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3.86/5 (sur 1954 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Belmont (Doubs) , le 22/01/1882
Mort(e) à : Fresnes-en-Woëvre , le 08/04/1915
Biographie :

Louis Pergaud est originaire de Belmont (Doubs), en Franche-Comté. Son père, Élie Pergaud, y est instituteur paroissien depuis 1877.
Il suit les traces de son père au moment de choisir son métier : après une préparation à Besançon, en juillet 1898, Louis Pergaud, âgé de seize ans, dont le travail est excellent, présente le concours d’entrée à l’École normale et il est reçu premier. Après 3 ans d'études acharnées dans cette école, il en sort, le 30 juillet 1901, troisième de sa promotion. Il est nommé enseignant à Durnes (Doubs), son premier poste, pour la rentrée d’octobre 1901. Il se retrouve orphelin à 18 ans, en 1900 son père et sa mère étant décédés à Fallerans à un mois d'intervalle (le 20 février et le 21 mars). En 1903, il épouse Marthe Caffot, institutrice à La Barèche, un village voisin.
En avril 1904 Pergaud avec l'aide d'un ami poète, Léon Deubel, fait paraître son premier recueil de poésies, L’Aube.
En 1905, lors de la séparation de l'Église et de l'État, Pergaud est muté à Landresse, toujours dans le Doubs.
Pergaud travaille à Paris comme clerc puis comme maître d'école, consacrant tout le temps qu'il peut à sa plus grande passion : l'écriture.
Sa première publication en prose parait dans le Mercure de France en 1910, le recueil de ces nouvelles s'intitule De Goupil à Margot (Prix Goncourt 1910). En 1911 sort son deuxième recueil de nouvelles sur le thème des animaux, dont La Revanche du corbeau.En 1912 il écrit La Guerre des boutons, roman de ma douzième année Ferry, etc. En 1913 paraît Le Roman de Miraut, chien de chasse.
En août 1914, Louis Pergaud est mobilisé dans l'armée française comme sous-lieutenant au 166e régiment d'infanterie cantonné à Verdun. Il sert en Lorraine sur le front Ouest, pendant l'invasion allemande. Le 7 avril 1915, son régiment lance une attaque contre les lignes allemandes : Pergaud, piégé dans les barbelés, est blessé par balles. À la fin de l'offensive, l'écrivain Comtois n'est pas parmi les rescapés.
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La guerre des boutons - Louis Pergaud - 01


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Ma marche devenait de plus en plus lente, au fur et à mesure que j'approchais du but de mon voyage. Tant de choses me retenaient ou me retardaient : la fatigue physique, l'appréhension de ne plus retrouver tel que je l'avais connu ce petit coin de terre où tenait tout mon cœur, toutes mes émotions, qui étaient en moi restées vierges et point mélangées, point salies par d'autres préoccupations serviles ou mesquines ; la nuée de souvenirs qui semblaient jaillir de ces haies au crépuscule, comme une volée de hannetons au printemps, et qui sollicitaient, arrêtaient mon esprit en même temps que mes pas, et enfin ce calme de la nature, ce pur silence, à peine égratigné par un crépitement d'insectes, la chute d'un fruit ou, au loin, les sonnailles argentines d'un troupeau rentrant.
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"Mais qu'est-ce qu'ils peuvent bien faire de ces boutons?
- Ah! sacré arsouille! Je vais t'apprendre un peu l'ordre et l'économie, et "pisse que" les mots ne servent à rien, c'est à coups de pied au derrière que je vais t'instruire, moi, tu vas voir ça, gronda le père Tintin.
Aussitôt, joignant le geste à la parole, saisissant son rejeton par le bras et le faisant pivoter devant lui, il lui imprima sur le bas du dos, avec ses sabots noirs de purin, quelques cachets de garantie qui, pensait-il, le guériraient pendant quelque temps du désir et de la manie de chiper des boutons dans le "catrignot" de sa mère.
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Lebrac, en connaisseur, agitait son litre d'eau-de-vie où des bulles d'air se formaient qui venaient s'épanouir et crever en couronne au goulot.
- C'est de la bonne, affirma-t-il. Elle a de la religion, elle fait le chapelet.
"Attention, j'vas passer; que personne ne bouge!"
Et, lentement, il partagea entre les quarante-cinq convives le litre d'alcool. Cela dura bien dix minutes, mais personne ne but avant le signal. On porta alors de nouveaux toasts plus verts et plus violents que jamais; ensuite on trempa les morceaux de sucre et on pompa le liquide à petits coups.
Vingt dieux! ce qu'elle était forte! Les petits en éternuaient, toussaient, crachaient, devenaient rouges, violets, cramoisis, mais pas un ne voulait avouer que cela lui brûlait la gorge et que ça lui tordait les tripes.
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Le maître, du haut de sa chaire, droit et sévère, sa règle d'ébène à la main, commença par flétrir en termes énergiques leur conduite sauvage de la veille, indigne de citoyens civilisés, vivant en République dont la devise était : liberté, égalité, fraternité!
Il les compara ensuite aux êtres apparemment les plus horrifiques et les plus dégradés de la création : aux apaches, aux anthropophages, aux ilotes antiques, aux singes de Sumatra et de l'Afrique équatoriale, aux tigres, aux loups, aux indigènes de Bornéo, aux Bachibouzouks, aux Barbares des temps jadis, et, c'était le plus grave, comme conclusion à ce discours, déclara qu'il ne tolérait pas un mot, que le premier geste de communication qu'il surprendrait soit en classe, soit en récréation vaudrait, à son auteur, trente jours de retenue et dix pages, par soir, d'Histoire de France ou de Géographie à copier et à réciter.
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- On est en république, on est tous égaux, tous camarades, tous frères : Liberté, Égalité, Fraternité ! on doit tous s’aider, hein, et faire en sorte que ça marche bien. Alors on va voter comme qui dirait l’impôt, oui, un impôt pour faire une bourse, une caisse, une cagnotte avec quoi on achètera notre trésor de guerre. Comme on est tous égaux, chacun paiera une cotisation égale et tous auront droit, en cas de malheur, à être recousus et "rarrangés" pour ne pas être "zonzenés" en rentrant chez eux.
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Abel le Rat m’a pourtant livré leur secret un soir entre quatre-z-yeux et quatre litres aussi.

— Tu comprends, je peux bien te le dire à toi, puisque tu ne restes pas dans le pays et que tu t’en bats l’œil.
Ils nous paient à boire des deux côtés, alors, on leur doit quelque chose. Seulement, on ne peut pas partager une voix en deux, comme un litre : alors, on s’arrange.
Une fois, c’est Laugu qui vote rouge et moi blanc, la fois d’après, c’est le contraire ; la dernière fois, comme il y a eu deux tours, on a pu voter pour tous.
Comme ça, il n’y a rien à dire, et on ne leur-z-y doit rien !
Et il ajouta, concluant :

— On est honnête ou on ne l’est pas !

(Extrait de "Deux électeurs sérieux")
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Les glaneuses actives découpaient l'espace, frôlant les buissons, rasant le sol, et, tout en se lutinant amoureusement, s'indiquaient par de gais gazouillis, de clairs sifflements, les magasins de réserve, les haies d’abondance où trouver les matériaux pour l'œuvre dont le parachèvement décelait chez les jeunes épouses et les vieilles mamans des nuances insoupçonnées de tendresse.

Fétus de foin et flocons de laine, bouts de crin et bûches de paille se mêlaient, courbés en rond, épousant la sphéricité intérieure de la demeure, garnissant les coins trop durs, adoucissant les arêtes rugueuses du sommier de pierre où dormiraient les œufs.
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De la tête, des pieds, des mains, des coudes, des genoux, des reins, des dents, cognant, ruant, sautant, giflant, tapant, boxant, mordant, il se débattait terriblement, culbutant les uns, déchirant les autres, éborgnait celui-ci, giflait celui-là, en bosselait un troisième, et pan par-ci, et toc par-là, et zon sur un autre, tant et si bien que, laissant pour compte une demi-manche de blouse, il se faisait lâcher enfin par la meute ennemie et s'élançait déjà vers Longeverne d'un élan irrésistible, quand un traîte croc-en-jambe de Migue la Lune l'allongea net, le nez dans une taupinière, les bras en avant et la gueule ouverte.
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Lebrac n'hésita pas davantage. Il répliqua par un "A cul les Velrans!" aussi sonore que le cri de son rival et les épieux et les sabres de Longeverne pointèrent encore une fois en avant leurs estocs durcis.
- Ah! Prussiens! ah! salauds! - triples cochons! - andouilles de merde! - bâtards de curés! - enfants de putains! - charognards! - pourriture! - civilités! - crevures! - calotins! - sectaires! - chats crevés! - galeux! - mélinards! - combisses! - pouilleux! telles furent quelques-unes des expressions qui s'entrecroisèrent avant l'abordage.
Non, on peut le dire, les langues ne chômaient pas!
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- Faut acheter des sardines, insinua Tintin. C'est bon les sardines. Ah ! Tu sais pas ce que c'est, Guerreuilas ! Eh bien, mon vieux, c'est des petits poissons sans tête cuits "dedans" une boîte en fer-blanc, mais tu sais, c'est salement bon ! Seulement on n'en achète pas souvent chez nous passe que c'est cher.
"Achetons-en une boîte, voulez-vous ? Il y en a dix, douze, même quelquefois "tienze" par boîte, on partagera.
- Ah ! Oui ! que c'est bon, renchérit Tigibus, et l'huile aussi mes amis ; moi, ce que j'aime l'huile de sardine ! Je relèche les boîtes quand on en achète ; c'est pas comme l'huile à salade.
On vota d'enthousiasme l'achat d'une boîte de sardines de onze sous.
Restaient dix sous de disponible...
(extrait du chapitre III "le festin dans la forêt")
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