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Nicolas Chaudun


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ChryseiaVonSourde
  01 septembre 2018
Ultra blonde : Mae West, Jayne Mansfield, Kim Novak, Carroll Baker de Didier Grandsart
En mai 1933, la magazine Cinémonde organisait un concours, en partenariat avec la MGM. Son objet : élire la plus belle «blonde» de Paris, et l’envoyer en fanfare aux États-Unis pour rencontrer la déjà légendaire platinum blonde, l’actrice Jean Harlow. Ravissante, espiègle, spirituelle, celle-ci mourrait quatre ans plus tard, âgée de 26 ans seulement, après avoir tourné bien des films et être devenue un authentique sex-symbol, source d’inspiration pour de nombreuses femmes (Marilyn Monroe, Jayne Mansfield, ou plus récemment Madonna, ont affirmé leur admiration pour cette actrice). Mais ce n’est pas de Jean Harlow que parle ce livre ‒ même si, bien sûr, elle est évoquée à plusieurs reprises au fil des pages. Plus surprenant peut-être, il n’est pas non plus question de Marilyn Monroe, qui incarne pourtant, dans l’imaginaire collectif, LA blonde du XXe siècle.



L’auteur a choisi, parmi la foule de blondes qui ont illuminé le firmament cinématographique du siècle dernier, quatre femmes, quatre existences qui lui étaient particulièrement chères : Mae West (1893-1980), Jayne Mansfield (1933-1967), Kim Novak (1933) et Carroll Baker (1932).



La première, qui défraya la chronique par son impertinence, son indépendance, son talent aussi, a protégé sa vie privée. Elle s’engageait sur les planches (par exemple, avec ses pièces Sex et The Drag, à la fin des années 1920) ou devant les caméras (citons Lady Lou, en 1933), écrivait des textes qu’elle jouait ensuite. Défendant les minorités et fustigeant les inégalités autant que la discrimination, pourfendant la morale puritaine, elle s’attira les foudres de la censure et des ligues bien-pensantes. Le magnat de la presse William R. Hearst, par exemple, lui livra une guerre sans merci. Cela ne l’empêcha pas de poursuivre une longue carrière, au théâtre et même dans les night-clubs où, vieille déjà, elle chante entourée de beaux jeunes gens musculeux et peu vêtus. Ce n’est donc pas une surprise si cette femme libre renoue avec le 7e art à l’occasion de son rôle dans l’étrange Myra Breckinridge (1970), film qui explore les méandres de l’identité sexuelle, de la transsexualité et malmène allègrement le modèle viril américain.



Deuxième venue dans le livre, Jayne Mansfield, dont on se rappelle surtout la poitrine généreuse et le physique avantageux. Ce n’est pas un hasard : Jayne a tout fait pour être médiatisée grâce à son apparence. Pourtant, elle n’était pas un corps dénué d’âme, encore moins une poupée sans talent. Mariée et mère à 17 ans, elle veut depuis toute petite être actrice. Mais la concurrence est rude. Pour percer, elle met elle-même en scène ses débuts en misant sur son sex-appeal. Et cela fonctionne. Elle obtient de petits rôles, joue à Broadway, se taille un beau succès auprès du public. La presse la suit partout et elle en profite. On regarde aujourd’hui avec un sourire toutes ces photos, seins en avant et ventre rentré. Courtisée par Hollywood qui flaire son potentiel de star (c’est l’époque où l’on cherche une rivale à Marilyn), elle établit rapidement son personnage de blonde écervelée et amusante. Elle est ainsi parfaite dans La Blonde et moi (1956), de Billy Wilder. Le public la suit moins quand elle aborde des rôles plus dramatiques, comme l’année suivante dans Les Naufragés de l’autocar, d’après le roman de Steinbeck. Mariée à un M. Univers (si si) en 1955, Jayne conjugue carrière et vie de famille. Elle aura en tout cinq enfants (tout en conservant un corps de sirène) de trois mariages différents. Indépendante, elle tente de gérer seule sa carrière à compter de 1959, mais ce n’est pas une réussite. La presse et le public continuent cependant de la suivre à la trace et de se délecter de chacune de ses apparitions. Hélas, sa vie privée entame une spirale descendante : alcool, violences domestiques, déceptions à répétition… et puis l’accident fatal, en 1967. Jayne meurt à 34 ans et entre dans la légende hollywoodienne.



Née la même année que Jayne, Kim Novak (dont le vrai prénom était Marilyn !) commence elle aussi sa carrière très jeune, et dès 1954, elle enchaîne les films. Les studios entreprennent (évidemment) d’en faire une énième rivale de Marilyn Monroe. Chaque photo affirme son érotisme mâtiné de douceur. Les réalisateurs, parfois très bons, lui confient des rôles souvent intéressants, qui lui permettent d’être remarquée. Lors de sa troisième collaboration avec George Sidney (La Blonde ou la Rousse, 1957), elle joue aux côtés de Frank Sinatra et Rita Hayworth. Mais c’est Sueurs froides, tourné juste après, qui la fait entrer au panthéon du cinéma. Hitchcock n’aime pas Kim Novak et ne manque pas une occasion de le faire savoir (il avait d’ailleurs choisi Vera Miles pour le rôle principal féminin, mais elle était tombée enceinte peu avant le tournage). Pourtant, l’actrice est parfaite dans le rôle de Madeleine/Judy, et son interprétation fait beaucoup pour le film. Très active dans les années 1960 (elle joue notamment dans Embrasse-moi, idiot ! en 1964, ou Le Démon des femmes de Robert Aldrich, en 1968), Kim Novak apparaît aussi beaucoup dans la presse, qui se délecte de tout ce qui touche à sa vie amoureuse. Le déclin professionnel s’amorce néanmoins, et elle ne connaîtra plus le succès éblouissant de Sueurs froides. Le cinéma, qui reflète en cela la société, préfère décidément la blondeur jeune, voire très jeune.



Carroll Baker conclut la série de ces ultra-blondes. Après des débuts marqués par un viol et des déceptions à Hollywood, la jeune femme, décidée et indépendante, suit les cours de l’Actors Studio de Lee Strasberg, à New York. Là, elle se lie avec divers acteurs, dont James Dean, grâce à qui elle obtient un rôle dans Géant (teinte en brune, elle joue la fille d’Elizabeth Taylor, d’un an plus jeune qu’elle dans la réalité ! Magie du cinéma). Mais le succès, éclatant, lui vient après sa prestation éblouissante dans Baby Doll, d’Elia Kazan, d’après Tennessee Williams. Préférée pour ce rôle à Miss Monroe elle-même (plus âgée, il est vrai), elle devient pour le public l’incarnation absolue de cette poupée de chair au cœur d’un drame mêlant humiliation, sexualité frustrée et séduction juvénile. Exigeante, l’actrice ne trouve guère de rôles à sa mesure dans les années qui suivent. On veut la cantonner au même type de personnage. Après une période très difficile, elle renoue toutefois avec le succès, et interprète notamment, en 1964, la mère de toutes les blondes platines, dans le film Harlow de Joe Levine. Carroll Baker a travaillé jusque dans les années 1990, au cinéma puis à la télévision, mais sa gloire, en Europe du moins, a pâli rapidement, à l’instar de celle de Kim Novak.



Ce sont ces quatre destins que présente l’ouvrage, sommairement. Qui veut en savoir plus devra lire les biographies recensées en fin de volume. L’intérêt du livre réside surtout dans l’iconographie, assez riche et originale. Dans une maquette agréable et pop, qui attribue à chaque «blonde» sa couleur de police, le lecteur voit défiler des portraits promotionnels émanant des studios, des pages de magazines, des photos prises lors des tournages. Ces clichés, qui soulignent la fascination exercée par ces jolies blondes sur le public (encore que Mae West, qui n’était pas à proprement parler jolie, a séduit par son esprit au moins autant que par son apparence – elle détonne un peu, en ce sens, par rapport aux trois autres actrices présentées dans ces pages). On observe leur évolution, et surtout on touche du doigt leur transformation en icônes, au sens propre.



Le XXe siècle a indubitablement été, en Occident, celui de la femme blonde, d’une blondeur le plus souvent artificielle et poussée à l’extrême. Le magnétisme durable exercé par ces chevelures artificielles et les beautés qui les arboraient, à l’écran et sur papier glacé, n’a pas disparu. Didier Grandsart n’aborde pas vraiment la question tant esthétique que sociologique (et psychanalytique, peut-être ?) de la blondeur, mais il nous offre une exquise promenade dans un monde glamour et souvent cruel, où la femme, quelque belle et envoûtante qu’elle soit, ne saurait être réduite à un simple objet.
Lien : https://litteraemeae.wordpre..
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belaval
  13 juillet 2018
L'album vert de Marie Desplechin
Marie Desplechin ouvre enfin l'album photos que sa grand-mère lui a laissé. A travers des photos, elle interroge le passé et tente de reconnaître les nombreux membres de sa famille.

Elle se rend compte de toutes les questions qu'elle n'a pas posées à temps.
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MonCharivariLitteraire
  12 juillet 2018
Traits de génie : La collection Wicar ; Ernest Pignon-Ernest de Cordélia Hattori


superbe catalogue de l'exposition traits de Génie de Lille mettant en avant les dessins de la collection Wicar. Le livre est magnifique, sur du très beau papier mettant les dessins en avant. il y de superbes feuilles d'artistes connus et moins connus.

Le livre parle essentiellement de la collection et de son auteur, sa vie, les notions de collection de l'époque... Mon seul regret est qu'il n'y ait que très peu de commentaire des œuvres elles mêmes qui sont l'objet de mon intérêt.

Je recommande aussi l'envers du livre dédié à Ernest Pignon Ernest. Il parle avec talent de son œuvre et des dessins. Son discours sur l'art est passionnant et à l'art. Enfin, le catalogue parle d'ART!
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