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Mr Peanut de
Adam Ross
Un meurtre ramène l’individu à l’essentiel, estimait Hastroll. Il réduit sa personnalité à ses désirs les plus élémentaires.
Les femmes par exemple tuent presque toujours leurs maris pour se défendre. C’est un fait avéré. Il y a des exceptions bien sûr, mais neuf fois sur dix, quand une femme a abattu, empoisonné ou poignardé son mari, vous avez affaire à un homme qui, d’une façon ou d’une autre, l’a mérité. »
Les hommes, eux, tuent en général leur épouse pour l’une des quatre raisons suivantes : l’argent, le sexe, la vengeance ou la liberté. Les trois premières ne nécessitent aucune explication, elles sont si courantes qu’elles constituent une sorte de check-list lorsqu’un inspecteur découvre une femme mariée tuée dans son appartement. (…)
Mais la liberté, en revanche, est un motif d’assassinat à la fois très peu commun et particulièrement complexe, même si presque tous les hommes mariés peuvent le comprendre. Et, bien qu’on puisse soutenir qu’à certains égards la liberté sous-tend les trois motifs précédents, qu’elle en est le dénominateur commun, Hastroll savait d’expérience que tuer pour la liberté en tant que liberté représentait tout à fait autre chose.
Les hommes rêvent de nouveaux départs. Pas nécessairement avec une autre femme d’ailleurs. Ils rêvent de recommencer à zéro, de disparaître, de descendre de l’avion lors d’une escale et de se construire une nouvelle vie dans une nouvelle ville. Ils rêvent d’un appartement rien qu’à eux, de silence, de s’engager dans les commandos Delta et d’aller combattre en Irak, de se présenter sous le surnom qu’ils avaient toujours voulu qu’on leur donne. Ils rêvent d’un endroit et d’une époque où ils pourraient utiliser tout ce qu’ils avaient appris et qu’ils ignoraient avant – avant leur mariage, s’entend. Alors ils pourraient être heureux.
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Adam Ross
C'est çà le truc, la beauté élémentaire de l'anonymat en ligne. On peut dire ce qu'on veut à qui on veut. Être quelqu'un d'autre ou soi-même. C'est la forme ultime de la franchise.
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David passa par le vestiaire des hommes, un lieu, se dit-il, que seul Dante aurait pu imaginer. Ce n’était pas le côté fétide ou souillé. En réalité, l’endroit était même tout à fait propre et bien éclairé, les serviettes récemment lavées aussi chaudes que du pain frais, et près des lavabos, les peignes trempant dans de l’eau de Cologne Clubman. Mais il y avait des monstres ici, appartenant à l’espèce humaine, des hommes constitués de cubes et de sphères attachés les uns aux autres qui paraissaient tous obligés de déambuler nus, parfaitement inconscients, semblait-il, de leurs difformités, aussi spontanés que des enfants. Dégoulinants de sueur au sortir du sauna ou du hammam, la peau rouge comme des homards bouillis, ils s’interpellaient les uns les autres aussi simplement qu’ils se croisaient dans la rue.
- Leland, fit l’un d’eux. Alors, comment vas-tu ?
- Slim, alors, qu’est-ce que tu deviens ?
Je ne regarde pas ton pénis, tel était le sous-titre de ces échanges, imagina David, suivi de Je ne regarde pas ton pénis, moi non plus. Mais il regardait, lui. C’était une véritable fascination, exactement ce à quoi pensait Virgile avec son petit voyage dans les enfers : face à un choix si vaste, une si grande variété de formes et de tailles, vous ne pouviez faire autrement que regarder. Des pénis d’éléphant, des queues de cheval, des bites de chien, des shlongs juifs et des chibres d’âne. Des pénis avec une seule burne visible, une seule burne, ou pas de burne du tout. Des micros sur des géants, des macros sur des avortons, et vice versa. Des pénis de Noirs, le gland aussi rose qu’une langue de chien, les tailles confirmant ou infirmant tous les stéréotypes, des pénis orientaux confirmant ou infirmant la même chose. Des pénis circoncis, le prépuce aussi tendu qu’un lifting, si peu souples alors qu’ils pendaient flacides, qu’on imaginait toute érection douloureuse. Même des pénis avec piercing – des Prince Albert -, l’anneau enfoncé dans le méat ressortant par l’urètre comme aux narines d’un bœuf. Un panoptique de pénis, un champ de phallus, et en présence de tant de bites, sa seule pensée fut qu’aucune loi ne semblait gouverner l’univers – pas de bienfaits garantis pour les bons, ou des châtiments pour les méchants, aucune équité dans ce que Dieu donnait ou reprenait, excepté le fait indéniable de la corporalité, et par conséquent, de votre propre mort.
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Un meurtre ramène l’individu à l’essentiel, estimait Hastroll. Il réduit sa personnalité à ses désirs les plus élémentaires.
Les femmes par exemple tuent presque toujours leurs maris pour se défendre. C’est un fait avéré. Il y a des exceptions bien sûr, mais neuf fois sur dix, quand une femme a abattu, empoisonné ou poignardé son mari, vous avez affaire à un homme qui, d’une façon ou d’une autre, l’a mérité. »
Les hommes, eux, tuent en général leur épouse pour l’une des quatre raisons suivantes : l’argent, le sexe, la vengeance ou la liberté. Les trois premières ne nécessitent aucune explication, elles sont si courantes qu’elles constituent une sorte de check-list lorsqu’un inspecteur découvre une femme mariée tuée dans son appartement. (…)
Mais la liberté, en revanche, est un motif d’assassinat à la fois très peu commun et particulièrement complexe, même si presque tous les hommes mariés peuvent le comprendre. Et, bien qu’on puisse soutenir qu’à certains égards la liberté sous-tend les trois motifs précédents, qu’elle en est le dénominateur commun, Hastroll savait d’expérience que tuer pour la liberté en tant que liberté représentait tout à fait autre chose.
Les hommes rêvent de nouveaux départs. Pas nécessairement avec une autre femme d’ailleurs. Ils rêvent de recommencer à zéro, de disparaître, de descendre de l’avion lors d’une escale et de se construire une nouvelle vie dans une nouvelle ville. Ils rêvent d’un appartement rien qu’à eux, de silence, de s’engager dans les commandos Delta et d’aller combattre en Irak, de se présenter sous le surnom qu’ils avaient toujours voulu qu’on leur donne. Ils rêvent d’un endroit et d’une époque où ils pourraient utiliser tout ce qu’ils avaient appris et qu’ils ignoraient avant – avant leur mariage, s’entend. Alors ils pourraient être heureux.
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" Parce que nous sommes tous des criminels, n'est-ce pas ? Vous, non, bien sûr, parce que vous êtes jeunes et célibataires, mais moi, qui suis marié depuis des années, je rêve régulièrement de meurtre ! "
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Par Eipoca, le 13/07/2011
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Une fois qu'ils sont dans leur avion, ils le voient comme une rupture dans la séquence de leur vie, des sortes de limbes ou de refuge sûr. Mais la vie voyage avec nous. Vous le savez bien. Il y a des divorces en avion. Des gens se fiancent en latitude. Des enfants sont conçu là-haut. Des enfants naissent là-haut aussi, en bonne santé. Et des gens meurent, d'infarctus, d'attaques cérébrales, de ruptures d'anévrismes... Ils boivent un verre et sombrent dan un sommeil éternel. Certains s'étouffent en mangeant. Ils sont sauvés. Des gens tombent amoureux. Des livre sont finis, qu'ils soient lus ou écrits. De grandes découvertes et des percées scientifiques sont faites. Et malgré tout cela, les gens considèrent le voyage, le mouvement, comme un moment de répit dans leur vie. Mais ils se trompent. Le mouvement n'a rien d'un répit. Il n'existe pas de répit. Le mouvement est notre état permanent.
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Tout le monde organisait une fête pour le 4 juillet et voulait une maison étincelante comme un diamant pour que les invités imaginent qu’elle était toujours ainsi, qu’au lieu de la petite trace de merde sur le siège des toilettes, ou des poils du chien sur le canapé, ou des caillots mastic de dentifrice dans le lavabo, on pouvait toujours voir son reflet dans les robinets et manger par terre sans souci. Alors les envieux convives se diraient que cette maison était plus propre, plus brillante et plus agréable que la leur, et que par conséquent la vie de leurs hôtes devait être meilleure.
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Et du jour où il avait compris cela, il s'était mis à craindre qu'elle ne reconnût sa propre beauté. Tant qu'elle ne l'aurait pas fait, personne d'autre ne la reconnaîtrait. Et tant que cela durerait, Alice y compris, elle n'aurait jamais suffisamment confiance en elle pour le quitter. Il serait toujours le centre de son monde, la seule personne, penserait-elle qui l'aimait et, par conséquent, tout ce qu'elle saurait jamais de l'amour. Et elle ne le quitterait jamais.
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Adam Ross
Hannah avait besoin de ses huit heures de sommeil et les protégeait farouchement, se mettant vraiment, mais vraiment, en rogne si on y touchait ; quand elle veillait trop tard, le manque de sommeil signait un chèque que l'irritation encaissait le lendemain.
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Adam Ross
Dans son lit, les phrases fusèrent comme de brillants météores. Mais le lendemain, leur éclat avait pâli.