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Jean Tulard (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070364119
Éditeur : Gallimard (02/07/1973)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 799 notes)
Résumé :
On s'étripe, on s'égorge, on se massacre avec une volupté sans précédent. Corps transpercés, martyrisés viennent éclabousser un sein nu de leur sang. Les beaux duels des mousquetaires n'ont plus cours à l'heure de la Saint-Barthélemy. On s'assassine avec rage, les hommes sont des chiens, les héros des sangliers blessés. Dumas sème les cadavres au fil des pages de ce livre de chasse, trempé dans le poison de Catherine de Médicis. La fièvre érotique tient lieu d'amour... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (62) Voir plus Ajouter une critique
BazaR
  11 janvier 2016
Eh bien ce premier contact avec Dumas est une incontestable réussite.
« La Reine Margot » s'appuie sur les évènements terribles de l'Histoire de France lors du furieux XVIème siècle. du mariage de Marguerite de Valois avec Henry de Navarre à la mort de Charles IX en passant par l'enfer de la Saint Barthélémy. Dumas nous offre de partager les intrigues d'alcôve et les amours cachées des Valois, de Navarre et dans une moindre mesure de Guise. L'essentiel de l'action se passe au Louvre où passages secrets et cabinets personnels cachent yeux et oreilles prêts à mordre à pleine dent votre vie pour l'adorer ou la terminer.
Dumas décore les Grands Personnages de quelques inventions de son cru (enfin, avec Auguste Maquet), en particulier les deux amoureux La Mole le huguenot Provençal et Coconnas le catholique Piémontais (en fait des diversions de personnages réels), amoureux de reine et duchesse, amis à la vie à la mort. Leur humeur, leur ton, leur simplicité apportent une épice indispensable au récit, épice qui sera balayée au fil du vent politique que souffleront les Grands.
Comme beaucoup de romans de Dumas, celui-ci a d'abord bénéficié d'une publication régulière dans un journal. Ce format nécessite le maintien d'un niveau d'attention du lecteur constant, de rebondissements réguliers. Les temps morts, les descriptions à rallonge sont proscrits. Et cela se ressent dans la lecture du pavé. Que l'on soit dans l'action type cape-et-épée ou dans le dialogue imbibé de sens caché ou de double sens, l'artiste maintient un niveau d'écriture élevé qui chatouillait mes neurones de plaisir pendant ma lecture.
L'une des obligations de ce type d'écriture, c'est que l'on doit écrire au maximum en noir et blanc. On doit faire évoluer des personnages principaux « bons » et de vrais « méchants ». Les demi-teintes sont permis, mais chez les seconds couteaux seulement (comme René le Parfumeur, formidable caractère). Parmi les « bons » on compte Margot, Henry de Navarre, La Mole et Coconnas. Parmi les « méchants », le duc d'Alençon, Maurevel l'assassin, et avant tout Catherine de Médicis.
Voir Catherine de Médicis agir en conformité avec sa légende noire a été une de mes plus grandes inquiétudes à l'abord de l'ouvrage. J'ai trop lu l'incroyable niveau de tolérance de la personne dans ces temps de guerre de religion pour accepter aisément de la voir réduite à un monstre haineux et implacable. Pourtant j'ai passé l'épreuve avec succès ; d'abord en me souvenant sans cesse que ce roman fait parfois des interprétations de l'Histoire que l'on ne peut plus accepter aujourd'hui, et ensuite en notant que ce personnage de méchant est très cohérent. Catherine est ambitieuse et superstitieuse. Une prophétie prédit que ses fils seront rois et mourront pour laisser la place au Bourbon (Henry de Navarre, futur Henry IV). Ce Henry est son pire ennemi et elle n'aura de cesse de l'éliminer par tous les moyens. Sa froideur, son machiavélisme, son dépit face à ses défaites successives sont savoureux, indispensables, structurants.
Pour finir, je voulais dire que j'ai lu par-ci, par-là que ce roman est le plus noir de Dumas, à cause de ses descriptions des massacres de la Saint Barthélémy notamment. Et pourtant je n'y ai vu que peu de noirceur. La violence est presque toujours enrobée d'un humour second degré que n'aurait pas renié Tarantino. La Saint Barthélémy même devient comique dans la bouche de Coconnas alors que lui-même découpe des tranches de huguenot, emporté par la folie ambiante. La seule mort que j'ai trouvé véritablement atroce est celle du jeune Orthon (oeuvre d'ailleurs de cette chère Catherine).
On pourrait poursuivre la discussion mais il faut bien s'arrêter quelque part. C'est déjà bien trop long. Dumas est définitivement adopté par mon esprit si peu classique. Je poursuivrai par son second roman Renaissance – La Dame de Monsoreau – dans quelques temps, après un détour par son théâtre. J'irai aussi voir du côté d'autres auteurs de roman historique du XIXème siècle. le premier qui me lorgne, c'est Walter Scott.
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PiertyM
  11 avril 2014
Lire ce livre, ce sont des heures de moments agréables, d'ouverture sur l'histoire de la France, d'accès aux secrets des royautés, de la gestion interne de l'état qui implique beaucoup de sacrifice de soi comme quoi face à l'état, en tant que gouverneur, on a plus de devoir que de droit, même au bord de la mort le souverain doit toujours se montrer bien portant devant le grand public, de la découverte d'une hypocrisie comme arme qu'on brandit pour anéantir ses adversaires, de découverte d'un monde de chassés-croisés où tout se joue autour de la couronne, pour y accéder, on fait recours à plusieurs moyens même les plus sombres et les valeurs de la famille, de l'amitié et de l'amour peuvent être compromises ou sacrifiées.
Des personnages y sont peints avec à un humour particulier où chacun use d'un langage propre à soi pour exprimer ses émotions, ce qui détend un peu l'atmosphère...
On découvre les terribles personnages de deux grandes reines: la reine Margot , l'amoureuse et la reine Catherine de Médicis la téméraire.
La reine Margot, ne bénéficiant pas malheureusement de l'amour de son mari le roi Henri de Navarre, elle est à la recherche de l'amour sous l'oeil indifférent de son mari. Aussi jettera-t-elle son dévolu sur le jeune gentleman le comte de la Mole qu'elle réussira à sauver pour la première fois entre les mailles du massacre des catholiques. Mais pour la deuxième fois, elle ne réussira pas à lui épargner la mort avec une machination fondée de toutes pièces dont la ficelle est tenue par la reine Catherine de Médicis la téméraire pour camoufler son inclination aux pratiques occultes...
La reine Catherine de Médicis la téméraire, l'actionnaire ténébreuse de la royauté où elle veut juste voir ses enfants régner surtout son préféré qui est le duc d'Anjou...sur ce, il lui faut à tout prix mettre à mort Henri de Navarre..
Dans ses pratiques, malheureusement, l'horoscope prédit une forte destinée pour le roi Henri de Navarre, ça, madame la téméraire ou l'empoisonneuse ne peut l'admettre, aussi elle mènera une grande guerre contre cette destinée, prête alors à remuer terre et ciel pour parvenir à ses fins, mais la providence en décide autrement, elle le comprendra quand son fils, le roi Charles IX va périr du poison prévu pour le roi Henri...
Quant aux garçons marquant cette histoire, ils n'ont qu'un seul but la couronne malgré le fait qu'ils soient tous des frères, une guerre froide se joue entre eux...
Oufff!!! un classique à lire pour pouvoir sourire tous les jours!!! Ah ah ah ah ah ah...!!!
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Arakasi
  23 octobre 2014
Gloire à Dieu, gloire à la France ! En cet heureux jour de la Saint-Barthélemy, les différents entre catholiques et protestants viennent de prendre fin dans notre beau royaume : Marguerite de Valois, soeur de sa Majesté Charles IX, a épousé en justes noces Henri de Navarre, prince des huguenots français. L'heure est aux réjouissances, à la fraternisation, au bon vin coulant à flots dans les auberges de la capitale ! Mais quelque chose ne tourne pas rond dans les rues de Paris... Les bourgeois ont l'oeil sombre, les badauds grincent des dents, on a vu des armes et des cuirasses introduites en douce par les portes de la ville et Charles IX grimace plus qu'il ne sourit à son beau-frère navarrais. A la nuit tombée, les massacres éclatent. Traitreusement attirés par la nouvelle du mariage, les protestants sont taillés en pièce, éventrés, mutilés, brûlés sans distinction de rang ou de sexe. L'ouragan traverse Paris, renverse les murailles de la capitale pour s'abattre sur toute la France, laissant derrière lui une trainée de sang, de cendres et de haine purulente.
Dans ce climat de tempête, des destins vont s'entrecroiser. Ceux des Grands déjà, de ceux dont l'Histoire retiendra les noms, de ceux qui tiendront entre leurs mains les destins des nations pour les élever ou les jeter à terre : Charles IX, roi cruel et sensible dont la nature viciée ne parvient à s'épanouir que dans la violence ; Catherine de Médicis, sa redoutable mère prête à toutes les ignominies pour conserver les Valois sur le trône de France ; la reine Marguerite, épouse involontaire d'un homme qu'elle n'aime pas mais qu'elle défendra bec et ongles contre ses ennemis ; Henri de Navarre, le jeune et rusé souverain béarnais dont un oracle a prédit qu'il régnerait un jour sur la France entière – s'il survit bien sûr à cette épouvantable année de 1572 !

A ces illustres personnages, viennent se mêler des protagonistes plus humbles, gentilshommes de fortune que les courants violents de l'époque ont projetés sur le devant de la scène. le premier est protestant et a pour nom Hyacinthe de la Molle, le second est catholique et s'appelle Hannibal de Coconnasse. Par leur bravoure et leur dévouement, ils ont eu le bonheur d'attirer sur leurs têtes l'amour de deux des plus belles et grandes dames de leur temps, le reine Marguerite de Navarre et la duchesse Henriette de Nevers. Mais l'amour des princesses est chose périlleuse et, dans les couloirs enténébrés du Louvre, dagues et poignards brillent à la lumière des flambeaux…
« La Reine Margot » a la réputation d'être un des chefs-d'oeuvre de Dumas, mais aussi un des livres qui lui ont donnés le plus de fil retordre. Rien d'étonnant à cela quand on constate à quel point son atmosphère est éloignée de celles de la plupart des romans du jovial et optimiste écrivain romantique ! Ici, pas ou peu de chevauchées effrénées dans les bois, de batailles épiques et de duels flamboyants. L'action se déroule presque entièrement au Louvre et prend la tournure d'un quasi-huis-clos, franchement claustrophobique par moment. Intrigues et personnages baignent dans une ambiance de méfiance, de peur et de haine refoulée : on se bat un peu, bien entendu, mais surtout on ment, on trompe, on manipule, on trahit, on empoisonne… Délicieux programme, n'est-ce-pas ?
Le sanguinaire film de 1993 de Patrick Chéreau est parvenu à merveille à retranscrire cette atmosphère venimeuse. Dommage en revanche qu'il n'ait pas su conserver la qualité de la prose de Dumas, la vivacité de ses dialogues, l'humour toujours présent qui parviennent à contrebalancer ce que « La Reine Margot » pourrait avoir de trop étouffant. Mais ce que je ne pardonne pas à Chéreau, c'est d'avoir à ce point raté le personnage d'Henri de Navarre… Oh, le roman regorge de beaux personnages, complexes et tourmentés, mais, moi, c'est Henri de Navarre que j'aime ! J'aime son bagout de gascon, son humour goguenard et égrillard, sa finesse de jeune renard, son sourire de paysan matois, sa prodigieuse agilité d'équilibriste, ses petits défauts et mesquineries sans lesquels un grand homme ne serait jamais véritablement humain. Je l'aime tellement que je me trimballe dans un sac, depuis maintenant plus d'une semaine, une monstrueuse biographie qui me scie littéralement les muscles de l'épaule. Merci qui ? Merci, m'sieur Dumas, pardi !
(Oups, je ne comptais pas faire si long. Comme quoi, quand on se laisse emporter par l'enthousiasme...)
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Patience82
  03 juillet 2016
Ce grand classique est sur mes étagères depuis une quinzaine d'années, j'ai enfin sauté le pas. J'ai beaucoup aimé cette lecture. Je regrette seulement que mes cours d'Histoire soit aussi loin, ça m'aurait probablement aidé à mieux saisir certaines choses. Mais j'ai fait quelques allers-retours entre ce livre et internet pour faire des recherches sur le contexte historique. J'ai appris pas mal de choses.
J'ai aussi bien aimé ce que Dumas a fait des personnages, comme la complicité entre Marguerite et Henri, le duo La Mole/Coconnas, le côté bienveillant de Charles IX. J'ai toujours eu un petit faible pour le style des auteurs français du XIXème siècle, et celui-là ne fait pas exception.
En bref, ce livre m'a beaucoup plu et j'aimerais bien lire la suite de cette trilogie des Valois.
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thedoc
  08 octobre 2015
Avec « La Reine Margot », Alexandre Dumas nous plonge dans une histoire de France tumultueuse et sanglante –et très romancée -, celle du 16e siècle
Le récit débute en 1572, la veille du massacre de la tristement célèbre Saint-Barthélémy, alors que la France est déchirée par les guerres de religion. La reine mère Catherine de Médicis entend sceller et consolider la paix obtenue à grand-peine entre catholiques et protestants à Saint-Germain en 1570 en faisant épouser à sa fille Marguerite de Valois le chef du parti protestant, Henri de Navarre. le royaume, à cette occasion, est tout en liesse. Pourtant ce mariage – comme généralement à cette époque - est avant tout un arrangement politique et chacun des épousés entretient des liaisons. Marguerite, par sa beauté et son intelligence, concentre sur elle toutes les convoitises et envies. Tandis que les intrigues amoureuses se font et se défont autour de la reine Margot, le royaume de France se retrouve plongé dans un bain de sang.
Avec « La reine Margot », Alexandre Dumas nous entraine avec fougue dans les aventures sentimentales de Marguerite de Valois. Dans ces intrigues de cour, la jeune femme apparaît comme une intrigante et une « mangeuse d'hommes ». Pourtant, si l'auteur fait la part belle aux histoires adultérines de Margot, cette dernière n'est pas totalement soumise à ses pulsions et sait user de son amant le marquis de la Mole et de son ami Coconnas, pour déjouer les plans de sa mère Catherine de Médicis et sauver ainsi son mari. Henri de Navarre est sauf, le marquis de la Mole aura lui un destin moins heureux…
Récit historique mais avant tout et surtout, très romanesque, « La reine Margot » est l'un des livres les plus connus d'Alexandre Dumas. Si l'auteur nous décrit une reine Margot intrigante et libertine pour les besoins de son histoire, il semble nécessaire de réhabiliter Marguerite de Valois dans l'Histoire en rappelant qu'elle était avant tout une personnalité politique avisée, ainsi qu'une des femmes les plus cultivées de son temps. Amie de Montaigne, ses lectures étaient celles De La Renaissance (Plutarque, Cicéron...). Dans une société obsédée par l'importance du paraître et empreinte de frivolité pour oublier les carnages des guerres de religion, Marguerite joua un rôle moteur dans la culture De La Renaissance tardive.
Il me reste à dire, cette parenthèse historique fermée, que le roman de Dumas est absolument passionnant, plein de rebondissements, et tout de même très instructif sur l'histoire de France.
Pour les amoureux d'histoire romanesque sur fond historique, c'est un inévitable classique.
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Citations et extraits (78) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   25 avril 2014
Charles était renversé sur son lit, l’œil éteint, la poitrine haletante ; de tout son corps découlait une sueur rougeâtre ; sa main, écartée, pendait hors de son lit, et au bout de chacun de ses doigts pendait un rubis liquide.
C’était un horrible spectacle.
Cependant, au bruit des pas de sa mère, et comme s’il les eût reconnus, Charles se redressa.
— Pardon, Madame, dit-il en regardant sa mère, je voudrais bien mourir en paix.
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BazaRBazaR   11 janvier 2016
-- Que penses-tu de tout cela, notre ami? avait demandé La Mole à Coconnas.
-- Je pense, avait répondu le Piémontais, qu'il y a dans tout cela quelque intrigue de cour.
-- Et, le cas échéant, es-tu disposé à jouer un rôle dans cette intrigue?
-- Mon cher, répondit Coconnas, écoute bien ce que je vais te dire et tâche d'en faire ton profit. Dans toutes ces menées princières, dans toutes ces machinations royales, nous ne pouvons et surtout nous ne devons passer que comme des ombres: où le roi de Navarre laissera un morceau de sa plume, et le duc d'Alençon un pan de son manteau, nous laisserons notre vie, nous. Perds la tête en amour, mon cher, mais ne la perds pas en politique.
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BazaRBazaR   14 janvier 2016
-- Vous disiez donc que vous étiez sorti à neuf heures du Louvre? dit la duchesse;
-- Oh! mon Dieu, oui, dans l'intention de venir droit ici, quand, au coin de la rue de Grenelle, j'aperçois un homme qui ressemble à La Mole.
-- Bon, encore La Mole.
-- Toujours, avec ou sans votre permission.
-- Brutal.
-- Bon, dit Coconnas, nous allons recommencer nos galanteries.
-- Non, mais finissez-en avec vos récits.
-- Ce n'est pas moi qui demande à les faire; c'est vous qui me demandez pourquoi je suis en retard.
-- Sans doute; est-ce à moi d'arriver la première?
-- Eh, vous n'avez personne à chercher, vous.
-- Vous êtes assommant, mon cher, mais continuez. Enfin, au coin de la Rue de Grenelle, vous apercevez un homme qui ressemble à La Mole... Mais qu'avez-vous donc à votre pourpoint? du sang!
-- Bon, en voilà encore un qui m'aura éclaboussé en tombant.
-- Vous vous êtes battu?
-- Je le crois bien.
-- Pour votre La Mole?
-- Pour qui voulez-vous que je me batte; pour une femme?
-- Merci!
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BazaRBazaR   08 janvier 2016
Henry ... redoublait donc de méfiance à l'endroit de la reine-mère, et cela avec d'autant plus de raison qu'insensiblement la figure de Catherine commençait à se dérider. Henry en arriva même à voir éclore un matin sur ses lèvres pâles un sourire de bienveillance. Ce jour-là il eut toutes les peines du monde à se décider à manger autre chose que des œufs qu'il avait fait cuire lui-même, et à boire autre chose que de l'eau qu'il avait vu puiser à la Seine devant lui.

(Henry: de Navarre; la reine-mère: Catherine de Médicis)
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BazaRBazaR   12 janvier 2016
Oh! n'importe, ma mère, reprit Henry avec angoisse, je ne veux pas partir. Moi, un fils de France, élevé dans le raffinement des mœurs polies, près de la meilleure mère, aimé d'une des plus charmantes femme de la terre, j'irais là-bas dans ces neiges, au bout du monde, mourir lentement parmi ces gens grossiers qui s'enivrent du matin au soir et jugent les capacités de leur roi sur celles d'un tonneau, selon ce qu'il contient. Non, ma mère, je ne veux point partir... J'en mourrais!

(Henry d'Anjou, futur Henri III, faisant son Caliméro alors qu'il vient d'être élu roi de Pologne)
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Si les deux premiers épisodes d’Hommage Collatéral s’intéressaient à des ambassadeurs contemporains de la culture Pop, le troisième est carrément dédié à l’un de ses pères fondateurs. Tout le monde a lu (ou prétend avoir lu) Les Trois Mousquetaires et Monte-Cristo. Mais la vie et la carrière d’Alexandre Dumas sont bien plus vastes, bien plus flamboyantes que ses deux chefs-d’oeuvre. À la fin de la précédente émission, je disais que Dumas était le showrunner de son époque. (Si vous lisez son Petit éloge des séries télé, vous constaterez que Martin Wincker est d’accord avec moi.) Il était aussi script doctor à ses heures et surtout écrivain, bien-sûr. Mais il était tellement d’autre choses ! Dramaturge, metteur en scène, poète, parolier, mécène, duelliste, entrepreneur, patron de presse, politicien, aventurier. Dumas à tout fait. (Et, ce qu’il n’a pas fait, il l’a écrit.) Il était tout ça à la fois, tout en témoignant des nombreux changements du monde, pendant le 19ème siècle. Bref, il fallait bien un double-podcast pour tenter de synthétiser sa carrière, ses oeuvres, ses amis, ses amours, ses emmerdes.
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