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l`Atelier contemporain


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lanard
  08 avril 2019
Petit glossaire de l'argot ecclésiastique de Jean Follain
L'argot est un langage que ses locuteurs ont forgé pour préserver la confidentialité des aspects les moins glorieux de leur condition commune. Celui de la pègre est bien documenté mais celui de ces hommes destinés à la sainteté est beaucoup moins connu. Cette tentative d'incursion dans le plus confidentiel des argots, par Jean Follain, laïc, non croyant (mais pratiquant tatillon sur les formes liturgiques), nous donne un tout petit aperçu d'une réalité linguistique que la fermeture du milieu où elle se pratique, empêche d'apprécier à sa juste hauteur.

La récolte ne permet qu'un petit nombre d'entrées réparties sur 18 lettres de l'alphabet. Par exemple, une seule entrée à la lettre D où figure le seul mot Diable.

L'humour ici s'essaie, par le baume du langage, d'adoucir une condition humiliée par la hiérarchie (sucer le bonbon. Baiser l'anneau épiscopal), confinée dans le célibat (Ma femme. Mon bréviaire) tout en soulignant ses ridicules vestimentaires (Le Saint étui. La soutane).
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Tortellini
  14 mars 2019
Un peintre de notre temps de John Berger
Le roman Un peintre de notre temps présente cinq années de la vie d’un peintre d’origine hongroise qui vit à Londres dans les années 50. Cet homme, nommé Janos Lavin, ne rencontre pas le succès artistique et, quand il y parvient, il disparaît.



Quelles sont les raisons qui expliquent la disparition de Janos ? C’est la raison qui pousse John, un de ses amis, à se rendre dans son atelier pour trouver des réponses, il y découvre un journal tenu par le peintre durant cinq années.



Ce journal débute lorsque Janos apprend que son ami d’enfance resté en Hongrie, Laszlo, a été exécuté. Les souvenirs du temps où habité par l’idéal révolutionnaire lorsqu’il vivait encore en Hongrie sont le point de départ de réflexions sur le rôle de l’artiste dans la société. On y découvre également le récit du quotidien de cet homme, souvent alimenté par les souvenirs de John. Les commentaires de John offrent un point de vue extérieur à certains événements racontés par Janos. Les deux voix se complètent et offrent au lecteur la possibilité d’essayer, à son tour, de reconstituer le mystère de la disparition Janos Lavin, ce peintre de son temps.



Ce texte à deux voix, bien écrit, offre une œuvre très riche sur des questions intemporelles telles que la condition de l’artiste et sur le statut d’immigré. Merci à l’Atelier contemporain d’avoir réédité ce texte, qui plus est dans une édition soignée.
Lien : https://livrestcedelanuit.wo..
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germanaud
  09 mars 2019
Du travail de Jean-Pascal Dubost




« Du travail, où l’auteur développe dans un journal de réflexion illustré de poèmes son principe du travail poétique et son opposition à la notion d’inspiration », écrit Jean-Pascal Dubost, alors qu’il cherche le titre du texte-journal en cours, ajoutant : « le lecteur approuvera, ce n’est pas convaincant ». Or, depuis longtemps lecture n’aura autant convaincu, faisant la lumière et posant des mots là où s’aventurent souvent en toute inconscience écrivains et lecteurs.

Jean-Pascal Dubost, invité en Ardèche, nous ouvre dans ce livre son atelier de création littéraire. L’objectif de ce temps de résidence est posé d’entrée de jeu : vingt « poèmes-blocs », qui seront autant de points d’ancrage, aboutissement, condensé de réflexions préalables, que balises dans la narration, et donc dans la lecture. Ces poèmes ont pour titre : « de la ponctuation », « de l’énergie », « du rythme », etc. Ils sont soulignés et accompagnés par le beau et pertinent travail de Francis Limérat, qui, lui aussi, chemine, rature, griffe la page.

En fil rouge , cette question : « d’où vous vient votre inspiration », que tout auteur s’est un jour entendu poser, que tout lecteur a un jour formulé, au moins silencieusement Jean-Pascal Dubost y revient tout au long du livre, de manière intelligente, parfois drôle, toujours éclairante.

« J’exposerai ma lutte buttée contre la notion d’inspiration ; la question est moins de savoir d’où vient l’inspiration que d’exposer clairement les moyens de la trouvure (poésie/composition littéraire/trouvaille/action de). Le poète est un trouvier ». Et l’auteur de dénouer, dérouler les processus de l’écriture poétique. « Ecrire, aller chercher sa propre présence ; ne pas attendre passivement ». Contrairement à une idée encore largement répandue, le poème n’est pas donné, il faut aller le chercher, la création va par tâtonnement, hasard, stimulation, impulsion, montage, et se trouve être le résultat d’un long et incessant travail préalable. « Je suis noué pour la poésie », écrit avec humour Jean-Pascal Dubost, qui résume ainsi le long parcours avant d’être prêt, en état de. Le poème ne résulte pas d’un don (le poète « forge dans la recherche »), mais d’un amont de labeur, de lectures, de mise en condition qui créé l’élan et la confiance, tout autant que la rature et l’absence de confiance. « Etre insatisfait du soi-écrivant donne du souffle. L’énergie du désespoir (de ne jamais atteindre la sérénité) ; qui s’amplifie ; qui s’auto-alimente ; qui se cultive ; et se fortifie ».

Nous allons donc avec l’auteur pendant ce temps de résidence, sur place d’avril à début juillet, puis de retour au lieu d’origine de juillet à janvier. Nous lisons ce qui peut être considéré comme le troisième état, celui qui fait suite au journal manuscrit, puis au blog (« journal raturé, retravaillé, nullement livré tel quel sur le blog aux yeux du cyberlecteur »), dont il est laissé trace ici et là dans le livre. Nous croisons de belles notes sur la rature (« la rature est la manifestation de la joie d’écrire »), sur les lectures nourricières (« la vraie vie est dans les livres »), ou sur la marche (« marcher pour solliciter les pensées »).

DU Travail est l’une des lectures les plus stimulantes et réjouissantes de ces derniers mois, un livre qui prendra place aux côtés de Cuisine ou de Cambouis du très regretté Antoine Emaz.





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