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4.15/5 (sur 23 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Julien Devaureix enquête depuis maintenant 6 ans sur le fonctionnement du monde. Il a interviewé plus d'une centaine de personnes sur l'économie, la technologie, l'écologie, la cognition, la société, etc.

Dans son premier livre, il propose une méthode pour mieux appréhender la complexité du monde et nous livre son analyse sur ce qu'il appelle "les règles du jeu" qui nous entrainent.
Il est le créateur du podcast "Sismique".

Source : Events
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Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
Ce rapport (le rapport Meadows) a fait beaucoup de bruit lors de sa publication et est devenu un best-seller, vendu à des millions d'exemplaires. Les personnalités politiques les plus ouvertes (...) l'ont pris au sérieux et ont cherché à voir ce qu'il était possible de de faire pour amener le monde sur une trajectoire meilleure. Mais la grande majorité des économistes n'ont pas voulu en entendre parler, et le mouvement néo-libéral propulsé par Reagan et Thatcher a évidemment balayé cette thèse d'un revers de main. Le fait que "le mode de vie des Américains [ne soit] pas négociable", comme le déclarait Georges Bush père en 1992, explique en partie cette impossibilité à poser la question des limites.
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Au niveau de l'individu, la chose est tout aussi compliquée, mais elle est véritablement une clé de lecture essentielle. L'égalité n'est envisageable qu'en limitant la puissance de certains (les plus privilégiés). La liberté individuelle est perçue de nos jours comme un droit à maximiser sa propre puissance. Pour éviter une dérive climatique en respectant les accords de Paris, il nous faudrait réduire nos émissions à moins de 2 tonnes (de CO2) par personne. Concrètement, cela signifie gagner moins d'argent, voyager moins, consommer moins de produits et de services qui requièrent eux-mêmes beaucoup d'énergie et de ressources pour pouvoir exister (1 kg de viande de boeuf nécessite 13 500 litres d'eau, et "pèse" 27 kg de CO2, soit environ 100 fois plus que 1 kg de carottes°. Il s'agit donc de renoncer à tout un tas de choses qui, aujourd'hui, sont des manifestations d'une puissance à laquelle on aspire (un peu naturellement et beaucoup du fait de la pression sociale).
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On perçoit aisément l'intérêt que l'on aurait à mieux écouter. Nous avons toutes et tous fait l'expérience d'une conversation profonde, dans laquelle nous étions en quelque sorte en connexion avec notre interlocuteur. Ces instants participent souvent à l'établissement de relations qui vont au-delà du superficiel. En écoutant mieux, on peut parvenir à percer la surface des choses (on parle d'ailleurs de conversation "profonde") pour parfois découvrir un morceau de vérité, au moins de celle de celui que l'on écoute. on peut casser les murs des apparences, des conventions sociales, de la pudeur même, et mettre à nu un bout de réel.

Evidemment, cela demande du travail, et il n'est par ailleurs pas possible d'être toujours en posture d'écoute profonde ; mais prendre conscience de notre niveau d'attention et pouvoir le choisir sciemment est déjà un premier pas.
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En 1999, les psychologues David Dunning et Justin Kruger publiaient une étude sur un phénomène amusant qui porte aujourd'hui leurs noms : l'effet Dunning-Kruger. Leur trouvaille est simple à formuler : plus nous sommes incompétents dans un domaine, plus nous avons tendance à surestimer notre compétence - on appelle aussi cela l'effet de "sur-confiance". Et plus on devient compétent, plus on a tendance à sous-estimer sa compétence.

Cela peut sembler paradoxal, mais l'explication est simple : c'est en prenant le temps de creuser un sujet qu'on en découvre la complexité, les aspérités, alors qu'on ne voyait de prime abord qu'un surface lisse. En se donnant la peine de chercher un peu plus en profondeur, notre assurance du débutant s'étiole, mais elle nous revient ensuite, cette fois légitime, alors que nous progressons dans la connaissance du sujet.
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Une précision importante à ce stade : le "nous" dont je parle est très disparate puisque les populations les plus riches sont, de manière disproportionnée, responsables de la consommation de toutes ces ressources et du maintien de ce statu quo. D'après le "World inequality report" de 2022, les 10 % des plus gros émetteurs sont responsables de près de 50 % des émissions, tandis que les 50 % les plus frugaux n'en produisent que 12%. Et ce déséquilibre vaut aussi à l'intérieur des pays développés. En France, les 10 % les plus aisés émettent en moyenne près de cinq fois plus de gaz à effet de serre que la moitié de la population la plus pauvre. On voit bien qui devrait faire le plus d'effort.
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Une étude a montré que les zones cérébrales associées à l'empathie étaient désactivées lorsque le cerveau est occupé à résoudre un problème faisant appel au raisonnement logique : trop raisonner peut nous couper du monde et des autres. Souhaiter tout contrôler, c'est inévitablement se fermer à l'imprévu, c'est jouer en se barricadant, frileusement, en voulant tout quadriller, contre la logique même qui nous emporte. Qu'est-ce que la vie, sinon un débordement permanent ? Elle nous submerge quand nous la laissons un peu s'exprimer, sans plus la contenir à tout prix. Elle est faite de cadres qui sans cesse sont dépassés, de limites floues, de mouvements incessants et insaisissables.
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En 2020, le monde a ralenti (...) Les hommes s'agitant moins, la planète a un instant repris son souffle. Les émissions de GES ont chuté (en proportion du PIB), les poissons ont eu la paix, le monde vivant s'est un peu régénéré. Bien sûr, beaucoup ont souffert, mais on s'est aussi pris à rêver d'un "après", plus lent, plus doux, plus "humain". On pouvait rêver... Les structures n'avaient pas changé. En 2021, le vaccin est arrivé, on a pu recommencer à circuler, et on s'est lâché. Le rebond de la croissance économique mondiale a été de + 6,1%, on a rattrapé toutes les économies réalisées, rien n'a changé, l'accélération continue.
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L'opinion est le nouvel étalon du réel. Partout sur les réseaux sociaux, des commentaires vindicatifs, tapés par des individus sûrs d'eux n'ayant souvent pas pris la peine de bien élaborer leur réflexion ou de sourcer leurs affirmations. Il faut aller vite et la raison s'y perd en même temps que la mesure. Demandons à quelqu'un ce qu'il pense. Demandons-lui ensuite "pourquoi ? ". La réponse est presque toujours floue. Nous sommes à l'ère de l'à- peu-près décomplexé.

En 1999, les psychologues David Dunning et Justin Kruger publiaient une étude sur un phénomène amusant qui porte aujourd'hui leurs noms : l'effet Dunning-Kruger. Leur trouvaille est simple à formuler: plus nous sommes incompétents dans un domaine, plus nous avons tendance à surestimer notre compétence - on appelle aussi cela l'effet de "sur-confiance". Et plus on devient compétent, plus on a tendance à sous-estimer sa compétence.

Cela peut sembler paradoxal, mais l'explication est simple: c'est en prenant le temps de creuser un sujet qu'on en découvre la complexité, les aspérités, alors qu'on ne voyait de prime abord qu'une surface lisse. En se donnant la peine de chercher un peu plus en profondeur, notre assurance du débutant s'étiole, mais elle nous revient ensuite, cette fois légitime, alors que nous progressons dans la connaissance du sujet.
(...)
Ainsi, nous nous retrouvons dans une situation où ce sont souvent ceux qui en savent le moins sur un sujet qui s'expriment le plus, et avec force, pensant être légitimes pour le faire.
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(...) une piste à suivre m'intéresse particulièrement, celle proposée par Spinoza (encore lui, décidément). Celui-ci nous explique que nous ne sommes pas vraiment libres parce que nous ignorons les véritables causes qui nous déterminent. Pour lui, c'est le désir qui nous guide et détermine notre jugement : "Nous ne désirons pas une chose parce que nous la jugeons bonne, mais nous la jugeons bonne parce que nous la désirons."

Pas de bien ou de mal absolu, et pas de possibilité pour nous de nous soustraire au désir. Mais malgré tout, en apprenant à vraiment nous connaître, en écoutant nos émotions grâce à la raison, nous pouvons réorienter nos désirs vers des personnes ou des choses qui s'harmonisent avec notre nature profonde, c'est-à-dire qui nous font grandir en nous mettant en joie. Le projet n'est pas de jouir à tout prix, évidemment, mais de découvrir ce qui est pour nous une "joie véritable". Autrement dit, il s'agit de s'affranchir de toutes les injonctions extérieures, de la morale, de la pression de ses pairs, et de trouver en soi, par l'expérience et l'écoute des ses affects, ce que l'on désire vraiment et la raison pour laquelle on le désire. Faire cela, c'est déjà savoir quoi faire.
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Afin de pouvoir jouer en "mode optimum", notre cerveau, comme le reste de nos organes, a naturellement évolué nous permettre de prendre des décisions rapides pouvant satisfaire aux exigences du groupe et répondre aux contraintes de la vie en milieu hostile. Mais il se trouve que le contexte de jeu a changé trop vite pour que l'évolution organique parvienne à s'adapter tout à fait. Notre cerveau est le même que celui de nos lointains aïeux, et ce simple fait explique des phénomènes bien connus qui n'en demeurent pas moins étonnants pour les humains modernes que nous sommes : des nouveau-nés qui savent dès les premiers instants s'agripper à la fourrure de leur maman (nos poils ayant disparu, avantageusement remplacés par des porte-bébés, ils s'agrippent désormais à nos gros doigts), un rythme cardiaque qui s'accélère à la moindre situation stressante, comme si nous allions devoir nous enfuir ou nous battre. Ça ne sert plus à rien, c'est parfois même gênant, mais c'est encore là et on n'y peut rien.
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