AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Libretto


Livres les plus populaires voir plus


Dernières critiques
FMK
  15 mai 2021
Célestopol de Emmanuel Chastellière
Avant ces quelques dernières années, je dois reconnaître que je ne connaissais pas beaucoup les auteurs francophones actuels de littérature de l'imaginaire. J'ai réalisé que c'était une lacune livresque que je me devais de combler, après avoir découvert des œuvres formidables comme La Horde du Contrevent d’Alain Damasio, la saga La Passe-Miroir de Christelle Dabos ou encore Chevauche-Brumes de Thibaud Latil-Nicolas. Lorsque j'ai vu passer le nom d'Emmanuel Chastellière sur les réseaux à l'occasion de la sortie de son nouvel opus, baptisé Célestopol 1922, j'ai été intrigué par ce titre et par la belle couverture de l’ouvrage. Je me suis documenté rapidement pour savoir de quoi cela parlait : bien qu'il puisse être lu indépendamment, il s'agit en réalité du second recueil de nouvelles se déroulant dans l'univers de Célestopol. J'ai donc décidé d'attendre et de commencer mon voyage par le début, c'est-à-dire par le recueil éponyme publié en 2017 : et c’est un gros coup de cœur !



1913. L'empire Russe, au sommet de sa prospérité et de son prestige, a édifié sur la Lune l'incroyable Célestopol, fleuron de sonart et de sa technologie Sous le gigantesque dôme en verre qui recouvre la ville, les destins de plusieurs personnes issues de tous horizons, résidents permanents comme voyageurs de passage, vont se jouer et s'entremêler, révélant ainsi toutes les facettes de la cité aux mille merveilles…



Parlons tout d'abord du fantastique décor qui donne son nom à cet opus. Au fil des quinze nouvelles qui composent le recueil, le lecteur apprend à se familiariser avec l'organisation de la cité : ses différents quartiers, ses monuments emblématiques, ses canaux brumeux de sélénium… J'ai ainsi éprouvé un vrai plaisir à voir se dessiner cette cartographie de Célestopol et à découvrir ses différents aspects. La cité ayant été conçue comme une vitrine de la culture russe, de nombreux éléments architecturaux sont décrits comme étant des hommages à de célèbres bâtiments de la Russie des tsars comme le palais de Peterhof de Saint-Pétersbourg ou la cathédrale Saint-Basile de Moscou. Dans un souci d’authenticité et pour prévenir le mal du pays chez ses habitants, même le climat artificiel reproduit à l’identique les rigueurs de l’hiver de la Mère Patrie ! Certaines nouvelles ont également pour cadre l’extérieur de la ville, avec ses mines et autres structures industrielles perdues au milieu des cratères du désert lunaire, jusqu’à sa fameuse « face cachée » et ses mystères.



Un des éléments que j’ai le plus apprécié durant la lecture de ce recueil, c’est la variété des registres littéraires utilisés par l’auteur. En effet, certaines nouvelles sont plus orientées vers de la science-fiction, et d’autres vers du fantastique horrifique, de l’aventure, du policier… Le style d’écriture s’adaptant selon le type de récit, j’ai trouvé que la narration restait bien maîtrisée dans tous les cas et j’ai pu déceler des hommages certains à Edgar Allan Poe, Isaac Asimov ou encore Jules Verne pour ne citer qu’eux. Et je suis sûr que l’ouvrage fourmille de références à la littérature russe que je n’ai pas su identifier !



Un grand nombre de personnages différents vont intervenir dans ces nouvelles, et même dans plusieurs pour la plupart. C’est le cas de Nikolaï, Duc de Célestopol, qui est la figure centrale de ce recueil. En effet, ce personnage important va lier presque toutes les nouvelles entre elles, à la manière subtile d’un fil rouge. Dans certains récits, on ne découvre qu’au moment de la chute que les événements décrits étaient liés à sa personne, et ce même s’il n’est pas intervenu directement ! Ainsi, bien qu’on en apprenne beaucoup plus sur Nikolaï que sur un bon nombre d’autres personnages, il demeure finalement, à mon sens, le plus mystérieux, et donc le plus intéressant. Certaines histoires laissent des indices qui font douter de ses intentions ou de sa vraie nature, mais rien n’est pleinement révélé, ce qui renforce l’intérêt du lecteur pour ce personnage pourtant omniprésent dans les récits comme dans la cité elle-même. Parmi les autres personnages récurrents, j’ai adoré le duo de mercenaires composé de la flingueuse islandaise Arnrún et de son compagnon Wojtek, un guerrier dont l’âme est scellée dans le corps de l’ours responsable de sa mort ! Les dialogues entre les deux complices, qui gagnent leur vie grâce aux missions périlleuses données par le Duc lui-même, sont souvent savoureux, dans une ambiance « chasseur de primes » vraiment cool qui m’a beaucoup fait penser à des séries d’animation comme Cowboy Bebop.



Si l’humour n’est pas absent, le recueil se déroule dans une atmosphère mystérieuse et baignée de mélancolie. Les personnages principaux de chaque nouvelle sont souvent à la recherche de quelque chose, qu’il s’agisse d’un bien matériel (La Chambre d’Ambre), de l’amour (Une note d’espoir), ou bien d’accomplir une vengeance personnelle (Tempus fugit). Les événements relatés dans les récits, qui vont se dérouler dans différents lieux de Célestopol et impliqueront des personnages plus ou moins récurrents, n’auront pas toujours des conséquences bénéfiques pour les protagonistes, et j’ai souvent été surpris par certaines conclusions !



En dehors des humains (et de l’ours), la cité héberge également un certain nombre d’automates pour les tâches subalternes, à l’apparence plus ou moins humanoïde selon la fonction qu’ils occupent. La maison close « Chez Hécate », un des lieux-clés de ce recueil, est ainsi spécialisée dans ce domaine, et propose à ses clients fortunés les services de séduisantes femmes au corps synthétique parfait, programmées pour satisfaire à toutes leurs extravagances. Bien entendu, à travers ces automates, l’auteur aborde la thématique SF de la frontière entre l’intelligence artificielle et la conscience, de manière souvent très émouvante et dramatique, surtout lorsque les sentiments viennent immanquablement s’en mêler...



Dans ce premier recueil, j’ai donc découvert un univers fascinant à la croisée de la fantasy et de la science-fiction, et inspiré par l’imagerie et les écrivains du début du XXe siècle. Les thématiques abordées dans les différentes nouvelles sont nombreuses et le potentiel pour de nouvelles histoires est immense, avec plusieurs ouvertures laissées ici et là. J’ai donc été véritablement enchanté par ma lecture, et je suis impatient de revenir à Célestopol avec le nouvel opus Célestopol 1922 ! Dans ce recueil, édité le 18 mars 2021 par les éditions de l’Homme Sans Nom (+ lien), Emmanuel Chastellière présente de nouvelles histoires se déroulant à Célestopol… J’ai hâte de retrouver ses personnages intrigants et ses canaux brumeux !


Lien : https://lesaffamesdelecture...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Sarahfolledelecture
  14 mai 2021
Dirty week-end de Helen Zahavi
Bella en a marre des homme. Marre d’être épier, harceler, malmener, menacer...

Un jour, elle décide de ne plus les craindre et se rend chez un étrange voyant, Nemrod... il comprend sa peur, remarque sa fragilité et la guide.

Alors Bella ? le meurtrier ou la victime ? Le boucher ou l’agneau ? Il lui remettra sa 1ère arme...

C’est vendredi soir, le début d’un week-end qui s’annonce mortel. Elle est prête à en découdre... et c’est son pervers de voisin un peu trop voyeur qui goûtera le 1er à sa vengeance...



Un roman anglais signé Helen Zahav très sombre. Pour sa petite histoire, il est le dernier ouvrage de littérature à avoir fait l'objet d'une demande d'interdiction au Parlement de Londres, pour cause d'immoralisme...



Un récit un peu étrange mais original, plutôt violent mais pas trash...

La psychologie des personnages est très détaillée et intéressante.

La pression monte au fil des pages comme la colère de Bella.



On a toute une part de Bella en nous, surtout quand on a déjà été confronté au machisme exacerbé, aux remarques déplacées...

Quand une femme est en colère, ça peut faire mal, avec Bella c’est mortel !





+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
berni_29
  13 mai 2021
Les Fleurs d'hiver de Angélique Villeneuve
On les appelait les gueules cassés, mais ce n'était pas qu'une simple image. Fin 1916, Toussaint Caillet a été atteint à la face par un éclat d'obus à Verdun, sur le Chemin des Dames. La blessure est vilaine. Il est rapatrié au Val-de-Grâce où il y sera soigné durant plusieurs mois, presque jusqu'à la fin de la guerre.

À Paris, sa femme Jeanne est fleuriste, travaille à domicile, ses petites mains ouvrières s'agitent dans des compositions florales inouïes et colorées.

Pendant quatre ans, Jeanne affronte la solitude et l'absence de Toussaint, comme tant d'autres femmes. Il y a les couleurs des fleurs parmi la noirceur de l'attente et de la guerre au loin.

Elle savait depuis peu qu'il était au Val-de-Grâce, mais lui ne voulait pas qu'elle vienne le voir.

Puis un jour Toussaint revient, c'est le bord de l'hiver 1918, ce long hiver qui commence. Il revient avec le silence, sans les mots, sans les gestes. Sa silhouette courbée, trapue enfouie derrière une capucine, silhouette mutique qui fait peur, impressionne autant Jeanne que sa fille. Il est là de nouveau mais il tient ses êtres chers à distance.

Toussaint a encore le bruit des bombes dans sa tête, la boue des tranchées, le froid, la peur, quelque chose qui glisse sur sa peau longtemps après.

Quel gâchis la guerre ! Pour les hommes qui la font... Pour les femmes qui les attendent... Plus rien ne sera comme avant...

C'est un héros triste, silencieux, taiseux, un homme avec un trou dans ce visage dissimulé.

Sa fille Léonie dit qu'elle a deux papas, celui sur la photo accrochée au mur du salon et l'autre revenu de la guerre dont elle ne voit pas le visage.

Jeanne voudrait dénouer le bandeau du visage de Toussaint, mais il ne veut pas, non c'est trop tôt...

Après quatre ans de guerre et de séparation, il faut s'apprivoiser désormais. La guerre n'est plus l'ennemi, c'est autre chose, c'est le silence d'un visage vissé derrière un masque, un bandeau, un mur entre deux êtres qui s'aiment. Se réapprivoiser, reconstruire l'édifice de l'amour, peu à peu, pas à pas.

Les fleurs d'hiver est un roman court d'Angélique Villeneuve, ma première incursion dans l'univers de cette auteure, que je trouve sensible et délicat. Ce texte est aussi pour moi une rencontre touchée par la grâce, une écriture ciselée, intimiste, des mots poétiques à peine chuchotés. C'est une écriture qui penche vers le vivant, vers la vie, vers les fleurs, vers l'amour tout simplement. Ces fleurs d'hiver couturent les pages de ce livre comme un chemin, pansent les blessures, tandis que les gestes de tous les jours, de petites mains ouvrières leur redonnent forme et vie...

Ce roman est pour moi une rencontre avec une auteure, un véritable coup de coeur.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          4611