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Lutin82
16 août 2017
Cérès et Vesta de Egan Greg
Cérès et Vesta sont 2 astéroïdes du système solaire qui partagent quelques similitudes, mais une vision de la vie divergente. Sur Vesta, l’ostracisme que subissent les descendants des Sivadier est arbitraire et imbécile, incompréhensible même (comme beaucoup de positions de cette nature). Non seulement cette politique publique se traduit par des comportements méprisables, de l’incivilité de base aux insultes, mais en sus une goute de ce sang dans vos veines vous expose à une taxe supplémentaire de 10% des revenus et ce, quelque soit votre position sociale. Le pourquoi mérite d’être découvert à la lecture, sachez que le fondement reste mesquin.



Camille fait partie de ces personnes désignées par ce choix politique, aussi subit-elle régulièrement les assauts de la vindicte imbécile des abrutis. Son compagnon, Olivier, la soutient, et tous deux entrent en résistance civile. La tension devient telle que les descendants s’exilent volontairement vers une Terre d’accueil plus agréable et accueillante, la sympathique Cérès. Le moyen est à la fois rudimentaire et élaboré, tout en présentant un risque certain ; ils deviennent des surfeurs, et voyagent dissimulés dans des blocs de glace à destination de Cérès.



La structure du récit n’est pas linéaire, et participe grandement à la montée en pression du lecteur. En effet, les chapitres alternent entre le parcours sur Vesta de Camille et de son compagnon pendant cette période, et l’attente de son arrivée par Olivier (qui a surfé avant elle) et Anna, la responsable du port cérésien.



l’émotion dégagée est palpable avec cette « apogée » finale. L’aspect science n’est pas le cœur de Cérès et Vesta, sans qu’il faille écarter d’un revers de la main ce que nous présente l’auteur. La faible gravité est prise en compte et l’immersion dans cette façon de vivre différente est réussie : locomotion, prise en compte de la circulation sanguine,…. La description de l’envoi des blocs de glace est particulièrement séduisante, et j’ai beaucoup aimé cet aspect du texte.



La fin est frappante mais tout est construit pour aboutir à cette ultime étape, histoire de marquer le lecteur. Trop.



Les intentions et les messages sont clairs, nets et appuyés, et la réalisation de l’ensemble un peu trop dichotomique, sans aucune subtilité ou nuance (dans la thématique). Du coup, le texte m’apparaît un peu trop consensuel et presque moralisateur. Qui ne souhaite pas la paix dans le monde, le bonheur pour tous, la fin de la misère, l’éradication des maladies ? Hélas, la bonté et la tolérance ne peuvent pas être les seuls moteurs de notre monde.



Certes, l’auteur a le mérite d’aborder des thématiques politiques actuelles et loin de flatter la grandeur de l’homme, mais le format ne convient pas à l’ambition; le texte souffre donc de trop de coups de serpe.



Notez que je ne juge ici que le texte, non l’auteur, ni les thématiques abordées.



Magnifique couverture d’Aurélien Police.



Critique plus compléte sur mon blog
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Lutin82
16 août 2017
Le regard de Ken Liu
Dans le présent livre, le drame personnel relégué au second plan est globalement classique, et le lecteur devine très rapidement la source de la souffrance intérieure, la nature de l’événement antérieur à l’utilisation abusive du régulateur. Mais, c’est surtout la chute de l’histoire qui se présume longtemps à l’avance. Est-ce un point faible, un point fort ?

L’effet de surprise est presque néant, ce qui est dommageable pour la dramaturgie, toutefois, le lecteur en ressort satisfait, avec un sentiment d’achèvement : la boucle est bouclée.



C’est d’ailleurs cohérent avec le personnage de Ruth. Elle partage de nombreux points communs avec la figure du détective privé du roman noir: torturé, rustre, intelligent, cynique, rusé, faussement insensible, souvent avec une addiction (des personnages d’Humphrey Boggard à Jessica Jones). Ruth est de cette trempe-là. Le procédé est classique, vu et revu, usé presque jusqu’à la corde. Cela fonctionne bien, la recette nous est familière, elle est universellement appréciée et enregistrée dans le collectif.



C’est exactement la même chose avec l’enquête! Les amateurs de policiers, thrillers, ou autres romans noirs risquent fort d’être marris. Le fil de l’enquête est simple, et la résolution presque tout autant. Heureusement qu’une astuce technologique y apporte une judicieuse touche « magique » pour relever le tout! Ici encore, le procédé est bien trop classique d’apparence.



L’essentiel réside dans le troisième aspect de cette novella, l’anticipation science-fictive. Tout le reste a été simplifié, ramené à un exercice de style presque académique pour renforcer le propos tenu, pour préserver le message de l’auteur.



Certes, j’aurais souhaité, un texte plus long, un personnage principal plus original et une intrigue plus ébouriffante, mais pas au détriment d’une science-fiction d’envergure. Au final, les défauts perçus ressemblent fort à la seconde face d’une même pièce de qualité, jouant les faire-valoir. Une simplicité travaillée pour délivrer un message fort et sensible sur notre monde futur et la tendance humaine à la surenchère, tout en jouant sur les contradictions. Un regard sévère sur le monde de demain…
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Noctenbule
14 août 2017
L'homme qui mit fin à l'histoire de Ken Liu
La grandeur d'une histoire ne se mesure pas au nombre de pages. Ken Liu nous propose un roman de sf intello où les neurones vont cogiter. Le récit va vous emmener à considérer les choses sous un autre angle. L'écriture de cet auteur est assez surprenante avec une grande richesse, une grande intelligence et avec de la subtilité. C'est la première que j'ai été autant bluffé. Comment réagirions-nous dans une pareille situation?  



L'Unité 731 a vraiment existé. Les horreurs qui sont faits part à travers des témoignages, des conférences, des exposés sont assez troublants surtout par leur véracité. Une réalité qui ne plaît pas à beaucoup de personnes et dont beaucoup préfèrent nier l'existence. Cela ne vous rappelle pas d'autres faits historiques? Et si une machine permettait de revenir à ce moment et de constater vraiment ce qu'il s'est passé. Le doute serait-il encore possible? Le souci est qu'une fois le moment vu, il disparaîtra à jamais. Le regard de l'observateur n'est pas neutre, alors comment trouver la vérité? Y a t'il une vérité? Comment faut-il  choisir et qui doit choisir? Des victimes, des chercheurs, de la famille de victimes, des contradicteurs... voient les viols, les tortures, les essais... Peut-on nier alors l'existence de l'Histoire? Et si oui, jusqu'à quelle limite peut-on nier? Et comme un souvenir ne peut être vu qu'une seule fois, le regardant peut-il alors changer la vision de l'histoire? Beaucoup de questions dont c'est au lecteur de trouver la ou les réponses. Doit-il avoir des réponses? C'est à vous de juger.  
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