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Jean Tulard (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070364119
Éditeur : Gallimard (1973)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 652 notes)
Résumé :
On s'étripe, on s'égorge, on se massacre avec une volupté sans précédent. Corps transpercés, martyrisés viennent éclabousser un sein nu de leur sang. Les beaux duels des mousquetaires n'ont plus cours à l'heure de la Saint-Barthélemy. On s'assassine avec rage, les hommes sont des chiens, les héros des sangliers blessés. Dumas sème les cadavres au fil des pages de ce livre de chasse, trempé dans le poison de Catherine de Médicis. La fièvre érotique tient lieu d'amour... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
Relax67
Relax6711 janvier 2016
  • Livres 5.00/5
Eh bien ce premier contact avec Dumas est une incontestable réussite.
« La Reine Margot » s'appuie sur les évènements terribles de l'Histoire de France lors du furieux XVIème siècle. du mariage de Marguerite de Valois avec Henry de Navarre à la mort de Charles IX en passant par l'enfer de la Saint Barthélémy. Dumas nous offre de partager les intrigues d'alcôve et les amours cachées des Valois, de Navarre et dans une moindre mesure de Guise. L'essentiel de l'action se passe au Louvre où passages secrets et cabinets personnels cachent yeux et oreilles prêts à mordre à pleine dent votre vie pour l'adorer ou la terminer.
Dumas décore les Grands Personnages de quelques inventions de son cru (enfin, avec Auguste Maquet), en particulier les deux amoureux La Mole le huguenot Provençal et Coconnas le catholique Piémontais (en fait des diversions de personnages réels), amoureux de reine et duchesse, amis à la vie à la mort. Leur humeur, leur ton, leur simplicité apportent une épice indispensable au récit, épice qui sera balayée au fil du vent politique que souffleront les Grands.
Comme beaucoup de romans de Dumas, celui-ci a d'abord bénéficié d'une publication régulière dans un journal. Ce format nécessite le maintien d'un niveau d'attention du lecteur constant, de rebondissements réguliers. Les temps morts, les descriptions à rallonge sont proscrits. Et cela se ressent dans la lecture du pavé. Que l'on soit dans l'action type cape-et-épée ou dans le dialogue imbibé de sens caché ou de double sens, l'artiste maintient un niveau d'écriture élevé qui chatouillait mes neurones de plaisir pendant ma lecture.
L'une des obligations de ce type d'écriture, c'est que l'on doit écrire au maximum en noir et blanc. On doit faire évoluer des personnages principaux « bons » et de vrais « méchants ». Les demi-teintes sont permis, mais chez les seconds couteaux seulement (comme René le Parfumeur, formidable caractère). Parmi les « bons » on compte Margot, Henry de Navarre, La Mole et Coconnas. Parmi les « méchants », le duc d'Alençon, Maurevel l'assassin, et avant tout Catherine de Médicis.
Voir Catherine de Médicis agir en conformité avec sa légende noire a été une de mes plus grandes inquiétudes à l'abord de l'ouvrage. J'ai trop lu l'incroyable niveau de tolérance de la personne dans ces temps de guerre de religion pour accepter aisément de la voir réduite à un monstre haineux et implacable. Pourtant j'ai passé l'épreuve avec succès ; d'abord en me souvenant sans cesse que ce roman fait parfois des interprétations de l'Histoire que l'on ne peut plus accepter aujourd'hui, et ensuite en notant que ce personnage de méchant est très cohérent. Catherine est ambitieuse et superstitieuse. Une prophétie prédit que ses fils seront rois et mourront pour laisser la place au Bourbon (Henry de Navarre, futur Henry IV). Ce Henry est son pire ennemi et elle n'aura de cesse de l'éliminer par tous les moyens. Sa froideur, son machiavélisme, son dépit face à ses défaites successives sont savoureux, indispensables, structurants.
Pour finir, je voulais dire que j'ai lu par-ci, par-là que ce roman est le plus noir de Dumas, à cause de ses descriptions des massacres de la Saint Barthélémy notamment. Et pourtant je n'y ai vu que peu de noirceur. La violence est presque toujours enrobée d'un humour second degré que n'aurait pas renié Tarantino. La Saint Barthélémy même devient comique dans la bouche de Coconnas alors que lui-même découpe des tranches de huguenot, emporté par la folie ambiante. La seule mort que j'ai trouvé véritablement atroce est celle du jeune Orthon (oeuvre d'ailleurs de cette chère Catherine).
On pourrait poursuivre la discussion mais il faut bien s'arrêter quelque part. C'est déjà bien trop long. Dumas est définitivement adopté par mon esprit si peu classique. Je poursuivrai par son second roman Renaissance – La Dame de Monsoreau – dans quelques temps, après un détour par son théâtre. J'irai aussi voir du côté d'autres auteurs de roman historique du XIXème siècle. le premier qui me lorgne, c'est Walter Scott.
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Arakasi
Arakasi23 octobre 2014
  • Livres 5.00/5
Gloire à Dieu, gloire à la France ! En cet heureux jour de la Saint-Barthélemy, les différents entre catholiques et protestants viennent de prendre fin dans notre beau royaume : Marguerite de Valois, soeur de sa Majesté Charles IX, a épousé en justes noces Henri de Navarre, prince des huguenots français. L'heure est aux réjouissances, à la fraternisation, au bon vin coulant à flots dans les auberges de la capitale ! Mais quelque chose ne tourne pas rond dans les rues de Paris... Les bourgeois ont l'oeil sombre, les badauds grincent des dents, on a vu des armes et des cuirasses introduites en douce par les portes de la ville et Charles IX grimace plus qu'il ne sourit à son beau-frère navarrais. A la nuit tombée, les massacres éclatent. Traitreusement attirés par la nouvelle du mariage, les protestants sont taillés en pièce, éventrés, mutilés, brûlés sans distinction de rang ou de sexe. L'ouragan traverse Paris, renverse les murailles de la capitale pour s'abattre sur toute la France, laissant derrière lui une trainée de sang, de cendres et de haine purulente.
Dans ce climat de tempête, des destins vont s'entrecroiser. Ceux des Grands déjà, de ceux dont l'Histoire retiendra les noms, de ceux qui tiendront entre leurs mains les destins des nations pour les élever ou les jeter à terre : Charles IX, roi cruel et sensible dont la nature viciée ne parvient à s'épanouir que dans la violence ; Catherine de Médicis, sa redoutable mère prête à toutes les ignominies pour conserver les Valois sur le trône de France ; la reine Marguerite, épouse involontaire d'un homme qu'elle n'aime pas mais qu'elle défendra bec et ongles contre ses ennemis ; Henri de Navarre, le jeune et rusé souverain béarnais dont un oracle a prédit qu'il régnerait un jour sur la France entière – s'il survit bien sûr à cette épouvantable année de 1572 !

A ces illustres personnages, viennent se mêler des protagonistes plus humbles, gentilshommes de fortune que les courants violents de l'époque ont projetés sur le devant de la scène. le premier est protestant et a pour nom Hyacinthe de la Molle, le second est catholique et s'appelle Hannibal de Coconnasse. Par leur bravoure et leur dévouement, ils ont eu le bonheur d'attirer sur leurs têtes l'amour de deux des plus belles et grandes dames de leur temps, le reine Marguerite de Navarre et la duchesse Henriette de Nevers. Mais l'amour des princesses est chose périlleuse et, dans les couloirs enténébrés du Louvre, dagues et poignards brillent à la lumière des flambeaux…
« La Reine Margot » a la réputation d'être un des chefs-d'oeuvre de Dumas, mais aussi un des livres qui lui ont donnés le plus de fil retordre. Rien d'étonnant à cela quand on constate à quel point son atmosphère est éloignée de celles de la plupart des romans du jovial et optimiste écrivain romantique ! Ici, pas ou peu de chevauchées effrénées dans les bois, de batailles épiques et de duels flamboyants. L'action se déroule presque entièrement au Louvre et prend la tournure d'un quasi-huis-clos, franchement claustrophobique par moment. Intrigues et personnages baignent dans une ambiance de méfiance, de peur et de haine refoulée : on se bat un peu, bien entendu, mais surtout on ment, on trompe, on manipule, on trahit, on empoisonne… Délicieux programme, n'est-ce-pas ?
Le sanguinaire film de 1993 de Patrick Chéreau est parvenu à merveille à retranscrire cette atmosphère venimeuse. Dommage en revanche qu'il n'ait pas su conserver la qualité de la prose de Dumas, la vivacité de ses dialogues, l'humour toujours présent qui parviennent à contrebalancer ce que « La Reine Margot » pourrait avoir de trop étouffant. Mais ce que je ne pardonne pas à Chéreau, c'est d'avoir à ce point raté le personnage d'Henri de Navarre… Oh, le roman regorge de beaux personnages, complexes et tourmentés, mais, moi, c'est Henri de Navarre que j'aime ! J'aime son bagout de gascon, son humour goguenard et égrillard, sa finesse de jeune renard, son sourire de paysan matois, sa prodigieuse agilité d'équilibriste, ses petits défauts et mesquineries sans lesquels un grand homme ne serait jamais véritablement humain. Je l'aime tellement que je me trimballe dans un sac, depuis maintenant plus d'une semaine, une monstrueuse biographie qui me scie littéralement les muscles de l'épaule. Merci qui ? Merci, m'sieur Dumas, pardi !
(Oups, je ne comptais pas faire si long. Comme quoi, quand on se laisse emporter par l'enthousiasme...)
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PiertyM
PiertyM11 avril 2014
Lire ce livre, ce sont des heures de moments agréables, d'ouverture sur l'histoire de la France, d'accès aux secrets des royautés, de la gestion interne de l'état qui implique beaucoup de sacrifice de soi comme quoi face à l'état, en tant que gouverneur, on a plus de devoir que de droit, même au bord de la mort le souverain doit toujours se montrer bien portant devant le grand public, de la découverte d'une hypocrisie comme arme qu'on brandit pour anéantir ses adversaires, de découverte d'un monde de chassés-croisés où tout se joue autour de la couronne, pour y accéder, on fait recours à plusieurs moyens même les plus sombres et les valeurs de la famille, de l'amitié et de l'amour peuvent être compromises ou sacrifiées.
Des personnages y sont peints avec à un humour particulier où chacun use d'un langage propre à soi pour exprimer ses émotions, ce qui détend un peu l'atmosphère...
On découvre les terribles personnages de deux grandes reines: la reine Margot , l'amoureuse et la reine Catherine de Médicis la téméraire.
La reine Margot, ne bénéficiant pas malheureusement de l'amour de son mari le roi Henri de Navarre, elle est à la recherche de l'amour sous l'oeil indifférent de son mari. Aussi jettera-t-elle son dévolu sur le jeune gentleman le comte de la Mole qu'elle réussira à sauver pour la première fois entre les mailles du massacre des catholiques. Mais pour la deuxième fois, elle ne réussira pas à lui épargner la mort avec une machination fondée de toutes pièces dont la ficelle est tenue par la reine Catherine de Médicis la téméraire pour camoufler son inclination aux pratiques occultes...
La reine Catherine de Médicis la téméraire, l'actionnaire ténébreuse de la royauté où elle veut juste voir ses enfants régner surtout son préféré qui est le duc d'Anjou...sur ce, il lui faut à tout prix mettre à mort Henri de Navarre..
Dans ses pratiques, malheureusement, l'horoscope prédit une forte destinée pour le roi Henri de Navarre, ça, madame la téméraire ou l'empoisonneuse ne peut l'admettre, aussi elle mènera une grande guerre contre cette destinée, prête alors à remuer terre et ciel pour parvenir à ses fins, mais la providence en décide autrement, elle le comprendra quand son fils, le roi Charles IX va périr du poison prévu pour le roi Henri...
Quant aux garçons marquant cette histoire, ils n'ont qu'un seul but la couronne malgré le fait qu'ils soient tous des frères, une guerre froide se joue entre eux...
Oufff!!! un classique à lire pour pouvoir sourire tous les jours!!! Ah ah ah ah ah ah...!!!
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Ys
Ys27 juillet 2015
  • Livres 5.00/5
Paris est en fête, en ce beau soir d'août 1572. Paris... le Louvre surtout, car dans les rues de la capitale, le peuple gronde plus qu'il ne rit et un observateur attentif pourrait vite deviner que quelque chose de terrible se trame dans l'ombre pendant que la cour danse derrière les vitres illuminées.
Août 1572... la soeur du roi, la belle et savante Marguerite de Valois vient d'épouser Henri de Navarre. Nous sommes à quelques jours de la Saint-Barthelemy et deux jeunes hommes débarquent juste de leur province pour se mettre au service, l'un de Navarre, l'autre de Coligny. L'un est aussi discret, courtois et délicat que l'autre est tempétueux, arrogant et beau parleur. L'un est protestant, l'autre catholique. L'un sera aimé de la reine de Navarre, l'autre de la duchesse de Nevers, sa pétillante amie. le sort ne cesse de les réunir, et s'ils manquent par deux fois de s'entretuer, leur amitié sera finalement de celles que l'histoire retient comme des plus belles.
Hélas pour eux, l'amour d'une reine est chose dangereuse, surtout dans une cour plus toxique qu'un massif de digitales, et les deux gentilhommes vont se retrouver embarqués malgré eux dans des complots qui les dépassent.
Car la Reine Margot, c'est aussi - et peut-être même avant tout - l'histoire d'une dynastie sur le point de s'éteindre, menacée par l'astre naissant, encore bien pâle mais que le Destin annonce resplendissant, d'un jeune roi sans trône ni richesse.
Outre Charles IX, à la santé vacillante, Catherine de Médicis a encore deux fils bien vivants, d'Anjou et d'Alençon, mais elle a trop lu les oracles et tous s'accordent pour annonces les morts violentes, le changement de direction vers ce roi de Navarre qu'elle abhorre et qu'elle est prête à tout pour écarter de son chemin. Y compris lui donner sa fille en leurre pour mieux préparer son anéantissement. Malheureusement pour elle, la belle Margot se révèle bien moins docile qu'elle ne l'espérait. Moins sanguinaire que ses frères, elle n'en désire pas moins le pouvoir, et cet époux imposé pourrait être un excellent moyen d'y parvenir...
Si l'Histoire est copieusement violée, dans cette affaire, quel bel enfant Dumas ne lui offre-t-il pas en échange ! La Reine Margot est de ces romans d'aventure qui de l'Histoire font des mythes - moins subtils sans doute, mais plus enthousiasmants, pleins de sève, de ténèbres et de splendeurs.
A la superbe et tragique amitié entre La Mole et Coconas - amitié passionnée jusque dans la mort, jusqu'au-delà de l'amour - s'opposent les sinistres sinuosités du pouvoir, de l'ambition et de la raison d'Etat, les rancoeurs, les jalousies, les haines mal déguisées d'une famille aussi puissante que bancale. le sort des uns a la grandeur des épopées, le sort des autres fascine comme les détour d'un diabolique roman noir.
Tirée vers le sublime par son amour pour La Mole, relevée par son intelligence érudite, sa loyauté envers son époux et sa tendresse pour son frère mourant, mais ambitieuse elle aussi et fatale à ses amants, Valois, au fond, de tout son sang, Margot est à la frontière entre deux mondes, entre le pur et l'impur, l'idéal et le sordide. Personnage fascinant et d'une belle portée symbolique - à l'image de plusieurs d'autres d'ailleurs.
Charles IX - dissimulateur machiavélique, demi-fou sanguinaire, pantin manipulé par sa mère, misanthrope malheureux, enfant mal-aimé lié trop jeune à un trône qui l'écrase, garçon cruel et sensible capable de charmer celui qu'il veut écraser comme de donner tout son coeur à qui l'aimerait sans détour. Haïssable parfois, mais à la fin le plus attachant de tous.
Henri de Navarre, le rusé, d'une parfaite docilité en apparence mais l'oeil à tout, ne manquant rien, et qui louvoie pour survivre en attendant son heure. Parfait époux, qui plus est, ni amoureux ni jaloux, et excellent allié pour qui a mérité sa confiance. Catherine de Médicis, enfin, mère dénaturée par le pouvoir, la crainte obsessionnelle de le perdre et la tendresse exclusive portée à son cadet, créature démoniaque sachant déjouer tous les complots, la main toujours sûre pour guider le fer ou verser le poison.
C'est entre ces deux-là qu'en arrière-plan se joue le véritable duel de ce roman riche en coups d'épée. Celui d'un pouvoir archaïque déclinant, tâché de sang, guidé par les passions mauvaises et les superstitions, contre le pouvoir plus moderne de l'intelligence et de la force d'esprit, sur le point d'éclore avec le premier des Bourbons.
Là au milieu, la pauvre Margot a-t-elle une chance d'être jamais vraiment reine ?
Trop longtemps repoussée, cette relecture fut aussi enthousiasmante et bien plus intéressante encore que ne l'avait été ma découverte du livre au seuil de l'adolescence. Dumas, définitivement, se dévore et s'adore à tout âge !
Lien : http://ys-melmoth.livejournal.com/213355.html
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LunaZione
LunaZione11 octobre 2013
  • Livres 5.00/5
Ça fait très longtemps maintenant que j'avais envie de découvrir ce livre. D'autant plus que j'adore Dumas, mais, comme pour tous ses livres, sa taille n'est pas vraiment encourageante... du coup, le temps à passé et ce n'est que grâce au Baby-challenge Classique et au Challenge ABC de Nanet que j'ai enfin pris le temps de le découvrir. Et puis, comme ça, j'avais ma lecture pour le Challenge Un mot, des titres toute trouvée !
Alors, effectivement, il est gros comme livre, mais son histoire est tellement prenante que je n'aurais pas mis longtemps pour en voir la fin !
J'ai beaucoup aimé la vision de la royauté que nous offre ce roman : bien sûr, c'est romancé, mais j'aime beaucoup le côté véridique que l'on devine sous toute cette histoire. Je pense notamment au fait que les membres de la famille royale tentent par tous les moyens de maintenir leur image du coup La reine Margot prend un tournant plutôt sombre... J'ai bien aimé également tout le rapport à la sorcellerie et le côté assez obscur de l'histoire : Catherine de Médicis en deviendrait presque une abominable sorcière !
Honnêtement, je ne connais pas du tout l'histoire de Marguerite de Valois, du coup, je n'ai absolument aucune idée de la proportion de vérité qu'il y a dans ce roman. Bon, forcément, j'ai senti que certains passages pouvaient difficilement être possible, mais j'ai tout de même eu envie d'y croire. Alexandre Dumas avait une force de persuasion assez fascinante : bien que l'on sait pertinemment que ça ne peut pas être possible, on se prête vraiment au jeu.
La narration est vraiment très agréable ! J'ai d'ailleurs été très surprise de découvrir un humour assez marqué dans ce texte. J'ai trouvé ça d'autant plus appréciable que, par le côté classique du livre, je ne m'y attendais vraiment pas.
L'autre truc qui m'a beaucoup plus dans ce roman, c'est qu'il a un côté très théâtrale : non pas dans les situations ou dans les dialogues, mais par sa présentation. Les chapitres se finissant quasiment tous sur un suspense et il n'y a en fait que très peu de lieux à l'histoire. C'est étrange mais ça ne m'a pas du tout dérangée.
Un Dumas à découvrir. Vraiment. ;)
Lien : http://lunazione.over-blog.com/article-la-reine-..
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Citations & extraits (71) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB25 avril 2014
Charles était renversé sur son lit, l’œil éteint, la poitrine haletante ; de tout son corps découlait une sueur rougeâtre ; sa main, écartée, pendait hors de son lit, et au bout de chacun de ses doigts pendait un rubis liquide.
C’était un horrible spectacle.
Cependant, au bruit des pas de sa mère, et comme s’il les eût reconnus, Charles se redressa.
— Pardon, Madame, dit-il en regardant sa mère, je voudrais bien mourir en paix.
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Relax67Relax6711 janvier 2016
-- Que penses-tu de tout cela, notre ami? avait demandé La Mole à Coconnas.
-- Je pense, avait répondu le Piémontais, qu'il y a dans tout cela quelque intrigue de cour.
-- Et, le cas échéant, es-tu disposé à jouer un rôle dans cette intrigue?
-- Mon cher, répondit Coconnas, écoute bien ce que je vais te dire et tâche d'en faire ton profit. Dans toutes ces menées princières, dans toutes ces machinations royales, nous ne pouvons et surtout nous ne devons passer que comme des ombres: où le roi de Navarre laissera un morceau de sa plume, et le duc d'Alençon un pan de son manteau, nous laisserons notre vie, nous. Perds la tête en amour, mon cher, mais ne la perds pas en politique.
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Relax67Relax6714 janvier 2016
-- Vous disiez donc que vous étiez sorti à neuf heures du Louvre? dit la duchesse;
-- Oh! mon Dieu, oui, dans l'intention de venir droit ici, quand, au coin de la rue de Grenelle, j'aperçois un homme qui ressemble à La Mole.
-- Bon, encore La Mole.
-- Toujours, avec ou sans votre permission.
-- Brutal.
-- Bon, dit Coconnas, nous allons recommencer nos galanteries.
-- Non, mais finissez-en avec vos récits.
-- Ce n'est pas moi qui demande à les faire; c'est vous qui me demandez pourquoi je suis en retard.
-- Sans doute; est-ce à moi d'arriver la première?
-- Eh, vous n'avez personne à chercher, vous.
-- Vous êtes assommant, mon cher, mais continuez. Enfin, au coin de la Rue de Grenelle, vous apercevez un homme qui ressemble à La Mole... Mais qu'avez-vous donc à votre pourpoint? du sang!
-- Bon, en voilà encore un qui m'aura éclaboussé en tombant.
-- Vous vous êtes battu?
-- Je le crois bien.
-- Pour votre La Mole?
-- Pour qui voulez-vous que je me batte; pour une femme?
-- Merci!
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Relax67Relax6712 janvier 2016
Oh! n'importe, ma mère, reprit Henry avec angoisse, je ne veux pas partir. Moi, un fils de France, élevé dans le raffinement des mœurs polies, près de la meilleure mère, aimé d'une des plus charmantes femme de la terre, j'irais là-bas dans ces neiges, au bout du monde, mourir lentement parmi ces gens grossiers qui s'enivrent du matin au soir et jugent les capacités de leur roi sur celles d'un tonneau, selon ce qu'il contient. Non, ma mère, je ne veux point partir... J'en mourrais!

(Henry d'Anjou, futur Henri III, faisant son Caliméro alors qu'il vient d'être élu roi de Pologne)
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Relax67Relax6708 janvier 2016
Henry ... redoublait donc de méfiance à l'endroit de la reine-mère, et cela avec d'autant plus de raison qu'insensiblement la figure de Catherine commençait à se dérider. Henry en arriva même à voir éclore un matin sur ses lèvres pâles un sourire de bienveillance. Ce jour-là il eut toutes les peines du monde à se décider à manger autre chose que des œufs qu'il avait fait cuire lui-même, et à boire autre chose que de l'eau qu'il avait vu puiser à la Seine devant lui.

(Henry: de Navarre; la reine-mère: Catherine de Médicis)
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