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Dernières critiques
TiriNoiret
  26 janvier 2022
Le nom de la rose de Umberto Eco
Que dire qui n'ait été mieux formulé sur ce bijou de livre ?



Ha ! Si, une petite liste à donner le vertige comme Umberto les aimait:

- un roman historique bien documenté

- un moyen-âge plus vrai que nature

- un roman policier bien ficelé

- une parodie sur la censure

- un travail de linguiste imminent

- une énigme à rebondissements

- un élève pas trop discipliné

- un maître à l'esprit critique développé

- une aventure initiatique

- un avant goût de Renissance

- une morale humaniste

- des parchemins à en perdre connaissance

- une bibliophilie dévorante

- des chefs d'œuvre de l'antiquité en péril

- un couvent qu'un incendie annihile

- une fin palpitante

- des pans de philosophie qui s'écroulent comme châteaux de cartes

- une aventure amoureuse qui l'élève de la voie écarte

- un livre qui finit bien, qui finit mal mais qui somme toute ne finira jamais.

- et trois ratons laveurs (oups, me suis trompé de liste !)

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uryade
  26 janvier 2022
La Fille du train de Paula Hawkins
Vraiment je me suis accrochée, j ai vraiment essayé mais rien n'y a fait... Impossible de rentrer dans l'histoire. J ai trouvé cela d'un ennui mortel et à mi parcours, j ai renoncé. Il plaira probablement à d'autres, tout est affaire de goût. Je passe mon tour.
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domi_troizarsouilles
  25 janvier 2022
Les Fils de la poussière de Arnaldur Indriðason
Voici donc le premier roman publié (en Islande dès 1997) de cet auteur islandais qui aurait été l’un des précurseurs du fameux « polar nordique » en francophonie, mais aussi l’un des derniers traduits (en 2018 !), du moins dans la série mettant en scène le policier Erlendur – série dans laquelle le troisième opus mais premier traduit en français, « La cité des jarres », semble avoir fait le succès de l’auteur. Pour moi cependant, attachée que je suis à lire les choses « dans l’ordre », c’est bien le tout premier livre de cet auteur que je lis, après même un autre livre de l’un de ses compatriotes, Ragnar Jónasson, lu très récemment aussi, cela dit.



S’ils ont l’un ou l’autre élément en commun, ils sont aussi très différents !

Ce que je retrouve dans les deux, c’est une certaine lenteur dans l’enquête, qui semble à la mesure d’un pays quand même très isolé du reste du monde (par sa position géographique), au paysage magnifique mais particulièrement hostile, et qui pratique une langue a priori aussi hermétique qu’imprononçable (même si quelques éléments germaniques plus facilement identifiables apparaissent çà et là). Ces particularités semblent avoir façonné une manière d’être, une façon de penser propres à cette île, et ajoutent une part d’insaisissable aux yeux du lecteur non-islandais.

Notons en outre que, dans un tel monde, loin de tout et sans métropole, les meurtres sont rares, c’est une constante que les deux auteurs n’ont pas manqué de relever à plusieurs reprises dans leurs livres respectifs. Ainsi, quand l’un ou l’autre crime violent survient quand même, c’est une capitale toute entière, avec ses allures de village mal dégrossi et grandi trop vite dans le béton, qui en est secouée.



Mais je ne vais pas m’attarder à relever les points communs et autres différences entre les deux auteurs !

Ici, on a en effet une enquête lente, ou plutôt deux enquêtes, sur deux morts suspectes quasi-simultanées : un meurtre (ou accident ?) et un suicide – autant dire que ce double événement est réellement très inhabituel. En outre, les deux enquêtes sont menées séparément… mais l’auteur propose d’emblée un parallèle entre les deux si bien que, sans que ce soit clairement dit, on comprend très vite que les deux vont se recouper. Or, si en théorie c’est bien la police qui chapeaute les deux parties, on a quand même une certaine distinction entre, d’un côté, le jeune trentenaire Palmi, et la police par ailleurs. Palmi vit une espèce de non-vie, sans réelle ambition (que ce soit un quelconque avenir radieux ou simplement une vie de couple ou de famille épanouie) entre sa librairie de livres d’occasion et les visites à l’hôpital psychiatrique en décrépitude où est interné son frère aîné, Daniel, nettement plus âgé et dont il n’a aucun souvenir d’enfant sain. Lorsque Daniel se suicide lors d’une visite de son jeune frère, après lui avoir tenu des propos apparemment décousus mais pas innocents, Palmi décide d’enquêter sur ce qui aurait bien pu mener son frère – qu’il craignait plus qu’il n’aimait, mais à qui il était attaché malgré tout – à un tel geste.

En parallèle, un vieil homme, Halldor, instituteur à la retraite, dont on découvrira très vite les tendances pédophiles contre lesquelles il luttait pourtant tant bien que mal, meurt dans l’incendie de sa maison, attaché à une chaise. Ce même Halldor aurait été l’instituteur de Daniel pendant quelques années, et serait venu lui rendre visite à l’hôpital quelques fois, peu avant ce double décès très suspect…



Tout part de là, donc, avec l’enquête un peu hasardeuse de Palmi d’un côté, qui apparaît comme un gentil garçon mais dont le manque d’envergure m’a quelquefois gênée – je n’accroche décidément pas à ce genre de personnage un peu trop « pâle » ; et d’un autre côté, l’enquête plus officielle et très policière à propos de l’incendie qui a tué Halldor, par le duo composé d’Erlendur, policier d’un certain âge (jamais mentionné il me semble, cependant), sûr de lui et de ses succès passés, mais attaché au terrain et refusant la langue de bois au point d’avoir été dépassé dans la hiérarchie par des collègues moins brillants mais plus proches du politique, et de son jeune collègue Sigurdur Oli, formé aux États-Unis et très sensible aux apparences – le complet opposé au précédent, et ils ne manquent pas de se confronter au quotidien, tout en étant en quelque sorte complémentaires. Ils mènent donc leur enquête d’une façon très classique, comme on retrouverait dans n’importe quel roman policier de n’importe quelle nationalité, avec cependant cette lenteur soulevée plus haut, une espèce de flegme, ce détachement qui rend l’enquête assez peu palpitante.



À vrai dire, et aussi improbable que ça puisse paraître au vu de la façon dont l’auteur envisage ses personnages, c’est vraiment Palmi qui ressort comme le personnage principal de ce roman : c’est lui qui va de découverte en découverte, qui fait le lien entre les deux « affaires », qui se mettra peut-être même en danger, tandis que les policiers semblent toujours avoir une longueur de retard… ce qui par ailleurs ne semble pas les déranger un seul instant. On n’a pas cette pression venant « d’en haut » - d’un commissaire mal embouché ou d’un quelconque ministre – comme on a dans tant et tant de policiers français, même si on retrouve bien l’une ou l’autre scène qui s’en rapproche, comme si l’auteur avait voulu faire bonne mesure mais sans en être convaincu lui-même. Plus improbable encore : Palmi partage ses avancées avec la police plus ou moins au fur et à mesure de ses propres découvertes, parfois en gardant volontairement sa longueur d’avance, mais alors sans arrière-pensée apparente, et cette « collaboration » entre celui qui n’est rien d’autre qu’un personnage fade et par hasard le frère d’une victime, et les forces de l’ordre bien entraînées, semble tout à fait normale et acceptée par la police sans aucun souci…

Une telle collaboration est quand même assez incroyable, non ? Il est difficile de dire si cette interférence civile dans une enquête policière pour meurtre, chose si rare là-bas, est typique de cette société islandaise où tout le monde se tutoie sauf un couple de personnes âgées un peu pète-sec grâce à qui on apprend indirectement que le vouvoiement existe bel et bien dans la langue islandaise, mais semble avoir presque complètement disparu des mœurs de l’île, à (presque) tous les niveaux, ou si l’auteur n’en a cure et a juste créé son histoire à double enquête sans tenir compte des réalités, mais disons dans tous les cas que ça surprend. Pour ma part, je m’attendais à tout moment à ce qu’Erlendur, ou plus probablement Sigurdur Oli, remette Palmi « à sa place » et lui interdise de continuer à prendre des risques… mais non, cela n’arrive jamais, jusqu’à la scène finale où tout le monde est rassemblé et que ça semble tout à fait « normal » !

Certes, tout cela donne une image très humaine à cette palette de personnages, mais est-ce que ça suffit vraiment à faire un bon polar ?...



À côté de cette double enquête, caractérisée donc par sa lenteur et son improbable double entrée, on a quand même, de façon très légère certes mais ça augmente insidieusement, une certaine tension, à travers quelques chapitres quelque peu mystérieux, plus courts que les autres, insérés çà et là sans ordre logique apparent. Ils ne suffisent certes pas à donner du peps à l’ensemble, mais ils entretiennent malgré tout un certain suspense, qui va même s’accentuer en prenant forme peu à peu. En effet, ces quelques chapitres retracent essentiellement des conversations téléphonique entre deux personnages dont on ne sait rien au départ, mais qui eux semblent détenir la clé de toute cette affaire.

Une affaire qui, par ailleurs, touche à des sujets extrêmement sensibles et qui, s’ils sont passés, posent question jusqu’à aujourd’hui. Il est question de ces « classes de cancres », créées en Islande dans les années 1960, ces classes où l’on parquait les enfants moins aptes à suivre une scolarité « normale », sous le prétexte alors mis en exergue de permettre à tous les autres d’avancer raisonnablement dans les différentes matières enseignées – on sait que de telles classes accentuaient bien davantage une différence de niveau social qu’une réelle différenciation dans les capacités d’apprentissage de chacun, système qui a largement existé ailleurs qu’en Islande, de façon plus ou moins criante. Je sais qu’en Belgique nous avions l’enseignement dit « spécial », vers lequel on dirigeait presque systématiquement les enfants « à problèmes », quels que soient lesdits problèmes…

Ça parle aussi, sans vouloir divulgâcher, d’essais pharmaceutiques secrets car potentiellement très controversés, dans lesquels on mêle une riche et puissante famille allemande qui serait à la base de tout cela, à travers ses rejetons islandais… comme si l’auteur avait eu besoin de rejeter « la faute » sur une nation qu’il estimait plus susceptible de commettre de telles atrocités, et ainsi dédouaner son pays ? Ce procédé m’a paru quelque peu grossier, même s’il a quelque chose de plausible. Et cela va jusqu’au coup de théâtre final où, moi lectrice pourtant habituée des polars, je suis restée bouche bée quand j’ai compris de quoi il s’agissait réellement ! Bouche bée mais pas convaincue, car on flirte alors avec la science-fiction, c’est d’ailleurs la vraie réelle originalité de ce livre… mais tellement inattendue et bizarroïde dans un polar aussi classique tout du long que ça sonne bien un peu faux. On s’attendait certes à un coup de théâtre assez « lourd », mais là on a surtout l’impression que l’auteur s’est quelque peu perdu dans un certain délire.



Ainsi, ce que je retiens de ce livre n’est pas un éblouissement face à une nouvelle façon d’envisager le polar : non, je ne peux pas dire que ce roman m’ait tout à coup exaltée en faveur de ces fameux « polars nordiques » qui connaissent un tel succès depuis plusieurs années. En réalité, ça me donne plutôt l’impression que tous les criminels du monde se ressemblent peu ou prou, et la façon de les coincer relève partout de ce même mélange de points de vue différents (professionnels ou non), de l’entêtement de certains à faire éclater la vérité coûte que coûte, et d’une certaine part de chance et/ou de hasard pour enrober l’ensemble.

En revanche, on est indéniablement entraîné dans un pays, une culture, une langue même qu’on connaît très peu ; dans une ambiance froide et bien un peu mystérieuse qui se traîne dans l’air ambiant, sans se presser (à l’image de nos policiers), comme un brouillard sur ces landes glacées qu’on a tout à coup envie de mieux connaître.

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