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3.74/5 (sur 33 notes)

Nationalité : Pologne
Né(e) à : Varsovie , le 24/02/1885
Mort(e) à : Veliki Ozera, Ukraine , le 18/09/1939
Biographie :

Stanisław Ignacy Witkiewicz est un dramaturge, philosophe, pamphlétaire, peintre, photographe et romancier polonais.

Stanisław Ignacy Witkiewicz naît à Varsovie dans une famille de la petite noblesse terrienne originaire de Lituanie. Fils unique du peintre et critique d'art Stanisław Witkiewicz, il reçoit une éducation peu commune qui, le plaçant dès son plus jeune âge en marge (à côté et au-dessus des autres), en fera un individualiste irréductible.

Il se dirige d'abord vers la peinture et suit les cours de l'Académie des beaux-arts de Cracovie. En 1910, une liaison tumultueuse avec une actrice célèbre lui inspire son premier roman : Les 622 Chutes de Bungo ou la Femme démoniaque. Après la guerre de 1914-1918, qu'il fait à Saint-Pétersbourg, dans la garde impériale (originaire de Varsovie, il était alors sujet du tsar), commence pour lui, de 1918 à 1926, une période de fécondité exceptionnelle. Dandy déjà célèbre par ses excentricités, il peint beaucoup et écrit énormément, surtout pour le théâtre.

En huit ans, il produit une trentaine de pièces (dont dix-neuf seulement nous sont parvenues) sans compter des écrits théoriques (Théâtre, Introduction à la théorie de la forme pure au théâtre, etc., 1923) et de nombreux articles de journaux, le plus souvent violemment polémiques.

Après 1926, son activité se ralentit beaucoup. Sujet à des crises de dépression de plus en plus profondes, il s'enferme en des méditations métaphysiques. Il fera paraître encore deux romans, "L'Adieu à l'automne" (1927) et "L'Inassouvissement' (1930) ; en 1931, il en commencera un troisième, 'La Seule Issue', qu'il laissera inachevé. Enfin, en 1934, il écrit sa dernière comédie, Les Cordonniers, dont le ton tranche assez nettement sur sa production antérieure.

Le 18 septembre 1939, Witkiewicz, qui fuyait à pied l'envahisseur nazi, constatant l'effondrement des valeurs de culture et de civilisation qu'il a toujours défendues, se suicide à l'orée d'un petit bois de Polésie.
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Source : www.universalis.fr
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Subitement Genezyp fut soûl au point de perdre connaissance. Il discutait de quelque chose avec la princesse, lui promettait quelque chose - il se produisait des choses incommensurables, même si avait pu exister cette fameuse "mesure psychique de Lebesque", cette possibilité de différencier les ultimes, les plus minuscules déviations du psychisme humain. Le monde paraissait éclater d'auto-inassouvissement définitif. Des "morceaux d'âme" se déchiraient en lambeaux et étaient transportés vers des régions inconnues par un tourbillon enflammé d'alcool mêlé de cervelle de jouvenceau. A un certain moment, Zypcio se leva, sortit de la pièce comme un automate, s'habilla et sortit du palais en courant. Il était grand temps. Il vomit horriblement. Un moment plus tard, un tourbillon de neige dure granulée l'assaillit sur le Plan des Grains. Mais il ne s'était pas encore éveillé ce soir-là - il n'avait pas encore compris l'horreur dernière des instants qui ne reviendront plus.
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Zcypio devenait un petit ver de terre dans les déserts infinis d'une solitude sans fond, comprimé en une pilule aussi dense que de l'iridium et qui, comme un serpent, s'avalait elle-même et ne pouvait s'avaler, étripée, étirée sans fin sur les latitudes géographiques (et non plus astronomiques) du globe illimité de l'Etre spatial. Sans aucun effort, il franchit en soi-même un col si haut qu'il se perdait dans les nuages.
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... se déroulait quelque chose d'inconnu dans le domaine cérébro-matériel. Zypcio s'arracha à lui-même pour entrer dans un monde secret et atroce où régnaient d'autres lois qu'ici - mais où cela se passait-il ? Il était ici et là simultanément. "Où suis-je ?" criait quelqu'un sans voix dans des cavernes sans formes, sans fond et sans voûte, dans "les grottes que creusent le rêve et la démence" (Micinski). Ah - c'est donc cela la démence dont on parle tellement. Ce n'est pas si terrible : une légère "non-euclidienneté" psychique. Et simultanément ce "petit essai sans valeur" était quelque chose de si horrible que la vie entière n'y pouvait suffire. Pas cela même, mais seulement ce qui pouvait être au-delà : ce qu'en diraient les centres moteurs, et puis les muscles, les ligaments, les os - n'allaient-ils pas tout mettre sens dessus dessous, tout réduire en poussière - et ensuite les conséquences, c'était cela qui était terrible.
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Et même si j'étais mauvaise, tu devrais m'aimer, car je sais mieux que toi ce qu'est la vie (A cet endroit Genezyp fut un peu ému et il décida de ne jamais lui faire de mal - advienne que pourra) et ce n'est pas tout : je voudrais à ce moment-là que tu deviennes tout entier aussi grand et fort que ce que tu sais quand je te plais, tel que tu seras un jour, peut-être plus pour moi, et que tu m'étouffes de toi et que tu m'anéantisses. (Zypcio éprouva une étrange sensation d'illumination intérieure en lisant des mots : il vit à nouveau en lui un horizon infini, étouffant d'un inassouvissement sans limite, gonflé d'une quantité de diable-sait-quoi inaccomplis, d'actes-objets sans nom, d'inconcevables existences psychophysiques dont les seuls équivalents visuels pourraient être les créatures-choses inconnues et incompréhensibles qui apparaissent dans les visions de peyotl.
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Votre savoir a dépassé la grandeur de vos âmes. Vous êtes au pouvoir d'une machine qui vous échappe des mains et grandit comme un être vivant, qui mène une vie autonome et doit finir par vous manger.
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"Théoriquement" il savait tout - ce "tout" sexuel d'un élève innocent de huitième - mais il n'avait jamais imaginé que cette science théorique pût si facilement et si intimement s'accrocher à la réalité. Tout resta soudain comme rivé ou fiché dans le sol, tout le passé lui était présenté comme sur un plateau, soustrait au temps, froid et coagulé. L'instant présent aussi était figé dans cette bouillie sans durée, comme un couteau planté dans le ventre d'un ennemi. Comme un petit ruisseau, la vie "murmurait" quelque part entre les éboulis, mais cela ne faisait qu'amplifier la fantastique immobilité du tout. On aurait dit que le monde entier s'était arrêté dans sa course, regardant en soi-même avec des yeux exorbités par la terreur. "Rien ne demandera rien dans sa propre tombe." Voilà ce que le camarade "défendu" avait écrit. Et soudain "quelque chose" lâcha et tout reprit son cours à une vitesse folle, par contraste avec l'immobilité précédente, comme un torrent qui désintègre des bouchons de glace flottante. L'écoulement du temps, qui avait semblé arrêté peu auparavant, devint une torture insoutenable.
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D'ailleurs ces fameuses "couches subconscientes", ces petits moteurs des diverses actions dont la somme donne l'arrière-fond de toute l'activité d'un homme donné, sont en général de petites saloperies assez dégoûtantes. Heureusement, malgré tout le freudisme, peu de gens s'en rendent compte - sinon beaucoup en vomiraient d'écoeurement de soi-même et des autres.
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- Nous encore, continuait à crier Irina Vsievolodovna, nous les femmes, nous avons un sain instinct de vie. Car pour nous une vie sans hommes à admirer n'est que torture et honte. Y a-t-il pire chose pour un femme que de mépriser l'homme qu'elle aime ou même qu'elle désire seulement, de ne pas sentir sa supériorité sur elle ?
Ces paroles tombèrent comme une pierre dans un marécage. Il y eut un éclaboussement dans les petits marais psychiques individuels des hommes présents, reliés entre eux. Cependant il y avait une vérité là-dedans : les hommes s'étaient enchiennés, mais elles pas. On aurait pu leur trouver diverses circonstances atténuantes, mais à quoi cela aurait-il servi et qu'est-ce que cela signifierait pour elles, les femmes ? Les causes sont indifférentes quand on est face à un fait irréversible. Silence.
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La pensée solitaire bouillait dans une marmite éloignée de la vie. De petites âmes chétives, émissaires effacés du Grand Mal, sans lequel il n’y aurait pas d’Existence en général, préparaient insensiblement la décoction infernale dont on avait décidé, dans les mondes subconscients et quelque part encore dans la lointaine lignée des ancêtres, d’empoisonner l’ «organisme » du jeune Kapen, idéalement créé pour d’autres conditions. Rien à faire.
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Il haïssait cette bonne femme comme il n'avait jamais haï personne. Des mots inexprimés, enfouis dans la gorge ou même dans le coeur, l'étouffaient, l'empoisonnaient, le piquaient de l'intérieur - il était rendu muet par une fureur mêlée, en une pilule venimeuse, à un désir animalâtre d'actes intraduisibles en mots. Mais l'anticipation du plaisir possible (ou plutôt impossible), jointe à cet état inconnu de jalousie sexuelle, lui donna la force de tenir bon. "Ce sera quelque chose de fou", pensa-t-il non en concepts, mais en images irriguées de sang et de tous les sucs. Cette fois il se permettrait - ah ! il lui montrerait qui il est. Mais pour lui-même il n'était rien, transformé par la "duchesse de Sperme" (comme on l'appelait) en une seule grande saloperie, incommensurable, impossible à laper, brûlante, irritée à la folie, comme une mêlée désordonnée de mille monstres comprimés, anonymes, solitaires, souffrants.
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