AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Editions Jean-Claude Béhar


Livres les plus populaires voir plus


Dernières critiques
ATOS
  28 octobre 2018
La Sagesse du Potier de Jean Girel
« Tout symbole a une chair, tout songe une réalité. » O. MILOSZ, L’Amoureuse

Initiation, extrait. Rendre forme. Donner forme. Imaginer. Créer. Apprendre. Apprendre de la matière.Rêver, projeter, tenter, proposer. Travailler sans filet mais jamais au hasard. Apprendre à l'esprit à travailler comme la main. Au delà de la conscience. Sans cesse remettre en question, désobéir, risquer. Gestes, matières, outils. Mener. Argile, eau, feu, air. Humilité, respect ,savoir.

« La peinture est chose mentale, la sculpture chose physique, la poterie s'adresse avant tout aux sens. Elles les rend intelligents, leur donne une âme ». temps, mesure, équilibre, langage des forces et des volumes, de la lumière et de ses formes.

« A Babylone, Mardouk, le dieu qui féconde les eaux, crée une première fois l'homme en pétrissant son propre sang. Mais les dieux irascibles ayant un jour décidé d'anéantir la race humaine en faisat tomber le déluge sur la terre, son père Êa demande à la déesse-mère Mama de convoquer les déesses-matrices pour recréer l'humanité : «  Les matrices, une fois rassemblées , foulèrent l'argile devant la sage Mama. Celle-ci proféra sans répit l'incantation qui lui fir réciter le prince Êa, assis devant elles. Puis elle cracha sur l'argile et détaGérard L.. Carrièrecha quatorze mottes. Elle mit sept mottes à droite, sept mottes à gauche ; elle posa des briques entre elles.Elle sortit le couteau du marais qui coupe le cordon ombilical ; elle appela les sages, les servantes, les sept et sept matrices. Sept firent avec art des hommes, sept firent avec art des femmes ».

« En Egypte, Khnoum, le «  modeleur des dieux », le « potier façonneur des hommes », le dieu à tête de bélier, est le plus célèbre des potiers pythologiques.Il a du métier : c'est lui qui avait déjà façonné l 'œuf du monde sur son tour, qu'il va installer dans le ventre des femmes, au cours d'une cérémonie où l'on récite la formule : « Ô dieu du tour, puisses-tu fixer l'activité créatrice du tour à l’intérieur des organes féminins et pourvoir cette matrice de ton image ! ». Organique et sacré, sciences et intuition. Du sens aux gestes. Une valeur au temps. « Le propre de la poterie est d'abord d'accueillir » nous rappelle le céramiste. « La poterie doit être ce que René Char demandait à la poésie : « l'amour réalisé du désir demeuré désir », nous déclare l'artiste. « Sept cents degrés, l'enfer sur terre.C'est la température à laquelle les pots commencent à se sentir chez eux », nous confie l'homme.

Un très beau livre de sagesse sur la naissance d'un art né dans la mémoire du monde.

«  Au temps sans mémoire

Où l'homme encore était un rêve à inventer

Je fus formée dans la Géhenne du Temps

Je fus d'abord boule de feu errante

Masse mouvante

J'étais le feu, j'étais le temps, j'étais l'espace

Seule, je régnais et j'étais mon royaume.

Ma flamme illuminait la nuit sidérale », Je suis l'argile, Gérard L. Carrière, extrait.



Astrid Shriqui Garain







+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
imaginibus
  26 janvier 2018
Pourquoi j'ai quitté l'ordre et comment il m'a quitté de François Boespflug
De l'auteur, je connaissais ses travaux universitaires portant sur l'iconographie religieuse (par ex. : Dieu et ses images). Ce petit livre de 124 pages - au format agréable (10,5 x 20) - m'a attiré pour ce qu'il m'apprendrait sur le chercheur, et ce qu'il m'apporterait sur les problèmes de l’Église. C'est une remise en cause, courageuse, de toute une vie qui s'articule en trois chapitres : 1- Pourquoi quitter la vie religieuse ? [Entendez l'Ordre dominicain] ; 2- Pourquoi quitter le ministère sacerdotal ? [Entendez l'état de prêtre] ; 3- Être ou ne plus être théologien ?

A la fois témoignage, analyse, justification, ce livre, d'un style alerte, truffé de références, décrit la démarche spirituelle de l'A. , sa conviction, ses attentes, ses déceptions et finalement son départ. Comme le note bien l'A., une question se pose : "Pourquoi si tard ?" ; pourquoi avoir attendu "quarante -sept ans pour [se] décider à quitter cet Ordre (...)" ? Il semble que "la mise d'office à la retraite de l'Université" ait agi comme un déclencheur (p. 15). Le lecteur qui n'a pas à en juger ne peut toutefois s'empêcher de se demander si l'engagement initial de Fr. Boespflug ne reposait pas sur une erreur d'appréciation de la vie religieuse et de la distance entre son idéal et la réalité, entre ses aspirations et les obligations de l'état religieux. Il expose, dans le chapitre II, trois raisons de quitter le ministère sacerdotal : "Parce qu'il est déclaré incompatible avec la vie de couple" ; "Parce qu'il expose à être la chose d'une paroisse ou d'un mouvement " ; "Parce qu'il est condamné à écouter quantité de délires sur la religion". Mais ces contraintes, de nature différente, n'étaient -elles pas connues dès le départ ? On notera aussi qu'un des aspects du divorce entre l'Ordre dominicain et lui réside dans le manque d'intérêt (ou de considération) de l'Ordre pour ses travaux universitaires [mais le manque de reconnaissance n'est pas propre à ce milieu ; n'est-ce pas un phénomène beaucoup plus général qui affecte la plupart des chercheurs ?]. D'ailleurs, cette orientation vers la recherche - dont on se félicite au vu des résultats - n'est pas dictée par l'Ordre mais résulte d'une décision individuelle. N'est-ce pas la liberté dont l'A a joui au sein de l'Ordre qui explique "une telle lenteur à décamper" (p. 14) ? Finalement, sa vie aurait-elle été aussi différente s'il avait choisi d'être - seulement - un universitaire chrétien ? Il faut prendre un peu de temps pour apprécier toutes les nuances du propos, les retenues aussi.

Au-delà de son cas personnel, l'A. aborde des problèmes généraux : le célibat des prêtre, le rôle des femmes dans l’Église, la dépréciation des intellectuels, et leurs conséquences. Sa conclusion ("l'honneur d'être chrétien") pose quelques jalons concernant son évolution à venir et ses espérances. On aimerait en apprendre davantage sur les fondements de sa foi et sur l'objet de sa croyance. En quel Dieu croit-il ? Ayant eu à vivre un drame familial, il s'interroge sur "la scandaleuse passivité de Dieu" (p. 87) ; ailleurs, il dit son attachement au "Jésus des Évangiles" , au Christ "indépassable comme homme accompli et comme homme libre" (p. 112). Venant d'un historien habitué à jongler avec les représentations imagées des trois personnes de la Trinité, le propos n'est pas indifférent.

Au total, un livre personnel, riche, qu'il faut sans doute relire pour ne pas en déformer le sens.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
MonCharivariLitteraire
  23 décembre 2017
La Sagesse du Photographe de Fouad Elkoury
Bon petit livre sur le métier de photographe. Il est plein de remarque intéressantes et intelligentes sur la pratique de la photographie, la notion de prise d'image, d'arrêter le temps. Il permet de prendre de la distance pour réfléchir à ce métier que j'aime temps.
Commenter  J’apprécie          30