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Critiques sur En mémoire de la forêt (37)
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caro64
30 décembre 2011
Nous sommes prévenus par le narrateur lui-même ; il ne s'agit pas d'un roman policier habituel. Ici, pas de coupable, pas d'étranges coïncidences, pas de héros aux capacités physiques ou intellectuelles hors du commun...


L'action se situe à Jadowia, petit village polonais à peine sorti du communisme. le meurtre d'un jeune homme, ami du personnage principal, Leszek, va secouer ses habitants et agir tel un révélateur sur les secrets du bourg. du plus anodin adultère aux lourds souvenirs de la seconde guerre mondiale, en passant par les magouilles de certains bureaucrates véreux ; chaque personnage de ce roman polyphonique en sortira changé. 


Ce n'est donc pas un thriller mais un roman noir au suspens subtilement distillé, très prenant où tout se croise. Un roman très riche, pas manichéen, qui traite du devoir de mémoire, du deuil et du pardon avec une grande justesse et une profonde humanité. Un roman dans lequel Histoire et suspens se conjuguent à merveille.
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Saint-Luc
26 mai 2011
C'est dans le cadre du programme de découverte LIBLY / FURET DU NORD que j'ai reçu ce roman.
Il ne faut sans dote jamais accorder trop d'importance à l'emballage d'un livre, encore moins à ce qu'on nomme le quatrième de couverture.
Il serait dommage de s'arrêter au noir mat peu avenant de ce petit pavé (477 pages tout de même, merci Furet du nord, soit loué Libfly…), comme il serait navrant de commencer la lecture par le mot de l'éditeur : on y découvrirait que ce dernier fait état d'un avis d'un certain Roger.Jon Ellory, un romancier anglais qui, sans doute fâché d'avoir commis « Les anonymes » a justement décidé de sortir l'auteur, Charles T.Powers, de l'anonymat, geste sans conséquence fâcheuse puisque Powers est précisément mort après avoir écrit son unique roman.
L'éditeur décrit ce bouquin comme « un roman d'une rare intensité, d'une puissance ahurissante… C'est un chef d'oeuvre, de ceux qui marquent à jamais l'esprit de leur lecteurs ». Diable ! Il poursuit en évoquant « ce thriller hors normes, au style d'une beauté et d'une puissance rares (…) Un véritable chef d'oeuvre du genre ». Peste ! Victor Hugo, Balzac, Lamartine ou Mallarmé n'ont qu'à bien se tenir, la concurrence rôde…
Je déteste ce genre de pub prétentieuse, qui fait ressembler certains bouquins à la dernière trouvaille Mammouth du coin ou à l'invendu du Monoprix dont il faut coûte que coûte se débarrasser : c'est donc méchamment prévenu que j'abordai la lecture de ce gros livre.
Si vous cherchiez un thriller, quoiqu'en pense l'éditeur, un policier classique, ou la résurrection du Sherlock Holmes de votre enfance, passez votre chemin : il ne se passe pas grand-chose dans ce livre, écrit de plus à la première personne et au présent de l'indicatif, ce qui en rebutera plus d'un.
Mais que ce roman noir en ait passionné certains est amplement justifié. L'auteur a passé cinq années en Pologne, à Varsovie, juste après la chute du mur : c'est ce qui fait la force de ce roman, qui nous livre un remarquable témoignage sur ces premières années de liberté postcommunistes. Témoignage qui a le grand mérite de l'authenticité : « c'était la puissance soviétique qui nous avait délivrés de Hitler, qui avait lancé Gagarine dans l'espace et qui ensuite nous avait soumis à un joug d'une injustice flagrante. La première partie, nous l'avions apprise à l'école ; la seconde, autour de la table du dîner »
Charles T.Powers était-il ce qu'on nomme habituellement un bon vivant ? Abordant la cinquantaine lorsqu'il écrit ce roman, n'était-il pas déjà fatigué, ainsi que l'un de ses personnages, auquel il prête ce propos ô combien altruiste et dont l'optimisme ne vous échappera pas « C'est ça, non ? le sens de la vie, ce à quoi tout se résume au bout du compte. Tes quatre murs, ton petit feu. Toi ». le prêtre du village, quant à lui, se fait ornithologue par dépit « Au fond, les corbeaux l'intéressaient beaucoup plus que les humains de Jadowia. Il savait que c'était mal, il en avait honte, mais enfin c'était la réalité de ses sentiments, et il s'y résignait, comme devant la vieillesse »
Ce roman, il faut le lire comme on lirait un reportage de Life ou du Los Angeles Times, dernier titre auquel collabora ce journaliste tenté à raison par l'écriture : un reportage truffé d'anecdotes qui sentent le vécu ; ses cinq années polonaises l'ont semble-t-il marqué à jamais. Tel un Bob l'éponge au pays des isbas, Powers sait nous restituer un climat particulier, humide, pauvre, malsain, des vies faites de sacrifices, de petites lâchetés et de privations, une société qui crève, tant de vide que d'habitudes qui ne veulent pas passer.
Si tous les reportages pouvaient être aussi bien écrits que celui-ci, les news magazines regorgeraient de nouveaux abonnements : le style d'écriture s'adapte parfaitement au contexte et la traduction de ce pavé américain est tout à fait remarquable. Les grands traducteurs ne sont pas légion : il est ainsi juste et bien mérité de saluer Clément Baude comme il se doit.
Un très bon roman d'atmosphère, un reportage édifiant sur un pays qui ne veut pas crever, une peinture au style sculpté et vif d'êtres ordinaires et moribonds, le rendu d'une Pologne marquée par un destin souvent funeste, presque toujours misérable :
«-Deux tracteurs. Tous neufs. Tout de suite, je veux dire. Ils sont à toi la semaine prochaine. En échange, je veux que tu me donnes huit tonnes de ciment.
-Et où est-ce que je trouve huit tonnes de ciment ?
-Je ne sais pas. Emprunte-les. C'est ton problème. Tu veux des tracteurs, moi j'ai besoin de ciment. »
Saint-Luc / 26 mai 2011

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isabiblio
14 août 2012
Dans un village de Pologne à quelques kilomètres de Varsovie, fin des années 80, juste après la chute du communisme, un habitant du village découvre le cadavre du jeune Tomek Powierza . C'était un jeune homme du village parti quelques semaines plus tôt pour faire du « business » ne voulant pas finir paysan comme son père. Il était l'ami d'enfance et le voisin de Leszek, un des narrateurs également fils de paysan qui a repris sans réelles ambitions la ferme de son père décédé. Leszek vit avec son grand-père âgé de 74 ans, soldat pendant la Seconde Guerre mondiale et sa mère. Comme la police incarnée par un homme négligent à la solde de l'ancien maire communiste ne semble pas chercher le ou les coupables. Leszek et le père de Tomek fouillent dans le passé ténébreux de ce village pour comprendre pourquoi ce jeune homme a été sauvagement tué. Plusieurs voix alternent et révèlent l'histoire de ce village « Jadowia » habité par une communauté juive jusque dans les années 40 et dont on a fait disparaître toutes traces ! Au travers des différents protagonistes c'est aussi l'histoire de la Pologne, qui nous est raconté, ce pays pris en étau entre l'Allemagne et la Russie, occupé par les nazis puis sous l'emprise du parti communiste ou la corruption et la délation règnent. L'auteur sous forme de roman noir nous parle d'un pays qu'il a beaucoup côtoyé dans le cadre de son travail de journaliste, on est frappé par le côté sombre, englué, pesant dans lequel les villageois se réfugient pour ne surtout pas se souvenir. Un récit subtil empreint d'une certaine poésie ou le devoir de mémoire prend une grande part.
Lien : http://ma-bouquinerie.blogsp..
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Apikrus
23 février 2012
En Pologne, quelques années après la chute du communisme, le cadavre d'un jeune homme du village de Jadowia est retrouvé par hasard. L'ambiance au village est tendue, pas seulement à cause de ce décès brutal mais aussi parce que divers règlements de comptes semblent s'y préparer... Les anciens notables adoubés par le Parti Communiste doivent en effet rendre compte de leurs actes passés, et des magouilles qu'ils continuent à mettre en oeuvre. Mais ils restent forts de leur expérience, de leurs réseaux et de leur absence de scrupules.

Des personnes aux motivations diverses cherchent à en savoir plus sur les circonstances de la mort du jeune homme et sur les activités troubles des uns et des autres, notamment le jeune Leszek, le narrateur.

L'alternance du récit de chacune de ces enquêtes et la façon dont celles-ci s'imbriquent les unes avec les autres ainsi qu'à la vie passée et présente d'habitants du village crée un suspense croissant. le roman se penche aussi de manière intéressante sur L Histoire dramatique de la Pologne, notamment sur l'épisode de la seconde guerre mondiale. le tout est raconté dans un style agréable et sans manichéisme : les personnages sont entiers, ils ne sont ni des héros parfaits, ni de parfaits salauds. C'est donc aussi l'occasion de questionnements intéressants sur la nature humaine et ses faiblesses.

Un très bon thriller, comme souvent aux éditions Sonatine.
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ivredelivres
08 novembre 2012
Attention on est chez Sonatine donc tout commence par un meurtre, celui de Tomek Powierza, eh oui autant vous habituer tout de suite aux noms car nous sommes en Pologne « vieux pays de la vieille Europe »
Leszek est son ami, ils habitent un village, un gros bourg du nom de Jadowia, le corps de Tomek est retrouvé dans la forêt, le crâne enfoncé. Il n'était pas clair Tomek mais de là à le tuer ! Leszek veut en avoir le coeur net et va mener sa petite enquête.

Nous sommes quelques années après la chute du communisme, plus personne n'a peur de rien et les magouilles vont bon train.
Mais il est toujours difficile de faire table rase du passé, et à l'occasion de ce meurtre et de l'enquête qui va suivre, les secrets enfouis vont ressortir au grand jour. Vous savez il y a toujours un voisin qui s'en ait mis plein les poches grâce au Parti, l'autre s'est enrichi avec des marchés publics truqués.....Vous avez l'impression d'être en pays de connaissance ? on se demande pourquoi !

Rien de tel qu'un village pour garder un secret, on dénoncerait bien le voisin mais ce serait se dénoncer soi-même alors ...
C'est un polar qui n'entre pas dans la catégorie des romans haletants, le récit est sombre, c'est la mémoire qui domine, la mémoire d'un pays où il ne fut pas toujours facile d'être un bon voisin !!!

Lien : http://asautsetagambades.hau..
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sylvaine
15 octobre 2011
Pologne dans les années 1990/2000, le communisme étatique est tombé remplacé par .....
Jadowia petite ville de l'ouest de la Pologne ,pas très loin de la frontière russe, entourée de forêts denses où ont eu lieu de très nombreux combats pendant la dernière guerre entre allemands ,russes ,résistants polonais.
L'histoire nous est racontée par Jeszek jeune homme fermier fier de l'être et voulant le rester.Il a repris la ferme après la mort de son père et y est resté avec son grand-père ,ancien résistant maquisard , et sa mère.
Tout son univers va basculer avec la mort de Tomek ,son voisin ,copain d'école ,assassiné sans doute mélé à de sombres trafics .
Va alors commencé pour Jeszek le début d'une enquête dans sa ville puis à Varsovie ,de vieilles histoires enfouies dans les mémoires vont resurgir
Charles T Powers nous fait alors découvrir la vie de toutes ces familles , des anciens hommes de pouvoir et d'influence qui ont fait leur loi pendant des années , le rôle de l'église catholique et surtout le silence sur ces millions de juifs polonais déportés à quelques km de là ...
Un livre fascinant , à l'écriture sobre mais puissante ( merci au traducteur) qui ne peut laisser indemne , delà à parler de thriller il y a un pas que je ne franchirais pas .
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luocine
25 janvier 2012
Quel beau livre ! , et quelle belle traduction ! À aucun moment on ne se sent gêné par la langue.
Ce livre raconte la mémoire douloureuse d'un petit village polonais.
Les personnages sont variés et représentent bien les différentes mauvaises consciences de la Pologne après le communisme ;
Il y a une intrigue policière qui permet de donner un fil à la narration : qui a assassiné Tomek,le fils de Powierza ?
L'enquête du personnage principal, paysan et voisin de Tomek nous conduira à travers les trafics des anciens dirigeants du Parti.
Les nouveaux redresseurs de torts ne sont pas forcément les personnages très sympathiques.
Et si la mémoire allait un peu plus loin, est-ce qu'on retrouverait le souvenir des juifs qui ont entièrement disparu du village ?
L'ambiance de la Pologne rurale est très bien décrite, l'antisémitisme ambiant dans la Pologne d'aujourd'hui également.
On sent que l'auteur connaît bien la région et qu'il a fréquenté de nombreux Polonais.
On est saisi par les divers sentiments de culpabilité qui soudent ces gens entre eux et tissent comme un couvercle de plomb qui écrase tout le village.
Fuir cet endroit perdu, c'est la seule solution pour presque tous les jeunes de ce village, comme on les comprend !
Mais Leszek, le personnage principal, aime le travail de la ferme, il sait nous faire partager son attachement à la terre et on espère à la fin du roman qu'il sera heureux. Les temps ont changé en Pologne comme ailleurs et le lourd passé sera peut-être plus facile à regarder en face.

Lien : http://luocine.over-blog.com/
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Bazart
24 mars 2013
contrairement à ce je pensais, en voyant la présentation au dos de l'éditeur où les écrits que j'avais pu lire dans la presse, ce roman n'est pas un thriller. Il s'agit plutôt d'un reportage romancé sur la campagne polonaise post-communiste et sur le sentiment de culpabilité des polonais vis à vis du génocide des juifs durant la 2nde guerre mondiale.
M'attendant à un trhiller rytjmé et plein de rebondissement, j'ai éprouvé un peu de déception dans les 100 premières pages, par le peu de rythme car il ne se passait pas grand chose finalement. J'avais du mal à bien repérer les personnages à cause des noms polonais et du coup je passais aussi sans doute un peu à côté de l'histoire.
L'auteur, longtemps en poste dans ce pays en qualité de journaliste, et décédé en 1996 juste après avoir écrit ce roman, possèdait une excellente connaissance de cette nation et a su se fondre dans l'état d'esprit d'un peuple tiraillé par ses démons. Une pologne persécutée ou se trouvait le plus grand nombre de camps de concentration pendant la seconde guerre.
Une Pologne qui a connu la crise, et ou nombre de trafics verront le jour...en secrets, et la forêt deviendra la gardienne de tout ces secrets... Mais c'est aussi elle qui accomplira le travail de "mémoire"...

Puis peu à peu, au fil de cette écriture rigoureuse et impeccable, on comence à prendre ses repères et se laisser plonger par cette ambiance peu usitée dans la la littérature contempiraine, et je me suis intéressée à ces figures touchantes vivant rudement dans une campagne austère, paralysées par le poids du passé.

Au bout du compte, on est constamment pris par cet état des lieux sur un pays blessé par la guerre et le communisme ou chacun possède ses secrets et ses complots.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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QuartierLivre
15 septembre 2011
En mémoire de la forêt est un polar atypique et très dense qui mélange habilement destins personnels, histoire politique et amnésie collective. Il s'agit surtout d'un roman extrêmement intelligent et très bien documenté.
L'histoire de la Pologne se révèle passionnante et oppressante sous la plume de Charles T. Powers qui n'oublie pas pour autant de soigner les ambiances et les descriptions pour nous faire plonger avec délice au coeur d'une forêt lourde de secrets et de pluie.
J'avoue avoir eu un doute durant les cent premières pages, la mise en place est un peu longue et se reconnaître dans les nombreux personnages au nom polonais demande un réel effort. Mais le jeu en vaut la chandelle : l'intrigue du roman s'étoffe page après page, le rythme s'accélère chapitre après chapitre pour une fin magistrale.
Lien : http://www.quartier-livre.fr..
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morin
02 février 2013
Que dire de ce roman fort bien écrit et bien traduit ?

534 pages qui vous font découvrir un village de Pologne quelques années après l'effondrement du communiste.

Le fil conducteur de l'histoire est l'assassinat d'un jeune du village Tomek, et la discrète enquête de son ami Leszek pour connaître la vérité sur cette mort. Leszek est aidé par Powierza, le père du jeune homme. cette mort violent est due, sans aucun doute, au trafic d'armes et d'alcool avec les russes.

Mais ce drame n'est pas la partie la plus importante de ce livre dont la lecture nous fait découvrir la vie, si on peut appeler cela la vie, d'habitants d'un village où tout semble gris et triste. Les hommes passent des heures au café d'où ils ressortent ivres ; le quotidien des femmes semble sans joie et vide. Sauf quelques exceptions, dont Leszek, les jeunes ont quitté le village pour les villes.

Chacun semble vouloir :

soit oublier le passé : celui de la dernière guerre et la disparition d'une partie des habitants du village : ils étaient juifs ; Ils craignent de les voir revenir pour retrouver leurs biens et surtout leurs maisons que beaucoup de villageois ont récupérés ; villageois qui recherchent d'éventuels "trésors" dans les murs,

soit, notamment pour le jeune ecclésiastique, réveiller les problèmes de la période communiste en voulant juger d' anciens dirigeants pour leur corruption,

Seul petit rayon de soleil dans ce monde gris l'amour de Leszek pour Jola, la femme du vétérinaire.



Livre à découvrir sans aucun doute.

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