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Les leçons pour un jeune fauve invite le lecteur en dix sept leçons à un voyage dans l'univers de la musique, et de la transmission des savoirs, des émotions et des sentiments. La puissance des relations est retranscrite par l'énergie de l'écriture de michela Murgia qui nous embarque dans un torrent de mots sans laisser un souffle.
Tout tourne autour d'Eleonora, 38 ans, artiste indépendante et son jeune élève Chiru. Et cette relation de maître à élève va virer à une liaison dangereuse dense, et constructive. Une description juste, riche et prenante qui marque cette lecture d'une empreinte particulière : un goût amer par le mélange des manipulations et des sentiments.
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Avec cette histoire d'une artiste qui se proclame mentor de vie ou pygmalion pour de jeunes artistes en devenir, on pense à Bette Davis dans "All about eve" pour le coté éducation sentimentale et artistique.

Une relation entre la mentor et son élève entre ambiguité et complexité et ses leçons notamment (vestimentaires, de langage...) sont plus tortueuses qu'elles ne semblaient l'être de prime abord : si la comédienne se reconnait en ce jeune pygmalion, l'enseignement et la transmission dans une relation de mère/maitresse vont donner lieu à des rapports de manipulation de de soumission qui pourraient parfaitement changer au fil du temps.

Une chronique aussi féroce que prenante, dans laquelle on ressent aussi fortement le grand attachement de l'auteur pour sa terre sarde, pleine d' âpreté et de vitalité en même temps.. Une bien belle histoire, singulière et poignante..
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Eleonora, la narratrice de Leçons pour un jeune fauve, peut de prime abord sembler antipathique : arrogante, égocentrique, pontifiante. Une actrice volontairement solitaire, sans enfants, et qui, à l'occasion, se transforme en mentor de vie pour de jeunes hommes, artistes en herbe. le dernier livre de Michela Murgia (joliment traduit, comme toujours par Nathalie Bauer) est moins immédiatement accrocheur que Accabadora, qui risque d'être son meilleur roman pour longtemps. Il se révèle parfois même agaçant par un style bien trop travaillé, pas très spontané, dans une étude psychologiquement fouillée, presque à l'excès, et pas franchement agréable. Si l'on veut, Eleonora ressemble un peu à la comédienne incarnée par Bette Davis dans All about Eve, les côtés enveloppants et malsains compris. Si elle a accepté de servir de Pygmalion à Chirú, le jeune fauve, n'est-ce pas parce qu'elle a reconnu en lui une certaine "pourriture" ? On voit bien que Michela Murgia essaie de créer un climat oppressant mais elle n'y parvient pas tout à fait, Chirú n'est pas assez "vivant" et quelques passages tirent en longueur. Certains autres, en revanche, sont fort poétiques avec des phrases comme celle-ci : "C'était une de ces nuits où il vaut mieux se coucher avec des boucles d'oreille, car on ne sait pas qui l'on peut rencontrer dans ses rêves." Et puis, il y a l'attachement de la romancière à sa terre sarde qui nourrit et donne son parfum cruel et tellurique à ce livre attachant malgré sa férocité.
Lien : http://cin-phile-m-----tait-..
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Ne risque t-on pas se brûler les doigts à vouloir façonner une personne à notre image?
C'est ce que va réaliser Eleonora, comédienne reconnue au seuil de la quarantaine, en décidant de servir de professeur, de mentor plutôt, auprès d'un jeune musicien de 18 ans. Elle lui enseigne et lui livre ainsi les codes qui lui serviront pour progresser et se faire une place dans le milieu artistique dans lequel ils gravitent.
On suit leur rencontre, puis leurs échanges, uniquement du point de vue d'Eleonora. On découvre donc ses craintes et ses aspirations concernant l'évolution de cette relation.

Il m'a seulement manqué le ressenti de Chirù même si on le devine au fil des pages.

J'avais découvert la plume de Michela Murgia avec Accabadora et j'étais complètement tombée sous le charme. Même si mon sentiment est un peu moins enthousiaste avec Leçons pour un jeune fauve, j'ai malgré tout été conquise par cette histoire de besoin de transmission quitte à ce que la personne qui mène la danse y perde aussi des plumes.
On découvre avec nos deux protagonistes le milieu du théâtre , sur scène et en coulisses, de la musique et ses rivalités et enfin la Sardaigne, omniprésente tout au long du roman.

L'écriture de Michela Murgia est toujours aussi raffinée et a su me séduire à nouveau. Merci à Babelio et aux éditions du Seuil pour cette belle lecture.
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À notre époque, en Italie dans la ville céleste de Cagliari, Eleonora est une jeune comédienne d'une trentaine d'année, jeune femme accomplie, elle aime la compagnie de jeunes garçons à qui elle apprend les rudiments de la vie, de la morale, du comportement et de l'habillement. Par la finesse de l'écriture de l'auteure, on nous dépeint les relations entre Eleonora et ces jeunes hommes et notamment Chiru, jeune musicien de 17 ans qu'elle va prendre sous son aile.
L'écriture de l'auteure est très belle, très mature, très travaillée où chaque mot est réfléchit, pesé, chaque phrase est nécessaire, à un sens, une valeur. L'auteure a cette capacité à nous intéresser en racontant des choses simples, de manière très élégante, raffinée et sans prétention.
Le personnage principal Eleonora a une personnalité plutôt tourmentée, mystérieuse. Jeune fille très capricieuse, et déjà dès le plus jeune âge, très intelligente et mature, elle a eu pendant toute son enfance une relation très compliquée avec ses parents. Très durs et exigeants, ils lui ont inculqué des valeurs rigides, donneurs de leçons, chaque souvenir de son enfance a été une souffrance pour elle, une épreuve qu'elle devait franchir. J'ai beaucoup aimé les passages où elle nous narre son enfance, racontés de façon très adulte et très sensible, elle nous dépeint les caprices d'une petite fille malicieuse, intelligente et pragmatique, soumise à une discipline de fer, elle nous raconte également les relations très distantes avec son frère. Ses parents ne l'ont jamais vraiment tenu en estime et cette relation distante et froide a marqué la personnalité de la jeune femme.
« Or quand je fus recalée à l'examen de technique bancaire, papa décréta que j'étais aussi limitée sur le plan intellectuel : cette matière était tellement stupide qu'il fallait être encore plus stupide pour ne pas obtenir la moyenne »
Elle entretient une relation étrange avec les jeunes hommes qu'elle fréquente, une relation inqualifiable, dans laquelle elle s'efforce à les éduquer, leur apprendre les subtilités de la vie, de l'habillement, des relations sociales, du comportement en société. Ces jeunes hommes généralement mineurs, ont beaucoup d'admiration pour Eleonora, la considère comme une mère, un professeur, ou une maitresse, et même si ces relations peuvent heurter la morale, ce ne sont pas des relations charnelles, mais au contraire tout en finesse et admiration.
Dans son roman ce n'est pas seulement Chiru qui reçoit des leçons mais le lecteur également, ma lecture ne m'a pas laissé indifférentes aux nombreux passages moralistes ou conseils avisés, en lisant ce livre, nous aussi on prend des leçons d'éducation.
« La seule chose qui importe à ce genre d'homme, c'est que ta compréhension des choses n'excède pas la sienne »
« Tu me demande toujours quand je reviens, mais seuls reviennent ceux qui n'ont pas changé depuis leur départ. »
« On peut mentir pour se protéger, mais aussi pour protéger l'autre de fardeaux qu'il n'est pas à même de porter »
Chiru est un jeune homme qui séduit Eleonora par sa personnalité et qui nous séduit également, malgré son jeune âge on admire sa naïveté et sa désinvolture. Il est téméraire, effronté, familier et impudent et Eleonora va se voir en lui, c'est un jeune homme ambitieux qui aspire à vivre une vie qui lui parait plus belle, ils auront une relation de maître à élève, une relation ambiguë. Il va observer et découvrir la vie que Eleonora va lui proposer, lui apprendre, en toute naïveté, avec beaucoup d'intelligence et une pointe d'humour.
Il y a beaucoup de passages qui m'ont marqué par la beauté de l'écriture et le sentiment qu'ils m'ont procuré, j'en ai mis quelques-uns au-dessus et en voici un autre pour exemple :
« Tu es riche, cela se voit aux vêtements que tu portes, des vêtements couteux même pour quelqu'un qui n'y comprend rien, comme moi. Cela ne t'empêche pas de te croire laide : tu ne mets jamais de jupe courte, tu ne montres jamais ton décolleté… Tu n'as pas envie d'attirer l'attention sur ton corps. Tu es seule, et non parce que tu n'as pas d'alliance. Cela se voit à ta façon de marcher, tu n'as pas de pensée excitante qui t'amène à tortiller du cul comme les filles quand elles vont à un rendez-vous important. Les gens t'ennuient. Tu ne regardes pas les vitrines, tu n'observes pas les passants, rien ou presque ne t'amuse. Quand tu souris, tout cela disparaît, puis tout revient après. Tu es malheureuse, mais d'un malheur qui te va bien... »
En gros, un très beau roman, surtout grâce au style et à l'écriture de l'auteur, j'ai pris beaucoup de plaisir à le lire et à savourer chaque ligne, c'est un livre qui s'apprécie, où il n'y a pas de surprise mais c'est un livre qui nous demande juste de nous laisser embarquer par la beauté du texte. Dans ce roman le lecteur apprend, écoute ou plutôt lit les conseils et l'expérience d'Eleonora.

Lien : https://eemmabooks.wordpress..
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Une déception!

La magie d'Accabadora n'a pas opéré. Ni l'humour de la Guerre des Saints. J'avais emprunté Leçons pour un jeune fauve en toute confiance, sans même lire le 4ème de couverture, histoire de faire un petit tour en Sardaigne et de retrouver une auteure que j'avais beaucoup appréciée.

Dix sept "leçons", et un épilogue pour un roman (267pages). En dehors d'être le titre des chapitres à quoi correspondent donc ces "leçons"? Une actrice de 38 ans prend pour "élève" un jeune violoniste de 18. Que va-t-elle donc lui apprendre?  Va-t-elle lui apprendre le savoir-vivre dans le monde du spectacle? Ou le raffinement des tissus et des vêtements bien coupés qu'il convient de porter dans un certain milieu où le paraître est tout un discours? Va-t-elle lui apprendre la séduction et les jeux subtils de l'amour? Ou  l'ambition, alors que ses parents sont ternes et indifférents à sa carrière. Dans le genre Pygmalion, je reste sur ma faim.

Est-ce un roman d'amour? Si Eleonora n'apporte guère à son "élève", elle parle beaucoup d'elle. Elle petite fille, dans un rapport malsain à ses parents.  Elle et Fabrizio, l'ancien amant, l'ami qui régit les rapports élèves-professeurs. Elle et Chirù, l'élève. Elle et Martin, qu'elle va épouser. Et justement, elle est plutôt antipathique. Actrice renommée, on se demande bien pourquoi. Professeur de rien. Amante distante.

Je suis mauvaise cliente pour les romans d'amour et les relations compliquées ne fatiguent.



Lien : http://netsdevoyagescar.blog
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Ce livre est très différent du style de l'Accabadora qu'a écrit l'auteur et que j'avais beaucoup aimé.

Cette histoire de mentor entre une actrice mûre et un adolescent manque de profondeur au début. Mais je poursuis ma lecture tout de même....parce que le passage sur l'enfance de la narratrice m'a accroché.

Ce livre est basé sur des leçons, de vie. Eleonora qui est actrice prend sous son aile un jeune fauve. Ses précédentes expériences l'ont échaudées. Chiru, lui est violoniste. Dans la 7ème leçon, on entre dans le vif du sujet. Que veut Chiru au fonds ? Des conseils sur la vie d'artiste ou une leçon particulière et intime avec la narratrice ?

Très bon roman au final. Très psychologique et vraiment bien écrit !
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L'histoire de la relation trouble entre une comédienne célèbre et un jeune violoniste à la recherche d'un mentor. La narratrice fait preuve d'une lucidité brillante et acérée qui tranche avec l'atmosphère trouble et pourrissante de cette relation. Un livre qui laisse un goût bizarre mais vraiment pas dénué d'intérêt et d'intelligence.
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Je remercie Babelio et les éditions Seuil pour l'envoi de ce roman, dans le cadre d'une opération Masse critique !

Eleonora est la narratrice à la 1ère personne de cette histoire. À 38 ans, elle rencontre Chirú, un jeune violoniste de 20 ans son cadet. Elle reconnaît en lui les souffrances de l'adolescente qu'elle a été, et en dépit de son souhait de ne pas avoir de nouvel élève, elle accepte de devenir son mentor, et de l'initier au monde très codifié qui est le sien. Un jeu de séduction s'installe progressivement entre eux deux.

Il y a un travail d'écriture profond sur les personnages, dotés d'une personnalité complexe, voire torturée. Si, par l'âge, je me suis sentie plus proche de Chirú, Eleonora m'a beaucoup plu. Elle revient sur son enfance douloureuse et ses relations difficiles avec son père brutal et sa mère effacée, et sur sa vie d'adulte solitaire.

J'ai été agréablement surprise par la subtilité dont fait preuve ce roman. En effet, la relation entre la comédienne et son élève est tout à fait spéciale, et loin de couler de source. Eleonora endosse pour Chirú tantôt le rôle de professeur, tantôt celui de mère, tantôt celui d'amante. Elle va finalement autant apprendre qu'enseigner au contact du jeune homme. Mettant en scène l'univers raffiné et confiné des arts et du spectacle, "Leçons pour un jeune fauve" dégage beaucoup de grâce et séduit avec aisance. L'auteure écrit avec un réel talent et beaucoup de poésie. Quelques phrases sont dures à suivre, mais on trouve de vraies pépites.

Ce roman, que j'avais sélectionné un peu par hasard, a su me parler et a été une belle découverte. Sur certains aspects, il m'a rappelé "Le complexe d'Eden Bellwether" de Benjamin Wood, qui dans un autre genre m'avait énormément plu.
Lien : https://zeppelivre.wordpress..
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Difficile de parler d'un livre traduit quand le traducteur est aussi écrivain. le roman de Michela Murgia est un grand texte, émouvant, prenant, sincère et tous ceux qui à un moment de leur vie, professionnellement ou simplement spirituellement, philosophiquement, amicalement, se sont faits mentor pour de jeunes Télémaques, ne pourront rester indifférent à cette belle histoire. Cependant la version originale de Chirù est plus ample, plus italienne - sarde en réalité - que la très belle réécriture de Nathalie Bauer. L'auteure ne trahit en rien le texte, elle le transforme au goût français. C'est du moins mon ressenti. J'ai découvert Chirù par hasard, après une discussion à Venise avec des amis écrivains et enseignants. Nous parlions justement du bonheur de porter à bout de bras des adolescents naturellement brillants, dotés et demandeurs, encore vierges de toute influence, avides de conseils et d'exemples autant que d'expériences. Ce fut une découverte inattendue, fascinante, avec comme un goût de déjà vécu, dans des proportions différentes mais toujours merveilleusement enrichissantes...
Comme le précise Eleonora, la protagoniste du livre, il y a peu de temps pour que prenne la relation entre un adulte et un jeune et lui soit profitable et efficace avant qu'il soit trop tard. Cela se joue entre quinze et dix-huit ans, La perméabilité du jeune est vite gâchée par les influences extérieures, les modes, mais aussi les peurs, les atavismes et les aprioris de leur milieu ambiant.
Il faut faire vite et il ne faut rien imposer. Impossible dans tout cela de rester indifférent et le combat du maître est de rester détaché, de «froide raison garder» et bien sûr de savoir s'éloigner et mettre un terme à la relation afin que le jeune Télémaque puisse voler de ses propres ailes.
Au-delà de la pédagogie obligée, des programmes officiels et des échéances à préparer, le mentorat est un chemin de vie, l'expérience d'une intimité intellectuelle, d'une transmission qui marquera toute la vie de l'élève. C'est de tout ce la dont il s'agit dans le roman de Michela Murgia, disparue cette année à 51 ans des suites d'un cancer du sein.
Nathalie Bauer le donne à lire aux francophones avec délicatesse et avec son style à elle tout en respectant le fonds et le rythme de l'écriture de Michela Murgia, mais ce n'est pas tout à fait la même musique et parfois le rythme en est comme amputé. Certaines fulgurances sont affadies, d'autres surgissent. J'ai relu la version originale après avoir découvert la traduction française. le titre est joli, la photographie choisie pour la couverture dans le même esprit et pourtant totalement différente que celle de l'édition italienne. 265 pages au Seuil pour 191 chez Einaudi. Je recommande à ceux qui peuvent lire le roman dans le texte de le faire. Pour les autres, je leur souhaite de suivre l'aventure humaine d'Eleonora et de Chirù, comme je l'ai suivie, avec délice et ferveur.
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