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Silla, Corée du VIIIème siècle, Asadal est un modeste tailleur de pierre désigné pour construire deux pagodes au temple de Bulguksa. Mais voilà trois ans qu'il est parti de chez lui laissant sa femme et son maitre dans son village et l'inspiration pour la seconde pagode, Seokgatap lui manque. Sa rencontre avec Juman, jeune noble ressemblant à sa femme, le jour de Chopail relance son inspiration tandis que la jeune fille tombe éperdument amoureuse de lui.


Je remercie Babelio et l'Atelier des cahiers pour m'avoir permis de lire La pagode sans ombre dans le cadre de l'opération masse critique.
Ce roman a été l'occasion de découvrir la légende d'Asadal de Baekje et de découvrir certaines des fêtes et coutumes de l'époque. Très belle histoire poétique, imagée qui nous donne envie de nous rendre dans ces magnifiques décors, de découvrir le temple de Bulguksa et l'étang des ombres.

Sur fond d'histoire d'amour, Hyun Jin-Geong livre une ode à la liberté d'un pays sous domination étrangère où la population est partagée entre respect pour cette puissance extérieure et indépendance. L'auteur à travers son récit et ses descriptions nous présente très clairement son point de vue. En effet, les personnages politiques sont décrits de manière manichéenne tant sur le plan physique que moral. Ainsi, les défenseurs de l'indépendance de Silla sont décrits de manière positive, bienveillante, parés de toutes les qualités morales et physiques et empreints de noblesse tandis que les partisans de la puissance étrangère, ici chinoise, sont pleins de malveillance, perfides et d'apparence physique laide. Malgré tout, cet aspect est bien traité et fait inévitablement pencher le lecteur en faveur des défenseurs de l'indépendance.

Sur ce fond politique, l'histoire ou plutôt les histoires d'amour d'amour sont bien écrites. Avec une passion dévorante de la part de Juman pour Asadal, d'un dévouement et attachement sans faille d'Asanyeo, femme d'Asadal, envers ce dernier et une ambivalence des sentiments d'Asadal envers Juman qui m'a un peu déçue, un amour égoïste et dénué de sentiment de la part de Seong Geum envers Juman et un attachement et un respect de la part de Gyeongsin pour Juman. Là encore, j'ai trouvé que certains des personnages des histoires d'amour sont évoqués de manière trop manichéenne selon la ligne politique à laquelle ils appartiennent. Je n'ai également pas trop apprécié l'amour que porte Juman à Asadal qui ne peut que provoquer des drames.


C'est donc un livre que j'ai beaucoup apprécié pour la qualité de l'écriture, des descriptions, qui m'a étonné au début lorsque l'auteur a mis de manière écrite les rires des personnages sous la forme de "ho ho" ou de "ha ha" mais qui ressemblent par ce style assez aux mangas. Cependant, je l'ai trouvé un peu trop manichéen mais correspondant à l'époque d'écriture de ce roman où l'on sent que l'auteur cherche à exalter le sentiment patriotique de ces concitoyens coréens contre l'occupation japonaise en reprenant pour ce faire la légende d'Asada de Baekje.
Lien : https://autempsdeslivres.wor..
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Sous ce titre énigmatique, se cache un roman choral situé dans le royaume de Silla, dans l'actuelle Corée du Sud, au VIIIème siècle. Les pagodes de pierre Dabotap et Seokgatap, du temple de Bulguksa, en sont le théâtre, théâtre qui met en scène un triangle amoureux, ou plutôt un carré, ou non, même un hexagone amoureux (même si certains amours s'apparentent plutôt à du désir). Asadal est le tailleur de pierre responsable de l'élaboration de ces pagodes. Cela fait bientôt trois ans qu'il s'y consacre, nuit et jour, guidé par sa seule fièvre créatrice. Mais le monde continue de tourner autour de lui : sa belle et jeune femme restée au village et qui, sans soutien masculin, est l'objet de nombreuses convoitises ; une jeune noble exaltée qui tombe amoureuse de cet artisan si solitaire ; un père qui veut la marier ; et surtout un pays qui est en train de perdre son âme. Car ce roman a été écrit alors que la Corée était alors occupé par le Japon. Elle y perdait son indépendance et sa culture, chose contre laquelle Hyun Jin-Geon souhaitait lutter. Avec ce livre, il s'empare d'une légende coréenne connue (d'après ce qu'en dit l'éditeur sur la quatrième de couverture, sans hélas donner de détails, et je n'en ai pas trouvé trace lors de mes rapides recherches sur internet) et il situe l'intrigue à un moment de l'histoire où la Corée était sous l'influence de la dynastie chinoise des Tang et, selon Hyun Jin-Geon perdait son âme et sa grandeur (les moines ne sont plus guère de saints hommes, les guerriers ne sont plus bien valeureux…). Seule une poignée d'hommes tentent de résister et d'affirmer l'indépendance politique et culturelle de leur pays. le parallèle avec la situation de la Corée au début du XXème siècle est assez évident.
Si j'avais beaucoup aimé les nouvelles de Hyun Jin-Geon que j'avais découvertes un peu par hasard grâce à un envoi de l'éditeur, j'ai un peu moins aimé ce texte, plus classique et faisant preuve de moins de tendresse envers ses personnages. Mais j'ai tout de même trouvé cette lecture très intéressante pour la fenêtre qu'elle ouvre sur une période historique dont je ne connaissais rien et sur une culture dont on perçoit très vite que l'on n'a pas tous les codes. La fin du roman, et là où il se rapproche probablement le plus de la légende est à ce titre très troublant, célébrant un amour que l'on ne trouve pas dans nos mythes occidentaux.
Un livre que je ne recommanderais probablement pour ses qualités littéraires et stylistiques, il est peut-être un peu trop classique et un peu trop didactique pour cela, mais il s'agit d'une belle découverte, dépaysante et instructive (mes incursions récentes et répétées dans la littérature coréenne au cours de ces dernières semaines vont d'ailleurs assez unanimement dans ce sens), mais aussi un moment de lecture plaisant, dans un livre édité avec soin par les Ateliers du Cahier, avec une belle couverture épaisse dans un papier beige aux allures de vieux papier agréable autant à la vie qu'au toucher. Un bel écrin pour un classique contemporain de la littérature coréenne, dont nous avons la chance qu'il ait été traduit en français.
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Merci à Babelio de m'avoir permis de découvrir ce livre envoûtant, tragique, mystérieux, dont l'intrigue se déroule dans la Corée du VIIIe siècle.
Un sculpteur de pierre, Asadal, marié à Asanyeo, est appelé dans une ville lointaine pour construire deux pagodes sacrées. Lors de son travail il rencontre Juman, qui tombe amoureuse de lui, mais lui n'oublie pas sa femme adorée, sans pour autant rester insensible à Juman. Les intrigues vont se nouer autour de ces trois personnages, et leur entourage ne leur facilitera pas forcément la tâche.
L'objet livre, tout d'abord, est une réussite : son format carré est inhabituel, et la couverture est faite d'un papier non uni, qui ressemble à du papier recyclé. Un bel objet donc, agréable à tenir en main.
L'histoire ensuite nous plonge dans un univers qui nous déroute : la Corée du VIIIe siècle, ses dieux, ses rites et coutumes… Les rebondissements sont nombreux, et contrairement à ce qu'on pense tout ne se finira pas forcément bien pour tout le monde. Les histoires d'amour sont profondes, et bien creusées. On ne pourrait résumer les personnages à de simples amoureux, ou de simples méchants, … ils ont tous leur complexité, leurs failles, leur richesse, etc.
Le style est intéressant et contribue à cette immersion : c'est léger, c'est frais…
Donc pour résumer, l'impression qui demeure une fois fini ce roman, c'est de sortir d'un rêve qui m'a entraînée vers un univers étrange, un peu magique, avec des jeunes filles belles et envoûtantes, des jeux de pouvoir, … Belle immersion !
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Roman historique et d'amour qui narre l'histoire d'un tailleur de pierre dans l'un des trois royaumes de Corée, La Pagode sans ombre est mystique, plein de bon sens, facile à lire et avec une touche de pureté et de justesse dans la description de la manière dont se crée l'Art et les conséquences que cela peut avoir.
Lien : http://www.atelierdescahiers..
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Tout d'abord un grand merci à Babelio pour m'avoir permis d'accéder à ce livre grâce à Masse Critique.
Après avoir lu la remontrance du tigre, je m attendais à une lecture assez difficile, mais c'était oublier la différence d époque des auteurs: 18ème contre 20ème. C'est donc avec plaisir que j'ai découvert la plume de Jin Geon Hyun, qui était aussi journaliste. (Le roman est d'ailleurs paru sous forme de petits épisodes dans un journal.) Son écriture simple mais efficace, nous entraîne facilement dans une des légendes coréennes: celle d'Asadal de Baekje.
Je commence à bien m'y connaître en culture coréenne et cette légende correspond en tout point à ce que l'on peut attendre d'elle : sacrifice, pureté, amour interdit, consensus social et une sorte de cruauté assumée.
Sans surprise donc, mais fait avec excellence. Une plume à découvrir! Jin Geon Hyun étant décédé en 1943, sa bibliographie ne s'allongera pas, mais le site de l'éditeur en cite 4. Il me reste donc encore 3 bons livres à découvrir :)
Lien : https://www.instagram.com/p/..
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Dans le royaume de Silla, un tailleur de pierre, loin de sa famille, est sommé de construire deux pagodes. Asadal, sa femme et Juman, une jeune noble du pays, sont éperdument amoureux de lui, tandis que son coeur à lui balance.
Histoire tragique d'un triangle amoureux au coeur de la Corée du VIIIe siècle, ce livre est avant tout un hymne à la liberté, au combat nécessaire des opprimés contre les oppresseurs. Histoire quelque peu manichéenne en faveur des indépendantistes du royaume de Silla, ce récit de la légende d'Asadal de Baekje est une petite perle pleine de poésie.
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