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ISBN : 2701196663
Éditeur : Editions Belin (17/03/2016)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Le 25 janvier 1474, Charles le Téméraire, dernier des ducs Valois de Bourgogne, revêtu d'or et de pierreries, portant un couvre-chef similaire à une couronne fermée, s'adresse à son peuple en évoquant de manière sibylline ses rêves de grandeur et sa volonté d'élever ses territoires en royaume. La Grande Principauté de Bourgogne qui, du milieu du XIVe à la fin du XVe siècle, s'est progressivement étirée des brumes de la Zélande aux vignes du Mâconnais, offre un labor... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Parthenia
  03 juillet 2016
Je ne répéterai pas la quatrième de couverture mais j'apporterai une précision aux futurs lectures : cet ouvrage fait référence à de nombreux événements qui ne sont pas expliqués. Selon moi, il est préférable d'avoir certaines connaissances pour apprécier la démonstration de l'auteure, même si ce n'est pas fondamentalement indispensable et que le non spécialiste y trouvera tout de même son compte.
Personnellement, j'ai beaucoup apprécié ma lecture. Je connaissais surtout les premiers ducs de Bourgogne et leurs actions, or, ce livre, même s'il reprend la genèse de leurs actes, s'attarde davantage sur Charles le Téméraire, le dernier duc de Bourgogne et les raisons de son échec à hisser sa principauté au même rang qu'un royaume de France ou un Saint Empire romain germanique auxquels il était inféodé.
L(es) Etat(s) bourguignon(s) forment une mosaïque de terres et de pouvoirs, fragmentées à travers l'espace, avec au nord les Flandres, l'Artois, la Picardie, la Hollande, la Zélande, etc, et au sud le duché et le comté de Bourgogne, le comté de Charolais, etc. Comme on le voit, ces deux ensembles territoriaux ne formaient pas un bloc géographique d'un même tenant, et possédaient des coutumes et langues différentes. Qu'a-t-il donc manqué aux ducs de Bourgogne pour transformer leurs possessions territoriales en un Etat centralisé digne des royaumes voisins ?
Élodie Lecuppre-Desjardin tente de répondre à cette question en développant les moyens que ces princes avaient à leurs dispositions et les limites d'une telle politique.
Tout d'abord, le premier acte de communication politique passe par l'étalage du luxe : on exhibe sa supériorité par le faste, notamment lors des mariages princiers. La propagande artistique joue également un rôle important, qui permet de glorifier le prince à travers ses ancêtres et leurs actions (peinture, littérature...). On n'hésite pas à utiliser la rumeur (par exemple l'empoisonnement) pour discréditer un adversaire (notamment le roi de France). En 1430, à l'occasion de son mariage, Philippe le Bon crée le prestigieux ordre de chevalerie de la Toison d'or. La majesté bourguignonne s'exprime également à travers l'idéal de croisade (qui avait un poids important à l'époque) ou encore l'utilisation de la formule "par la grâce de Dieu" dans les lettres.
Indubitablement, les ducs de Bourgogne étaient des princes extrêmement puissants, non seulement sur le plan militaire mais également sur le plan territorial et leur faculté à lever des subsides. Que leur a-t-il donc manqué pour unifier leurs peuples et leurs territoires en un seul royaume ?
Tout d'abord, ce qui avait fait leur réussite (annexions territoriales facilitées par leurs promesses de respecter coutumes et privilèges) va devenir leur faiblesse. Les villes du nord se sont souvent révoltées contre les ducs de Bourgogne pour préserver leurs intérêts économiques, et n'ont donc pas adhéré à leur volte-face politique contre les Anglais qui étaient leurs premiers clients (néanmoins, ces villes ont payé moults impôts pour les guerres du Téméraire). En outre, les ducs ont souvent adopté un comportement ambivalent quant à leurs liens féodaux : les peuples du sud de la principauté, très attachés au roi de France, désavouaient les trahisons successives des ducs de Bourgogne vis-à-vis de son seigneur français (qui de son côté encourageait les clans francophiles à le rejoindre).
L'autoritarisme et la dureté de Charles le Téméraire ont entraîné beaucoup de défections parmi sa noblesse au profit de son ennemi Louis XI. de plus, les ducs de Bourgogne ont manqué de cohérence et d'intelligence politique (ils clamaient vouloir supprimer l'impôt dans le royaume de France mais refusaient de l'appliquer dans leurs états). Ajoutez à cela que Charles le Téméraire, malgré sa valeur militaire, multiplie les erreurs stratégiques le conduisant de défaites en défaites puis à sa mort...
Les ducs de Bourgogne ont donc échoué à rassembler leurs peuples derrière une capitale, une langue unique, un roi et un nom. Leur ont manqué un ennemi commun qui aurait provoqué l'émergence d'une conscience "nationale" en les aidant à construire un Etat politique, tandis qu'à l'extérieur, l'empereur romain germanique surnommait le dernier duc de Bourgogne le Grand Turc d'Occident...
Je remercie les éditions Belin ainsi que Babelio pour ce partenariat ! La lecture de l'ouvrage a été très agréable et instructive, la plume de l'auteure, soutenue mais n'hésitant pas à égrener quelques notes d'humour n'y étant pas étrangère.
Lien : http://parthenia01.eklablog...
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DarkSun
  24 juin 2016
Tout d'abord, avant de critiquer cet ouvrage historique, je tiens à remercier Babelio et les éditions Belin de m'avoir permis de découvrir ce livre et son auteur.
Il n'y a pas besoin de lire la biographie de l'auteur pour voir qu'elle est une historienne spécialisée dans ce domaine, en effet, dès les premières pages, nous voyons que Élodie Lecuppre-Desjardin a passé du temps à se documenter sur la période. le livre, racontant " l'aventure " politique et sociale des ducs de Bourgogne, m'a totalement conquis, il permet à un public, qui n'est pas forcément connaisseur de la période, d'apprendre quasiment tout ce qui peut l'être sur la Grande Principauté de Bourgogne à travers des textes informatifs et analyses agrémentés d'une carte politique de la région, d'images et d'extraits de discours ou de chroniques contemporains aux ducs de Bourgogne qui les complètent parfaitement.
De plus, le style d'écriture est propre, l'auteur va droit au but tout en restant très clair.
Le vocabulaire utilisé m' a obligé parfois à utilisé mon dictionnaire mais cela dépend de l'âge du lecteur.
En bref, je n'ai pas trouvé de point négatif, ce livre est une bonne source d'informations qui regroupe tout ce qui a été dit par des historiens spécialisés sur le sujet en plus des analyses de l'auteur. Je le conseille donc à tous.
Ma note : 5/5
Et vive la Bourgogne.
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klimt4
  23 juin 2016
En 356 pages , Elodie Lecuppre-Desjardin, nous surprend sur une époque de l'histoire inconnue à mes yeux.
Que de choses j'ai apprises sur cette époque du Moyen -Age, que j'affectionne particulièrement mais que j'ignorais....
Le Ducs de Bourgogne étaient très reconnus à cette époque. Ils faisaient ou essayer d'agrandir notre pays , lui trouver des richesses...Ils sont parvenus à la concrétisation de leurs projets.
Un livre bien documenté , une oeuvre....des images ,cartes , gravures en couleurs..
Bref , un nouveau coup de coeur pour moi !
Lien : http://lespassionsdeflo.over..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   20 juillet 2016
Reprenons les mises en garde de Pierre Nora : "La nation elle-même est tout entière une représentation. Ni un régime, ni une politique, ni une doctrine, ni une culture, mais le cadre de toutes leurs expressions..." Si la nation s'affirme comme le résultat d'une construction, d'une élaboration, d'une édification, il faut bien convenir que l'aventure bourguignonne a manqué assurément de matériaux et de temps pour en assurer le chantier. Se considérant avant tout comme des princes des fleurs de lys, jusqu'à Charles le Téméraire, les ducs n'avaient certainement pas le désir de tendre vers un esprit national unificateur en marge du royaume de France. Inscrits dans une pyramide vassalique qui faisait de leurs seigneurs des sujets du roi de France, ou des vassaux impériaux, les hommes de la Bourgogne ducale ou de Franche-Comté, n'avaient pas à coeur de s'unir dans une entité politique à part entière.

p. 343
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