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3.54/5 (sur 54 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Lyon , le 22/06/1944
Mort(e) à : Paris , le 20/09/1979
Biographie :

Pierre Goldman est un intellectuel engagé d'extrême gauche ayant glissé dans le banditisme, demi-frère du chanteur Jean-Jacques Goldman.
Il est mort assassiné dans le XIIIe arrondissement de Paris. L'acte fut revendiqué par un groupe clandestin d'extrême droite, Honneur de la Police, mais reste à ce jour un mystère non élucidé.

Source : Wikipédia
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Son procès en 1976 a défrayé la chronique de l'époque, il était proche des intellectuels les plus importants de son temps, son assassinat a choqué la France et ses funérailles ont réuni près de 20 000 personnes en 1979. Pierre Goldman était une figure majeure de la gauche radicale de la France des années 1970 mais son histoire s'est quelque peu diluée au fil du temps. Jusqu'à aujourd'hui et la sortie en salle du Procès Goldman. Le film de Cédric Kahn raconte spécifiquement son passage devant les Assises d'Amiens, devant lesquelles il a été acquitté du double-meurtre qui l'avait condamné à perpétuité en première instance. Mais sa vie ne se résume pas qu'à ce fait divers qui avait polarisé la France de l'époque. Personnalité trouble et complexe, fin écrivain pour une partie de l'intelligentsia française, révolutionnaire raté et bandit provocateur pour d'autres, le demi-frère de Jean-Jacques Goldman n'en finit pas de fasciner pour sa part d'ombre autant que pour son destin d'anti-héros. #pierregoldman #jeanjacquesgoldman #leprocèsgoldman Vous avez aimé cette vidéo ? Abonnez-vous à notre chaîne YouTube : https://www.youtube.com/channel/¤££¤24France De13¤££¤4fHZHvJdM38HA?sub_confirmation=1 Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux ! Instagram : https://www.instagram.com/telerama TikTok : https://www.tiktok.com/@teleramafr Twitter : https://twitter.com/Telerama Facebook : https://www.facebook.com/Telerama

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Citations et extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
"Est-ce qu'on peut dire le silence, est-ce qu'on peut dire les larmes lentes et secrètes après l'extinction des feux, parfois, est-ce qu'on peut dire l'amitié des voyous et des assassins, des voleurs, est-ce qu'on peut dire la détresse, la fierté, la superbe des vieux caïds enfermés, qui répètent inlassablement la litanie de leurs exploits passés, ou qui n'en parlent jamais, est-ce qu'on peut dire l'attente et le temps, est-ce qu'on peut dire le claquement quotidien des barres de fer sur les barreaux, quand les matons en effectuent la sonde, est-ce qu'on peut dire Monsieur le directeur j'ai l'honneur de solliciter de votre haute bienveillance, est-ce qu'on peut dire Goldman avocat, Goldman parloir, Goldman extrait, Goldman dentiste, Goldman échange-fouille, Goldman passager-hôpital, Goldman visite médicale, Goldman prétoire, est-ce qu'on peut dire les femmes qu'on regarde du fourgon cellulaire, et qui tordent le plexus de douceur, de douleur, est-ce qu'on peut dire les revues pornographiques je veux pas oublier comment c'est fait un sexe d'une femme, est-ce qu'on peut dire l'humiliation de se masturber, est-ce qu'on peut dire la terreur de l'absence progressive de désir, d'érection, est-ce qu'on peut dire les avocates, bonjour maître, elle a un sexe sous sa robe, est-ce qu'on peut dire l'excitation des transports au Palais, avec escorte spéciale, réservés aux prévenus considérés comme dangereux, est-ce qu'on peut dire le regard des gendarmes, c'est un tueur, est-ce qu'on peut dire le regard des autres détenus, est-ce qu'on peut dire SHS, HS, MS, AS, DPS, Super Haute Surveillance, Haute Surveillance, Mœurs Spéciales, À Surveiller, Détenu Particulièrement Signalé, est-ce qu'on peut dire les durs qui reviennent du parloir brisés, éteints, silencieux, parce que leur femme ne viendra plus, est-ce qu'on peut dire les portes des cellules qui retentissent, la nuit, sous les coups furieux d'un détenu affolé qui n'en peut plus, est-ce qu'on peut dire les pendaisons, est-ce qu'on peut dire y'en a un qui s'est accroché il est mort en déchargeant, est-ce qu'on peut dire les promenades, est-ce qu'on peut dire les dimanches et les jours de fête, pas de courrier, pas d'avocats, pas de parloirs, rien, est-ce qu'on peut dire les matons, la haine et la sympathie, le mépris, l'estime, la méfiance, est-ce qu'on peut dire chef ça va pas en ce moment je deviens fou, est-ce qu'on peut dire l'amère chaleur et la chair de poule de ces misérables dialogues qui consolent, le soir, au moment de la fermeture des portes, après le courrier, avant la nuit, est-ce qu'on peut dire descendez de la fenêtre non j'ai le droit de respirer, est-ce qu'on peut dire la prochaine fois que j'vous prends à parler au tuyau j'vous aligne, alignez-moi si vous voulez vous voulez peut-être que je parle aux murs, est-ce qu'on peut dire le sang qu'on va donner quatre fois par an pour boire un quart de vin et respirer l'odeur des femmes, des infirmières, est-ce qu'on peut dire les cellules de Super Haute Surveillance, l'isolement, la solitude ? Est-ce qu'on peut dire la solitude ?"

(Lu par Lola Lafon, dans le "Book Club" d'aujourd'hui. Terrible et magnifique).
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Je commençai à m'intéresser au propos des magistrats qui nomment l'instruction une "manifestation de la vérité". J'y vis un exercice philosophique dont l'enjeu était vital, voire mortel, ce qui lui donnait du sérieux, de la gravité : arracher la gangue d'apparences trompeuses qui occultait mon innocence. Je pris goût à la langue française dans la langue juridique et son obsession centrale : capter avec précision les objets, situations et faits qu'elle a pour mission de rendre clairs.
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Ainsi, dans cette vie, je me préserve de l'estime comme d'une chaleur visqueuse. Je crois que j'ai décidé de regarder passer le temps les yeux grands ouverts, d'attendre, simplement, qu'il passe, sans que rien vienne troubler le regard que sur ce passage blessant je porte. J'ai décidé aussi, et c'est un pacte avec deux amis, mais un pacte silencieux, de rater ma vie. Le désir de la réussir m'inspire un profond dégoût.
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Vint mai 1968. Il me semblait que les étudiants répondait dans les rues, à la Sorbonne, le flot malsain d'un symptôme hystérique. Sous des formes ludiques et masturbatoires, ils satisfaisaient leur désir d'histoire. Je fût choqué qu'ils ne prennent que la parole et s’en réjouissent. À l'action ils substituaient le verbe. Je fût choqué qu'ils mettent l'imagination au pouvoir. Cette prise de pouvoir était une prise de pouvoir imaginaire.
[…]
L'art du régime ne fut pas d'être violent. Il fut plutôt de savoir maintenir l'affrontement dans des limites pacifiques. J'espérais pourtant que de cette onanisme collectif, délirant, sortirait une situation révolutionnaire. La présence des ouvriers, leurs grèves, était en effet d'un ordre différent.
[…]
Il fallait donner au peuple une preuve de sang, substituer au discours indécent, qui suintait du quartier Latin, la démonstration éclatante d'une solidarité authentique ou serait scellée l'unité des étudiants et des travailleurs. Je pensais que l'acte central de la tactique gouvernemental était de maintenir à tout prix cette paix désordonnée, qui passait pour une guerre civile et à laquelle est contribué à donner cette fausse apparence.
Je fus regarder comme un fou, un mythomane.
Il m'arriva de traverser le quartier Latin au moment des tumultes les plus durs, et je m'amusais d'y voir les manifestants se prendre pour des combattants. J'allais, une nuit, à la Sorbonne. L'excitation qui y régnait me parut pornographique. Cette ambiance m’offusquait.
La mort d'un militant et l'assassinat d'un ouvrier n’entraînèrent aucune riposte appropriée. Dans les manifestations et les défilés, on hurla désormais : « où sont nos morts ? » Au risque de choquer, qui met d'ailleurs indifférent, je dirais que ce slogan m'inspire un dégoût profond. J'y voyais le signe de la nature infantile du mouvement étudiant. Il restait dans l'enfance politique, mais réclamait que son jeu fut pris au sérieux. Et que, du sérieux historique, on lui attribue les ornements distinctifs : des morts.

P. 74-76
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Mes frères étaient âgés de 16 et 18 ans. Ils étaient jeunes, fins, enjoués, plaisants. Ils aimaient la musique pop et portaient chacun une longue chevelure. Il me semble qu'ils étaient lycéens, à moins que le plus âgé ne fût déjà bachelier. Je fus quelque peu ému, étonné, qu'ils m'aiment et se souviennent de moi, que pour eux je sois un frère. Je ne les avais pas vus depuis des années et quand je les avais quittés, ils n'étaient que des enfants. P78
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Le premier jour de travail m'épuise, je suis harassé, je n'arrive pas à ne pas penser, je travaille de mes mains, j'épluche des patates, je lave d'énormes gamelles, je lave, je frotte, je transporte des viandes lourdes, entières et saignantes, froides ou tièdes, de boeuf, de porc, mais je reste un intellectuel qui passe son temps à penser. (Ou plutôt à gamberger : gamberger n'est pas seulement la forme argotique du verbe penser, en disant gamberger je ne dis pas ce que je dis en disant penser.)
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Il avait, ce héros, un visage d'abruti, rose.
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Je ne sais si mon père m'a repris parce qu'il m'aimait. Je sais qu'il ne voulait pas que son fils vive dans un pays où des millions de Juifs avaient été exterminés, un pays antisémite, antisémite et stalinien. Un pays maudits.
C'est tout ce que je sais. Mon père n'exprime pas ses sentiments. P32
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Je partis, un soir. Ma mère vint à la gare, accompagnée de mon ami latino-américain. Quand le train s'ébranla, elle pleura doucement. Je ne l'ai plus revue et je crois qu'elle pensait qu'elle ne me reverrait plus. Que sa vie était faite d'hommes qui partaient vers la violence et y disparaissaient. Dans cette violence, elle avait été. Elle n'y était plus, sauf à s'en souvenir dans le deuil et à me voir telle une figure qui, dans le présent, surgissait de son passé. Pour la première fois je compris que j'aimais ma mère, cette femme, que j'étais son fils et que cet amour était de toujours partir et que notre proximité absolue était dans cette errance qui me séparait d'elle et où je la cherchais.
p. 61-62, Points Seuil 1975.
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L'homme n'est pas "fait" pour être libre : il y a seulement la passion de se libérer d'un esclavage, matériel ou moral, qui entrave la satisfaction d'aspirations et besoins précis et déterminés, variables, "historiques". Et cette libération n'a d'autre légitimité que son besoin passionnel "et" l'absence de "raison", l'injustice (au sens de non-justesse) des discours mensongers, faux, qu'emploient et sécrètent les oppresseurs pour occulter leur domination et la faire accepter à ceux qui en pâtissent. L'atrocité d'une oppression n'appartient pas à l'essence objective de cette oppression : elle est (l'oppression) atroce à vivre, à subir, à tolérer. Son injustice réside dans la nature "erronée", "fallacieuse", des justifications morales, idéologiques, religieuses ou autres qui l'habillent et la dissimulent.
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