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Critiques sur Lavinia (30)
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TheWind
  15 janvier 2017
Tous les chemins mènent à Rome.
Mais je ne vais pas y aller par quatre chemins pour vous donner mon ressenti à propos du roman Lavinia d'Ursula Le Guin.
Pour tout vous dire, je me suis un peu ennuyée.
Je reconnais, cependant, un certain talent et mérite à l'auteure. S'atteler à la tâche de traduire en roman la deuxième partie de l'Eneide de Virgile est fort honorable !
Néanmoins, j'ai trouvé que ce roman manquait de souffle, de passion, de « fantasy » aussi peut être ...

La narratrice, qui n'est autre que Lavinia, la fille du roi du Latium, est promise à Turnus, roi des Rutules. Seulement voilà, un jour, près de l'autel d'Albunea, un poète, sorte de devin, (il s'agit en fait du poète Virgile) lui prédit un tout autre avenir. Il lui raconte la vie d'Enée qui a fui le siège de Troie, puis ses amours avec Didon, la reine de Carthage et enfin, lui apprend que ce dernier débarque sur les rives du Latium et qu'il est destiné à l'épouser, elle, Lavinia.
C'est ainsi que très tôt dans le roman, on sait ce qu'il adviendra de la jeune Lavinia.

Ursula le Guin s'est avant tout appuyé sur l'importance que revêtait la divination lors de l'Antiquité grecque et romaine. Elle s'est employée à construire son roman à partir de ces présages, sans rien en cacher au lecteur qui malgré lui connaîtra le déroulement de l'histoire avant même qu'il ne se produise.
C'est terriblement frustrant et cela ôte bien sûr tout suspense.
Si vous voulez lire une histoire trépidante et pleine de surprises, passez votre chemin.
Il m'arrive pourtant de lire des histoires où il ne se passe strictement rien et qui pourtant me ravissent par leur poésie, par leur originalité ou encore par leur style particulier. Mais, il n'y a rien de tout cela dans le roman d'Ursula le Guin.Certes, c'est bien écrit mais le style est un peu trop sage et trop académique.
Ajoutez à cela que j'ai trouvé les personnages (et surtout celui de Lavinia) sans relief et sans consistance. Un brin ennuyeux, quoi !

Si mon analyse paraît sévère, il n'en reste pas moins que j'ai pris plaisir à me projeter dans cet univers antique. Ursula le Guin nous offre là une intéressante plongée dans la société pré-romaine, décrivant avec soin l'organisation sociale et politique des villes fortifiées, les règles régissant les rapports hiérarchiques des habitants entre eux, leurs activités quotidiennes, l'importance des rites religieux...
Il convient également de rendre à César ce qui appartient à César : Ursula le Guin ne se contente pas d'exposer les événements dans un décor soigneusement tissé, elle pose aussi un regard critique sur une société régie par des hommes pour lesquels le combat reste l'ultime honneur.
A travers l'oeil aiguisé de Lavinia, la guerre n'apparaît plus comme un passage obligé duquel le héros reçoit toute sa gloire et son mérite, mais plutôt comme une calamité qui s'abat sur les populations et dont on ne retire que du malheur.

C'était ma toute première rencontre avec Ursula le Guin et même si elle ne fut pas pleinement satisfaisante, je compte bien ne pas rester sur cette impression en demi-teinte et découvrir d'autres oeuvres de cette auteure. J'imagine bien d'ailleurs que les critiques issues du Challenge sfff consacré à Le Guin et Anderson ne vont pas manquer de m'en donner l'occasion et l'envie !!
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boudicca
  21 mai 2012
Né de la fascination d'Ursula le Guin pour l'écrivain antique Virgile, le roman propose avec originalité d'exploiter un personnage mineur de l'Enéide mentionné uniquement à titre anecdotique par le poète. L'auteur donne ainsi la parole à Lavinia, fille du roi Latinus du Latium, dont le destin se trouve bouleversé par l'arrivée d'un prince étranger, condamné à errer de par le monde suite à la destruction de sa patrie : Énée. Si certains éléments de l'histoire du Troyen nous sont évidemment aujourd'hui familières (la fuite de Troie avec son père Anchise sur le dos, la rencontre avec la reine carthaginoise Didon et le tragique suicide de cette dernière, la descente aux Enfers...), ses aventures en Italie sont cependant bien moins connues et assez peu abordées.

Ursula le Guin nous fait donc revivre l'arrivée d'Énée et des survivants de la guerre de Troie dans le Latium, les guerres incessantes entre les différents peuples de la région (Sabins, Volsques...), et surtout la genèse de la fondation de la cité de Lavinum, autrement dit l'ancêtre de Rome. Difficile de ne pas se laisser embarquer par le récit et de ne pas se prendre d'affection pour cette Lavinia dont on suit avec intérêt l'évolution et les épreuves : la folie de sa mère, le mariage comme moyen d'alliance, les ravages de la guerre, son amour naissant pour Énée... Seul petit bémol : la distance qui sépare parfois le lecteur de la narratrice, malheureusement trop souvent dans la retenue. Les confrontations entre la jeune femme et son « créateur », le poète Virgile, sont cela dit extrêmement intéressantes et rajoutent une touche d'originalité à l'ensemble.

Avec « Lavinia », Ursula le Guin signe incontestablement un bon roman, certainement pas le meilleur de sa carrière mais néanmoins divertissant et qui parlera sans aucun doute aux amateurs d'histoire ancienne. L'ouvrage fut d'ailleurs récompensé en 2009 par le prestigieux prix Locus Award.
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sld09
  22 septembre 2017
Mêlant Histoire et mythologie, l'auteur nous propose une biographie de Lavinia, un personnage à peine évoqué dans l'Enéide de Virgile.

On se laisse porter par le texte plein d'onirisme qui brouille les frontières entre présent et avenir, entre réel et fiction tandis que le personnage communique avec son auteur. Mais malgré la plume très agréable d'Ursula le Guin, je n'ai pas vraiment réussi à entrer dans le roman et j'ai fini par abandonner...
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Walktapus
  14 mars 2011
"Autre prodige : pendant que Latinus allume d'une torche pure le feu de l'autel, et que la jeune Lavinia se tient à ses côtés, ô spectacle néfaste ! on vit la flamme saisir sa longue chevelure, consumer toute sa parure en crépitant, embraser son bandeau royal, embraser sa couronne constellée de pierres précieuses, et elle-même, enveloppée de fumée et de fauve lumière, répandre l'incendie par toute la maison. C'était, disait-on, le présage de choses étonnantes et terribles : la princesse serait un jour illustre par la gloire de son nom et sa destinée ; mais tout cela annonçait au peuple une grande guerre."
Enéide, livre VII, trad. André Bellessort


Lavinia, c'est cette princesse latine qu'épouse Enée, le héros troyen, plusieurs siècles avant la fondation de Rome, permettant ainsi de relier les origines de la Cité à Homère. Virgile, au début de notre ère, met en vers cette légende épique : l'Enéide, un "best-seller" dont le succès et l'influence auront été énormes.

Mais revenons à notre livre. L'auteure déclare dans la postface avoir voulu rendre hommage à Virgile, mais elle adopte un point de vue original : celui d'un personnage à peine mentionné dans l'épopée, et qu'elle pourra développer tout à loisir : Lavinia.

Lavinia est donc la narratrice de cette histoire, qui prend d'abord le temps de planter richement le décor d'une société agraire, superstitieuse, respectueuse des rites, mais idéalisée, prenant sa source tant dans une reconstitution historiquement plausible que dans le "Mos Maiorum", ces vertus célébrées des premiers Romains. Avec l'arrivée d'Enée en Italie (les livres précédents de l'Enéide étant juste résumés) on rejoint les événements racontés par Virgile. Mais le point de vue est celui d'une femme. La guerre perd son aspect glorieux tout en restant une tragédie et en devenant une calamité. Les dieux ne sont plus présents, et leur action parfois à peine suggérée. Lavinia poursuit également le récit là où Virgile s'arrête, pour boucler l'histoire d'une vie qui est aussi celle des fils d'Enée.

D'une écriture pleine de sérénité, de sensibilité, Le Guin déroule un récit prenant et discrètement poétique, tout en prophéties et en flash-backs, s'interrogeant sur ce qu'aurait pu devenir l'Enéide si Virgile avait pu l'achever, et réussissant même très élégamment à l'inviter, double d'elle-même, dans son roman. Une très grande dame dans sa plénitude.
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Sio
  14 janvier 2012
Dans l'Enéide, Virgile ne la cite qu'une fois. Jamais il ne lui donne la parole.

Lavinia, c'est l'histoire de cette princesse latine qu'Enée épouse en dernières noces; c'est sa voix qui nous conte cette histoire. Car telle une conteuse, elle déroule le fil de l'histoire, son histoire, qui est aussi celle du Latium.

Réparant l'oubli de Virgile, Ursula K. le Guin nous brosse l'époustouflante fresque qui n'est qu'évoquée dans l'Enéide. L'histoire en elle-même est captivante, et extrêmement documentée; pas seulement parce que des cartes du Latium sont disponibles, mais parce qu'on sent que toutes les questions ayant trait aux rites, aux conflits, ou à la vie domestique ont été méthodiquement examinées. Mais il ne s'agit pas cependant d'un reportage; s'il y a foule de détails, ils servent surtout à élaborer un univers fouillé, et des personnages bien campés.

Le récit est doublé d'un second niveau: celui de la réflexion sur l'écriture. Car dès les premières pages, Lavinia nous place face à cette constatation insondable : "Je suis certaine qu'une femme portant mon nom, Lavinia, a bien existé, mais elle a sans doute été si différente de l'idée que j'ai de moi, ou de l'idée que mon poète a de moi, que penser à elle ne réussit qu'à me perturber. A ce que j'en sais, c'est mon poète qui m'a rendue réelle."

Consciente d'avoir été injustement oubliée par un Virgile mourant, Lavinia nous conte elle-même les événements qui ont constitué sa vie, s'affranchissant au fur et à mesure de l'influence du poète. Tant et si bien qu'on ne sait plus trop qui influence qui. Est-ce Virgile qui permet à Lavinia d'exister, en lui révélant les grandes phases de la vie d'Enée, ou est-ce Lavinia qui permet à Virgile de ne pas mourir en se rendant à l'autel d'Albunea? Telle est la mise en abîme que distille Ursula K. le Guin, et qui tend à s'effacer au fil des pages, matérialisant l'indépendance que prend le personnage par rapport au créateur.

On trouve enfin une réflexion sur la guerre, que les hommes sont incapables d'abandonner, mais aussi sur la condition des femmes, en général. Il ne faudrait pourtant pas croire qu'il s'agit d'un livre écrit par une femme, et pour les femmes. Lavinia est aussi une histoire d'hommes et, après tout, il ne faut pas être rebuté par un peu de beauté stylistique!

Le temps d'un récit, Ursula K. le Guin renoue avec le rythme des épopées antiques, retrouve le souffle des tragédies et nous touche avec sa poésie; loin des habituelles productions où l'hémoglobine coule à chaque page, on a affaire à un récit fluide et beaucoup plus subtil. Tout est dit, mais il faut parfois lire entre les lignes; les réflexions de Lavinia sur son destin, ses actes, ou la vie en général, sont autant de considérations aux accents aussi poétiques que philosophiques.

Lien : http://encres-et-calames.ove..
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Z3D
  04 septembre 2012
J'espère que ma critique sera un peu plus remplie que ce livre car personnellement, je l'ai trouvé vide!
L'idée initiale de revisiter l'Eneïde à travers les yeux d'un personnage secondaire est interessant. La création d'un personnage qui se sait lui-même être un personnage de fiction, pourquoi pas. En dehors de cela, je suis resté sur ma faim.
Mon principal grief contre ce livre est que la première moitié du roman révèle, par l'intermediaire du poète la quasi-totalité de la seconde partie.
En revanche, l'auteur a fait un vrai travail d'immersion dans l'oeuvre de Virgile pour garder la cohérence, cependant, en collant trop au texte primaire, j'ai l'impression qu'elle a perdu de son imaginaire. Avec peu de matière et pas de surprise, je me suis un peu ennuyé à lire ce livre!
Je suis peut être (même surement) sévère mais pour un livre ayant reçu le prix Locus et après la lecture de "Les Dépossèdés", je m'attendais à beaucoup mieux!
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Radicale
  24 mars 2011
Lavinia est une vraie belle découverte, qui part de l'idée suivante : corriger l'oubli de Virgile dans l'Enéide, en donnant une voix, une histoire, une texture, une saveur au personnage de Lavinia, dernière femme du héros mythologique Enée, tout juste évoquée dans l'épopée du poète.

Lavinia, c'est tout d'abord une histoire intéressante en elle-même, prenante, avec une héroïne bien campée, qui se tient la tête haute. L'univers est réaliste, bien documenté, avec force détails sur les coutumes et dieux latins de l'antiquité.

Mais c'est aussi, et c'est ce que je retiendrai du livre, la possibilité d'un second degré de lecture : le point de départ du roman est extrêmement original dans la mesure où Lavinia reconnait sa non-existence réelle, ou plutot sa contingence, son statut de personnage de papier, tout en revendiquant sa réalité grâce au pouvoir créateur du poète. L'intrigue va même plus loin, puisque c'est le personnage de fiction qui donne corps en poète, en racontant sa rencontre avec Virgile alors qu'il est aux portes de la mort. A la manière de Tchouang-Tseu qui se demande s'il rêve qu'il est un papillon ou s'il est un papillon qui rêve qu'il est Tchouang-Tseu (ou comme dans les Fleurs bleues de Raymond Queneau), le lecteur se demande si c'est le poète qui rêve de son personnage, ou le personnage qui rêve de son créateur. Les rôles peuvent être inversés ici, Lavinia est tout à fait capable de donner chair à celui qui l'a inventée. J'ai adoré ce paradoxe, cette réflexion et cette mise en abime sur l'acte de création par l'écriture, avec le personnage et l'auteur qui se nourrissent l'un l'autre.
Enfin, on trouve une belle réflexion sur la guerre tout au long du roman
En résumé, alors que tout part d'une épopée, c'est un très beau texte qui prend les accents d'une tragédie antique, avec des thèmes similaires (accepter son destin, refuser ou obéir aux coutumes ancestrales, faire des choix face à un dilemme et en assumer les conséquences), un discours qui serait digne d'un monologue théatrale et surtout, une voix, une voix très forte, une voix magistrale, une voix qui porte, qui charrie un flot d'émotions, mélancolique, une voix qui donne définitivement vie à Lavinia et qui lui rend, enfin, justice.
Lien : http://chezradicale.canalblo..
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celindanae
  12 avril 2017
Dans l'Énéide, Virgile parle très peu de Lavinia, seconde épouse d'Énée. Ursula le Guin a décidé de lui consacrer un roman pour rendre hommage à l'oeuvre de Virgile. le roman raconte ainsi la vie de Lavinia mais également la fondation de la ville de Lavinium directement liée au destin de Lavinia.

Lavinia est une princesse latine vivant dans une ville proche de la région de Rome. Elle est la fille de Latinus, le roi des latins et d'Amata. Pour une princesse, elle a eu une enfance assez libre mais aussi tragique marquée par la mort de ses deux frères et la folie de sa mère. Une fois arrivée en âge d'être mariée, Lavinia est très courtisée, son statut étant assez enviable. le prétendant le plus assidu est son cousin Turnus mais Lavinia va consulter les oracles afin de l'aider dans ses choix. C'est alors que le poète (Virgile mais pas cité dans le texte) lui apparait pour lui annoncer son destin: épouser Énée et lui donner un fils.

Lavinia est ainsi le récit d'une femme qui choisit son destin, et son prétendant contre l'avis de sa mère et arrive à s'imposer auprès de son père en sachant les conséquences de ses choix. En effet, la guerre est en toile de fond du récit: la guerre de Troie avec le passé d'Énée et la guerre à venir liée à la situation de Lavinia et de l'arrivée des étrangers. La guerre est vue par les femmes tout au long du récit, que ce soit Lavinia ou les femmes ou filles de soldats. Ce point de vue est très intéressant et peu utilisé en fantasy. Il rend le récit de la guerre à la fois plus réaliste et plus poignant. Lavinia est un personnage attachant et intéressant, c'est une femme forte même si ce n'est pas une guerrière ou une magicienne, elle va au bout de ses idées. Les autres personnages, à part Énée sont assez peu développés, le roman étant raconté à la première personne.

Le choix de Lavinia n'est pas sans conséquence pour son pays avec la guerre entre les compagnons d'Énée et son peuple, pour un prétexte futile (la blessure d'un cerf à la chasse) et des conséquences personnelles pour elle et sa famille. Cependant, elle ne prend pas sa décision au hasard, elle est aidée par le poète qui lui dit son avenir. Cette mise en abime de l'histoire est intéressante et originale, elle replace Lavinia dans le récit de Virgile. Mais elle est aussi un peu gênante, car on sait à l'avance ce qui va se produire et le roman se révèle un peu sans surprise. C'est plaisant aussi de savoir comment les choses vont se produire mais on en sait presque trop dès le début et j'ai trouvé cela dommage.

Le roman ne raconte pas seulement la vie de Lavinia mais aussi comment la ville de Lavinium fut fondée. La ville fut fondée par Énée en l'honneur de sa femme. Énée et Lavinia eurent un fils. Parmi les descendants d'Énée, on trouve Jules César et les romains considéraient Énée comme le père fondateur de leur civilisation. Énée est ainsi un personnage important dans la mythologie romaine et la partie de sa vie contée dans ce roman est moins connue que celle relative à la guerre de Troie.

Lavinia est donc un roman offrant un univers antique avec un aperçu détaillé de la société romaine avec tout ce que l'on pouvait y rencontrer, allant des liens familiaux, à l'aspect religieux et à l'organisation des cités. C'est un roman sur le destin d'une femme et les répercutions de ses choix. Il est intéressant sur bien des points mais ce n'est pas mon préféré de l'auteure, le manque de surprises m'ayant un peu dérangée.
Lien : https://aupaysdescavetrolls...
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Lutin82
  17 janvier 2016
Lavinia - fille du roi des Latins avant l'illustre Rome antique - est «destinée» à devenir l'épouse d'Enée qui fut l'objet d'un célébre (et incontournable) poème épique : l'Énéide, de Virgile. Or, dans cette oeuvre, le poète ne la cite qu'une fois, jamais il ne lui donne la parole, jamais il ne lui prête la moindre action phare. C'est tout juste si le lecteur, au détour d'une ligne, prend connaissance de son existence et de son futur rôle. Elle est en fait une simple figurante.

Dans le roman d'Ursule Le Guin, Lavinia prend bien plus de consistance. L'auteur utlise une astucieux procédé pour écrire son roman, et l'attacher à l'univers de la Fantasy. C'est en effet, Virigle lui-même qui va insuffler le premier souffle en couchant son nom sur le papier et entâmer une relation "spectrale" avec la jeune femme. Et Lavinia va alors prendre son destin en main.

Initialement, Lavinia, fille de Latinus (roi des Latins) est fiancée à Turnus - parent de sa mère avec laquelle elle entretient une relation distante et teintée d'amertume.
L'arrivée d'Enée l'apatride bouleverse ces projets de mariage.
Virgile, au crépuscule de sa vie - qui contera l'épopée de son époux des siècles plus tard - apparaît d'une manière spectrale dans la vie de Lavinia et va influer sensiblement sur sa destinée. Le poète se pose en trait d'union entre la passé et le futur, mais également entre le roman et le poème épique. Il se fait à la fois prophète et confident, provoquant sans doute l'avènement de Rome des siècles plus tard...

Il est impossible de ne pas s'attacher à cette jeune femme lumineuse, qui refuse d'être une femme trophée/objet en s'aliénant en partie sa propre mère. Elle choisit une route différente, pleine d'obstacles et de réprobation qu'elle affronte avec bravoure. Comme dans l'essentiel de ses romans, les personnages, et notamment cette jeune femme, sont vivants, intéressants et crédibles. Il m'a été difficile de ne pas faire un trait d'union avec les plus connus des récits de Racine et ses tragiques destins féminins. C'est d'ailleurs un peu cette similitude d'époque et "d'esprit" qui m'a beaucoup plue et attrirée dans Lavinia ( j'aime les pièces de théâtre et l'oeuvre de Racine, entre autres).

La fibre anthropologue de Le Guin est nettement perceptible dans le traitement de cette société antique. Non seulement, elle maîtrise la place de la femme, la religion, les liens et traités entre tribus/villes, mais, elle insuffle une véracité remarquable et très visuelle. Cet aspect "sciences sociales", la nature même de cette fantasy autre, le rythme pas des plus soutenus, pourraient toutefois rebuter des amateurs de magies chatoyantes qui recherchent un roman à base historique ET plein d'action.

Lien : http://lmauget.wix.com/albed..
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MissViolette
  22 août 2014
"L'Enéide" faisant partie de mes classiques favoris, je ne pouvais pas passer éternellement à côté de ce roman ! J'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir cet envers de l'épopée, le point de vue de Lavinia permettant d'humaniser, de moderniser le récit grandiose et sanglant que Virgile fait de la guerre du Latium. le roman est de plus joliment écrit et bien documenté (historiquement et mythologiquement).
J'ai été moins touchée, cependant, par l'après-Enéide, introduite par une phase heureuse de la vie de Lavinia durant laquelle le rythme s'essouffle. L'héroïne manque aussi d'une certaine chaleur, elle demeure à mon sens assez froide et il est difficile de s'attacher à elle.
Mais j'ai été très émue de découvrir cette réécriture de l'Enéide, de retrouver chaque épisode de l'épopée chanté d'une nouvelle manière.
Vous trouverez ma critique complète sur mon blog (lien ci-dessous).
Lien : http://confiserie-des-livres..
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