AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Le Bélial'


Livres les plus populaires voir plus


Dernières parutions chez Le Bélial'


Dernières critiques
TmbM
  13 décembre 2017
Le Petit Cabaret des morts de Francis Berthelot
L'auteur orchestre parfaitement ce drôle de spectacle qui oppose les vivants et les morts. Toutefois, on sent parfois les ficelles qui amènent sur un plateau une chute calibrée. Dans cette nouvelle variation sur le sens de la famille, la figure du père et la complexité du rapport filial, les personnages ont bizarrement moins d'épaisseur que dans les volumes précédents et j'ai du mal à savoir s'ils sont moins bien exploités ou si la psychologie a laissé place à un fantastique plus franc mais moins convaincant.

L'article complet sur mon blog.
Lien : https://touchezmonblog.blogs..
Commenter  J’apprécie          00
Ichirin-No-Hana
  13 décembre 2017
La ménagerie de papier de Ken Liu
Ken Liu est un auteur américain d’origine chinoise qui, depuis quelques années, commence réellement à se faire un nom dans le domaine de la science-fiction. Je suis très heureuse de rencontrer enfin sa plume avec ce superbe recueil de nouvelles, La Ménagerie de papier.



Composée de 19 nouvelles, ce recueil nous propose des univers tout aussi différents les uns des autres. Avec une majorité de nouvelles de science-fiction, Ken Liu nous propose un recueil où l’imaginaire à plus ou moins d’importance selon les nouvelles, on passe d’une nouvelle du genre space-opéra (où on peut difficilement faire plus « SF ») à une nouvelle fantastique où la magie reste discrète. Les tailles des nouvelles sont également très variables allant de 3 pages seulement à plus de 30. Tout le monde y trouve donc son compte.



Les nouvelles (bien que certaines m’ont moins happée que d’autres) sont d’une excellente qualité. Toujours superbement écrite, ces nouvelles sont poétiques et remplies d’une grande sensibilité. Dans un contexte souvent futuriste, l’auteur nous fait nous poser des questions sur l’humain et traite de sujets très forts comme la mémoire, l’identité, l’acceptation de soi et des autres, le langage, l’immortalité, etc ….



Comme beaucoup d’autres, j’ai eu un énorme coup de cœur pour la nouvelle, La Ménagerie de papier qui donne son titre au roman. Remplie de poésie, cette nouvelle est particulièrement poignante et traite de divers sujets émouvants en seulement quelques pages.



La Ménagerie de papier est un recueil de nouvelles très complet et qui propose des nouvelles toutes plus différentes les unes que les autres mais toujours avec une qualité indéniable. Aimant la science-fiction ou les littératures de l’imaginaire en général, je pense que vous saurez trouver votre bonheur. Ce recueil fut une agréable découverte de la plume de l’auteur et cela sera avec grand plaisir que je me pencherai très rapidement vers d’autres de ses titres !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          221
Horizon_du_plomb
  12 décembre 2017
24 vues du mont Fuji, par Hokusai de Roger Zelazny
« L'esprit parfait est censé offrir un reflet. »



Le cheminement du livre s'accompagne des estampes d'Hokusai mettant en scène Fujisan. Des variations sur le même thème comme cet ADN qui est redondant, qui forge notre identité, gardien d'une évolution face aux mutations, comme cette programmation génétique qui soumet ces variantes à la sélection d'un regard total. La narration de l'histoire peut être vue comme une image d'abord pixelisée, brouillonne, qui va prendre de la netteté suite aux pages passantes, lues.



«  Il semble que nombre de choses importantes, de la mort à l'orgasme, se passent à l'instant du vide, quand le souffle hésite. »



Comme sur les estampes, on sent l'importance du vide blanc qui remplit l'espace, on sent le souffle de la vie exhalé par le pélerin sur des phrases souvent courtes.



« Treize façons de regarder un merle »



On pourrait croire que la force de l'auteur, outre son écriture poétique, est d'amener déjà en 1986 des thématiques qui ne sont que trop actuelles avec les progrès de l'informatique mais l'auteur, fan de mythologies, donne plein de références dans le passé qu'on peut interpréter à la lueur de la transcendance, de l'information qui surpasse la matière et la bestialité (ex les arbres du savoir, les mondes engloutis). Ces deux notions ont toujours fait partie de l'humanité à tel point qu'elles la définissent sans doute et cela n'a rien de spécifique à l'informatique ou la robotique ( et puis le fan du genre sait que plein d'auteurs SF ont déjà abordé ces problématiques avant 1986 ).



« Tu sais que le caractère humain doit teinter nos relations avec l'univers, et que ce n'est pas seulement nécessaire, mais bon, et que la lumière finit toujours pas percer. »

Versus

« Cela reste pourtant une scène où l'humanité remodèle le monde et elle me ramène jusqu'au présent, à cette époque d'outils sophistiqués et de transformations à grande échelle. J'y lis ce qui adviendra, la peau métallique et les pulsations que le monde revêtira. Et Kit est là également, divin, surfant sur des vagues électroniques. Inquiétant. Mais témoignant d'une résistance ancienne, comme si ceci, aussi, n'était qu'un instantané du mouvement de l'humanité dans le temps, et que je gagne ou que je perde, la nature restera et l'emportera sur n'importe quel obstacle. »



Tout le long, le livre oscille entre l'humain et une aliénation du monde matériel, immense et immuable. L'auteur, par son écriture sensible même, se met du coté de l'humain mais on ne peut que songer à des auteurs comme Watts ou Egan qui ont l'audace de placer la nature avant l'humain ou plutôt de n'en faire qu'un être réductible à une somme d'algorithmes. C'est intéressant car plus qu'une histoire des mythes, le propos de la « sacralisation » (de l'homme, du biologique, des sciences ou de l'être artificiel,… , faites votre choix) semble être un propos sous-jacent à toute œuvre de SF finalement. Je suppose qu'on règle la question dans tous les cas en ayant une vue holistique où tout l'univers est un.



« S'il s'agissait d'une église chrétienne sous les vagues, ces pêcheurs n'auraient peut-être pas d'accent circonflexe. »



Évidemment, la culture du Japon et la méditation sont très présentes dans ces pages, on est loin d'un cyberpunk de monde global.



Au niveau des noms, c'était marrant de croiser Madame Smith (le nom quidam en anglais mais qui a maintenant une signification iconique liée à Matrix ) et Kit ( de K2000, j'ai une forte tendance à croire que c'était voulu sans preuve, vivement Ready Player One que je conseille en lecture). Le traitement du fantôme d'Hokusai m'a fait penser à Saï d'Hikaru no Go.



Le livre a plusieurs défauts selon moi. Il a un caractère inachevé. Sans parler de l'univers, les personnages (sauf l'héroïne) pourraient, voire devraient être plus étendus (je n'ai pas du tout ressenti ce problème des personnages annexes sur Poumon Vert , L'Homme qui mit fin à l'histoire ou Dragon dans la même collection). Peut-être est-ce dû à un effet de contraste avec la sur-introspection de l'héroïne. Certaines sections m'ont paru mal construites, trop libres que pour accrocher à un semblant de réel. Les scènes avec Boris sont ratées, je trouve, elles semblent même surfaites. Le livre est rempli de références littéraires et philosophiques intéressantes et en lien avec l'histoire mais, au final , elles sont tellement nombreuses comme des médiations introspectives sans fin qu'elles ressemblent aussi à du remplissage un peu lourd. La fin face à la transcendance est foireuse, trop simpliste, voire s'en va en eau de boudin



Au final, un peu trop impressionniste, on m'a montré le feu sur la mer et j'ai rêvé de rochers.



« J'en ai assez de revivre ma vie et je ne cherche plus de réconfort dans la philosophie ni la littérature. »



« Si je devais un jour t'escalader, lancerais-je cent huit bâtons dans ton brasier sacré ? Je ne pense pas. Je tiens encore à certaines illusions. »



« Polycrate de Samos qui jeta son anneau dans la mer afin de se mettre à l'épreuve du mécontentement comme la plupart des hommes, mais qui le retrouva rapidement dans un poisson qu'il venait de pêcher, n'était pas exempt de tendances mélancoliques. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00