ne passe

pas, n’éveille pas, ne recherche pas

mes trois âmes !

Observe le milieu du monde, entrouvre

délicatement les gouttes de ce jour, enlève

les fruits en secret, garde-les dans tes mains

fermées et garde-toi. Fais de ton doigt

posé le signe de te taire et tu mourras

ainsi comme nous tous.

Je souhaite ta louable tristesse, la compassion

inutile sur ton visage obtus, enfin la

grâce ultime de n’avoir rien saisi de

mon enseignement dérisoire.

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