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Critiques sur La Dame de Monsoreau (30)
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Arakasi
  11 juin 2014
Nous sommes à la fin du XVIe siècle et le soleil des Valois est en plein déclin. le dernier héritier de la lignée, Henri III, a bien du mal à conserver ses fesses vissées sur le flageolant trône de France, tiraillé qu'il est entre les exigences de ses « mignons » et les ambitions de son frère cadet, François d'Anjou. Assoiffé de pouvoir mais trop timoré pour s'opposer ouvertement à son ainé, le duc d'Anjou préfère s'attirer le soutien d'adversaires plus belliqueux que lui comme les redoutables ducs de Guise, dirigeants de la Ligue catholique, et s'entourer de valeureux gentilshommes prêts à défendre ses intérêts en provoquant les « mignons » royaux.

Le plus remarquable de ces vaillants jeunes hommes est le comte de Bussy, favori de dames et terreur de ces messieurs. Mais la renommée du séduisant comte lui attire bien des ennemis et, une nuit où il rentrait tranquillement de chez une de ses maitresses, il tombe dans un guet-apens tendu par quatre hommes du roi. Sauvé in extremis par l'intervention d'une jeune femme, Diane de Méridor, il en tombe aussitôt passionnément amoureux (c'est quand même épatant tous ces romans où l'on tombe raide dingue d'une fillette que l'on a aperçue pendant deux minutes à peine, mais bon, passons…) Pas de chance pour notre héros, la belle est déjà prise ! Elle vient d'épouser en justes noces le comte de Monsoreau, grand veneur du roi, proche ami du duc d'Anjou et mari atrocement jaloux. En fière tête-brûlée qu'il est, Bussy ne se laissera pas arrêter par un aussi insignifiant obstacle et fera tout pour libérer sa dulcinée, quitte à attirer sur sa tête la redoutable colère de François d'Anjou qui ne dédaignerait pas non plus de glisser la charmante dame de Monsoreau dans son lit.

Quoique ayant lu beaucoup de romans de Dumas il y a quelques années, je n'avais jamais été attirée par « La Dame de Monsoreau » et j'avais plus ou moins oublié son existence, jusqu'à que la lecture de l'excellent « Les douze muses d'Alexandre Dumas » de Dominique Fernandez le rappelle à mon souvenir. Plaisir retardé mais d'autant plus savoureux, car « La Dame de Monsoreau » est assurément un très bon Dumas ! Dialogues piquants et débordants d'esprit, anecdotes savoureuses, scènes d'action enlevées et intrigues tortueuses, tout y est pour transporter le lecteur et les presque 1000 pages de ce trépidant roman se dévorent comme un rien.

L'histoire d'amour, bien qu'agréable à suivre, est sans grande originalité, mais elle est soutenue par une intrigue historique particulièrement réussie et passionnante. La pâlichonne Diane et son chevalier servant sont aisément éclipsés par le personnage d'Henri III, roi à la personnalité fascinante vacillant sans cesse entre irrésolution et noblesse, et surtout par celui de son bouffon et fidèle conseiller Chicot. Chicot est un gascon, mais un gascon comme les aime Dumas : courageux mais pragmatique, bavard comme une pie mais rusé comme un renard, tortueux mais dévoué, jouisseur, sarcastique, fantasque… En un mot comme en cent, un gaillard formidablement sympathique que son affection sincère quoique un peu vacharde pour son trop faible souverain ne rend que plus attachant. Impossible de ne pas l'adorer ! C'est assurément pour le plaisir de le retrouver que je me procurerai dès que possible « Les Quarante-cinq », dernier tome de la trilogie des guerres de religion de Dumas (le premier étant « La reine Margot »).

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Crazynath
  31 mars 2019
Alexandre Dumas était certainement un de mes auteurs préférés pendant mes années jeunesse. J'ai vibré en lisant Les trois mousquetaires (que j'ai au moins lu deux fois). J'ai tourné fébrilement les pages des trois tomes du Comte de Monte-Cristo en savourant la vengeance d'Edmond Dantes….
Plus tard, après avoir vu le feuilleton télévisé la dame de Monsoreau, ( celui avec Karin Petersen, Nicolas Silberg et l'excellent Michel Creton dans le rôle de Chicot )je me suis promis qu'un jour je lirais le livre. Cependant, la fin m'avait marquée et j'ai repoussé pendant de nombreuses années cette lecture…Les années passant et continuant à me disperser, ce n'est qu'il y a deux semaines que je me suis enfin lancée dans la lecture de pavé.
Oui, il s'agit bien d'un pavé, mais quel plaisir que ce plongeon dans cette France de la Renaissance où règne Henri III. Dumas (que ce soit lui et/ou son « negre « Auguste Maquet ) nous raconte avec beaucoup de verve une page de cette période en y mêlant beaucoup de personnages ayant réellement existé.
Même si la véritable Histoire est bien différente ( il suffit de faire des recherches sur Bussy ou sur Diane-Françoise de Méridor), c'est celle narrée par Dumas que je retiendrais …
L'auteur a su redonner vie avec beaucoup de talent à tous ces personnages sur un fond de guerres de religions. le massacre de la Saint Barthelemy est vieux de quelques années mais la tension à ce sujet est encore bien présente et la Ligue menée par les Guise est en train de fomenter de sombres complots. le frère du roi, François d'Anjou, semble mêlé à l'un de ces complots. On sent Henri III bien seul malgré le fait qu'il soit entouré de ses mignons tous dévoués à sa cause. La seule personne sur qui il va pouvoir compter est son fou, Chicot, qui est pour moi le véritable héros de cette histoire. Certes l'histoire d'amour entre Bussy d'Amboise et Diane de Meridor m'a touchée mais j'ai eu plus de plaisir à suivre le parcours de Chicot.
Depuis que j'ai appris qu'il refera son apparition dans la suite, « Les Quarante-Cinq », je pense que je ne vais pas attendre des années pour lire la suite de ses aventures.

Challenge Pavés 2019
Challenge A travers l'histoire
Challenge Solidaire Lutte contre l'illettrisme


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PiertyM
  18 septembre 2014
Comme notre papa Dumas sait aussi bien nous le servir les plats historiques auxquels nous avons l'honneur et le plaisir de déguster la vie des rois et reines des siècles précédents, la vie ces gentilshommes célébrés par leur bravoure, c'est de cette même sauce qu'il nous sert avec la dame de Monsoreau qui fait suite à la reine margot, où nous côtoyons le règne du roi Henri III, sa vie, sa cour, ses faiblesses...
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Gwen21
  28 septembre 2012
C'est du grand Dumas, c'est du beau style, c'est de l'Histoire remaniée mais tellement vivante. Que du bonheur, au fil des 980 pages de l'édition Folio. On rit, on frémit, on s'impatiente, on aime, on dévore... on vit le roman.

J'aurais été Dumas, je n'aurais pas fait à Diane de Méridor l'honneur de donner à mon roman son titre (de noblesse) mais je l'aurais plutôt dédicacé au personnage de Chicot qui est, selon moi, le véritable héros du roman.
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cyan
  15 juillet 2020
(...)
Au programme avec ce tome: complots, romances, tragédies diverses, duels à l'épée, demoiselle en détresse, règlements de comptes sanglants, magouilles diverses, etc, le tout sur fond de guerres de religions plus ou moins ouvertes.

Malgré les presque 1000 pages, ça se lit assez bien et relativement vite (une semaine environ pour moi, sachant que j'ai un rythme de lecture plutôt rapide), même si ce n'est pas forcément évident d'entrer dans l'histoire au début: beaucoup de personnages dès le 1er chapitre et une situation qui met un peu de temps à se décanter. Mais après une cinquantaine de pages, ça s'éclaire, rassurez-vous.

La plume de Dumas est soutenue, mais c'est fluide, facile d'accès et souvent humoristique. L'auteur n'hésite pas à se moquer de ses personnages et à ironiser sur leur bêtise ou leur aveuglement. On comprend assez facilement les enjeux politiques qui sont au centre de l'intrigue, sans que ça ne devienne ennuyeux ou fastidieux. Ceci dit, 983 pages, c'est long, même quand ça passe bien. C'est assez bavard et certains épisodes auraient mérité d'être élagués. L'inconvénient des auteurs payés à la ligne ^^

Aucun personnage n'est tout blanc ou tout noir, tous ont des motivations plus ou moins respectables, à quelques exceptions près. Ce que j'ai apprécié, c'est que l'auteur ne les juge pas, il se contente de raconter ce qui se passe et comment ils sont conduits à faire certaines choses.

Par contre, c'est un auteur du 19e siècle parlant du 16e, alors autant dire que les personnages féminins ne sont pas spécialement bien servis. Dans l'ensemble, ce sont plutôt des potiches, leurs désirs ou sentiments sont rarement pris en compte et la plupart des personnages masculins (il y a heureusement une ou deux exceptions) ne s'y intéressent que dans la mesure où ils veulent se les approprier, consentantes ou pas, et peu importent les moyens. L'homosexualité n'est pas spécialement bien vue non plus (c'est un euphémisme). Bref, patriarcat et intolérance (religieuse, surtout, mais pas seulement) sont d'actualité.

D'autres bricoles ne m'ont pas trop plu, mais globalement c'était une lecture plutôt bonne. Même si c'est avant tout une fiction historique, on apprend pas mal de choses sur l'époque et les troubles politiques et religieux qui l'ont secouée. le thème du conseiller de l'ombre est plutôt bien traité et il y a pas mal d'aventure.

Pour résumer: c'était une lecture distrayante et instructive, mais trop longue pour mon goût et avec quelques sujets qui fâchent. Je lirai la suite dans un avenir proche, j'espère.
Lien : https://bienvenueducotedeche..
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Pas-chacha
  13 septembre 2020
Comme c'est bon de se replonger dans du Dumas! J'ai beaucoup aimé lire ces intrigues sur fond de royauté, fratrie et intrigues de guerres de religion. Une lecture à l'ancienne faite d'honneur, de beaux sentiments, de traitrise, de loyauté. Bussy, Saint-Luc et bien sûr Chicot, rejoignent pour moi les héros qu'on aime aimer. On retombe en pleine adolescence le temps d'un duel (le dernier est particulièrement bien écrit). Et on referme le livre en se disant que quand même Dumas c'est pas mal! Au prochain, dans quelques années!
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Taraxacum
  23 février 2020
Après avoir relu La reine Margot il y a quelques mois, la logique voulait que je m'attaque à une relecture de sa suite, La Dame de Monsoreau, dont mon souvenir était à vrai dire assez vague, je me souvenais simplement que ça finissait plutôt mal.
S'il n'est pas aussi exceptionnel que le premier volume de cette trilogie, ce roman est cependant un excellent cru. Duels, traîtres, conspirations, vils princes et preux gentilshommes, belles dames et fidèles suivantes, ce roman de capes et d'épée au temps des Valois coche toutes les cases, et délicieusement.
Avec des yeux d'adulte, je dois dire que je suis encore plus horrifiée par le destin de la pauvre Diane, traitée par Monsoreau et le Duc d'Anjou comme un objet à s'arracher. Jamais son avis n'est pris en compte dans l'histoire.
Dans le souvenir de mes 16 ans, c'était surtout à Bussy et Diane que je m'étais attachée la première fois, mais maintenant j'avoue une tendresse particulière pour Chicot et son dévouement à son roi, dont je ne suis pas sûre qu'il le mérite.
Un grand Dumas.
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PtitVincent
  27 juin 2020
Fin du XVIe, la France est dirigée par Henri III, un roi fantasque, aimant les fêtes et entretenir sa cour de « mignons », mais pratiquant aussi une repentance religieuse très stricte. Une alternance d'humeurs qui désoriente le peuple mais aussi son entourage. S'organise alors une tentative d'écarter ce roi. Un complot mené discrètement par les Guise, encourageant le propre frère du roi, le duc d'Anjou à se révolter. Car ce que reprochent les opposants au roi est que celui-ci soit trop clément envers les huguenots et les juifs. Au-delà de cet épisode politique s'ajoute une intrigue sentimentale en la personne de la Dame de Monsoreau. Cette jeune est mariée malgré elle au grand veneur du roi, un homme jaloux, colérique et intrigant. Et même si le comte enferme son épouse, celle-ci attire les regards du duc d'Anjou (un peu) et de de Bussy (beaucoup) qui saura séduire la dame. Et nous voici embarqués pour 900 pages d'aventures, de batailles, de romance, de dialogues délicieux, de personnages mémorables à l'image de Chicot, le fou du roi, plus intelligent et raisonnable que son maître ou Gorenflot, un moine amateur de bonne chère et de bon vin plus que de prières ou encore Rémy, chirurgien attitré de de Bussy, mais qui soigne aussi les ennemis de son patron. Ici point de modération, on aime à la vie, à la mort, on complote à tout va, déguisé en moine, on provoque des duels pour un mot de trop, ça cavale, ça virevolte, ça croise le fer, ça ferraille, ça promet si je mens je vais en enfer, ça trahit à toutes les pages. Alors bien sûr, les esprits chagrins trouveront certains dialogues plutôt longs (l'auteur était payé à la ligne !), les personnages caricaturaux et excessifs, des approximations historiques mais Alexandre Dumas nous offre une littérature vivante, moderne, et surtout jubilatoire. N'oublions pas qu'il avait dit : « On peut violer l'histoire à condition de lui faire de beaux enfants ». Alors ne boudons pas notre plaisir, prenons notre épée, notre cheval et partons défendre la belle et l'orphelin !
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m1rtial
  31 mai 2020
Il faut a mon sens un petit temps d'adaptation a la lecture d'un roman d'Alexandre Dumas. J'avais adolescent, lu la trilogie des Mousquetaires, le Comte de Monte Cristo et quelques autres et ai repris il y a quelques semaines La Reine Margot : j'ai trouvé le début très théâtral et avec un style 19eme très tranchant par rapport aux productions actuelles. Ça n'a en fait pas duré et je me suis tres vite investi dans le livre. Pour sa suite, La Dame de Monsereau la question ne s'est pas posée : je me suis regale de la première a la dernière page ... les événements se succèdent et Diane de Méridor est très loin comme le titre pourrait le laisser supposer être le personnage principal du récit : il est plutôt question des machinations des Guise, du grand veneur, du duc d'Anjou et de Chicot qui a une très belle place dans le roman. C'est bien écrit, enleve, trépidant, chevauchant, ferraillant et bien sur romantisme oblige, dramatique. Vraiment pas d'ennui dans ces 700 pages dont la suite est Les Quarante Cinq. Dans l'édition bouquins on apprend également dans les annexes avec les courriers de Dumas a son éditeur qu'une suite devait être faite sous le titre de Jacques Ravaillac. Malheureusement le roman reste donc inachevé comme d'autres de Dumas à l'image du Chevalier de Sainte Hermine ... bien que Claude Schopp l'ait clôture. Un excellent ouvrage donc qui se lit à tous âges avec des perceptions différentes.
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AugustineBarthelemy
  12 mai 2020
1578. Henri III règne depuis bientôt quatre ans. Aimé du peuple avant d'être couronné, il devient très vite impopulaire, s'attirant les foudres du peuple écrasé d'impôts qui servent à entretenir à grands frais les « mignons », favoris du roi, essentiellement décrit ici comme efféminés, opportunistes et lâches. Pire aux yeux de tous, Henri III est bien trop pusillanime vis-à-vis des hérétiques, les huguenots. Et pour compléter le tout, sa couronne est constamment remise en cause : le Parti ultra-catholique des Guise la convoite, tout comme François, duc d'Anjou, frère cadet du roi, et successeur potentiel d'Henri III qui n'a toujours pas de descendance. C'est dans cette ambiance particulièrement délétère que prend place l'histoire de la Dame de Monsoreau. Et mon dieu, quelle histoire ! Épique à souhait, romantique en diable, on y trouve le talent extraordinaire de Dumas, qui a le génie de nous faire oublier ses petits arrangements avec l'Histoire, pour nous en croquer une plus vraie que nature, si attirante que l'on voudrait qu'elle prenne la place de la réalité ! Et sa plume n'a pas son pareil pour dessiner des personnages incarnés, que l'on aime aimer et que l'on aime détester, quitte à leur donner un caractère assez peu conforme à l'Histoire, idéalisant ses héros, avilissant ses antagonistes.

L'histoire s'ouvre sur un mariage, celui de Saint-Luc, favori du roi, qui ne va pas tarder à connaître la disgrâce. En effet, Dumas va reprendre à son compte la thèse d'un Henri III homosexuel : ce dernier ne pardonne pas les épousailles par jalousie. Ce mariage est une petite poudrière : d'un côté, les mignons d'Épernon, d'O, Schomberg, Quélus et Maugiron, de l'autre, des gentilshommes qui soutiennent le parti de François, Livarot, Antraguet, Ribeirac, et, le plus brave de tous, Bussy d'Amboise. Diverses piques et menaces s'échangent, s'estimant humiliés, les mignons décident de tendre une embuscade à Bussy. Malgré l'avertissement de Saint-Luc, tenu par les règles de l'hospitalité, Bussy n'en a que faire : il affrontera les cinq s'il le faut !

Rue Saint-Antoine, le traquenard est en place. Les mignons guettent dans le noir le passage de leur ennemi. Dans l'obscurité, ils se trompent tout d'abord et attaquent deux silhouettes qui cherchent manifestement l'entrée d'une maison. C'est François, duc d'Anjou et son joueur de luth, Aurilly. Hors de question de toucher à un prince du sang, les mignons reculent et reprennent leur terrible guet. François, lui, s'en va, même s'il pressent un piège imminent en voyant une silhouette qui s'approche. Lâche, il s'enfuira. Bussy d'Amboise apparaît et les cinq compères surgissent de l'ombre. le combat s'engage, c'est du cinq contre un. Bussy s'y montre aussi brave que Bayard mais il faiblit. Il n'a que le temps de se réfugier à l'intérieur d'une maison et d'en refermer la porte sur ses assaillants avant de s'effondrer, épuisé par ses blessures.

Pris dans les brumes de la fièvre, il se rend tout de même compte qu'il est transporté dans un lit, il aperçoit un médecin aux yeux bandés qui le soigne mais surtout, le portrait d'une femme qui le frappe au coeur. Avant de se réveiller dans la rue le lendemain. Étrange aventure dont il est bien déterminé à percer le mystère. Par un hasard extraordinaire qui n'arrive que dans les romans, Bussy, en se rendant sur les lieux de l'assaut, retombe sur le médecin qui, lui aussi, veut résoudre cette histoire. C'est Rémy le Haudouin, et les voilà désormais liés d'une amitié indéfectible, car tel est le caractère généreux du comte. Ensemble, ils retrouveront la dame qui a si fortement ému Bussy d'Amboise.

La belle dame qui a capturé le coeur de notre héros au premier regard, c'est Diane de Méridor, épouse de l'infâme comte de Monsoreau, au service du duc d'Anjou. La belle éplorée conte alors au seigneur de Bussy sa triste histoire. Alors qu'elle se promenait en forêt, elle a eu la malchance de croiser Monsoreau, qui en tomba amoureux. La malheureuse le repousse mais, lors d'une fête, c'est cette fois le duc d'Anjou qui s'éprend de la belle. Et celui-ci n'hésitera pas à organiser un enlèvement pour la séduire. Diane est alors « secourue » par Monsoreau qui fera croire au duc, et au père de la jeune fille, qu'elle s'est noyée lors de son évasion. D'un naturel jaloux et suspicieux, il la mènera à Paris et parviendra à l'épouser après de nombreuses autres péripéties. Évidemment, notre belle innocente a été trompée, et tout n'était qu'un plan machiavélique du comte pour l'amener à accepter sa demande en mariage. Bussy, devant tant de vilenies, est bien décidé à faire justice à Diane de Méridor, ce qui passera tout d'abord par se rendre en Anjou, pour prévenir le père de la survie de sa fille et le mener devant le duc d'Anjou pour que ce dernier rompe ce mariage forcé. Mais le perfide François, parce que Monsoreau connaît trop de secrets qui pourraient lui coûter sa tête, trahit son fidèle Bussy, tout en espérant pouvoir enfin voler la belle Diane des mains de son mari.

En parallèle de cette histoire d'amour illégitime entre deux jeunes gens de haute qualité, Dumas dresse une intrigue politique dense et assez noire dans une cour corrompue où l'envie le dispute à la sournoiserie. le lecteur est pris dans le maelstrom des luttes de pouvoir. Henri III est entouré d'ennemis, et le premier d'entre eux est son propre frère, François. Celui-ci est dépeint perfide, lâche, vindicatif. Il se sait être le potentiel successeur de son frère, et pour le faire tomber, il n'hésitera pas à se rallier au duc de Guise, chef ultra-catholique qui fomente la chute du roi grâce à la Ligue. Les comploteurs veulent profiter d'une célébration religieuse pour forcer le roi à abdiquer. Heureusement pour Henri III, celui-ci a dans son entourage un Gascon des plus dévoués : Chicot, fou du roi, un personnage comme aime à les croquer Dumas, courageux, bavard, rusé et surtout fidèle à un roi qu'il semble être le seul à aimer sincèrement.

Je ne vais pas résumer le roman qui fait tout de même ses mille pages bien pesées. Mais sachez-le, j'ai adoré ce roman. On y retrouve une plume alerte, une verve dans des dialogues savoureux, un souffle épique qui maintient l'intérêt du lecteur – cette fin, mon dieu, qu'elle est palpitante ! Les émotions sont exacerbées, les péripéties et les rebondissements s'enchaînent à bon rythme comme tout bon roman feuilletonnant, les héros sont idéalisés (le véritable Bussy d'Amboise était tout de même un peu moins chevaleresque et assez sanguinaire dans son genre), l'histoire d'amour est certes un peu datée, très typique du roman historique du XIXe siècle, mais ça fait vraiment partie du charme incroyable qui se dégage de ce roman. D'habitude, je suis la première à relever les inexactitudes et les arrangements avec l'Histoire. Ici, il y en a bien évidemment, et je savais que j'en trouverais, comme dans tous les romans d'Alexandre Dumas. Mais la puissance du romancier fait qu'on les oublie volontiers, qu'on se laisse transporter dans l'histoire et qu'on y accepte absolument tout. Ce qui fait que Dumas reste, et restera encore longtemps, le chef incontesté du roman historique.
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