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ISBN : 1095438565
Éditeur : L' Iconoclaste (03/01/2018)

Note moyenne : 3.44/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Un homme reprend connaissance dans une ambulance. Il est habitué à ce genre de voyage, car le mal dont il souffre est chronique. Toujours, entre rêve et lucidité, il emprunte le chemin de cette île qu'est l'hôpital. A son chevet, infirmiers, médecins, aides-soignants s'affairent. Et l'amant reste auprès de lui. Chacun parle de ce lieu où l'on passe, où l'on est à nu, où l'on souffre, mais où tout, aussi, redevient possible. Et au jeu de l'amour et des confidences, l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
verobleue
  08 février 2018
« Chambre simple » de Jérôme Lambert m'a émotionnellement touché parce que j'ai retrouvé entre les lignes toutes les caractéristiques de mon travail d'infirmière, de soignante.
Je ne l'exerce plus de la même manière puisque je ne travaille plus en hôpital mais il m'a ramené à des années d'ici, et j'ai été interloquée de me rendre compte que tout cela m'avait manqué.
Alors, parler du roman, oui mais surtout mettre en valeur le brio de l'auteur qui, grâce à son écriture, a mis en lumière les souffrances, les questionnements du patient et du soignant. J'ai découvert des moments vrais, racontés avec justesse.
Jérôme Lambert installe son lecteur dans un huis-clos. Une chambre d'hôpital où se trouve le patient où transitent des visiteurs, proches, amis, amant et où travaillent des soignants et aides-soignants et entourés d'autres malades.
L'hôpital. Perçu par certains soignés (et moi la première) comme une prison puisqu'on ne peut sortir librement, puisque les déplacements sont limités, puisqu'il faut porter un uniforme, pyjama ou blouse, manger aux heures prescrites, ne rien faire, attendre. L'hôpital où il existe une classification des grades, où est employé un langage hermétique. L' auteur a choisi la neurochir, un service lourd avec des patients allongés, immobiles, faibles, vulnérables, qui peuvent décéder.
L'auteur nous parle également des maladies chroniques. Celles-ci ne sont pas létales mais elles ne vous quittent jamais et reviennent de temps à autre vous faire souffrir. Je sais par expérience, combien il est dur de prendre un traitement chaque jour alors qu'on se sent bien, juste au cas où….
L'histoire d'amour, elle, ne m'a pas touchée. C'est plutôt la fin d'un amour entre deux hommes. Un amour passionné qui s'est éteint et qui ne renaîtra pas de ses cendres.
Merci aux éditions L'iconoclaste de m'avoir permis de lire ce livre et merci à Masse Critique. « Chambre simple » de Jérôme Lambert est le 40ième livre reçu grâce à une opération Masse critique.
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Gaiange
  08 février 2018
Dans ce roman tout se passe par l'ouïe, le ressenti profond, c'est un roman polyphonique.
Un roman court et pourtant d'une puissance émotionnelle assez spectaculaire. L'auteur nous fait voyager dans le monde blanc de l'univers hospitalier. Tour à tour nous allons passer d'un personnage à un autre. Tantôt le patient, tantôt les infirmières, les aides-soignants, les proches. Chacun prend la parole et nous expose leur vie à travers leur regard, de ce qui se passe autour de ce patient, de leurs émotions, du rôle qu'ils doivent tenir autour de lui, mais qui prend une tournure humaine.
Voir plus loin que le blanc des blouses, le blanc des draps et le blanc des murs. Voir l'âme profonde de ces personnes qui déambulent dans les couloirs comme des automates. Chambre simple est un roman humain, pleins d'émotions d'une force parfois déconcertante. Nous sommes dans l'intimité des personnages, nous pouvons sans aucun mal nous mettre à leur place grâce à la subtilité et la justesse des mots choisis.
Un roman sans vraiment de début ou de fin, il faut pas s'attendre à une histoire à proprement parler. Il faut se mettre dans l'esprit que nous faisons simplement un passage, un aparté de quelques jours dans la vie de ces personnages. Nous passons, nous les vivons, nous avons cette vision peut être un peu trop proche, cette sensation de violer leurs pensées, mais ceci permet de donner une autre image de ce monde un peu fantomatique et mystérieux. Ca donne une grande part d'humanité en partant du patient, par les proches, en allant par le personnel soignant et ces rencontres de quelques minutes ou de quelques jours.
Un roman que je conseille pour les curieux !
Lien : http://les-mots-de-gaiange.o..
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Borntobealivre
  22 février 2018
Comme son titre le laissait présager, "Chambre simple" est un huis clos dont "l'action" se déploie dans l'enceinte d'un hôpital, et le plus souvent, dans la chambre d'un personnage que l'on connaîtra sous le nom du "Patient."
Les voix des patients, mais aussi, de professionnels, résonnent dans ce roman choral : il y a d'abord celle de Roman, amoureux transi du "Patient" qui raconte ses visites tout en se remémorant avec beaucoup de tendresse leurs moments de bonheur absolu ; celle du "Patient" lui-même qui décrit son morne quotidien d"Allongé", avec distance et résignation, comme s'il n'attendait plus rien de la vie ; celle d'Ellia, infirmière dévouée qui, même après des années d'exercice, n'arrive pas à faire la part de choses, à ne pas penser à ses patients après son travail ; de Maxime, infirmier lui aussi, qui arrive de moins en moins à tenir le choc ; et enfin, de Marco, un autre patient qui ne compte plus ses séjours à l'hôpital.
Très sensible à cette littérature qui nous plonge dans l'univers d'un hôpital ou d'une clinique - j'avais eu de vrais coups de coeur pour "Alors, voilà : les 1001 vies des urgences" de Baptiste Beaulieu et pour "Chambre 2" de Julie Bonnie - j'ai eu tout de suite envie de lire ce livre.
"Chambre simple" est un petit roman plein d'humanité, d'une puissance et d'une sensibilité indéniables. La plume de l'auteur parvient, avec justesse, à "mettre des mots sur les maux" - selon la formule consacrée - des patients, mais aussi, de ceux qui sont "de l'autre côté" et qui souffrent, eux aussi.
Certains personnages m'ont étrangement laissé de marbre - j'avais assez peu d'empathie pour le Patient, par exemple -, d'autres m'ont bouleversée, comme Roman qui souffre d'un mal beaucoup plus douloureux que le Patient : celui de la perte de l'amour.
Je remercie les éditions Iconoclaste et Babelio pour cette belle découverte !
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Livresselitteraire
  14 janvier 2018
Chambre 14, un homme est allongé dans des draps blancs. L'homme appelons-le le Patient a chuté. Rechuté dans sa maladie chronique. Un mal qui frappe sans prévenir. L'hôpital il connaît bien, trop bien même mais ne s'y habitue pas. Car peut-on seulement s'habituer à cette condition d'allongé ? A ces personnes inconnues qui prennent à votre place les décisions ? Dans cet environnement aseptisé il perd toute liberté, tout libre arbitre, toute pudeur.
Son quotidien devient celui des soignants et médecins qui chaque jour mettent tout en oeuvre pour soigner les blessures, physiques et morales mettant de côté les leurs. Et s'il faut garder bonne distance, une infirmière s'attache malgré tout à cet homme qu'elle voit se replier sur lui-même.
La seule visite que le Patient reçoit de son entourage est celle de Roman. Chaque jour il se rend à son chevet, son amour débordant. Mais les souvenirs remontent à la surface, et si Roman ne dit rien de leur situation, le Patient finira par se souvenir que cet amour n'est plus tout à fait. Alors il étouffe, a besoin de se griller une cigarette, ou le paquet. Et c'est dans cette cour aussi froide que les murs qu'il va faire la connaissance silencieuse d'un autre patient qui connaît bien ce lieu lui aussi.
Dans ce roman polyphonique délicat, âpre et tendre à la fois, on y découvre les contrastes qui constituent chacun des personnages animés sous la plume de Jérôme Lambert. On plonge entre les murs blancs de cet hôpital qui fait perdre tout repère et on y entend les voix de ces corps et de ces âmes que la vie ou la maladie n'épargnent pas. C'est en tout cinq voix qui résonnent et prennent la parole tour à tour pour nous dépeindre ce quotidien où les moments de gaieté sont aussi précieux que rares. Jérôme Lambert a ce don de mettre en lumière les douleurs quelles qu'elles soient et les questionnements de l'intime auxquels l'amour appartient. Et il le fait avec une mélancolie qui nous berce, une tendresse qui nous enveloppe et une écriture aussi incisive que poétique. Et si ce roman est parfois triste il est surtout beau, vivant et plein d'humanité.

Retenez ce titre, Chambre simple. Lisez ce titre. Il est simplement tout ce qu'on ne sait parfois pas toujours dire. Il est l'amour mis à nu.
Lien : http://www.livresselitterair..
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Agathethebook
  04 janvier 2018
La crise d'épilepsie de Julien aurait pu lui être fatale. Il se réveille dans cette chambre d'hôpital le cerveau endolori, les souvenirs embués. Heureusement il y a Roman, son amour, tout près de lui chaque jour, le temps de la guérison. Pour éviter toute nouvelle crise, Julien doit rester allongé, horizontal et immobile, observer impuissant les jours et sa vie défiler, Roman à ses côtés.
Il semblerait que ce nouveau décor ne soit pas celui de leur première idylle. Petit à petit, Julien reconstitue le puzzle de leur relation avant la crise. Quelle terrible décision avait-il prise ?
Dans ce roman aux multiples narrations, où l'histoire d'amour d'un couple tend à se rejouer, aides-soignants et malades, les témoins fixes de ces murs blancs et de ces néons blafards, assistent impuissants aux combats de ses habitants provisoires.
L'amour peut-il subsister face à la maladie et à l'urgence de vivre ?
Mon avis : Ce roman sensible est extrêmement poignant par ses deux thématiques : une maladie chronique et la fin d'un amour entre deux hommes.
Il interroge le lecteur sur le rapport temps/maladie « Que peut-on avoir de si urgent à faire quand on est en bonne santé ? » ainsi que sur le rapport amour/temps/maladie : ne pas avoir le temps d'aimer sereinement : la maladie apporte l'urgence d'aimer, de ressentir, de désirer. Dans ce rapport au temps les personnages annexes sont comme des marqueurs fixes permettant de situer chronologiquement deux personnages désorientés.

Lien : https://agathethebook.com/20..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
verobleueverobleue   07 février 2018
Si je suis devenue aide-soignante, c'est parce que ma place est auprès d'eux au quotidien, c'est ce que je fais de mieux. Après une opération à cœur ouvert, une greffe du rein ou une mastectomie, même si on vient de sauver une vie, on retire ses gants et on enchaîne. Moi, je ne pourrais pas me contenter de ce tête-à-tête sur le billard, encadré par deux visites en chambre pour briefer et débriefer comme ils disent maintenant. Il faut que je touche leur peau, que je les regarde dans les yeux, que je les bichonne. Il faut qu'on se parle surtout. Bien sûr que les anesthésistes sont la clé de voûte de l'opération, mais la résurrection, c'est entre mes mains qu'elle a lieu.
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verobleueverobleue   02 février 2018
[...] c'est avec douceur, avec cette sorte d'amour que nous sommes seuls à pouvoir donner, nous les blouses de la nuit, les changeurs de draps, les serveurs de repas, les toiletteurs et les aides-soignants aux fronts luisants, les infirmières soucieuses et souriantes, les ombres glissants autour des lits, nous sommes l'armée aux chaussons qui couinent, les gardiens des douleurs, veilleurs de morphine, les derniers regards plongés dans leurs iris avant la nuit.
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verobleueverobleue   06 février 2018
Ce qui angoisse, ce qui oppresse, ce qui donne envie de chialer ou de défoncer un mur, c’est pas la certitude qu’on ne va jamais sortir de l’hôpital et y mourir, c’est qu’on va devoir y revenir.
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verobleueverobleue   06 février 2018
Tu m'aimes assez - dis oui - pour me faire l'amour après les cathéters, les trous dans l'épiderme, le pistolet pour pisser, la camisole et le déambulateur, après les petites cuillères de purée glissées dans ma bouche parce que je suis trop faible, les compotes dégeu et les érections qui ne veulent rien dire sous ces draps à usage unique? Tu aimais embrasser cette pliure, là, à l'intérieur du coude, t'as la peau douce, tu disais. mais regarde maintenant, regarde cette bouillie de veines violacées, ces dix mille marques d'aiguilles, tu poserais tes lèvres là-dessus aujourd'hui?
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LivresselitteraireLivresselitteraire   14 janvier 2018
C'est en sortant d'une sieste que tout est remonté à la surface. Des morceaux de cadavres empaquetés qui font le trajets depuis les profondeurs où ils étaient coincés et qui reviennent à l'air libre sans prévenir. L'hôpital, c'est les abysses et le silence. C'est la perte de soi et s'y réveiller, c'est être seul, ignorer où on est et se mordre les joues quand on se souvient. Chaque retour à la vie est un petit séisme qu'on finit par apprivoiser. On s'habitue bientôt à ce rythme binaire, à se réajuster au réel, à remettre les rêves en place.
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