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Citations sur Chambre simple (9)

verobleue
verobleue   07 février 2018
Si je suis devenue aide-soignante, c'est parce que ma place est auprès d'eux au quotidien, c'est ce que je fais de mieux. Après une opération à cœur ouvert, une greffe du rein ou une mastectomie, même si on vient de sauver une vie, on retire ses gants et on enchaîne. Moi, je ne pourrais pas me contenter de ce tête-à-tête sur le billard, encadré par deux visites en chambre pour briefer et débriefer comme ils disent maintenant. Il faut que je touche leur peau, que je les regarde dans les yeux, que je les bichonne. Il faut qu'on se parle surtout. Bien sûr que les anesthésistes sont la clé de voûte de l'opération, mais la résurrection, c'est entre mes mains qu'elle a lieu.
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verobleue
verobleue   02 février 2018
[...] c'est avec douceur, avec cette sorte d'amour que nous sommes seuls à pouvoir donner, nous les blouses de la nuit, les changeurs de draps, les serveurs de repas, les toiletteurs et les aides-soignants aux fronts luisants, les infirmières soucieuses et souriantes, les ombres glissants autour des lits, nous sommes l'armée aux chaussons qui couinent, les gardiens des douleurs, veilleurs de morphine, les derniers regards plongés dans leurs iris avant la nuit.
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verobleue
verobleue   06 février 2018
Ce qui angoisse, ce qui oppresse, ce qui donne envie de chialer ou de défoncer un mur, c’est pas la certitude qu’on ne va jamais sortir de l’hôpital et y mourir, c’est qu’on va devoir y revenir.
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Grazie1006
Grazie1006   30 mai 2019
Depuis ce jour, je ne crains plus la mort des patients. J'ai passé une soirée avec le fils de Mme Dufreux, nous avons veillé tard et j 'ai compris en rentrant chez moi à pied, en traversant la ville aux trottoirs enfin mouillés d une fine pluie, que lorsqu'un patient mourait j'avais le droit d'être triste. Ça ne dure pas, les autres arrivent, les lits se remplissent, les visages changent et se succèdent, mais j ai le droit d accuser le coup. Un soir ou deux.
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verobleue
verobleue   06 février 2018
Tant que je suis à l’hôpital, je ne suis pas obligé de décider. Tout le monde le fait pour moi.
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verobleue
verobleue   06 février 2018
Tu m'aimes assez - dis oui - pour me faire l'amour après les cathéters, les trous dans l'épiderme, le pistolet pour pisser, la camisole et le déambulateur, après les petites cuillères de purée glissées dans ma bouche parce que je suis trop faible, les compotes dégeu et les érections qui ne veulent rien dire sous ces draps à usage unique? Tu aimais embrasser cette pliure, là, à l'intérieur du coude, t'as la peau douce, tu disais. mais regarde maintenant, regarde cette bouillie de veines violacées, ces dix mille marques d'aiguilles, tu poserais tes lèvres là-dessus aujourd'hui?
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verobleue
verobleue   06 février 2018
La personne que l'on sauve des serres de la douleur n'oublie jamais, ça crée un lien puissant, un secret chimique. Quand je leur donne ça, je me sens mieux. Je suis utile, je suis à ma place. Je sais pourquoi je fais ce métier.
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verobleue
verobleue   02 février 2018
Y a pas de diplôme pour écouter les gens. Faut juste savoir où poser la main.
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Livresselitteraire
Livresselitteraire   14 janvier 2018
C'est en sortant d'une sieste que tout est remonté à la surface. Des morceaux de cadavres empaquetés qui font le trajets depuis les profondeurs où ils étaient coincés et qui reviennent à l'air libre sans prévenir. L'hôpital, c'est les abysses et le silence. C'est la perte de soi et s'y réveiller, c'est être seul, ignorer où on est et se mordre les joues quand on se souvient. Chaque retour à la vie est un petit séisme qu'on finit par apprivoiser. On s'habitue bientôt à ce rythme binaire, à se réajuster au réel, à remettre les rêves en place.
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