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ISBN : 208134999X
Éditeur : Flammarion (17/09/2014)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 43 notes)
Résumé :
Qui était Shakespeare ? De l’homme, rien ou presque n’a survécu. Seule l’oeuvre a traversé les siècles. Se pourrait-il qu’elle éclaire une partie de ce mystère que le dramaturge semble avoir délibérément entretenu ? Stephen Greenblatt le croit. Et avec sa tranquille érudition nous en offre une lecture passionnante, la confrontant à l’histoire du XVIe siècle élisabéthain et aux plus récentes découvertes.
La voix de Shakespeare est alors si présente, l’Angleter... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
marieclaude64
  17 janvier 2015
Il nous avait enchanté avec Quattrocento. Il revient avec une étonnante biographie de Shakespeare. Il existe peu de documents sur Shakespeare. Certains historiens ont même mis en doute son existence. Et, pourtant, Greenblatt relève le défi : découvrir le vrai Shakespeare. Comment ? En le traquant dans ses pièces de théâtre et ses sonnets. Car, il y a dans son oeuvre des indices cachés sur sa vie et ses idées.
Si Shakespeare peut décrire avec autant de réalité et de poésie à la vie à la campagne, c'est qu'il est originaire du village de Strafford . Les troupes locales, le passage des comédiens ambulants lui font découvrir le théâtre. Son père, un notable, voit sa fortune décliner. Retrouver son identité, restaurer sa position de gentleman sont des thèmes fréquents que l'on retrouve en particulier dans le Marchand de Venise mais aussi dans le roi Lear ou La tempête.
L'Angleterre d'Elisabeth 1ère est une Angleterre dangereuse. Les conflits religieux sont intenses. Les persécutions menacent catholiques ou protestants suivant la religion adoptée par le souverain. Shakespeare n'échappe pas aux interrogations religieuses. Son père est à la fois catholique et protestant. Will, quant à lui, ne deviendra ni catholique ni protestant. Prudence ou conviction profonde ? On peut s'interroger.
A 18 ans, il épouse Anne Hathaway, 26 ans. Mariage contraint : elle est enceinte. Son mariage fut-il une réussite ? On peut en douter. le poète de l'amour en particulier dans son célèbre Roméo et Juliette est aussi celui qui décrit des relations familiales tendues dans Othello ou le roi Lear. Il ne décrit pas de couple heureux. «  Courtiser, épouser, se repentir « dit-il dans Beaucoup de bruit pour rien.
Il quitte Strafford très vite après son mariage. Il s'installe à Londres où il vit seul. Femme et enfants sont restés à Strafford. Il découvre une ville sale, toujours menacée par les incendies et les épidémies de peste. Echafauds, gibets attirent les badauds qui ricanent devant ces spectacles barbares. Shakespeare débute une brillante carrière, dépasse les dramaturges contemporains comme Marlowe, dirige les Comédiens du Roi, installe sa troupe au nouveau théâtre du Globe. Ses comédies et tragédies attirent noblesse et public populaire. Il renouvelle le genre théâtral. Les genres tragiques, comiques, historiques s'entremêlent. le quotidien envahit la scène. Il ne cherche pas à expliquer les motifs de l'action des ses personnages. Comme dans la vie, elles sont souvent inconnues. le dramaturge ne sait pas tout .
A 36 ans, célèbre, riche même s'il mène seul à Londres une vie frugale et discrète, il se retire à Strafford . Pourquoi ? Ses dernières oeuvres abordent le thème de la renonciation. Peut être Shakespeare le mystérieux désirait-il tout simplement finir sa vie en simple gentleman auprès de sa fille préférée Suzanna.
La biographie de Greenblatt nous révèle Shakespeare. Mais, c'est aussi une plongée dans l'Angleterre élisabéthaine. Une Angleterre troublée où raffinement et cruauté se côtoient, où noblesse et peuple se mêlent dans des quartiers plus ou moins sordides. C'est surtout dans le monde du théâtre que nous entraîne Greenblatt. Ces théâtres à ciel ouvert permettent au petit peuple d'arpenter la cour alors que les riches sont assis dans des galeries et même sur la scène. Allers et venues, bavardages, interpellations peuvent gêner les comédiens. Mais, les théâtres couverts comme le Globe vont bientôt imposer un autre type de spectacle. Greenblatt excelle à restituer l'atmosphère du théâtre ( écriture et représentations) derrière laquelle se tient le vrai Shakespeare.
Oui, C'est bien Will le magnifique que nous découvrons dans un livre...magnifique.
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Junie
  15 mai 2016
Un jeune intermittent du spectacle, ambitieux et fauché, qui monte à la capitale pour chercher gloire et fortune, le scénario n'est pas original.
"Je m'voyais déjà, en haut de l'affiche, je m'voyais déjà adulé et riche...", on connait la chanson. Et bien c'est justement ce qui est arrivé à notre héros, et tout ça sans passer à la télé, sans un seul tweet, pas même une photo dans Closer au bras d'une blonde décolorée.
Monsieur Greenblatt, universitaire américain qui peut s'enorgueillir de prestigieux diplômes et du prix Pulitzer, nous fais palpiter comme dans un thriller avec le récit des épisodes de la vie du célèbre dramaturge élisabethain, qu'il appelle familièrement "Will". Une habitude des States, où même les stars vous disent: "appelez-moi Bob" (Redford) ou "Tom" (Cruise).
Là où ça se complique, c'est qu'on ne sait quasiment rien de la vie privée de celui que j'appellerai notre ami Will. On suppute, on conjecture, on imagine, on suppose, on s'accroche au moindre détail ayant traversé les siècles, à des témoignages sujets à caution. Car notre ami Will, vivant en des temps troublés où la moindre opinion personnelle pouvait vous coûter la vie, a pris soin de faire disparaitre toute trace compromettante. Cette prudence lui a évité une mort violente, celle de Christopher Marlowe par exemple.
Mais que nous importent les détails de sa vie domestique? le profond mystère qui entoure une grande partie de sa vie rend son oeuvre d'autant plus exceptionnelle, unique, brillante, fulgurante, surnaturelle!
Qu'un homme d'origine modeste, provincial, sans appui, sans instruction autre que l'école élémentaire, sans grande expérience, ait pu produire de si grands chefs d'oeuvre, engendrer des personnages devenus des archétypes, tels que ce fou d'Hamlet, l'odieux Iago, les époux criminels de Macbeth, la douce Juliette, cela semble inimaginable.
A tel point qu'une rumeur prétend que ce Shakespeare n'a jamais existé. Ou qu'il n'a rien écrit. Qu'il n'est qu'une légende qui dure depuis des siècles.
A cause de cela, le travail de M. Greenblatt est nécessaire. Il fait descendre le personnage de son piédestal et lui redonne vie en nous décrivant minutieusement le contexte historique, sa violence ordinaire, la dureté de la vie quotidienne, les épidémies de peste, les persécutions religieuses, les exécutions publiques, les complots de cour, les meurtres et le fanatisme.
La Renaissance n'est pas le siècles des Lumières, et si les souverains favorisent les artistes, peintres, musiciens, auteurs, c'est que leur talent va servir la gloire de leur règne. La caste au pouvoir ne les considère que comme des valets ou des saltimbanques, jamais comme des égaux.
Le génie de Shakespeare fut aussi de mettre dans ses pièces toute la cruauté, le cynisme et la mégalomanie des Rois, aussi bien que leur faiblesse et leur déchéance, sans jamais être condamné par les puissants pour ce qu'il dénonçait.
To be or not to be? Faire carrière dans le show-biz au XVIè siècle, une question de vie ou de mort!
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Satine
  29 juin 2019
C'était un cadeau de Noël de mon homme qui connaît mon engouement pour les oeuvres de William Shakespeare. Forcément il était sûr de tomber dans le mille. Il savait aussi que j'avais adoré le film Anonymous de Roland Emmerich qui pourtant développe l'hypothèse que William Shakespeare n'est pas le véritable auteur de ses oeuvres mais qu'il a accepté d'en porter la responsabilité puisque le noble, l'écrivain lui-même, refusait d'en endosser la paternité.
Le roman de Stephen Greenblatt est l'antithèse du film. Il n'hésite pas d'ailleurs à attirer l'attention des lecteurs avec cette question sur la première de couverture : "Comment devient-on le plus grand dramaturge de tous les temps ? Histoire d'un self-made-man nommé Shakespeare."
Quatrième de couverture : Qui était Shakespeare ? de l'homme, rien ou presque n'a survécu. Seule l'oeuvre a traversé les siècles. Se pourrait-il qu'elle éclaire une partie de ce mystère que le dramaturge semble avoir délibérément entretenu ? Stephen Greenblatt le croit. Et avec sa tranquille érudition nous en offre une lecture passionnante, la confrontant à l'histoire du XVIe siècle élisabéthain et aux plus récentes découvertes.
La voix de Shakespeare est alors si présente, l'Angleterre décrite si vivante qu'elles donnent à l'ouvrage une saveur d'autobiographie. le monde dans lequel le dramaturge a grandi revit sous nos yeux, les rites et les traditions, les travaux des jours et des saisons, les expériences sensorielles et émotionnelles. On découvre avec étonnement comment s'est forgé l'imaginaire de l'artiste, de quels souvenirs son oeuvre est pétrie, quelles associations d'idées sont à l'origine d'un vers ou d'une scène, comment cet homme, qui a fui sa province natale et le métier de gantier qui lui était promis, a transformé sa vie, sans appui ni héritage, en une incroyable success story.
Mais le portrait serait incomplet s'il n'avait pour toile de fond l'Angleterre elle-même, Londres et sa prodigieuse vitalité, coeur d'une nation déchirée par les persécutions religieuses et sur le point de basculer du Moyen Âge vers les Temps modernes, dans cette Renaissance foisonnante que Stephen Greenblatt - les lecteurs de Quattrocento le savent - raconte mieux que personne.
L'essentiel de la trame du livre est résumé sur la quatrième de couverture. En effet, Stephen Greenblatt va utiliser ses connaissances sur l'histoire de l'Angleterre de l'époque, sur ses coutumes, ses modes de vie et sur le peu d'informations qu'on a sur la vie de Shakespeare mais aussi sur celles de sa famille pour montrer où Shakespeare a puisé ses idées, quelles épisodes de sa vie l'ont marqués au point de devoir les coucher sur papier.
C'est effectivement un voyage, une immersion dans l'Angleterre de l'époque. On y apprend énormément de choses très intéressantes, les fans d'histoire apprécieront grandement, je le garantis.
Quant aux preuves que Greenblatt apportent, si certaines sont légères d'autres sont, je l'admets, assez troublantes et remettent en question mes propres convictions sur le véritable auteur des oeuvres de Shakespeare... Par contre, il y a encore un doute qui subsiste dans mon esprit car l'auteur du roman n'y répond pas dans son ouvrage et cela m'embête fortement...
Entre le film Anonymous et le livre de Greenblatt vous avez la possibilité de vous faire votre propre opinion sur la question : qui était véritablement Shakespeare ? Bon visionnage et bonne lecture alors !
Extrait 1 : Cependant, même après avoir lu les meilleures archives et passé au crible tous ces documents, le lecteur se sent rarement plus près de comprendre comment le dramaturge a bâti son oeuvre. Pire encore, Shakespeare nous paraît souvent plus terne et plus ordinaire, et les ressorts cachés de son art nous semblent plus inaccessibles que jamais. Il nous serait déjà difficile de les repérer si nous disposions de lettres, d'un journal intime, de mémoires écrits par des contemporains, de récits de conversations, de notes marginales griffonnées dans des livres ou des brouillons. Or rien de tout cela n'a survécu, rien qui puisse nous fournir un lien évident entre cette oeuvre intemporelle et universelle et la vie de l'homme qui a laissé de si nombreuses traces dans les archives bureaucratiques de son temps. Son oeuvre est si surprenante et si lumineuse qu'elle semble avoir été créée par un dieu et non par un mortel, encore moins par un provincial d'origine modeste.
Extrait 2 : La charte de l'école de Stratford interdit alors au maître de recevoir de l'argent directement de ses élèves en échange de son enseignement. Il doit s'occuper de tous les garçons déclarés aptes, c'est-à-dire de tous ceux qui ont appris les rudiments de la lecture et de l'écriture, "quelle que soit l'indigence des parents ou la médiocrité de l'enfant." En échange, il est logé gratuitement et reçoit un salaire annuel de vingt livres, une somme conséquente _ la ville de Stratford, prenant très au sérieux l'éducation de ses enfants, ne lésine pas sur les moyens.
[...]
En outre, fréquenter l'école est onéreux : les élèves doivent fournir leurs propres plumes, un couteau pour les tailler, et du papier, denrée fort coûteuse à l'époque. Malgré tout, un garçon de famille modeste peut recevoir une éducation rigoureuse fondée sur l'étude des classiques _ il est quasiment certain que Will y fait ses études, réalisant ainsi le rêve de ses parents.
[...]
Il existait un exercice particulier qui devait alléger ces interminables journées d'étude : presque tous les pédagogues de l'époque considéraient qu'un des meilleurs moyens d'enseigner le latin consistait à faire lire et jouer des pièces de théâtre antique, notamment les comédies de Plaute et de Térence.
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ivredelivres
  08 mars 2015
Ce qui m'a convaincu c'est l'auteur, j'ai tellement aimé son Quattrocento que j'ai acheté ce livre presque les yeux fermés.
On le sait les traces de Shakespeare sont peu nombreuses, pas de lettres, pas de journaux intimes, des années sans signe aucun.
Ce que l'on sait de lui, en dehors de ses pièces, on le doit aux registres de naissances, de mariage, aux registres des propriétés, des impôts.
Mais heureusement on a l'auteur qui est comme le dit Henry James
« le caractère humain le plus magnifiquement doué de tous les temps. »
C'est ce que nous révèle cette biographie. L'auteur ne promet pas de révélations extraordinaires car dit-il
« il y a d'énormes lacunes dans les connaissances qui font de toute étude biographique de Shakespeare un exercice de spéculation.»
Il a étudié bien des sources pour tenter de comprendre les influences, les événements, qui nous disent aujourd'hui « Comment Shakespeare est devenu Shakespeare »
Il nous fait entendre la voix de Shakespeare au travers d'anecdotes multiples et sait rendre parfaitement cette « soif des mots » qui tenaille le fils d'un gantier.
Ainsi le penchant supposé pour la bouteille de son père qui rend Falstaff si vivant, le procès fait au médecin juif de la reine qui inspire sans doute en partie le Marchand de Venise. Les tourments engendrés par les dettes contractées par ses personnages comme ils le furent chez son père.
A chaque période de la vie de Will le magnifique, Greenblatt juxtapose les événements historiques du moment, la littérature de l'époque et les passages de ses pièces et nous montre ainsi où et comment Shakespeare a puisé son inspiration.
On y voit un Shakespeare effrayé devant le mariage et certain que l'amour ne dure pas toujours.
On y voit un Londres bouillonnant, une époque où les individus sont hantés par la peur d'être considérés comme papistes, la peur de la peste le fléau récurent.
On trépigne un peu devant l'aventure fabuleuse que fut celle du Globe avec ses amitiés et ses rivalités. On croise bien sûr Marlowe l'ami et rival.
L'art de Shakespeare pour utiliser le monologue qui permet d'entrer dans l'intime d'un personnage. La création des Sonnets, les querelles qui parfois font naître des personnages de théâtre, la période dernière où vont éclosent Othello, le Roi Lear, La Tempête....en un temps très court. Génie créateur que l'on retrouve par exemple chez Dostoïevski et les années miraculeuses de ses grands romans.
Ce que j'ai le plus apprécié c'est le travail littéraire sur les oeuvres. Comme je ne les connais qu'assez mal j'ai emprunté une série de DVD, Greenblatt se révèle là un passeur formidable, ses analyses sont fouillées sans jamais ennuyer, on lit des tirades que l'on replace dans un ensemble, on s'amuse de voir comment Shakespeare parodiait parfois d'autres pièces, bref une fois lancé on ne s'arrête pas, après les DVD j'ai emprunté les volumes de la collection Bouquins pour combler mes manques et j'ai ainsi vécu au temps de shakespeare pendant deux semaines.
La prose de Stephen Greenblatt est d'un belle clarté, élégante, précise. L'ouvrage est riche, c'est en même temps une belle ouverture sur l'époque élisabéthaine ce qui en fait bien plus qu'une biographie.


Lien : http://asautsetagambades.hau..
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ay_guadalquivir
  29 octobre 2014
Shakespeare est toujours là quelque part autour de moi, parfois plus près, parfois plus loin. Il s'était éloigné, puis revenu avec quelques relectures récentes. Et grâce à ce livre, il revient de plain pied, dans mon quotidien, ma vie, ma nécessité.
Dans Will le magnifique, Stephen Greenblatt entreprend de croiser les circonstances, les événements, les possibilités du lieu et du moment, à Stratford et Londres entre 1580 et 1616, et les poussées créatrices de Shakespeare. Ni lettre, ni témoignage de ce que fut sa vie prviée pour comprendre ce qui amena Shakespeare de Stratford à Londres pour devenir le plus grand écrivain de théâtre de tous les temps. Alors Greenblatt reprend les événements de l'époque : la Réforme, le règne d'Elisabeth, les grands procès ; il retrouve les connexions possibles avec Shakespeare et ses proches, et pose ainsi les fondations de son oeuvre. La vie amoureuse de Shakespeare est inconnue, si ce n'est son mariage avec Anne, qu'il délaisse rapidement pour aller à Londres. Les engagements religieux, plutôt catholiques de sa famille s'inscrivent aussi en toile de fond - partie très intéressante. Greenblatt formule des hypothèses, comprises comme telles, il conjecture, imagine, reconstruit. Ce livre est passionnant pour ce qu'il construit autour de l'oeuvre de Shakespeare. Certaines conclusions sont hasardeuses peut-être. Soit. le livre propose aussi une autre lecture des oeuvres, une lecture plus personnelle, intime, mais où le lecteur peut encore tout imaginer.
Me voilà donc pressé de (re)lire les Sonnets, Venus et Adonis, La nuit des rois, le marchand de Venise, Henry IV, Othello, Romeo et Juliette, Macbeth, King Lear, le conte d'hiver, La tempête.
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critiques presse (3)
LeFigaro   05 décembre 2014
Le livre est plaisant et se lit facilement lorsqu'il s'agit des tableaux de l'époque, brillamment brossés. Mais il s'agit aussi d'érudition et d'analyse sophistiquée, et sans doute connaître les œuvres est-il un avantage! Mais chacun sera touché.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Bibliobs   03 novembre 2014
Voici enfin une biographie fouillée et précise de la part d'un spécialiste qui s'était déjà fait connaître par le récit passionnant de la découverte du manuscrit révolutionnaire du «De rerum natura» de Lucrèce, dans un monastère, en 1417.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
NonFiction   06 octobre 2014
Une énième biographie du grand Will vient de paraître, fermement appuyée sur le texte des pièces et des poèmes autant que sur une connaissance foisonnante des circonstances (historiques, géographiques, psychologiques et sociales) qui les entourent.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
JunieJunie   14 mai 2016
Plantée au sommet, au-dessus de la Grande Porte,(The Great Stone Gate, située deux arches avant l'extrémité sud du pont), se trouvait une rangée de têtes décapitées, certaines réduites à des crânes, d'autres comme momifiées mais encore identifiables. Non pas les têtes de voleurs ou de meurtriers ordinaires, de ceux que l'on pendait par centaines aux gibets des faubourgs, mais celles de gentilshommes et d'aristocrates condamnés pour haute trahison, comme on ne manquait pas d'en informer les voyageurs fraichement arrivés. Un étranger de passage à Londres en 1592 en dénombra trente-quatre.
+ Lire la suite
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BaldricoBaldrico   20 avril 2017
Extrait de la probable contribution de Shakespeare à la pièce à plusieurs auteurs "Sir Thomas More", à propos des étrangers que certains veulent expulser:
Supposons-les partis et que par ce tumulte
Toute notre grandeur s'est trouvée jetée bas.
Imaginez que vous voyiez ces pauvres étrangers,
leurs bébés sur leur dos avec un baluchon
Se traînant vers les ports et côtes pour partir,
Et que sur vos désirs vous régniez comme des rois,
L'autorité muette du fait de vos clameurs
Et vous-mêmes drapés dans votre exaltation:
Qu'auriez-vous obtenu? moi je vais vous le dire.
Vous auriez montré le triomphe d'une arrogance brutale,
Comment on ruine l'ordre - et par ce précédent
Pas un seul d'entre vous n'atteindrait ses vieux jours,
Car d'autres séditieux au gré de leurs fantasmes
Avec la même force, leurs raisons et leurs droits,
Feraient de vous leur proie, tels des poissons affamés
Les hommes s'entre-dévoreraient.
+ Lire la suite
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BaldricoBaldrico   04 juin 2017
Shakespeare révolutionne alors la façon d'écrire une tragédie: il découvre qu'il peut démultiplier l'effet d'une pièce et susciter en lui-même et dans le public une réaction intense s'il supprime de l'intrigue un élément d'explication capital, occultant ainsi le mobile rationnel, psychologique ou éthique qui fait agir le personnage. Il ne s'agit plus de concevoir une énigme à résoudre mais d'élaborer une stratégie de dissimulation, en limitant d'une part les explications indispensables au bon fonctionnement de l'intrigue, et d'autre part les éléments psychologiques nécessaires à la création d'un personnage crédible. L'opacité ainsi créée, comme le découvre l'auteur, dégage une immense énergie que des explications traditionnelles et rassurantes auraient partiellement bloquée ou contenue.
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SatineSatine   29 juin 2019
Extrait 1 : Cependant, même après avoir lu les meilleures archives et passé au crible tous ces documents, le lecteur se sent rarement plus près de comprendre comment le dramaturge a bâti son oeuvre. Pire encore, Shakespeare nous paraît souvent plus terne et plus ordinaire, et les ressorts cachés de son art nous semblent plus inaccessibles que jamais. Il nous serait déjà difficile de les repérer si nous disposions de lettres, d'un journal intime, de mémoires écrits par des contemporains, de récits de conversations, de notes marginales griffonnées dans des livres ou des brouillons. Or rien de tout cela n'a survécu, rien qui puisse nous fournir un lien évident entre cette oeuvre intemporelle et universelle et la vie de l'homme qui a laissé de si nombreuses traces dans les archives bureaucratiques de son temps. Son oeuvre est si surprenante et si lumineuse qu'elle semble avoir été créée par un dieu et non par un mortel, encore moins par un provincial d'origine modeste.

Extrait 2 : La charte de l'école de Stratford interdit alors au maître de recevoir de l'argent directement de ses élèves en échange de son enseignement. Il doit s'occuper de tous les garçons déclarés aptes, c'est-à-dire de tous ceux qui ont appris les rudiments de la lecture et de l'écriture, "quelle que soit l'indigence des parents ou la médiocrité de l'enfant." En échange, il est logé gratuitement et reçoit un salaire annuel de vingt livres, une somme conséquente _ la ville de Stratford, prenant très au sérieux l'éducation de ses enfants, ne lésine pas sur les moyens.
[...]
En outre, fréquenter l'école est onéreux : les élèves doivent fournir leurs propres plumes, un couteau pour les tailler, et du papier, denrée fort coûteuse à l'époque. Malgré tout, un garçon de famille modeste peut recevoir une éducation rigoureuse fondée sur l'étude des classiques _ il est quasiment certain que Will y fait ses études, réalisant ainsi le rêve de ses parents.
[...]
Il existait un exercice particulier qui devait alléger ces interminables journées d'étude : presque tous les pédagogues de l'époque considéraient qu'un des meilleurs moyens d'enseigner le latin consistait à faire lire et jouer des pièces de théâtre antique, notamment les comédies de Plaute et de Térence.
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ay_guadalquiviray_guadalquivir   27 octobre 2014
"Le serpent dont le dard prit la vie de ton père
Porte aujourd'hui sa couronne."

La tragédie de Shakespeare commence juste avant cette révélation pour se terminer juste après la vengeance. D'où le changement majeur de l'intrigue qui permet au dramaturge de centrer presque toute la pièce sur la conscience du héros suspendu entre le "premier mouvement" et l'"accomplissement".
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