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kielosa
  12 août 2019
Je n'étais qu'une enfant de Corinne Antorel
C'est en lisant et préparant une critique de l'ouvrage de Sohaila Abdulali sur le viol, que je suis tombé sur le billet de "antorelcorinne" du livre de Samira Bellil "Dans l'enfer des tournantes" et ainsi sur le propre témoignage de Corinne Antorel elle-même "Je n'étais qu'une enfant".



Notre amie sur Babelio est née en 1961 dans l'Aisne, s'est mariée relativement jeune d'amour et a eu 3 enfants : Ambre en 1986, Gaëlle en 1988 et un fils, Florian, en 1994. Elle est esthéticienne de formation. Et a eu une chance inouïe de tomber sur l'oiseau rare comme mari. Voilà pour les "faits" de sa vie.



Le psychanalyste franco-libanais, Nazir Hamad, qui a écrit une brève mais remarquable préface à son ouvrage la termine avec une conclusion que nous pouvons tous, je présume, souscrire sans la moindre hésitation. Il note, en effet (à la page 13) : "L'auteur mérite notre respect pour le témoignage qu'elle donne et surtout pour la qualité de réflexion qu'elle suscite chez le lecteur."



Notre amie donne l'impression de regretter que son ouvrage ne soit pas littéraire. Je crois qu'elle a tort, sa langue est très claire, précise et parfois même recherchée. N'oublions pas non plus que Corinne Antorel n'a pas fait des hautes études et que de toute façon son oeuvre est avant tout un témoignage et que pour ce genre de livres la qualité première est l'honnêteté plus que les trouvailles de style et sur ce point elle ne doit craindre personne. J'ai rarement lu un témoignage personnel plus honnête et authentique. J'admire son courage d'admettre certains faits qui ne soient pas évidents pour un être humain : chez elle, point d'embellissements, de faux-fuyants et d'auto-illusions sophistiqués. Je lui tire ma révérence et regrette que personne n'ait daigné laisser une critique de son ouvrage, sorti il y a quand même déjà 6 ans.



Outre la préface du psy, le livre comporte un prologue, un épilogue et 9 chapitres et compte en tout 265 pages.



En découvrant et lisant son ouvrage, j'ai eu des doutes sur l'opportunité d'en faire une critique, vu le caractère particulier du livre. Je lui ai envoyé 2 messages, stipulant que j'ai l'habitude de chroniquer les ouvrages lus, surtout ceux des babéliotes, mais que si elle préférait oublier que je comprendrais bien sûr et respecterais son choix. Le problème est que l'auteure n'est que très rarement sur notre site et que je ne souhaite pas ouvrir un compte sur Facebook pour la contacter. En ayant référé avec une très bonne amie de Marseille, je pense aussi qu'une chronique bien-intentionnée ne ferait aucun tort ni à l'ouvrage, ni à son auteure.



Le suicide étrange du milliardaire Jeffrey Epstein dans sa cellule de prison à New York, le 10 août dernier, a provoqué de graves remous, mais plutôt politiques, ce qui est bien dommage. Car, le fait qu'il ait été un bon pote du Donald et Melania Trump, ainsi que du fils de la reine Elisabeth II, le prince Andrew, est une chose, qu'il avait un faible pour les mineures depuis belle lurette sans être pour autant pendant longtemps juridiquement inquiété, en est une autre.

En d'autres mots, le fléau de la pédophilie est d'actualité, ce qui est bien entendu dommage, mais d'un autre côté positif puisque ce problème se heurte hélas trop souvent au silence et donc au détriment des victimes.



Honnêtement, je dois dire que la lecture de cet ouvrage ne constitue pas une partie de plaisir. Corinne Antorel nous entraîne dans les méandres ou peut-être conviendrait-il mieux d'écrire l'enfer du désespoir, d'insomnie maladive, d'affectations psychosomatiques (telle la chute des cheveux en plaques) et finalement la séduction du suicide. Bref, un glissement progressif dans l'horreur.



Les malheurs de l'auteure trouvent leur origine dans un abus sexuel lorsqu'elle n'était qu'une enfant de 5 ans.

Si le livre n'a rien d'exhibitionnisme, il décrit la variété et l'ampleur des turpitudes psychologiques qui peuvent en découler pour la victime à court, moyen et même à long terme. En l'occurrence, chez notre amie jusqu'à ses 42 ans et jusqu'à sa guérison grâce à l'aide et au soutien d'un psychothérapeute patient et compétent.



Dans sa conclusion, Corinne Antorel plaide pour que les crimes contre l'enfance soient imprescriptibles et elle rejoint sur ce point la revendication des organisations et associations d'aide à l'enfant.



Je termine mon billet par la citation du terrible poème de notre Corinne (à la page 186) :

" Il a volé mon enfance

Piétiné mon insouciance

Il a en toute indécence

Anéanti mon innocence

Il m'a sacrifiée en toute impunité

Sur l'autel de la perversité.... "

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Lesbookdreameuses
  03 mars 2019
Les petits yeux étoilés de Bruno Madelaine
 Comment vous parler de ce livre? Tel est la question. Ce livre est époustouflant. j'ai pris une magnifique gifle avec cet ouvrage.  Ce livre m'a ouvert les yeux sur le quotidien d'une personne handicapé. J'avoue avoir ma propre manière de penser. Moi les cases de la société je m'en fiche royalement! On m'a longtemps mise dans certaines cases et on continue encore, mais je m'en moque ouvertement. Malheureusement  c'est aussi le cas de Simon. La société la catalogué.  Simon nous ouvre les yeux sur son combat au quotidien. On découvre celui ci avec une touche d'humour mais aussi et surtout une touche de chagrin.  J'ai versé plus d'une larmes avec cette histoire qui prend aux tripes.



Cet ouvrage touchera obligatoirement son lecteur. Entre l'histoire poignante et la plume de l'auteur, on se prend un ras de marée émotionnel.  Simon est très attachant, quand la fin du livre arrive on a pas envie de le quitter, on veut une suite savoir comment se déroule le reste de sa vie.  



Pour ma part je pense que ce livre devrait être lu par un maximum de personne. Il pourrait changer le regard du monde sur le handicap, et honnêtement notre société en aurait bien besoin.



Merci infiniment à l'auteur pour cette sublime découverte qui à laisser une marque au fer rouge dans mon esprit. J'avais déjà une assez grande ouverture d'esprit mais je pense que l'auteur aura rester à la faire grandir encore plus avec son ouvrage. Merci beaucoup pour tout.



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gabrielleviszs
  17 janvier 2019
Les petits yeux étoilés de Bruno Madelaine
Par le biais du site simplement, j'ai eu la demande de l'auteur de découvrir ce livre, écrit avec une partie du vécu de l'auteur et un peu plus. tout cela est bien expliqué avant la lecture du récit. Je remercie Bruno Madeleine pour cette lecture.



Simon a 18 ans, écrit ses pensées dans de petits carnets depuis très longtemps. Son handicap dû au syndrome de William et Beuren ne lui facilite pas la vie. Il va à l'école dite normale, avec des lycéens afin de continuer sa scolarité dans un contexte "normal". La normalité, un mot qui contente ceux qui en ont besoin, pourtant si tout le monde est pareil, nous nous ennuierons non ? Rentrer dans le moule, faire comme tout le monde, c'est tout ce que Simon ne fait pas et n'a pas vraiment envie de faire. Il a une vision du monde qui me plaît. Pour un enfant qui a un handicap, il a une réflexion très profonde que certains n'ont pas.



Il y a de nombreuses difficultés a surmonter autant pour Simon que pour sa famille. Il a un léger retard sur certaines choses, comme l'apprentissage de la marche par exemple qui a mis beaucoup plus de temps. Il n'a pas non plus été propre à l'âge que la plupart des enfants peuvent avoir et alors ? Il apprend à son rythme avec les données qu'il a et il se débrouille plutôt bien. Bien entendu comme pour chaque enfant il y a des hauts et des bas, mais ce syndrome fait en sorte que Simon (et tous les enfants qui l'ont) garde une certaine joie de vivre. Les petits yeux étoilés sont un "garant" de ce syndrome. c'est beau, c'est même surement magnifique à regarder et c'est grâce à cela qu'un médecin peut savoir s'il y a un manque ou non dans les chromosomes.



La rencontre de Simon avec Juliette, lycéenne dans la même classe va lui permettre de parler de ce qu'il est, du pourquoi il n'est pas comme les autres. Cette différence les lies d'une forte amitié. L'un comme l'autre, ils vont échanger, grâce aux petits carnets de Simon, mais aussi de ce qu'ils ressentent. Comprendre ce qui est différent est un premier pas pour un avenir "commun", pour s'apprécier, pour mieux "voir" l'autre.



L'humour est très présent, pour dédramatiser le récit qui ne doit pas être drôle à vivre au jour le jour. Il faut avoir une sacrée dose de courage dans ces cas. Par chance, Simon n'a pas un "handicap" très important, je dirais même que les "abrutis" sont beaucoup plus handicapés que lui, mais passons. Il existe une multitude de soucis d'ordre génétique bien plus lourd que ce que nous découvrons ici. Je ne connaissais pas du tout cette maladie et encore moins le notube. Une fois ma lecture terminée, je suis allée voir afin d'en savoir un peu plus à ce sujet. Rien n'est simple, rien n'est difficile, il faut juste remonter les manches et prendre une bonne bouffée d'air. C'est le cas de la famille de Simon dont je n'ai pas encore parler. Ses parents sont présents, tout comme son grand frère. Ils sont tous à l'écoute de Simon et se battent pour lui, même si ce dernier y arrive très bien. En contrepartie de cet humour, il y a aussi les mauvais côtés, tel que la méchanceté gratuite. Il faut entrer dans le moule, sauf que je suis une adepte du j'menfoutismejefaiscequejeveux ! Je ne ferais pas un cours sur notre société, cela ne sert à rien.



Ce qui m'a quelque peu gêné c'est le fait que Simon raconte sa vie à sa naissance dans ses petits carnets. Voire même avant, dans le ventre de sa maman où il se serait amusé avec ses gênes. D'accord c'est plutôt "drôle" à lire mais j'avoue que ce passage ainsi que d'autres m'ont fait tiquer. C'est une manière de voir de l'auteur d'écrire de cette façon et ainsi d'apporter les éléments importants. Par contre ce sont des passages qui montrent l'ampleur de l'esprit de Simon. Un autre point que je n'aime pas, le vouvoiement dans le texte. Je ne suis pas du tout adepte de cette technique d’entrainer le lecteur. L'utiliser avec parcimonie, je ne suis pas contre, mais autant je ne peux pas. (tout comme le tutoiement dans un texte) Cela me fait reculer et non entrer dans l'histoire.



C'est un récit qui apporte des explications sur un type de handicap, avec ses contraintes, ses habitudes, ses façons d'être. Suivre Simon est un vrai plaisir des yeux, surtout avec sa joie de vivre. L'épilogue donne une belle leçon de vie (comme une bonne partie du livre que j'aie tu volontairement). Beaucoup de sentiments bons ou non, de bagarres pour obtenir un droit durement gagné. Une histoire qui fait réfléchir sur notre société et la place de chacun, car on a tous le droit d'être là. Le handicap n'est pas forcément celui que l'on croit.



http://chroniqueslivresques.eklablog.com/les-petits-yeux-etoiles-bruno-madelaine-a158383234
Lien : http://chroniqueslivresques...
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