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Critiques sur Quattrocento (53)
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luocine
  25 novembre 2014
Avec ce livre, nous passons donc d'une période à l'autre, notre fil conducteur sera l'épicurisme et la philosophie antique. C'est l'occasion pour l'auteur de montrer comment on a, peu à peu, perdu ces textes, pourtant Rome possédait des bibliothèque, et l'antiquité respectait la philosophie et la liberté de penser. Un des épisodes racontés dans ce livre, m'a fait froid dans le dos . 350 ans après JC, Alexandrie possède encore une belle bibliothèque et connaît une riche vie intellectuelle . Une femme Hypatie est considérée comme une autorité en matière philosophique, comme elle est païenne, un chrétien Cyrille excite un groupe de fanatiques pour la tuer de façon atroce. Et pour ces hauts faits, Cyrille est devenu un saint catholique…

Ensuite nous passons du temps dans les abbayes et les couvents ramassis de fanatiques abrutis et hypocrites, pour le Poggio. Mais heureusement, leur ignorance ou leur peur du paganisme a permis à quelques livres latins d'être sauvés. Puis voilà la renaissance avec malheureusement l'inquisition qui s'installe, celle-là même qui empêchera Galilée de dire que la terre tournait autour du soleil.

Que faire alors de Lucrèce qui pense que l'homme n'est qu'un élément de la nature. Et que les dieux , s'ils existent ne s'occupent pas des hommes. Bien sûr, l'auteur du « natura rerum » ne connaissait pas le « vrai Dieu » mais ses idées sont suffisamment libératrices pour que l'église n'ait eu de cesse de brûler son livre et aussi les hommes à l' esprit suffisamment libre qui s'en réclamaient. Il est vrai que faire du principe du plaisir le seul but de la vie sur terre cela devait déranger ses messieurs qui se fouettaient pour la gloire de leur Dieu. Et surtout, dire qu'après la mort il n'y a rien et que l'on peut donc tranquillement profiter de la vie, qu'il n'est nul besoin d'avoir peur de la mort puisqu'on ne sera pas là pour souffrir. Là c'est trop pour une religion qui fait son commerce (voire les indulgences) de la peur de l'enfer. Je me souviens de mon cours de littérature de seconde sur l'Humanisme, et l'étude de Montaigne, si j'en avais compris l'essentiel, j'aurais, cependant, aimé lire ce roman pour en comprendre tous les enjeux.

Encore une fois la cruauté et la stupidité de l'église catholique de cette époque, m'ont totalement révoltée et me font penser au radicalisme des islamistes d'aujourd'hui.
Lien : http://luocine.fr/?p=2548
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marieclaude64
  26 novembre 2013

Plus qu'un roman. Un voyage dans l'univers de la culture et des manuscrits de l'Antiquité à l'époque moderne.
Le Pogge, un érudit italien du XV ème siècle, recherche une copie de l' oeuvre la plus importante de Lucrèce, le de Rerum Natura. Mais, le texte de Lucrèce inspiré de la philosophie d'Epicure n'est -il pas « une bombe intellectuelle « ? Quelles vont être les conséquences de la révélation d'un monde d'atomes animés par le hasard et non par Dieu ?
Avec une érudition sans aucune pédanterie, un remarquable talent de conteur, S.Greenblatt nous entraîne dans un monde d'érudits ambitieux et mesquins, d'hommes d' Eglise corrompus et peureux.
Alors, suivez Le Pogge et découvrez l'autre face De La Renaissance.
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Tachan
  22 janvier 2018
L'auteur livre plus qu'une enquête sur un manuscrit disparut mais profite aussi de l'occasion pour brosser le portrait de l'Europe de la Renaissance et des idées qui la parcourent. L'auteur remonte habillement chaque fil du passé avec un rare talent pour les entremêler. J'ai été ravie par cette lecture et notamment le portrait fidèle de la religion catholique dans toute sa malignité.
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Acerola13
  16 février 2017
Quattrocento débute par la description d'un homme mystérieux, Le Pogge, qui semble à la recherche d'un manuscrit. Si j'ai eu beaucoup de mal à entrer dans le récit lors des premiers chapitres, trop centrés sur la vie du Pogge, j'ai plus apprécié la suite, consacrée au de rerum Natura, aux fragments qu'on avait retrouvé, au contexte des différentes époques, à ses potentiels lieux d'influence, aux idées et conflits des épicuriens.
Partie donc sur une mauvaise impression, je ne m'en suis pas moins passionnée pour les nombreuses informations qui parsèment le récit !
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alaiseblaise
  12 mars 2015
Lucrèce (entre 98/94 et 55 av JC) restera le grand nom de l'épicurisme romain.
Son long poème en vers (7 400 héxamètres non rimés), « de la nature » (De rerum natura), hommage vibrant à Epicure, hymne insolent à Vénus la déesse de l'Amour, innovante vision scientifique du monde, nous parle, encore, plus de deux mille ans plus tard, de religion, du plaisir et du sexe, de la maladie et de la mort, de la nature, de la société.

Ce texte va influencer Shakespeare, Michel Ange, Boticelli, Montaigne (qui le cite abondamment dans ses Essais), Giordano Bruno, Machiavel.

Stephen Greenblatt nous raconte (nous conte merveilleusement), avec une érudition passionnante (jamais pesante, ni prétentieuse), la redécouverte de « de la nature » par l'italien Poggio Bracciolini, dit Le Pogge en 1417 dans un monastère au sud de l'Allemagne.

Comment ces moines allemands ont-ils accueillis ce brûlot ?
Pourquoi ont-ils copié et recopié cette poésie sulfureuse ?
Comment et pourquoi ont-ils sauvé cette oeuvre révolutionnaire ?

Latiniste brillant, Le Pogge fut « scriptor » (clerc chargé de rédiger les documents officiels de la curie), secrétaire apostolique puis « chasseur » de manuscrits de la Rome classique et de l'Antiquité.

C'est le début De La Renaissance et de ses humanistes.
C'est l'histoire de l'écriture, des rouleaux de papyrus à la naissance de l'Imprimerie en passant par les codex.
L'histoire mouvementée du douloureux passage des religions païennes au catholicisme.
L'histoire de l'agonie de l'Empire romain d'Occident.
L'histoire, souvent scandaleuse et parfois rocambolesque de la papauté.
L'histoire du devenir des textes païens remis à jour par les humanistes De La Renaissance.

Le Pogge va redonner vie (comme une renaissance), après des siècles de silence et d'obscurantisme, au poème radical de Lucrèce.
Ce texte, obscène et malfaisant selon l'Eglise catholique officielle prétend que l'âme se dissout après la mort, « ainsi du vin quand son bouquet s'est évanoui, du parfum dont l'esprit suave s'est envolé ».
Ce texte affirme que l'Univers n'a pas de créateur ni de concepteur, que la Providence est le fruit de l'imagination.
Ce texte voit la vie comme une recherche du plaisir.

Cet essai de Greenblatt est un coup de maître.
Non, non, cher lecteur, surtout ne fuyez pas, ce bel ouvrage se lit comme un roman.
Une véritable mine d'or d'histoire culturelle.
Un grand moment de lecture, les yeux écarquillés de bonheur d'apprendre.
Sincèrement recommandé.
Tiens, j'ai déjà envie de le relire…

« Les poèmes du sublime Lucrèce ne périront que le jour où le monde entier sera détruit. » Ovide
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Luvadea
  24 novembre 2014
Un livre intelligent, passionnant de bout en bout. on sort de cette lecture enrichi, et avec l'impression d'avoir appris beaucoup de choses, notamment sur la manière dont notre vision actuelle du monde s'est construite! Par contre, attention: il faut préciser que ce n'est pas vraiment un roman, mais bien plus un essai.
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BABYBOOK
  17 août 2014
J'ai commencé deux fois ce livre, une fois jusque la page 17 la seconde fois jusque la page 21. Je ne le commencerai pas une troisième fois
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nathalia1307
  15 avril 2014
"Le Pogge prit ses distances par rapport au contenu de de la Nature, mais c'est lui qui fît le premier pas décisif en sortant l'ouvrage de son rayonnage en le faisant copier et en envoyant une copie à ces amis florentins. Une fois le poème remis en circulation la difficulté n'était pas de le lire (si l'on maîtrisait suffisamment le latin), mais de discuter ouvertement de son contenu ou de prendre au sérieux ses idées."


C'est une lecture assez inattendue, l'entrée en matière m'a très vaguement rappelé le nom de la Rose d'Umberto Ecco, cependant la comparaison s'arrête là ce n'est pas un roman.


Il ne faut pas s'attendre à une intrigue, l'auteur déroule une biographie de le Pogge, officiellement secrétaire apostolique du très controversé pape Jean XXIII, officieusement chasseur de manuscrits anciens. Il retrace habilement la "mise en circulation" d'un texte philosophique païen de Rerum Natura, de la Nature écrit par Lucrèce disciple d'Epicure, datant de l'époque Antique, environ 50 ans avant JC.

Bien sur, pourquoi lire cet ouvrage? Si comme moi, vous n'avez souvenir de cours de latin, que les fables d'Esope et le Satiricon de Pétrone, ou les souvenirs d'occuper le dernier rang de la classe, mon initiation au latin et grec reste mémorable.

Cet ouvrage écrit par une "pointure" reste accessible, le but n'est pas d'endormir le lecteur ou de le noyer dans les ténèbres de cette époque médiévale du XVe siècle.

à l'origine Le Pogge a débuté comme copiste, a gravi les échelons de la curie Romaine sans pour autant endosser l'habit religieux, pour accéder au poste le plus élève pour un laïc, le secrétaire du Pape.


Après le destitution de Jean XXIII, il décide de se consacrer à la bibliophilie, et la recherche de textes philosophiques anciens, non tolérés par le Vatican, il est lui même un grand admirateur de Cicéron. Il fait partie de ces hommes, qui, au cours du Moyen Age, grâce à leur connaissance précise et exacte du latin et de leur soif de savoirs, développent et véhiculent un courant humaniste. En contraste de la terreur, la peur des maladies, du châtiment d'outre-tombe, et de l'obscurantisme propre au Moyen Age, perpétués par l'Eglise grâce à la puissante Inquisition afin de maintenir souveraine la Chrétienté.

1417, Le Pogge arrive dans un monastère allemand, il veut accéder à la bibliothèque du monastère et en consulter les ouvrages , il va devoir gagner les faveurs de la communauté et, et il découvre ce texte de Lucrèce, un texte sublime, et moderne de part les idées exprimées, comme le souligne l'auteur. Il met la main sur ce texte de Lucrèce, et en fait réaliser une copie par son assistant scribe.

A partir de l'histoire de cet homme, Stephen Greenblatt va exposer plusieurs thématiques; composant les différents chapitres. Il remonte jusqu' à l'antiquité: les conversations des philosophes et leur talent pour la rhétorique, l'histoire du livre se décline en tant que support, la vie des scribes, des bibliothécaires et la grandeur de la bibliothèque d'Alexandrie, la vie d'Hypathie y est également évoquée, puis la diffusion des ouvrages, la vie dans les monastères et le travail des moines copistes, les marges des manuscrits ont conservés les traces de leur détresse "Qu'il soit permis aux moines copistes de mettre fin à son labeur" "J'ai fini, avouait un autre, pour l'amour du ciel donner moi à boire"


Cette partie est assez captivante pour les néophytes, comme moi.

Puis, il aborde la biographie de le Pogge, sa vie à la Curie Romaine, et le déchainement du pouvoir au sein du Vatican. L'homme est complexe, détestant l'Eglise, il accède cependant à de hautes fonctions à la Curie, qu'il conservera durant de nombreuses années. Le Pogge n'aimait pas les moines, qu'ils trouvent "ignorants et d'une paresse désespérante", pour lui les monastères sont remplis "d'inadaptés à la vie en société".

Il explique ensuite le fameux texte de la nature, en expliquant sommairement le contenu et la portée, et en quoi ce texte a pu transformer les consciences, sauf que "la police de la pensée est à l'oeuvre", et de la Nature est jugée comme une fable, un texte sans danger par les ecclésiastiques soucieux de maintenir la chrétienté, le danger est ailleurs car la réforme est en marche. le texte n'est pas accessible au commun des mortels, il nécessite une maitrise de la langue latine.

Pourtant, Le Pogge sembla avoir trouvé dans ce texte, une forme de réponse comme d'autres, Erasme, Botticelli, Thomas Moore, Machiavel, Molière, Thomas Moore, Shakespeare, poètes anglais jusqu'à Thomas Jefferson inspirés par le message de ce texte ont trouvé une former d'inspiration.

Outre la plongée dans le Moyen Age très intéressante, et le portrait de cet homme, amoureux de livres, l'auteur a su mettre le projecteur sur l'idée de pérennité d'un livre, nul doute que ce texte de la Nature aurait pu disparaitre comme tant d'autres, il a survécu au temps, la probabilité qu'il parvienne jusqu'à nous résulte d'un concours de circonstances aléatoires habilement retracé par Stephen Greenblatt, presque romanesque ou peut être tout simplement ce texte doit à sa beauté, d'avoir pu traverser le temps.

Autant dire que résumer cet ouvrage est impossible, il faudrait en citer pas mal de passages, et relire le chapitre sur le texte "De La Nature", son contenu reste très philosophique, pas inaccessible, dense surtout. Cet ouvrage reste assez atypique dans un contexte ou le livre devient un véritable produit de consommation.
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Coeurdechene
  14 juillet 2013
Que voilà un ouvrage déroutant de prime abord...
Je m'attendais à recevoir un roman palpitant, avec de la recherche, de l'action, des jolies filles un peu faciles et beaucoup d'érudition. C'est vrai qu'en lisant le quatrième de couverture, c'est plutôt alléchant.
Mais en fait, il y a tromperie ! Ce n'est pas un roman !
Il s'agit en réalité d'un ouvrage extrêmement documenté mais rédigé comme une étude historique. Alors certes, il y a d'excellents passages, beaucoup d'érudition et aussi un poil d'action. Quant aux demoiselles délurées, je repasserais...

Une fois la déception passée, et l'ouvrage commencé, ne reste qu'à se prendre au jeu de l'auteur qui nous emmène sur les traces du Pogge à la recherche de manuscrits antiques conservés dans des abbayes (parfois au détriment des religieux) pour les recopier et les diffuser.
Sous la plume de Stephen Greenblatt, l'histoire prend soudain vie et ce n'est pas à une banale quête que nous assistons, mais bien à un résumé gigantesque de toute l'aventure du livre et de la transmission de la pensée, depuis les écrits perdus des philosophes grecs jusqu'à l'héritage qu'ils nous ont légué actuellement. Tout ceci s'articulant avec brio autour de la philosophie d'Epicure et de l'un de ses plus ardents disciples : le poète Lucrèce.

Au final, c'est un ouvrage d'érudition très abordable qui nous est livré ici. Une histoire peu commune qui éclaire notre présent par les avancées effectuées dans le passé par des passionnés, prêts à tous les sacrifices pour assouvir leur curiosité et à faire survivre ces pans de culture qui ont jeté les bases de certaines de nos sociétés contemporaines.
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lehibook
  21 mai 2019
. Que l'histoire est belle quand elle allie sens du récit et profonde érudition ! En l'année 1417, autour de la figure du Pogge , humaniste chercheur de manuscrits d'oeuvres antiques , se déploie sous la plume de l'auteur l'aube de la Renaissance . Et son exhumation au fin fond de l'Allemagne du « de rerum natura » de Lucrèce nous fait souvenir du « Farenheit 451 » de Bradbury et de la lutte acharnée de quelques hommes pour préserver la culture des faiseurs d'autodafé . Ce texte survivra malgré l'acharnement de l'Eglise à le caricaturer et à le détruire et par une longue chaîne d'esprits éclairés nous parviendra dans toute son étonnante modernité et sa puissance libératrice . Une leçon pour l'avenir en ces temps où , sous différents oripeaux , les noirs assassins de la culture reviennent agiter leurs torches et leurs ciseaux .
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