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_ Ok, il a un passé qui mérite d'être creusé, mais vas-y, creuse! Et si tout va bien, fonce. Tu as quitté Abraham parce que tu étais en train de te dessécher d'ennui et là, tu es devant une belle histoire d'amour passionnée et tu te la joues effarouchée? Je te préviens, si tu n'y vas pas, moi, j'y vais!
Laisser Théo à une autre? Pas question! Pas même à ma meilleure amie!
-Juliette...Tu sais que je t'aime,plus que je n'ai jamais aimé qui que ce soit.Tu es entrée,dans ma vie,tu as bouleversé mes habitudes,malmené mes certitudes et...pris possession de mon coeur,déclare-t-il d'une voix émue.J'aimerais,si tu le souhaites,partager le reste de mon existence à tes côtés,alors veux-tu m'épouser?termine-t-il en ouvrant l'écrin.
...
C'est dans un souffle que je lui accorde ma main,tellement bouleversée par cet instant que j'en perds tous mes moyens.
-Oui...bien sûr que je le veux.

– Clara, je vais être direct. Le client qui doit venir demain après-midi pèse plusieurs milliards de dollars et c’est une pointure dans le monde des arts. Et surtout, surtout, c’est quelqu’un qui exige toujours la plus grande discrétion !
Mon boss, John Baxter Jr., est dans tous ses états. Âgé de 50 ans, il a conservé un air juvénile, davantage dû aux traits de son visage qu’à l’entretien de son corps. Avec son nez fort, des petits yeux noisette et une bouche fine, je ne peux pas m’empêcher de lui trouver un profil de rongeur… Pour l’heure, d’un mouvement de tête nerveux, il ne cesse de ramener en arrière ses longs cheveux fins. Chaque fois qu’il est anxieux, et il l’est souvent, il fait ce geste.
Il va finir par se faire mal.
– Vous m’écoutez, Clara ? relance-t-il, sa voix montant dans les aigus.
– Oui, monsieur Baxter.
Depuis un an que je travaille dans sa galerie d’art, j’ai largement eu le temps de prendre la mesure de sa personnalité… difficile. Mais je lui reconnais une qualité : il sait attirer les artistes talentueux et les acheteurs fortunés. Et s’il me dit que le client qu’on attend est une pointure, ça signifie que s’il achète une œuvre, la cote de l’artiste va grimper en flèche et nos commissions aussi. Je suis donc tout ouïe.
-Juliette,je suis désolé,je pensais sincèrement que l'amour que je te porte se voyait suffisamment pour que tu n'en doutes pas.Je ferai attention à te le répéter,alors, ajoute-t-il avec un air faussement discipliné.
A tous ces doutes, je ne peux qu'opposer l'incroyable gentillesse dont il a fait preuve avec moi jusqu'ici et, soyons tout à fait honnête, sa beauté et sa sensualité.
Avec lui, j'éprouve des émotions et des sensations que je n'avais expérimentées ! Le souvenir de nos étreintes me revient et fait aussitôt réagir mon corps. Je ferme les yeux et, un instant, je peux presque sentir les caresses de ses mains sur ma peau.
C'est incroyable, même absent, il me fait de l'effet !
Charlotte a raison : pour la première fois, j'en oublierais presque mon travail !

De son autre main, il continue à me caresser les fesses, les palpe, les écarte, s'aventure jusqu'à mon intimité encore sensible. Je gémis doucement. Sans pouvoir m'en empêcher, je sens mon dos se creuser pour lui faciliter le passage. Il continue plusieurs minutes, patiemment. Je m'agrippe à ses épaules, cambrée à l'extrême, gémissant plus fort chaque fois que ses doigts glissent du creux de mes reins jusqu'à atteindre mon sexe, qu'il caresse d'un simple aller-retour, effleurant à peine mon clitoris gonflé. Son geste est à la fois délicat et impudique.
S'il continue, je crois que je pourrais jouir encore.
Mais je ne veux pas jouir de nouveau sans lui avoir donné du plaisir. Je m'oblige à me soustraire à sa caresse pour me saisir moi aussi d'un flacon de savon liquide. Je verse au creux de ma paume le liquide crémeux blanc nacré, au subtil parfum, et je commence à mon tour à savonner le corps de Darius, qui continue à passer ses mains sur moi, se concentrant toujours sur mes fesses.
Je n'avais jamais remarqué cet intérêt, mais ça me va !
Je joue avec la mousse onctueuse sur son torse, ses bras, je descends vers son intimité. Sa respiration s'accélère légèrement tandis que mes doigts, légers, frôlent sa verge toujours en érection. Je la caresse délicatement sur toute sa longueur avant de l'empoigner carrément.
-Toute la journée,j'ai pensé à toi,à la saveur de ta peau,à tes seins,tes fesses,tes mains sur moi ...
-Darius,arrête.

Lorsque j’arrive à la galerie, il est déjà presque 11 heures. Ma « mission » étant l’accueil d’un vieux milliardaire érudit dans l’après-midi, je suis restée chez moi pour préparer mon rendez-vous sans me faire déranger. Je veux mettre toutes les chances de mon côté et maîtriser notre catalogue sur le bout des doigts !
J’ignore dans quel état se trouve Jane, mais pour ma part, je regrette grandement nos excès de la veille ! Surtout que je ne me suis vraiment pas montrée sous mon meilleur jour.
Dans un flash, je revois le sourire ravageur du canon d’hier soir, ce qui me procure immédiatement un petit pincement au cœur. Je me demande qui était cet homme mystérieux, si prévenant et… si beau !
Je ferais mieux de laisser tomber. J’ai vraiment été en dessous de tout.
Mais même si je sais que je n’ai aucune chance, entre mon ivresse, la carafe et mon air de chien mouillé, je ne peux pas m’empêcher de penser à lui.
Comme s’il m’avait jeté un sort.
Je hausse les épaules et secoue la tête. C’est sûrement la fatigue. Je suis en plein délire. Humiliation supplémentaire, je me suis réveillée ce matin, le visage enfoui dans la veste de l’inconnu aux yeux sombres. Ma seule consolation, c’est qu’avec toutes ces péripéties, je n’ai pas stressé autant que je l’aurais cru pour ce matin !
De ce point de vue, au moins, ma soirée aura été une réussite totale.
Josh fait une drôle de tête quand il me voit entrer dans son bureau avec deux cafés : un pour lui et un pour moi (double, pour moi). Debout derrière son bureau, vêtu d’un élégant costume beige qui met en valeur son teint de métis, ses yeux noirs, étirés et comme soulignés de khôl, me jaugent de haut en bas.
– Qu’est-ce que j’ai ? demandé-je, vaguement inquiète.
– Euh… Disons que tu as une tenue très élégante, mais tu as mal dormi, non ?
– Ça se voit ? fais-je, dépitée.
– Ma chérie, si tu as de l’anticernes, c’est le moment de l’utiliser. Je suis navré d’avoir à te le dire.
– C’est agréable…
– J’ai aussi dit que ta tenue était très élégante. Je vois que tu m’as écouté, d’ailleurs, réplique malicieusement Josh.
En effet, ce matin, je porte la jupe qu’il m’avait conseillé de mettre. C’est une jupe droite, à la coupe classique, mais avec deux empiècements en cuir à la taille, qui rappellent évidemment un corset. Je l’ai assortie à un chemisier crème en mousseline, qui serait parfaitement sage s’il n’était pas légèrement transparent.
Mon ami et collègue me prend mon gobelet de café et me pousse gentiment vers les toilettes pour femmes.
-Juliette,je suis désolé.Cet appel était trop important pour que je l'interrompe,trop de gens dépendent de cette négociation.Mais j'ai pensé à toi sans arrêt depuis que je suis parti.À chaque minute,tu étais avec moi.J'ai attendu le moment ou je pourrais te serrer contre moi depuis le premier jour ou on s'est quittés.
Mais bien vite,je n'ai plus à m'en préoccuper.Darius se recule,ses mains sur ma peau,puis me murmure de sa belle voix grave:
-Je t'aime,Juliette.
Une vague de chaleur s'empare de moi.Je m'entends répondre''moi aussi'',puis mon pyjama vole,tandis que je m'efforce de détacher la boucle de ceinture de Darius.