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Note moyenne 3.27 /5 (sur 31 notes)

Né(e) : 1970
Biographie :

Né en 1970, Julien Cabocel vit et travaille près de Paris.
Auteur et compositeur, il a déjà publié "Remix" un recueil de onze nouvelles pour onze chansons.
Son dernier livre "Bazaar" est sorti le 29/08/2018.

Source : op-editions
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Julien Cabocel se prête au jeu du portrait littéraire, à l'occasion de la sortie de son premier roman : Bazaar. Plus d'info : https://www.editions-iconoclaste.fr/livres/bazaar/
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlem   27 août 2018
Bazaar de Julien Cabocel
En me redressant, j’ai jeté un œil vers la chambre de Stella. J’ai fait un pas dans sa direction mais je n’ai pas descendu les lattes de bois de la terrasse. Qu’aurais-je pu ajouter à ce que nos corps s’étaient déjà dit, à cette langue parfaite que nous avions parlée l’autre après-midi et dont les mots nous échappaient dès que nous en saisissions le sens? Que pouvais-je espérer de plus? Sans plus me retourner, j’ai bifurqué en direction du self derrière lequel m’attendait le camion de la Solarem. 
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bbpoussy   10 juin 2019
Sur aucune carte, d'aucun voyageur de Julien Cabocel
- Il peut-être léger comme le vent et parfois lourd comme la pierre. Il est plus fort que le plus fort des hommes mais plus fragile que le verre. Il brûle comme le feu et assouvit mieux que l'eau. Il est le bleu de l'air qu'on ne peut enfermer et le pire des cachots pour ceux qu'il a quittés. Il est une seconde où tient l'éternité.

- Si c'est d'"Amour" dont tu parles je crois l'avoir aperçu.

- Vraiment ? Où ça ?

- Il est sur ce baiser.
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bbpoussy   08 juin 2019
Sur aucune carte, d'aucun voyageur de Julien Cabocel
Ainsi les mots étaient-ils partis à nouveau.

Pas après pas.

Pierre après pierre.

Avant d'arriver en haut, certains avaient glissé sur les neiges éternelles qui coiffaient les pentes du sommet.

D'autres avaient manqué dévisser dans le vide ou dans l'une des crevasses qu'il leur avait fallu franchir. Mais, au bout du compte, pas un n'était tombé.

Comme s'ils s'étaient tenus les uns les autres. Comme s'ils formaient une espèce de phrase, simple et complexe à la fois. Une phrase qui aurait raconté, si quelqu'un avait pu la lire entièrement, toute cette histoire, toutes les histoires, peut-être même toute l'histoire.
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hcdahlem   27 août 2018
Bazaar de Julien Cabocel
Stella était assise dans un canapé de velours déglingué dans un angle du grand espace qui servait de cour intérieure au Bazaar. Elle regardait le ciel étoilé, lovée dans un long gilet marron, trop grand de trois ou quatre tailles, les jambes repliées sous elle, la tête sur un gros coussin de la même couleur ambre que le canapé. Si elle n’a pas semblé faire trop attention à moi, j’ai eu de mon côté le plus grand mal à regarder ailleurs. Certaines femmes sont comme des aimants, on ne peut rien y faire, il faut qu’on les regarde, parce que l’on sent comme intuitivement que si on ne le fait pas, notre vie n’aura pas été tout à fait la même, on aura manqué quelque chose en somme du mystère du monde, on aura insulté Dieu sait qui, quelque divinité peut-être, qui dans des temps reculés, anciens, révolus, avait offert aux hommes la beauté, toute la beauté : les femmes. p.45-46
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hcdahlem   27 août 2018
Bazaar de Julien Cabocel
Le soleil se levait lentement. Un dégradé halluciné de rose et de mauve se déchirait sur le noir pour se déverser sur mon pare-brise comme un cocktail que la nuit buvait du bout des lèvres. Et c’était beau. C’était même mieux que ça. Puis peu à peu, la terre est devenue plus claire et les rétroviseurs se sont mis à dessiner d’étranges volutes de poussière, une fumée qui se dissipait lentement dans les couleurs du matin.

Je n’avais pas prévu de m’arrêter mais je n’en étais quand même pas à pisser dans des bouteilles en plastique comme les camionneurs qui balancent ça par la fenêtre – d’une part parce que je n’étais pas vraiment habitué à la chose et que j’avais peur de m’en foutre partout, ...
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hcdahlem   27 août 2018
Bazaar de Julien Cabocel
Combien d’années avais-je passées à l’agence avant de me décider ? Dix ? Quinze ? Je ne sais même plus. J’avais pu en tous les cas suivre en direct la « mutation », comme on avait décidé un beau matin d’appeler le bordel généralisé dans lequel nous avions commencé à nous prendre les pieds. « Mutation ». C’était un tel euphémisme que je me suis demandé un moment si ce n’était pas quelqu’un de l’agence qui avait bossé là-dessus. Dominique Chevalier. C’était du Dominique tout craché. Il faut lui reconnaître un certain talent pour ce genre de trouvailles, pour des images et des mots qui n’auraient jamais dû se croiser. Un certain génie même, on peut le reconnaître. Si vous saviez le nombre de slogans improbables qu’on lui doit, vous en seriez malades. Des exemples ? Honnêtement, je n’en ai pas le courage. Plus l’envie. Si ça vous empêche de dormir, allumez vos téléviseurs, longez les murs de vos villes ou les panneaux publicitaires des zones commerciales de leurs périphéries, vous finirez bien par trouver une idée ou une ligne dont il est l’auteur, si on peut appeler cela comme ça. Je crois que si je n’étais pas parti, si j’avais continué à jouer notre petit jeu quotidien, ç’aurait mal fini. Je ne pouvais plus le voir.

Je vous dois une petite précision : je suis Dominique Chevalier.

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Skullyh   11 septembre 2018
Bazaar de Julien Cabocel
- Vous êtes photographe ?

- Disons que je l'ai été. Ç'aura été ma passion. J'ai toujours pris tout ce qu'il y avait à prendre, tu peux me croire.

-Et pourquoi avec ce genre d'appareil ?

- Parce qu'il est instantané, justement ! Comme la vie. Pas d'avant, pas d'après, juste l'instant. Clic. Les imbéciles croient qu'en prenant une photo ils immortalisent quelque chose alors que c'est tout le contraire, précisément tout le contraire. Prendre une photo tue le présent, tu m'entends ? A l'instant où tu appuies sur le déclencheur, tout est foutu. Irrémédiablement. Crois moi. Sauf avec ce genre de petits bijoux qui, d'une certaine façon, étire le présent, l'allonge, infiniment. Pourquoi crois-tu que les Papous refusent de se laisser photographier ? Parce qu'ils savent par instinct que la photo leur vole quelque chose. Mais ce n'est pas leur âme qu'ils ont peur de perdre, ou je ne sais quelle autre idiotie qu'on entend souvent. Non. C'est le présent. C'est l'instant. Si tu étais toi-même photographe, tu saurais de quoi je parle. Un bon photographe ne travaille pas avec la lumière, ça n'a jamais été ça l'enjeu. Non, le truc, c'est de ne pas tuer le présent. Et crois-moi, ce n'est pas si facile.
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Bazart   14 août 2018
Bazaar de Julien Cabocel
"C'est Gene a dit sobrement Théo, une main dans la poche arrière de son jean, alors que nous descendions la pente douce du gargo vers le Bazaar où le point bleu et jaune nous précédait dans son panache vaporeux. "
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bbpoussy   07 juin 2019
Sur aucune carte, d'aucun voyageur de Julien Cabocel
Je suis devant toi aujourd'hui mais serai derrière demain sans que tu ne m'aies jamais rattrapé. Qui suis-je ?





















Le temps.
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hcdahlem   27 août 2018
Bazaar de Julien Cabocel
J’ai assez facilement démonté le GPS – j’ai bazardé le tout, l’écran tactile et les câbles, dans le vide-ordures de l’immeuble. En glissant dans le conduit, ils ont résonné étrangement. J’y ai jeté aussi les vieilles cartes routières rouge et jaune que j’avais retrouvées dans le fond de la boîte à gants. Lorsqu’elles sont tombées à leur tour, l’idée m’est venue qu’un type inventerait un jour des GPS pour se repérer dans la vie. Et il ferait fortune : « Au prochain croisement, ne choisissez pas ce job. Dans six semaines, invitez cette fille à boire un verre, elle partagera votre vie pour mille et une nuits. Ensuite, prenez… » J’avais bien fait de tout balancer. Cette idée me glaçait les os. Même si j’étais bien placé pour savoir qu’on s’engageait parfois sur des voies sans issue.

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