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Citations de Zechen Xu (29)


Quand il pousse la porte de chez lui, QiBao lâche un cri en saisissant la télécommande. Elle rougit. À l’écran s’est figée l’étreinte d’un couple nu. Au lieu d’arreter le DVD, elle a pressé la touche pause. Désemparée, elle jette la télécommande par terre. DunHuang se met en devoir de la tranquilliser :
« Regarder du porno, et alors ? Ça n’a jamais tué personne ! C’est moi qui ai lancé ce film tout à l’heure. D’ailleurs, on n’a qu’à le voir ensemble.
- Non ! Je ne regarderai pas ça avec toi ! dit-elle, ayant retrouvé son aplomb.
- Sans regret ? Vraiment ? Avec l’âge, on n’a même plus envie de voir ces choses-là. »
Ce disant, il s’installe bravement à côté d’elle et relance la lecture. Il remet le son qu’elle avait coupé tout à l’heure, on n’en est plus à un détail près. QiBao ne bouge pas d’un millimètre. Ils se taisent, raides et rivés à l’écran où les amants ont repris leurs ébats : des mouvements aisés, des voix ondulantes qui emplissent la chambre d’un trouble suave. Sur le rebord du lit, ils sont comme deux statues de marbre, conscientes peu à peu de leur respiration. DunHuang bouge un tout petit peu, elle aussi, leurs genoux se touchent. Les cœurs restent en suspens, les genoux collés. Ils se tournent peu à peu, les visages s’interrogent et les regards s’embrasent. QiBao se jette sur lui.
« DunHuang, DunHuang.
- QiBao, QiBao. »
La suite est brouillonne, comme à l’écran. DunHuang ne s’attendait pas à ce déshabillage expéditif, encore moins aux manières débridées de sa partenaire. Une furie sauvage. N’aurait-il rien appris auprès de Xia ? Il se sent taiseux, trop calme, à la traîne et franchement dépassé. QiBao est un sport de combat, une cascade qui déferle sur lui et tourbillonne. Il en oublie ce qu’il est censé faire. Plus tard, le torrent rejoint la plaine et s’y évase. DunHuang remonte la pente et jouit de la douce fertilité des basses terres. Quelques secondes d’eblouissement font flotter son corps sur un vaste lit d’eau.
À l’ecran aussi, l’empoignade est terminée. Lui succède un fond bleu uni et muet comme la mort.
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En mai, nouvelle tempête de sable, une intempérie tardive et rare d’apres les annales météorologiques de la capitale. Quoi qu’il en soit, l’ouragan recommence. Vingt-quatre heures de rafales sans discontinuer enroulent sable et poussière jusqu’au ciel. Les femmes se drapent de châles protégeant cou et décolleté de toute intrusion ; les hommes relèvent leur col et chaussent des lunettes noires. Tout le monde se couvre, protège sa peau : le mois de mai pékinois a rarement été aussi strict, aussi prude. Puis le vent cesse, d’un coup, sans préavis météo, comme un coureur de cent mètres dont les pieds récalcitrants feraient grève à mi-parcours. La fine poussière compactée entre ciel et terre diffuse un jaune crépusculaire. Les indicateurs de pollution atmosphérique s’emballent et les médias répètent que toute sortie est inappropriée tant que l’atmosphère brasse autant de particules.
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"Les chats aveugles n'attrapent que des rats morts". Proverbe chinois.
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Pékin grouille de faussaires. S'ils se regroupaient comme le font les corbeaux, on les entendrait croasser par milliers.
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Personne n'a jamais décrété à quoi doivent ressembler les secrétaires du Parti. Le problème est son haleine fétide. Quant au logement, il est encore plus repoussant que l'haleine. Comment croire que la «chambre» annoncée puisse être cette cabane, à peine plus haute que DunHuang, dans un coin de cour, bâtie à la va-vite ? Une simple couche de brique fait office de murs, quelques plaques servent de plafond, le tout étant couvert de lambeaux d'amiante pour protéger de la pluie. Que pareil gourbi soit considéré comme habitable tient du miracle, un prodige de l'histoire de l'architecture.
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L'embouteillage matinal de ZhongGuanCun durera jusqu'au soir. Quelle idée de construire un boulevard destiné aux embouteillages... Dix minutes plus tard, DunHuang cogite encore sur les bouchons, et l'autobus n'a pas fait cinq mètres. Autant continuer à pied. En marchant lui vient une autre facétie : quelle idée de vivre une existence vouée à la mort...
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À penser en boucle, les yeux en vrille dans l'obscurité, un sentiment d'échec s'installe. Voilà bien Pékin, on peut y galérer toute une vie sans trouver la sortie.
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Tenir le plus longtemps possible, ensuite on verra. Le jour finira bien par se lever.
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"Il est trop bien, ce livre." Le fait est que DunHuang s'étonne de comprendre ce qu'il lit. Il croyait qu'un texte sérieux était par définition obscur, abscond, abyssal. Comprendre est excitant, il se sent presque intello.
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