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Note moyenne 3.69 /5 (sur 51 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Diplômée de Science-Po Paris et de l’ESJ Lille, Myriam Levain est journaliste et auteure.

Après des débuts à "La Voix du Nord" et au "Parisien", elle a collaboré à "Elle" avant d'intégrer le magazine "Be" au service actu-société (2010-2012) et de fonder le pure player Cheek Magazine en 2013 avec Julia Tissier et Faustine Kopiejwski.

Elle est coauteure avec Julia Tissier des livres "La Génération Y par elle-même" (2012) et "Y comme Romy" (2014).

site: www.cheekmagazine.fr
Twitter : https://twitter.com/myriamlevain

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Entretien avec Myriam Levain, à propos de son ouvrage Et toi, tu t’y mets quand ?


11/06/2018



Quel est à vos yeux le sujet du livre ?

Je suis partie de mon expérience personnelle d’autoconservation des ovocytes. Je voulais donner des informations pratiques et documentées sur cette question, encore très méconnue. Puis je me suis rendu compte en me lançant dans ce projet d’écriture que pour une femme de 35 ans sans enfant, la question ouvrait sur des thèmes plus vastes : la maternité, la pression sociale, la carrière, la maîtrise de son corps, toute un série d’enjeux féministes.



En écrivant, à qui pensiez-vous comme lecteur ?

Je pensais à toutes ces femmes qui comme moi, peuvent en avoir marre que l’on parle d’elles à leur place. Celles qui pourraient se dire : « oui, moi aussi c’est ce que je vis. » Puis, au fil de l’écriture, quand j’évoquais le sujet autour de moi, j’ai réalisé que celles qui s’intéressent beaucoup au sujet, c’était les femmes de 30 ans, pour qui la pression sociale commence déjà à s’exercer. Les hommes, aussi. On sous-estime leur intérêt pour ces questions. Ils peuvent également être concernés, soit par la pression autour d’eux, soit simplement parce que lorsqu’une femme fait un enfant, c’est très souvent avec un homme. Ils sont aux premières loges de tous ces questionnements.



A vous lire, on comprend que les Françaises sont très mal informées sur les questions de fertilité ?

A de multiples reprises pendant l’écriture de ce livre, j’ai été frappée de découvrir des choses sur le sujet, moi qui suis une journaliste de 35 ans spécialisée sur les femmes. Je suis a priori dans la position la plus à même d’être informée sur ces sujets. Si j’avais moi des lacunes, qu’en est-il des autres femmes ? Les médecins que j’ai interrogés m’ont confirmé que le niveau d’information est faible. Je n’ai pas l’explication, si ce n’est que ça montre bien que le corps des femmes reste un sujet tabou, pas seulement en matière de sexualité. C’est aussi reprendre le contrôle de son corps que de le connaître, de s’informer, de savoir quand la fertilité baisse, pour pas se retrouver dans la situation de nombreuses femmes de 40 ans qui s’en rendent compte trop tard.



Qui devrait porter cette information ?

En tant que journaliste, j’ai eu le sentiment d’avoir un rôle à jouer. D’autant plus que beaucoup de médecins soulignent que les médias ne s’intéressent pas assez au sujet. Et j’avais la particularité de porter cette double casquette : à la fois journaliste et témoin. Ce livre est une vraie démarche de journaliste, pour que les lecteurs en le refermant aient conscience des enjeux, et sachent comment ça se passe. Les médecins aussi ont un rôle d’information, mais encore beaucoup de femmes ne consultent pas de gynécologue. Peut-être faudrait-il faire de la sensibilisation dès le lycée, même si le sujet peut sembler lointain aux adolescents.



L’autoconservation des ovocytes est par nature une démarche souvent solitaire. Et le livre parle cependant beaucoup de votre entourage. Comment votre choix a-t-il été reçu ?

J’ai reçu beaucoup d’encouragements. Quand j’en ai eu assez de chuchoter, j’ai goûté l’eau, en évoquant avec prudence la question autour de moi. Et j’ai constaté que beaucoup de gens étaient exposés à la question de la fertilité. Tous, que ce soient des femmes dans ma situation ou des couples ayant pratiqué la fécondation in vitro, se sont montrés heureux que je parle la première, et de pouvoir échanger. Il y a un monde parallèle de la procréation médicalement assistée (PMA). L’infertilité est encore souvent taboue, car vécue comme un échec personnel, alors que comme le dit une juriste interrogée pour ce livre : « on souffre d’infertilité comme on souffre de diabète. » On n’y peut rien, il n’y a pas à avoir honte. C’est une pathologie comme une autre, pour laquelle la médecine peut apporter des solutions (même si dans le cas précis de l’autoconservation il faut plutôt parler de médecine préventive.) Il faut arrêter de se dire que c’est un échec de ne pas avoir d’enfant à 35 ans, et parler de tout ce qu’on fait pendant qu’on ne fait pas d’enfant. Il est important pour les femmes de présenter d’autres modèles de réussite que la maternité.



Et que diriez-vous aux femmes moins informées et moins entourées ?

C’est aussi pour elles que j’ai voulu écrire ce livre. Un livre, c’est quelque chose qu’on peut acheter discrètement, pour voir que l’on n’est pas seule. J’ai déjà reçu plusieurs messages de lectrices inconnues, avec des remerciements. J’espère que d’autres se reconnaîtront dans mon témoignage.



Votre livre est à la fois une enquête journalistique, et le témoignage de votre expérience personnelle de congélation des ovocytes. Quel équilibre avez-vous trouvé entre les deux ?

J’ai toujours voulu écrire ce livre à la première personne. A mes yeux, ça rendait le récit plus impliquant, moins froid. En tant que journaliste je connais le pouvoir du témoignage pour donner un visage à une statistique. Mais c’est quelque chose que j’ai fait pour les lecteurs, plus que pour moi. A titre personnel, je ne ressentais pas le besoin de coucher cette expérience sur le papier. Et j’ai toujours été claire sur les limites que je me fixais : c’est une chose de parler de son corps de femme, qui est le même que celui de toutes les femmes, mais je ne voulais pas exposer de choses plus intimes. Je voulais faire un livre personnel mais pudique.



Pourquoi l’autoconservation des ovocytes est-elle illégale en France ?

La France est en retard alors qu’elle était pionnière sur la PMA. Les responsables politiques sont encore flous sur le débat qui doit se tenir à l’automne sur l’ouverture de la PMA aux couples lesbiens et aux femmes célibataires. L’autoconservation fait partie du sujet. On peut espérer que ce sera débattu, mais il n’y a aujourd’hui aucune certitude. Le sujet reste politiquement compliqué. Toutes ces techniques soulèvent la peur de la femme qui enfanterait sans les hommes On infantilise les femmes, on ne leur laisse pas le choix de ce qu’elles veulent faire de leur corps et de leur fécondité. C’est une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. On va voir si la majorité va au bout en légalisant toute la PMA.





Découvrez Et toi, tu t’y mets quand ? de Myriam Levain aux éditions Flammarion :




Entretien réalisé par Guillaume Teisseire.


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Y comme Romy - Myriam Levain, Julia Tissier et Louison Romy Idol, presque 30 ans, presque un mec, presque un boulot. Romy Idol va sur la trentaine. Elle est seule ou presque – la plupart du temps, elle est célibataire. Enfant du divorce, elle...


Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
petitsoleil   23 mars 2015
La génération Y par elle-même : Quand les 18-30 ans réinventent la vie de Myriam Levain
D'après Anne Muxel, politologue au Centre de recherches politiques de Sciences-Po (CEVIPOF),

nous sommes 4% à adhérer à un syndicat et 1% à un parti.



Dans un texte intitulé "L'engagement politique dans la chaîne des générations", publié en 2010, elle rappelait que ces taux n'étaient pas tellement plus faibles que chez les générations plus âgées.

La dépolitisation des jeunes fait écho à celle de tout le pays.
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LesLecturesDeCledesol   05 octobre 2014
Y comme Romy de Myriam Levain
Le coiffeur…

J’ai beau lui avoir apporté une photo de Lou Doillon, je ressors systématiquement avec la coiffure de Dalida dans sa pire période capillaire. Je m’estime heureuse : je n’ai pas celle de son frère, Orlando, c’est déjà ça.
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Fortyniner   29 avril 2012
La génération Y par elle-même : Quand les 18-30 ans réinventent la vie de Myriam Levain
Il est inutile de se forcer à adopter des codes dépassés puisque nous développons une nouvelle façon de devenir adulte. La notre, tout simplement.
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petitsoleil   26 décembre 2018
Et toi tu t'y mets quand ? de Myriam Levain
J'ai soudain le sentiment que je vais pouvoir emprunter à mon rythme le chemin de la maternité, quitte à ne jamais l'emprunter du tout :

je ne suis sûre de rien, mais je veux me laisser toutes les possibilités ouvertes.

Exactement comme mes amis hommes pas encore papas
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petitsoleil   27 décembre 2018
Et toi tu t'y mets quand ? de Myriam Levain
Elle me demande où j'en suis.

Je lui parle de mes questionnements du moment, de mes voyages à Barcelone à venir et de mon bouquin en cours d'écriture, puis elle me lâche :

"Je suis contente de voir qu'il y a des femmes pour qui la maternité n'est pas une évidence, ça me rassure en fait, car au fond, je pense pareil."
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petitsoleil   27 décembre 2018
Et toi tu t'y mets quand ? de Myriam Levain
Je m'attarde sur les interviews de personnalités qui évoquent l'absence d'enfants dans leur vie. C'est le cas de Valérie Lemercier, qui distille dans les magazines un peu de légèreté autour de ce choix :

"La vie de famille, c'est ... bien. La vie tout court aussi, c'est bien (...)

Je profite, maintenant. (...) Je n'ai pas le mal de mère"
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MissG   03 mars 2015
Y comme Romy de Myriam Levain
Je vis dans une société anxiogène. Si, en venant au monde au XXè siècle, j'ai échappé aux épidémies de tuberculose, de choléra ou de syphilis, j'ai eu droit, en revanche, à d'autres pandémies tout aussi sympathiques : citons au hasard la vache folle, le SRAS, la grippe aviaire et la grippe H1N1. En somme, j'ai eu ma dose de flip collectif.
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petitsoleil   23 mars 2015
La génération Y par elle-même : Quand les 18-30 ans réinventent la vie de Myriam Levain
A l'inverse des soixante-huitards, nous avons fait le deuil de certaines utopies comme la paix dans le monde ou l'égalité sociale.

Et si révolte de la jeunesse il y avait, notre slogan phare pourrait tout simplement être : "Soyons réalistes, exigeons le possible."
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MissG   03 mars 2015
Y comme Romy de Myriam Levain
J'aborde là l'aspect "jacasserie" de l'E.V.J.F., car il est à peu près certain qu'Olympe de Gouges se retournerait dans sa tombe à la vue de ces cohortes de filles réunies pour fêter ce que jadis elles ne pouvaient fuir : l'entrée dans la vie de femme mariée.
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petitsoleil   23 mars 2015
La génération Y par elle-même : Quand les 18-30 ans réinventent la vie de Myriam Levain
Globalement méfiants vis-à-vis de la politique, nous ne faisons plus confiance à nos gouvernants d'un autre âge pour protéger nos intérêts.

Leur vision du monde n'est de toute façon pas la nôtre, nous qui avons grandi après la chute du mur de Berlin et n'avons jamais connu la lutte à mort entre "l'impérialisme" et le "soviétisme".

Pourtant, s'il y a bien quelque chose que nous avons en commun avec eux, et qui fait partie de l'ADN de notre pays, c'est la culture protestataire, qui reste solidement ancrée dans nos mentalités.
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