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rosulien
  02 mai 2014
Remarquable roman ,érudit,foisonnant
Le sujet est ,au départ, assez simple: la recherche d'un manuscrit de Lucrèce par un bibliophile
La suite s'avère plus ambitieuse : à partir du livre, revisiter une grande partie de la philosophie depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours
Inutile dévoiler complètement la trame
Un livre quelquefois ardu, souvent surprenant dans les descriptions de certaines époques ou de certaines situations historiques
Un livre exigeant et passionnant à lire et à relire




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marieclaude64
  26 novembre 2013

Plus qu'un roman. Un voyage dans l'univers de la culture et des manuscrits de l'Antiquité à l'époque moderne.
Le Pogge, un érudit italien du XV ème siècle, recherche une copie de l' oeuvre la plus importante de Lucrèce, le de Rerum Natura. Mais, le texte de Lucrèce inspiré de la philosophie d'Epicure n'est -il pas « une bombe intellectuelle « ? Quelles vont être les conséquences de la révélation d'un monde d'atomes animés par le hasard et non par Dieu ?
Avec une érudition sans aucune pédanterie, un remarquable talent de conteur, S.Greenblatt nous entraîne dans un monde d'érudits ambitieux et mesquins, d'hommes d' Eglise corrompus et peureux.
Alors, suivez Le Pogge et découvrez l'autre face De La Renaissance.
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keisha
  25 juillet 2013
Poggio Bracciolini, dit Le Pogge, a été secrétaire de bon nombre de papes, et copiste de manuscrits, usant d'une superbe écriture (avant Gutenberg, donc)
C'est aussi une sorte de chasseur de manuscrits aimant fouiner dans les monastères italiens et étrangers. Avec de belles trouvailles. Dont une copie du de rerum natura de Lucrèce, disciple d'Epicure, dont il permet la diffusion, en dépit du caractère révolutionnaire dudit traité. Rien moins que les atomes, et des idées ne plaisant guère à l'inquisition. Des conséquences incontrôlables.
Belle présentation de l'époque de Lucrèce, et ce celle du Pogge. Cela se lit très très bien, tout en restant érudit.
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andras
  02 mars 2016
Stephen Greenblatt nous entraine à la suite du "Pogge", un des précurseurs De La Renaissance italienne, à la recherche d'un manuscrit disparu durant tout le Moyen Âge : celui de "De Natura Rerum" de Lucrèce. Il ne s'agit pas d'un roman historique comme le début nous inciterait à le croire mais plutôt d'un livre d'histoire, où la philosophie et l'histoire des idées tient une place importante. C'est un livre que je recommande à tous ceux qui s'intéressent à la période charnière De La Renaissance et plus généralement au combat entre le fanatisme et la raison.
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doyoulikefrogs
  17 novembre 2015
Au départ on se dit...encore un best-seller historique de plus... mais en fait, il est hautement indispensable de lire ce livre.

On plonge totalement dans l'univers médiéval du Pogge, personnage grotesque, intellectuel de son temps, à travers les méandres des bibliothèques d'abbayes à la recherche d'un manuscrit intitulé De rerum natura de Lucrèce. On porterait peu d'importance à ce bout de parchemin mais l'auteur réussit à nous convaincre qu'il s'agit là d'une oeuvre d'une importance capitale dans la construction de la civilisation occidentale. ..l'auteur nous raconte le passage du Moyen Âge à la Renaissance, ce basculement vers l'incroyable progrès des connaissances et la redécouverte des auteurs de l'Antiquité.

Portée par des explications intéressantes voire passionnantes sur le document et par les tribulations du Pogge dans l'Europe pré Renaissance, je n'ai pas décroché un seul instant même s'il ne s'agit pas vraiment d'un roman mais d'un essai relayant le maximum d'informations divulgables pour le grand public sur cette oeuvre mal connue.
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Librincanto
  16 septembre 2015
Un livre sur la Renaissance italienne, une période que j'apprécie particulièrement. Alors évidemment, voyant la quatrième de couverture, je n'ai pas hésité une seconde à me plonger dans cet univers qui me passionne tant, pensant qu'il s'agissait d'une biographie du Pogge.
Les deux premiers chapitres satisfont mes attentes, à tel point que j'ai hâte de connaître la suite. Mais à partir du 3ème chapitre, une grande déception s'annonce : la rédaction prend la tournure d'un essai et cela durera jusqu'à la fin.
Une déception certes, mais qui n'est pas totale. J'ai apprécié de partager cette quête du Pogge à travers les monastères afin de trouver des manuscrits. La vie de l'époque y est décrite de manière très détaillée, en raison de l'immense travail de recherche de l'auteur.
Au-delà de la Renaissance, on retourne à l'Antiquité, avec l'histoire des livres sous forme de rouleaux, les parchemins avant d'arriver aux manuscrits. Comment les livres de l'Antiquité ont-ils pu subsister à travers le Moyen-Age, une époque où seule une très faible minorité de la population était capable de lire et où les histoires se transmettaient essentiellement par l'oralité ou encore par l'art ? Stephen Greenblatt nous apporte la réponse dans les premiers chapitres du livre, avant de se consacrer à la découverte du manuscrit de Lucrèce, le de Rerum Natura. L'auteur évoque ensuite les idées présentes dans ce livre d'une importance capitale pour l'évolution de la pensée des futurs grands écrivains.
Si vous aimez la Renaissance et que vous avez des connaissances historiques sur cette période, n'hésitez pas à lire ce livre, il vous comblera.
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songtsen
  12 mai 2015
Que j'en veux à mon père et à ma mère de ne pas m'avoir fait découvrir le livre de Lucrèce "De rerum natura" plus tôt !

Heureusement que des humanistes érudits, découvreurs de trésors cachés, courageux face au dragon de l'Inquisition, ont osé être les maillons de cette longue chaîne qui nous relie à la pensée moderne; celle qui venait d'éclore il y a plus de 2000 ans et qui a failli disparaître à tout jamais, sous le poids des anathèmes. Poggio Bracciolini étaient l'un d'eux.

Pour Toi, lecteur, livre passionnant !
De forme intermédiaire entre le récit et l'essai. Pas trop universitaire mais solide quand même. Je regrette le caractère inégal des chapitres: la forme littéraire du premier était intéressante mais n'a pas été poursuivie dans le restant du livre. Dommage.
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alaiseblaise
  12 mars 2015
Lucrèce (entre 98/94 et 55 av JC) restera le grand nom de l'épicurisme romain.
Son long poème en vers (7 400 héxamètres non rimés), « de la nature » (De rerum natura), hommage vibrant à Epicure, hymne insolent à Vénus la déesse de l'Amour, innovante vision scientifique du monde, nous parle, encore, plus de deux mille ans plus tard, de religion, du plaisir et du sexe, de la maladie et de la mort, de la nature, de la société.

Ce texte va influencer Shakespeare, Michel Ange, Boticelli, Montaigne (qui le cite abondamment dans ses Essais), Giordano Bruno, Machiavel.

Stephen Greenblatt nous raconte (nous conte merveilleusement), avec une érudition passionnante (jamais pesante, ni prétentieuse), la redécouverte de « de la nature » par l'italien Poggio Bracciolini, dit Le Pogge en 1417 dans un monastère au sud de l'Allemagne.

Comment ces moines allemands ont-ils accueillis ce brûlot ?
Pourquoi ont-ils copié et recopié cette poésie sulfureuse ?
Comment et pourquoi ont-ils sauvé cette oeuvre révolutionnaire ?

Latiniste brillant, Le Pogge fut « scriptor » (clerc chargé de rédiger les documents officiels de la curie), secrétaire apostolique puis « chasseur » de manuscrits de la Rome classique et de l'Antiquité.

C'est le début De La Renaissance et de ses humanistes.
C'est l'histoire de l'écriture, des rouleaux de papyrus à la naissance de l'Imprimerie en passant par les codex.
L'histoire mouvementée du douloureux passage des religions païennes au catholicisme.
L'histoire de l'agonie de l'Empire romain d'Occident.
L'histoire, souvent scandaleuse et parfois rocambolesque de la papauté.
L'histoire du devenir des textes païens remis à jour par les humanistes De La Renaissance.

Le Pogge va redonner vie (comme une renaissance), après des siècles de silence et d'obscurantisme, au poème radical de Lucrèce.
Ce texte, obscène et malfaisant selon l'Eglise catholique officielle prétend que l'âme se dissout après la mort, « ainsi du vin quand son bouquet s'est évanoui, du parfum dont l'esprit suave s'est envolé ».
Ce texte affirme que l'Univers n'a pas de créateur ni de concepteur, que la Providence est le fruit de l'imagination.
Ce texte voit la vie comme une recherche du plaisir.

Cet essai de Greenblatt est un coup de maître.
Non, non, cher lecteur, surtout ne fuyez pas, ce bel ouvrage se lit comme un roman.
Une véritable mine d'or d'histoire culturelle.
Un grand moment de lecture, les yeux écarquillés de bonheur d'apprendre.
Sincèrement recommandé.
Tiens, j'ai déjà envie de le relire…

« Les poèmes du sublime Lucrèce ne périront que le jour où le monde entier sera détruit. » Ovide
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Luvadea
  24 novembre 2014
Un livre intelligent, passionnant de bout en bout. on sort de cette lecture enrichi, et avec l'impression d'avoir appris beaucoup de choses, notamment sur la manière dont notre vision actuelle du monde s'est construite! Par contre, attention: il faut préciser que ce n'est pas vraiment un roman, mais bien plus un essai.
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nathalia1307
  15 avril 2014
"Le Pogge prit ses distances par rapport au contenu de de la Nature, mais c'est lui qui fît le premier pas décisif en sortant l'ouvrage de son rayonnage en le faisant copier et en envoyant une copie à ces amis florentins. Une fois le poème remis en circulation la difficulté n'était pas de le lire (si l'on maîtrisait suffisamment le latin), mais de discuter ouvertement de son contenu ou de prendre au sérieux ses idées."


C'est une lecture assez inattendue, l'entrée en matière m'a très vaguement rappelé le nom de la Rose d'Umberto Ecco, cependant la comparaison s'arrête là ce n'est pas un roman.


Il ne faut pas s'attendre à une intrigue, l'auteur déroule une biographie de le Pogge, officiellement secrétaire apostolique du très controversé pape Jean XXIII, officieusement chasseur de manuscrits anciens. Il retrace habilement la "mise en circulation" d'un texte philosophique païen de Rerum Natura, de la Nature écrit par Lucrèce disciple d'Epicure, datant de l'époque Antique, environ 50 ans avant JC.

Bien sur, pourquoi lire cet ouvrage? Si comme moi, vous n'avez souvenir de cours de latin, que les fables d'Esope et le Satiricon de Pétrone, ou les souvenirs d'occuper le dernier rang de la classe, mon initiation au latin et grec reste mémorable.

Cet ouvrage écrit par une "pointure" reste accessible, le but n'est pas d'endormir le lecteur ou de le noyer dans les ténèbres de cette époque médiévale du XVe siècle.

à l'origine Le Pogge a débuté comme copiste, a gravi les échelons de la curie Romaine sans pour autant endosser l'habit religieux, pour accéder au poste le plus élève pour un laïc, le secrétaire du Pape.


Après le destitution de Jean XXIII, il décide de se consacrer à la bibliophilie, et la recherche de textes philosophiques anciens, non tolérés par le Vatican, il est lui même un grand admirateur de Cicéron. Il fait partie de ces hommes, qui, au cours du Moyen Age, grâce à leur connaissance précise et exacte du latin et de leur soif de savoirs, développent et véhiculent un courant humaniste. En contraste de la terreur, la peur des maladies, du châtiment d'outre-tombe, et de l'obscurantisme propre au Moyen Age, perpétués par l'Eglise grâce à la puissante Inquisition afin de maintenir souveraine la Chrétienté.

1417, Le Pogge arrive dans un monastère allemand, il veut accéder à la bibliothèque du monastère et en consulter les ouvrages , il va devoir gagner les faveurs de la communauté et, et il découvre ce texte de Lucrèce, un texte sublime, et moderne de part les idées exprimées, comme le souligne l'auteur. Il met la main sur ce texte de Lucrèce, et en fait réaliser une copie par son assistant scribe.

A partir de l'histoire de cet homme, Stephen Greenblatt va exposer plusieurs thématiques; composant les différents chapitres. Il remonte jusqu' à l'antiquité: les conversations des philosophes et leur talent pour la rhétorique, l'histoire du livre se décline en tant que support, la vie des scribes, des bibliothécaires et la grandeur de la bibliothèque d'Alexandrie, la vie d'Hypathie y est également évoquée, puis la diffusion des ouvrages, la vie dans les monastères et le travail des moines copistes, les marges des manuscrits ont conservés les traces de leur détresse "Qu'il soit permis aux moines copistes de mettre fin à son labeur" "J'ai fini, avouait un autre, pour l'amour du ciel donner moi à boire"


Cette partie est assez captivante pour les néophytes, comme moi.

Puis, il aborde la biographie de le Pogge, sa vie à la Curie Romaine, et le déchainement du pouvoir au sein du Vatican. L'homme est complexe, détestant l'Eglise, il accède cependant à de hautes fonctions à la Curie, qu'il conservera durant de nombreuses années. Le Pogge n'aimait pas les moines, qu'ils trouvent "ignorants et d'une paresse désespérante", pour lui les monastères sont remplis "d'inadaptés à la vie en société".

Il explique ensuite le fameux texte de la nature, en expliquant sommairement le contenu et la portée, et en quoi ce texte a pu transformer les consciences, sauf que "la police de la pensée est à l'oeuvre", et de la Nature est jugée comme une fable, un texte sans danger par les ecclésiastiques soucieux de maintenir la chrétienté, le danger est ailleurs car la réforme est en marche. le texte n'est pas accessible au commun des mortels, il nécessite une maitrise de la langue latine.

Pourtant, Le Pogge sembla avoir trouvé dans ce texte, une forme de réponse comme d'autres, Erasme, Botticelli, Thomas Moore, Machiavel, Molière, Thomas Moore, Shakespeare, poètes anglais jusqu'à Thomas Jefferson inspirés par le message de ce texte ont trouvé une former d'inspiration.

Outre la plongée dans le Moyen Age très intéressante, et le portrait de cet homme, amoureux de livres, l'auteur a su mettre le projecteur sur l'idée de pérennité d'un livre, nul doute que ce texte de la Nature aurait pu disparaitre comme tant d'autres, il a survécu au temps, la probabilité qu'il parvienne jusqu'à nous résulte d'un concours de circonstances aléatoires habilement retracé par Stephen Greenblatt, presque romanesque ou peut être tout simplement ce texte doit à sa beauté, d'avoir pu traverser le temps.

Autant dire que résumer cet ouvrage est impossible, il faudrait en citer pas mal de passages, et relire le chapitre sur le texte "De La Nature", son contenu reste très philosophique, pas inaccessible, dense surtout. Cet ouvrage reste assez atypique dans un contexte ou le livre devient un véritable produit de consommation.
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