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Âmes sensibles s'abstenir, ce livre n'est pas un biographie sans être une fiction, c'est le résultat d'une analyse sociologique commandée. C'est clairement très violent mais c'est aussi le portrait d'une triste réalité où les options pour échapper à la misère se comptent sur les doigts d'une main : le sport ou la musique mais les places sont rares, sinon, il reste la criminalité et vivre vite. Là encore, il faut faire sa place, se faire accepter, pas question de laisser la sentimentalité prendre le dessus et ça dès le plus jeune âge.
L'adaptation cinématographique est tout aussi cruelle et très fidèle au roman. Les deux m'ont passionnés mais il faut tenir le coup.
J'ai connu une bibliothécaire responsable d'un médiathèque dans le Loiret qui n'a pas résisté et à retiré livres et DVD du catalogue car trop choquée.
A chacun de faire son choix en connaissance de cause.
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Bienvenue à la Cité de Dieu, Rio.
Dans la favela, le lecteur découvre un univers inconnu. Celui où les meurtres par balles, les hold-ups et la consommation de drogues sont monnaie courante. Tellement courante d'ailleurs, que Paulo Lins ne les annonce que par une seule phrase. A la Cité de Dieu, on ne fait pas grand cas de ces choses là. Ça arrive, c'est tout.
Alors, Paulo Lins nous promène dans la favela. Il nous présente les garçons de 18, 16, parfois même 12 ans, qui se battent. D'abord pour de l'argent, puis pour les filles, puis pour le pouvoir. Il nous raconte l'histoire de jeunes garçons honnêtes, embarqués dans les guerres de gang par on ne sait quelle aventure.
Paulo Lins explore la confiance des uns en les autres. Finalement, elle est un peu comme une corde : elle s'use au fil du temps. Jusqu'à craquer. Alors, on assiste aux trahisons, à la mort des garçons qui n'ont même pas 20 ans passés. On assiste à leurs arrestations, à leurs fuites.
Mais de la violence ambiante, on ne retient qu'une chose : avant tout, tous veulent seulement vivre une belle vie.
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La Cité de Dieu, c'est le nom attribué à l'une des favelas de Rio de Janeiro. Une favela dont Paulo Lins va nous montrer des instants de vie tout au long des années 70 à 90, instants passés essentiellement aux côtés des jeunes truands qui sèment le trouble et souvent la peur dans les rues.
Ainsi, l'action ne rapporte pas ce qu'est la vie de chacun au sein d'une favela mais s'attache avant tout aux exactions des trafiquants de drogue et autres petites frappes. Un règne de violence, dans lequel l'amitié tient une place importante.
Ces jeunes se livrent également à une lutte contre des policiers qui usent d'une justice expéditive, n'hésitant pas à tuer sans aucune forme de procès.
Le roman est découpé en trois volets qui mettent en avant les personnages de Dam, puis de Piaf, et enfin de Zé Rikiki.
On s'aperçoit également que cette environnement citadin est marqué par les traditions et les superstitions; un glossaire figure d'ailleurs en fin d'ouvrage, bien utile pour définir les termes brésiliens qui parsèment le texte.
Une lecture que l'on pourra compléter avec l'adaptation cinématographique réussie de Fernando Meirelles ainsi qu'avec la série télé "La cité des hommes", qui s'intéresse davantage à la vie de tous les jours dans les favelas et dans laquelle on retrouve les personnages d'Acerola et P'tite Orange (Laranjinha).
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Avis aux amateurs, ce roman est une plongée dans le crime et la criminalité. Les récits qui émaillent le livre sont réels et sont issus d'un travail d'étude qui avait été commandité pour évaluer la violence dans la ville. C'est proprement terrifiant. J'ai eu beaucoup de mal à le terminer tant tout est sans espoir et le style empêche toute identification aux personnages. On ne s'attache à rien ni à personne, c'est une approche chirurgicale. Les femmes y sont violées, enterrées vives avec leurs amants, les enfants brutalisés dès leur naissance, les jeunes ne savent pas lire et tuent à tour de bras pour une montre, quelques dollars, tous se droguent et boivent. le pire de tout est la violence institutionnalisée de la police qui rackette l'ensemble et tue sans aucun risque... Cette mal nommée Cité de Dieu est un enfer sur terre. Avis aux amateurs.
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La Cité de Dieu est un quartier pauvre de Rio de Janeiro, construit à la va-vite dans les années 60 pour reloger en périphérie de la ville les habitants des favelas du centre-ville. le projet urbain a consisté à aligner les maisonnettes et les immeubles bon marché, sans y mettre de véritable infrastructure. Surpopulation, pauvreté, isolement : tous les ingrédients sont réunis pour que le crime et la délinquance explosent, et c'est ce que raconte Paulo Lins, l'auteur du livre, d'après sa propre expérience et des années de recherche sur la criminalité carioca.
La lecture du livre fera voler en éclats les clichés que l'on pouvait avoir sur la "cidade maravilhosa" : pas de fille en string ondulant des fesses sur la plage de Copacabana sur des airs de samba, mais un quotidien âpre, violent, et misérable, entre des truands qui meurent jeunes et des travailleurs qui meurent pauvres. Les flics sont corrompus, le gouvernement est complice, les riches sont isolés dans leur sphère, et les habitants de la Cité de Dieu crèvent dans la poussière. le livre est construit comme un collage de la vie de myriades d'habitants du quartier, d'histoires qui se croisent, reviennent en arrière, juxtaposés avec des faits divers macabres et des fragments de poésie. On perd de vue un habitant au surnom coloré, on le retrouve cent pages plus loin, est-ce le même ? Non, en fait c'est son frère - mais qu'est devenu le premier ? Ah, on apprend au détour d'une conversation qu'il est mort en taule. L'ensemble forme un magma de noms, de destins broyés, de vies misérables, d'enfants sacrifiés, dont le trait commun forme le thème dominant, et qui se fait de plus en plus lancinant, de plus en plus douloureux, à mesure que la fin approche.
Lien : http://hu-mu.blogspot.com/20..
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Une jolie symphonie de personnages avec un fil directeur ténu dont la chronique se focalise plus sur le lieu que sur ses habitants.
L'ensemble est excellent mais peut rebuter par moment car l'absence d'un point de vue réellement intérieur est susceptible d'empêcher l'empathie.
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J'ai eu l'occasion de passer 2 semaines au Brésil et bien sur sans laisser de côté Rio de Janeiro. En nous les montrant de loin, on ne nous a pas emmenés dans les favelas...notre vie a été sauvée cette fois là semble-t-il...Ce livre décrit un milieu difficile à imaginer dans lequel la vie "ne tient à rien". Paulo Lins avec une précision sans ordonnance nous emmène (sous protection littéraire) dans un endroit ou il faudrait être Robocop pour s'y aventurer et faire le ménage.
On vole, mais on tue, sans nécessité uniquement pour faire partie des "grands" et obtenir le respect du gang, on tue pour ne pas l'être avant (un critique parle d'amitié...?!) mais elle n'existe pas puisque l'on tue son meilleur ami en inventant ou en supposant des méfaits ou des trahisons qu'il pourrait commettre...Ici, tuer est une façon aussi bien de vivre que de mourir.
Le braquage à tout va, la drogue en boulette et la cocaïne,
l'alcool et la prostitution constituent la source de revenu et le quotidien...il faut être solidement armé et entouré de "lieutenants et de soldats" pour essayer de durer. Mais tous périssent par où ils ont péché. le destin des enfants est naturellement tracé puisque les truands craints et respectés les utilisent dès le plus jeune âge...chaque jour les oblige à braquer les passants, les magasins, les bus...car chaque jour ils doivent de l'argent aux "caïds" pour l'achat de l'herbe et de la cocaïne et cela sous peine de lynchage ou de mort en cas de manquement. 8 ans "je ne suis plus un enfant puisque je fume, je sniffe et j'ai déjà tué...je suis un homme ".La guérilla est à chaque coin de rue, les gangs s'entre-tuent pour s'accaparer des "bouches à foin" qui sont les lieux de distribution de la "matière" ou pour éviter de se faire tuer par l'autre. La police attend que "le gros" des fusillades soit passé pour faire une apparition au demeurant pas très musclée, car c'est autant de moins à éradiquer. La police élimine également lorsque l'occasion est inévitable et parfois laisse un petit tribut en homme. Car le but n'est pas non plus de mettre fin à une source de revenu substantielle assurée en complément de leur salaire.
Pour le lecteur toujours "voyeur", la Cité de Dieu devient son lieu de vie au milieu de tout ces personnages qui pour autant qu'éphémères parviennent à créer une sorte de dépendance tant leur monde paraît être une autre dimension sans foi ni loi.Le lecteur passe un moment intense en observant le déroulement des évènements et au final est content de "s'en être sorti indemne" si ce n'est moralement, au moins physiquement.
Laura Smith
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L'un des plus grands best sellers brésiliens parvenu à percer à l'international. Une chronique passionnante de l'émergence des favelas à Rio de Janeiro mais aussi un roman d'une violence choquante, étouffante et désespérante que les adaptations télévisées et cinématographiques ont grandement atténuée.
Lien : https://lediscoursdharnois.b..
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« La Cité de Dieu (Cidade de Deus) » – qu'on aurait du mal à confondre avec l'opus théologique du même nom de Saint Augustin- est un roman en partie autobiographique de Paulo Lins qui a grandi dans ce favela à l'ouest de Rio. Violence, drogue, loyauté et trahisons, amitiés et amour : les gamins des favelas deviennent très vite des gangsters, mènent une vie haute en couleur à défier la police et les bandes rivales, mais certains, secrètement, rêvent de s'établir calmement avec femme et enfants.
Lien : http://www.lecturesdevoyage...
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Violence, règlements de compte, misère humaine et culturelle, La cité de Dieu est une lecture très éprouvante tant le pire de l'être humain est exacerbé. J'ai sauté des passages car c'était trop pour moi (les passages sur les enfants notamment). Bref âmes sensibles s'abstenir
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