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Citations sur Quartett : Précédé de La mission ; Prométhée ; Vie de Gundlin.. (11)

Seïla
Seïla   22 septembre 2014
Avec les dents de mes chiens je veux arracher de ta chair souillée la trace de mes larmes, ma sueur, mes cris de plaisir. Avec les lames de leurs griffes tailler dans ta peau ma robe de mariée. Ton haleine, qui a le goût des cadavres des rois, la traduire dans la langue du tourment qui est l'apanage des esclaves. Je veux manger ton sexe et engendre un tigre qui dévore le temps dont les horloges battent mon cœur vide traversé par les pluies des tropiques.

La Mission, p.20-21
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Seïla
Seïla   22 septembre 2014
La révolution n'a plus de patrie, ce n'est pas nouveau sous ce soleil qui ne brillera peut-être jamais sur une nouvelle terre, l'esclavage a de multiples visages, nous n'avons pas encore vu le dernier, ni toi Sasportas, ni nous Galloudec, ce que nous avons pris pour l'aurore de la liberté n'était peut-être qu'un nouvel esclavage plus effroyable, comparé auquel le règne du fouet dans les Caraïbes et ailleurs n'est qu'un aimable avant-goût de la félicité du paradis, et ta bien-aimée inconnue, la liberté, quand ses masques seront usés, peut-être n'aura-t-elle pas d'autre visage que la trahison : ce que tu ne trahis pas aujourd'hui te tuera demain. La révolution d'un point de vue médical, est un mort-né, Sasportas : de la Bastille à la Conciergerie, le libérateur devient gardien de prison. MORT AUX LIBÉRATEURS telle est la vérité dernière de la révolution. Et en ce qui concerne le meurtre que j'ai commis pour notre cause : le médecin meurtrier n'est pas un rôle nouveau dans le théâtre de la société, la mort n'a pas une telle importance pour les sauveurs de l'humanité : un autres état chimique, jusqu'à la désertification, chaque ruine est un terrain où bâtir contre la morsure du temps.

La Mission, p.36-37
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hupomnemata
hupomnemata   13 décembre 2010
Pourquoi l'avenir est-il toujours au singulier dans notre langue, Galloudec. Peut-être en va-t-il autrement chez les morts, si la poussière parle. Penses-y, Sasportas, avant de risquer ton cou pour la libération des esclaves dans un abîme qui n'a plus de fond depuis cette nouvelle que je vais à présent m'incorporer afin qu'il ne reste aucune trace de notre tâche. En voulez-vous un morceau. C'était notre mission, elle n'a plus que la saveur du papier. Demain elle aura suivi le chemin de toutes chair, toutes les ascensions ne se font pas dans le même sens. Et peut-être est-elle déjà en route l'étoile qui vient du froid de l'espace, un bloc de glace ou de métal qui fera le trou définitif dans ce terrain des faits où nous replantons toujours nos fragiles espérances. Ou le froid lui-même qui gèlera notre hier et notre demain en un éternel aujourd'hui. Pourquoi ne sommes-nous pas nés arbres, Sasportas, non-concernés par tout ceci. Ou bien préfères-tu être une montagne. Ou un désert. Qu'en dis-tu, Galloudec. Pourquoi écarquillez-vous les yeux comme deux pierres. Pourquoi ne sommes-nous pas simplement là à contempler la guerre des paysages. Que me voulez-vous. Mourez votre mort, si vous n'avez plus goût à la vie. Je ne vous aiderai pas, moi non plus elle ne me plaît pas.
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Marti94
Marti94   16 février 2016
Si vous souhaitez voir où Dieu demeure, fiez-vous à l’ouverture de mes fesses.

(Quartett)
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hupomnemata
hupomnemata   16 décembre 2010
Quavez-vous appris si ce n'est à manoeuvrer votre queue dans un trou en tous semblable à celui dont vous êtes issu, avec toujours le même résultat, plus ou moins divertissant, et toujours dans l'illusion que l'applaudissement des muqueuses d'autrui va à votre seule personne, que les cris de jouissance vous sont adressés à vous, alors que vous n'êtes que le véhicule inanimé de la jouissance de la femme qui vous utilise, indifférent et tout à fait interchangeable, bouffon dérisoire de sa création. Vous le savez bien, pour une femme tout homme est un homme qui fait défaut. Et vous savez également ceci, Valmont: bien assez tôt le destin vous enjoindra de n'être même plus cela, un homme qui fait défaut. Au fossoyeur de trouver ensuite sa satisfaction.
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hupomnemata
hupomnemata   15 décembre 2010
ces mains-là n'agrippent pas d'appareil génital sans la bénédiction de l'église, Valmont.
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Marti94
Marti94   18 février 2016
La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence.
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Talyachaumont
Talyachaumont   22 janvier 2013
Ce que je crains, c'est la nuit des corps.
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hupomnemata
hupomnemata   16 décembre 2010
Même s'il me faut avouer que je commence à comprendre pourquoi la fidélité est le plus sauvage des déréglements. Trop tard hélas pour ce qui est de notre tendre relation, mais je me propose de m'adonner un peu à cette nouvelle expérience. Je hais les choses passées. Le changement les accumule. Considérez la croissance de nos ongles, nous continuons à germer dans notre cercueil. Et imaginez qu'il nous faille habiter avec les déchets de nos années. Des pyramides de saleté, jusqu'à ce que soit arraché le ruban de la ligne d'arrivée. Ou dans les déjections de nos corps. Seule la mort est éternelle, la vie se répète jusqu'à ce que l'abîme soit béant. Le déluge, un défaut de canalisation. Pour ce qui est de l'amoureux mari: il est à l'étranger en mission secrète. Peut-être réussira-t-il, politique comme il est, à faire éclater une nouvelle guerre. Excellent venin contre l'ennui de la dévastation. La vie va plus vite quand la mort devient un spectacle, la beauté du monde fait dans le coeur une entaille moins profonde, avons-nous un coeur, Marquise, quand on en contemple la destruction, on voit la parade des jeunes culs nous rappeler quotidiennement que nous sommes éphémères, on ne peut pas tous les avoir, n'est-ce pas, et que la vérole emporte tous ceux qui nous échappent, dans l'éclair des canonnades, devant la haie des pointes d'épée, avec un certain sang-froid. Pensez-vous parfois à la mort, Marquise. que dit votre miroir. C'est toujours l'autre qui nous regarde. C'est lui que nous cherchons quand nous creusons à travers les corps étrangers, nous quittant nous-même. Possible qu'il n'y ait ni l'un ni l'autre, seulement le néant dans notre âme qui réclame sa pâtée. Quand sera-t-il possible d'inspecter votre virginale nièce, Marquise.
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hupomnemata
hupomnemata   15 décembre 2010
PROFESSEUR: La camisole de force. Un instrument de la dialectique estimerait mon collègue de la faculté des lettres et des sciences. Une école de la liberté en effet, entendue comme compréhension de la nécessité, vous n'avez qu'à observer. Plus le malade s'agite, plus il se sangle lui-même, lui-même notez le bien, dans sa destinée. En langage populaire, chacun est son propre prussien. En cela réside la valeur éducative, l'humanité pour ainsi dire, de la camisole de force, qui pourrait tout aussi bien être appelée camisole de liberté. Le philosophe estimerait que la véritable liberté consiste dans la catatonie, en tant que parfaite expression de la discipline qui a fait la grandeur de la Prusse. La conséquence est charmante: l'Etat idéal fondé sur l'hébétude de sa population, la paix éternelle sur l'occlusion intestinale généralisée. Le médecin sait cela: les Etats reposent sur la sueur de leurs peuples, sur des colonnes d'excréments le temple de la raison.
ÉTUDIANT: En langage populaire.
etudiants rient
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