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Note moyenne 3.61 /5 (sur 18 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Orange , le 10/01/1953
Biographie :

Michel Agier est un ethnologue et un anthropologue français.

Chercheur invité visitant l'Université de Bahia en 1991, 1992 et 1994, il vit de 1986 à 1994 au Brésil. Puis à Cali, en Colombie, de 1997 à 1999. Il rejoint Marseille puis Paris en 2001.

Il a été directeur du Centre d'Études africaines de 2004 à 2010.

Il est directeur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement et directeur d'études à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS).

Ses recherches portent sur les relations entre la mondialisation humaine, les conditions et lieux de l'exil, et la formation de nouveaux contextes urbains.

Depuis 2013 il dirige le projet "Paysage Global de Camps" au sein du programme MobGlob (Mobilité globale et gouvernance des migrations) de l'Agence Nationale de la Recherche (ANR France).

Réagissant à la crise migratoire en 2015, Michel Agier milite pour l'ouverture des frontières aux migrants.

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Source : Wikipédia
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Atelier // Les Rencontres philosophiques de Monaco Atelier Paris Mardi 15 Mai 2018 Conférence /Accueillir - Éthique de l'hospitalité et politiques des migrations Avec : Michel Agier, Sylvain Bourmeau, Nisrine Al-Zahre, Nancy L.Green
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
Harioutz   03 mai 2019
Un monde de camps de Michel Agier
Voici le sommaire du livre afin que vous puissiez en saisir, en un rapide coup d’œil, toute sa richesse :



Introduction - L'encampement du monde



Partie 1 - Temps long, espaces en conflit : Les camps de réfugiés entre identité, mémoire et politique



-Chatila (Liban)

Histoire et devenir d'un camp de réfugiés palestiniens



- Kacha Garhi (Pakistan)

Les camps de réfugiés afghans au Pakistan (1980-2012)



- Maheba (Zambie)

Le camp et la question du retour des réfugiés angolais



- Lukole (Tanzanie)

Victimes ou fauteurs de troubles. Humanitaire et politique dans les camps



- Mae La (Thaïlande)

Humanitaire, nationalisme et religion dans les camps karens à la frontière thaïlendo-birmane



- Tindouf (Algérie)

Les camps sahraouis, préfiguration de l'Etat



- Agamé (Bénin)

Le feu et la révolte. Le camp comme foyer politique



- Sainte-Livrade (France)

Une situation coloniale sans fin. Le Centre d'accueil des Français d'Indochine (1956-2006)





Partie 2 - Camps, villes et territoires. De l'industrie humanitaire à l'aménagement des espaces locaux



- Dadaab (Kenya)

L'histoire architecturale d'un territoire non identifié



- Kakuma (Kenya)

Le camp dans l'économie de la ville, de la région et du monde



- Nahr al-Bared (Liban)

Le camp et ses doubles



- Dheisheh (Cisjordanie)

Retours. Penser le futur dans l'extraterritorialité (un projet architectural)



- Wad Sharifey, Kishm el-Girbâ, Asotriba ...

Métarmorphose d'un réseau régional de douze camps de réfugiés érythréens dans l'est du Soudan (1962-2013)



- Damas (Syrie)

Asile, camps et insertion urbaine des migrants et réfugiés au Moyen-Orient. Une mise en perspective régionale





Partie 3 - Camps de déplacés : urgences, marges urbaines et vies précaires



- Corail-Canaan (Haïti)

D'un camp à l'autre



- Après Fukushima

La vie préfabriquée



- Khartoum (Soudan)

Le sort des déplacés et la transformation des camps après l'indépendance du Soudan du Sud



- Pavarando (Colombie)

Des "communautés de paix" aux "zones humanitaires"





Partie 4 - Campements, camps de travailleurs, centres de rétention : entre prison, bidonville et ghetto



- Qatar

Vie quotidienne dans un camp de travailleurs migrants



- Kofinou (Chypre)

Du confinement à la mise au travail des demandeurs d'asile



- Lampedusa (Italie)

Un laboratoire de la rétention en Europe



- Calais, Patras, Subotica

Les "jungles" de l'Europe



- Le Hanul ( Saint-Denis, France)

Du bidonville au "campement illicite". La "question rom" en Europe et en France



- Belyounech (Maroc)

L'empreinte de la souillure des campements près de la frontière



- De Tinzawaten à Bamako (Mali)

Les ghettos de l'expulsion





Bibliographie



Index des organisations



Index des localités et populations



Présentation des auteurs
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Harioutz   02 mai 2019
Un monde de camps de Michel Agier
Plusieurs emissions de radio et conférences passionnantes ont été réalisées autour de l'excellent ouvrage de Michel Agier , vous pouvez les réécouter en suivant ces liens ci-dessous :



- sur France Culture, l'emission Terre à terre de Ruth Stégassy du 12 mars 2016 en présence de Michel Agier, à réécouter ici : https://www.franceculture.fr/emissions/terre-terre/un-monde-de-camps



- sur Canal U Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, une présentation suivie d'un débat du 22 octobre 2014 , à réécouter ici : https://www.canal-u.tv/video/ehess/2_presentation_de_l_ouvrage_un_monde_de_camps.16425



- sur Radio Grenouille, la conférence de Michel Agier qui a eu lieu à la bibliothèque de l'Alcazar de Marseille, le 17 janvier 2015, à réécouter ici : http://media.radiogrenouille.com/2015_03_29_conferences_1_livre_1_chercheur_un_monde_de_camps-web.mp3
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Harioutz   03 mai 2019
Un monde de camps de Michel Agier
Calais, ville frontière entre la France et l'Angleterre, est un lieu de transit historique pour des milliers d'exilés cherchant à rejoindre le sol anglais .



A la fin des années 1990 , les Kosovars rejoignent la ville de Calais pour y trouver un refuge temporaire, en attente du passage en Angleterre.

La France crée des lieux d'accueil qui ne permettent de recevoir qu'une petite partie de la population affluant à Calais. Les Kosovars sont rejoints par des Kurdes irakiens, des Sri Lankais et des Somaliens, entre autres.



En septembre 1999, le gouvernement français ouvre le centre de Sangatte. Bien que son objectif affiché soit de faciliter l'éloignement des étrangers, Sangatte représentera selon les chiffres de la Croix-Rouge française qui gère le centre, le point de départ de 67000 exilés vers la Grande-Bretagne.

Ces chiffres permettent facilement de comprendre que la construction de cette structure répond au seul but de rendre invisibles les exilés. Mais la concentration de ces derniers à Sangatte provoque, au contraire, une médiatisation du camp par les journalistes et par les organisations, dénonçant le traitement réservé aux exilés dans le camp, qui pousse le ministre français de l'Intérieur, dans la même logique d' « invisibilisation » du phénomène migratoire le long du littoral de la Manche, à fermer le camp.



La « résolution du problème » par sa fermeture ne fait que le déplacer. Les Exilés continue à rejoindre le nord de la France, en raison du durcissement des politiques d'asile des pays du sud de l'Europe et de la multiplication des conflits dans leur pays d'origine, mais ils sont soumis à des conditions de vie encore plus précaires, dans des « jungles » et des squats situés dans les différents ports assurant les liaisons maritimes avec l'Angleterre, ainsi qu'à proximité des stations-service et des aires d'autoroute où transitent les camions.



La multiplication des campements informels dans les régions littorales de la Manche et de la mer du Nord constitue l'une des principales conséquences de la fermeture du camp de Sangatte. Les Exilés y vivent dans des conditions matérielles déplorables et sont soumis à des contrôles répétés des forces de police.

Leur mise à l'écart et leur dispersion permettent toutefois au gouvernement français de déclarer que le « problème des clandestins » à Calais est résolu, jusqu'à ce qu'un fait divers et des pressions du gouvernement anglais ne reposent la question de leur présence.



Rendre invisible la présence des exilés sert l'intérêt des autorités, qui nient les responsabilités politiques du traitement inhumain et dégradant qui leur est réservé, ainsi que l'absence de recherche de réelles solutions.



Dans les années qui suivent la fermeture de Sangatte, les migrants s'auto-organisent dans des lieux de refuge et résistent aux méthodes répressives des CRS français, qui, chaque jour, se rendent dans ces lieux pour les détruire, mais aussi pour gazer et arrêter les migrants qui sont ensuite, dans la plupart des cas, relâchés.



Cette politique de harcèlement et de dissuasion a pour but de faire passer le message suivant : « Vous n'êtes pas les bienvenus ici ».

Les migrants arrêtés viennent principalement de pays en conflit :Afganistan, Irak, Érythrée, Somalie, Soudan.

Ne pouvant être expulsés, ils sont libérés quelques heures après leur arrestation.

Les tentes détruites et les squats évacués sont tout de suite reconstruits mais de façon de plus en plus précaire, en raison de leur courte espérance de vie.

Les migrants préfère se réunir en petits groupes.

S'éloignant de Calais où est concentrée la majeure partie des forces de police, ils se déplacent vers les autres villes côtières, Cherbourg, Dunkerque, ou à l'intérieur, Angres, Norrent-Fontes, proches des stations-service.
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Luniver   26 août 2017
Gérer les indésirables de Michel Agier
Le renvoi des populations du Sud « chez elles », propre aux actuelles politiques sécuritaires européennes, utilise le même argument identitaire du retour « chez soi ». Pourtant, très souvent, les êtres en exil, au moment même où les organisations internationales, ou bien les États, prévoient celui-ci, ont déjà fait l’expérience d’un nouvel emplacement dans les zones urbaines ou sur les sites humanitaires où ils se sont retrouvés d’abord confinés malgré eux, et dont ils ont dû s’accommoder durant plusieurs années. Cette constatation est plus importante encore dans le cas de la « seconde génération » de réfugiés, c’est-à-dire ceux qui sont nés dans les camps ou qui y sont arrivés enfants.
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Luniver   19 août 2017
Gérer les indésirables de Michel Agier
La question des sans-État n’est pas nouvelle [...] mais aujourd’hui elle refait surface d’une autre manière : en tant que variante de la conception biopolitique de la gestion de la vie, elle se transforme en un problème d’encombrement urbain, c’est-à-dire d’ordre public. En ne parlant que de circulations et de flux, de gestion des entrants ou de contrôle des encombrants, on ne dépolitise pas uniquement la question des sans-État, on la déshumanise. Ceci étant conséquence de cela, car la technique des cartes, des grands nombres et des flux contribue à désubjectiver les catégories de population gérées par le dispositif selon un principe biopolitique.
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Pixie-Flore   24 septembre 2012
L'Invention de la ville : banlieues, townships, invasions et favelas de Michel Agier
Les visiteurs d'un jour vont repartir, en voiture ou en camping-car, vers leur grand ensemble et leur banlieue, certains d'entre eux rêvant d'un pavillon qui les préserverait à la fois de l'anonymat et des voisinages envahissants (les fuites d'eau du dessus, le téléviseur du voisin, les portes qui claquent).
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Luniver   28 août 2017
Gérer les indésirables de Michel Agier
Signe et condition de cette fiction et de cette toute-puissance de l’humanitaire, l’étrange présence-absence de ses ayants droit. Symboliquement omniprésent mais intellectuellement absent, ce monde à part – le monde, inévitablement ambigu, des « victimes » – est bien parfois exhibé sous des formes outrées : celle du journal de 20 heures montrant fugitivement des images de désespoir ou celle de l’affiche de telle organisation humanitaire avec gros plan sur les yeux suppliants et le corps squelettique d’un enfant noir nu. Mais il n’a aucune place dans les conceptions du monde social que notre propre monde produit. Que dire de ces ayants droit, sinon les plaindre ou les condamner ? Une forme de relégation intellectuelle accompagne la mise à l’écart des populations « victimes » et tout autant indésirables, lesquelles n’apparaissent en général que sous la forme révélée de « l’impensable », de « l’intolérable », de « l’indicible ». Autant de figures extrêmes de la pensée, parfois « scandaleuses », parfois effrayantes, qui provoquent la sidération et confirment ainsi, par une mise en scène émotionnelle, le caractère exceptionnel de leur incursion inattendue dans les images du monde.

[...]

L’émotion (peur, compassion, haine) occupe alors la place de la réflexion, se diffuse sur la page blanche. Et le geste lié à l’émotion (celui du bienfaiteur qui donne ou du volontaire qui décide de partir) est directement relié à l’image de la souffrance qui est une image « révélée » de forme absolue : sans avant et sans après, sans contexte. Émotion, bienfaisance, souffrance, révélation absolue : ces élans de soi vers le monde composent les ressorts les plus puissants de l’élan humanitaire. Le geste moral qui se pense comme une réponse immédiate à la révélation de l’extrême souffrance peut même être assumé par son auteur comme spontané, révolté, non réflexif ! Il se laisse alors le droit d’être tout autant dominateur que donateur. Les figures du héros, du sauveur ont un redoutable revers de médaille dans celles du tout-puissant qui veut « contrôler la situation » et du maître à penser qui dicte les « bonnes » réponses aux ayants droit. Leur geste moral se veut réparateur, mais il construit une victime qui garde l’apparence de la victime absolue, sans nom et sans voix : celle-ci doit savoir se conformer à son image victimaire, recevoir l’argent sans le « détourner », sans le « gaspiller », sans utiliser les aides à d’autres fins que celles conçues par le monde des donateurs (personnes, associations ou pays donateurs), bref sans désordre. La victime doit savoir recevoir en restant à sa place. La même exigence morale se reporte sur les organisations chargées de transférer le don charitable au loin, vers une souffrance généralement maintenue, par le monde riche et do(mi)nateur, dans la modalité du spectacle et de la virtualité qui sont des expressions de la mise à distance.
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steka   11 juin 2019
Le couloir des exilés : Etre étranger dans un monde commun de Michel Agier
Faire exister "l'étranger" dans nos esprits et dans les politiques xénophobes est le seul résultat, et la seule vérification empirique d'une "identité nationale" improbable. Cette politique de l'identité prend la forme caricaturale de l'inventaire de traits ethno-nationaux comme aux temps les plus reculés de l'ethnologie folkloriste. Et le contrôle de la conformité à ce "kit identitaire" national, enfermé et appauvri sur le plan culturel, est l'instrument de la politique de rejet de "l'étranger".
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Luniver   05 septembre 2017
Gérer les indésirables de Michel Agier
Le constat est évident : partout, les catégories légales de « réfugiés » cèdent progressivement la place aux « déboutés » de toutes sortes. Or ce sont ou ce pourraient être les mêmes personnes. Elles deviennent des sans-État, sans le moindre recours et... illégales. Sur le curseur de la biopolitique, elles s’éloignent du « faire vivre » et s’approchent du « laisser mourir ».
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Apoapo   16 avril 2016
Le couloir des exilés : Etre étranger dans un monde commun de Michel Agier
« Les années 1980 et 1990 ont été les années de la découverte sidérée des très grands "déplacements de populations" et des camps africains : foules massives, tout à la fois ethnicisées et dépersonnalisées, marchant le long des routes, recevant au passage des frontières l'attribution collective du statut de réfugié, s'entassant dans d'immenses camps de fortune – lieux de protection en urgence contre la guerre, mais aussi lieux de propagation des épidémies et de nouvelles violences. Dans cette temporalité-là, les solidarités politiques ont cédé la place aux inquiétudes diffuses suscitées par les images de masses en mouvement, africaines et orientales, d'individus en errance, effrayés, d'anonymes "victimes" tout autant perçues comme des surnuméraires indésirables. Les urgences de la gestion biopolitique des masses déplacées ont pris le dessus sur les questionnements existentiels, moraux ou politiques posés par la perte de lieu et la place de l'exilé. » (p. 37-38)
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