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kielosa
  18 août 2019
Amants et voleurs de Tristan Bernard
L'ouvrage du grand maître Tristan Bernard a été publié en 1910. La version filmée est plus récente, de 1935. Le film a été réalisé par Raymond Bernard, son fils, avec 2 monstres sacrés dans les rôles principaux : la terrible Arletty (Léonie Bathiat 1898-1992) et l'inoubliable Michel Simon (1895-1975).



Dans une lettre à son ami, le romancier et scénariste Romain Coolus (en fait, René Max Weill 1868-1952), il a écrit qu'initialement il voulait donner à ce livre le titre de : " Héros misérables et bandits à la manque", mais que c'était un peu long, alors...



Tristan Bernard lui-même a vécu de 1866 à 1947, pour arriver au bel âge de 81 ans.

Récemment, j'ai repris (en citation) une phrase qui résume bien le bonhomme. En septembre 1943, la Gestapo arrêtait lui et son épouse, qui se mit à pleurer. "Pourquoi tu pleures ? Jusqu'à présent nous avons vécu dans la peur, à partir de maintenant nous allons vivre dans l'espoir !" C'est entre autres grâce à Arletty et Sacha Guitry que le mois suivant, ils furent libérés. Son petit-fils a été moins chanceux, il fut arrêté comme résistant et est mort dans le camp de Mauthausen. Lorsqu'on disait à Tristan que comme Juif il devait faire gaffe aux SS, une de ses répliques était : "Je suis dans le Petit Larousse et on n'arrête pas quelqu'un qui est dans le Petit Larousse".



L'ouvrage, qui compte un peu plus de 250 pages, contient 15 nouvelles de longueur différentes et quelques illustrations pittoresques. La première "En casque et sabre" est la plus longue (60 pages), les autres voisinent de 10 pages.

En guise d'introduction et présentation de l'artiste, il y a quelques brefs passages significatifs de la biographie publiée par son fils, et le frère de Raymond, le dramaturge Jean-Jacques Bernard (1888-1972), "Mon père Tristan Bernard" de 1955. Des notes du fils il ressort clairement que derrière la figure publique, célèbre et populaire, vivait un homme très humain.



Il ne m'arriverait jamais à l'idée de critiquer Tristan Bernard, cela relèverait pour ainsi dire à de la lèse-majesté, mais l'honnêteté m'oblige à indiquer que ses nouvelles parlent d'un temps que les moins de 75 ans ne peuvent pas connaître et des problèmes et situations qui manquent légèrement d'actualité. Et pour être tout à fait franc, certaines des nouvelles ont vieilli.



Ne vous laissez pas vous décourager pour autant, car il y a bien sûr le style et le langage inimitables de ce phénomène des lettres françaises. Un petit exemple parmi tant d'autres. "Je m'embête d'être encore sans le sou, encore et toujours. Voilà un an que je suis, chaque matin, à la veille d'être riche..." (page 165). Et que pensez-vous de son extrême sagesse : "Quand on a été mufle, ça ne se raccomode pas, et on s'en repent toujours." (page 153).



Dans la préface de l'édition d'Albin Michel de 1975, il est dit que Tristan Bernard est considéré comme le plus grand humoriste français "ex aequo avec Alphonse Allais" (1854-1905). Personnellement, je n'en vois pas d'autres de cette époque et de ce gabarit. Allais est le père spirituel de la fameuse boutade : "Une fois qu'on a passé les bornes, il n'y a plus de limites". Tout au début de mon débarquement sur Babelio, j'avais mis dans la rubrique citations une phrase d'Allais qui me fera toujours rire : "Il était normand par sa mère et breton par un ami de son père".



Pour terminer je cite une phrase à laquelle seul Tristan Bernard pouvait penser : "Victor Hugo et moi sommes nés tous les 2 dans la ville de Besançon, tous les 2 dans la Grand-Rue, lui au 138, moi, plus modestement, au 23."

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antigoneCH
  16 août 2019
Les innocentes, ou La sagesse des femmes de Anna de Noailles
C’est un coup de coeur un peu particulier que je vous présente aujourd’hui… Souvenez-vous, lors de la session 2019 du baccalauréat, les élèves de première ES et S ont planché sur la poésie. Suite au corpus du texte où plusieurs poèmes étaient présentés (dont La vie profonde d’Anna de Noailles, et un poème d’Andrée Chédid), les candidats ont ensuite eu le choix entre le commentaire, la dissertation et l’invention. Le sujet demandait de commenter le poème d’Andrée Chédid. La dissertation s’appuyait elle sur le dernier vers d’Anna de Noailles “Avoir l’âme qui rêve, au bord du monde assise…” et devait répondre à la question suivante : « pensez-vous que ce vers puisse définir l’attitude du poète face au monde ? ». Les élèves ont été déstabilisés par ces poétesses inconnues d’eux et ont d’ailleurs cru qu’Andrée Chédid était un homme. Or, depuis que je possède un recueil de poésies du XXème siècle (Gallimard), La vie profonde d’Anna de Noailles est mon poème préféré entre tous. Mais je ne connaissais rien, jusqu’à la lecture de ce recueil de nouvelles que je vous présente aujourd’hui (formidablement documenté en préface et postface), de la femme qu’était en réalité Anna de Noailles. Et qu’elle n’a pas été ma surprise de constater qu’elle a côtoyé les plus grands, qu’elle a été une poétesse publiquement reconnue de son vivant, alors qu’elle sombre aujourd’hui dans l’oubli. Cette femme, pourtant, à la vie à la fois hautement romanesque, ambitieuse et délicate, féministe, mériterait bien plus d’attention. Née en 1876, Anna épouse à l’âge de 19 ans le comte Mathieu de Noailles dont elle aura un fils. Mais, Anna de Noailles fut surtout une muse et une grande amoureuse. Au début du XXème siècle, elle attire chez elle l’élite intellectuelle, littéraire et artistique de l’époque (Edmond Rostand, Paul Claudel, Colette, André Gide, Maurice Barrès, Robert de Montesquiou, Paul Valéry, Jean Cocteau, Pierre loti, etc…) Elle crée avec d’autres femmes, en 1904, le prix « Vie Heureuse », qui deviendra en 1922 le prix Fémina. Elle fut la première femme commandeur de la Légion d’honneur. En 1920, son premier recueil de poèmes (Le Cœur innombrable) est couronné par l’Académie française. En 1921, elle en reçoit le Grand prix de littérature. Plus tard, l’Académie française créera d’ailleurs un prix en son honneur. On ne peut donc pas dire qu’Anna de Noailles soit véritablement une inconnue. Mais alors pourquoi n’est-elle pas étudiée ? Est-ce parce que sa poésie traite principalement de nature, d’amour et d’éphémère ? Anna de Noailles était pourtant une femme résolument moderne. Et c’est ce qui m’a marqué dans ce recueil de nouvelles, qu’elle a publié à 47 ans, et dont j’ai eu envie de retenir de nombreux passages, passionnés, grandioses, et peut-être un peu grandiloquents, mais surtout plein de lucidité sur l’amour. Voici en effet quatorze variations sur les relations amoureuses (jalousies, tromperies, intérêts et indifférences), via lettres « jamais envoyées » et historiettes « entendues de sources sûres », qui sont autant de déclarations à l’homme qui lira peut-être un jour ce livre… Je vous préviens, c’est un peu désuet, sentimental, poétique, certains diront sans doute affreusement classique, mais moi je me suis délicieusement régalée.
Lien : https://leslecturesdantigone..
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mika07
  12 août 2019
L'Ingénu de Voltaire
Conte philosophique et véritable satire de la France de Louis XIV dans laquelle le pouvoir politique et religieux dominant feint de suivre et proclamer de nobles principes altruistes et une morale stricte alors que ses actions ne sont qu'abus, iniquité et ambitions personnelles. La providence voulue que le principal protagoniste, figure de l ingénu, débarque dans ce monde pour d abord en appréhender et subir les codes jusqu' à l enfermement. Il s en libérera ensuite par l apprentissage et le savoir philosophiques et grâce à la pugnacité et à la vertu de son amante qui, ironie de l histoire, se perdra elle-même dans cette délivrance.
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