Par Philippe Grimbert

Note moyenne : 3.57/5 (sur 96 notes)
Hachette diffuseur
ISBN : 2253117188  
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Souvent les enfants s'inventent une famille, une autre origine, d'autres parents. Le narrateur de ce livre, lui, s'est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu'il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas... Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c'est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu'il lui incombe de reconstituer. Une histoire tragique qui le ramène aux temps de l'Holocauste, et des millions de disparus sur qui s'est abattue une chape de silence. Psychanalyste, Philippe Grimbert est venu au roman avec La Petite Robe de Paul. Avec ce nouveau livre, couronné en 2004 par le prix Goncourt des lycéens et en 2005 par le Grand Prix littéraire des lectrices de Elle, il démontre avec autant de rigueur que d'émotion combien les puissances du roman peuvent aller loin dans l'exploration des secrets à l'œuvre dans nos vies.

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Critiques et avis sur Un secret


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    • Livres 5.00/5
    Par annie, 2008-08-26 16:24:51

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    les deux premiers chapitre...

    CHAP1

    Fils unique, j'ai longtemps eu un frère. Il fallait me croire sur parole quand je servais cette fable à mes relations de vacances, à mes amis de passage. J'avais un frère. Plus beau, plus fort. Un frère aîné, glorieux, invisible.

    J'étais toujours envieux, en visite chez un camarade, quand s'ouvrait la porte sur un autre qui lui ressemblait quelque peu. Des cheveux en bataille, un sourire en coin qu'on me présentait en deux mots : "?Mon frère.?"

    Une énigme, cet intrus avec lequel il fallait tout partager, y compris l'amour. Un vrai frère. Un semblable dans le visage duquel on se découvrait pour trait commun une mèche rebelle ou une dent de loup, un compagnon de chambrée dont on savait le plus intime, les humeurs, les goûts, les faiblesses, les odeurs.

    Une étrangeté pour moi qui régnais seul sur l'empire des quatre pièces de l'appartement familial. Unique objet d'amour, tendre souci de mes parents, je dormais pourtant mal, agité par de mauvais rêves.

    Je pleurais sitôt ma lampe éteinte, j'ignorais à qui s'adressaient ces larmes qui traversaient mon oreiller et se perdaient dans la nuit. Honteux sans en connaître la cause, souvent coupable sans raison, je retardais le moment de sombrer dans le sommeil.

    Ma vie d'enfant me fournissait chaque jour des tristesses et des craintes que j'entretenais dans ma solitude. Ces larmes, il me fallait quelqu'un avec qui les partager.



    CHAP2

    Un jour enfin je n'ai plus été seul.

    J'avais tenu à accompagner ma mère dans la chambre de service, où elle voulait faire un peu de rangement. Je découvrais sous les toits cette pièce inconnue, son odeur de renfermé, ses meubles bancals, ses empilements de valises aux serrures rouillées. Elle avait soulevé le couvercle d'une malle dans laquelle elle pensait retrouver les magazines de mode qui publiaient autrefois ses dessins.

    Elle avait eu un sursaut en y découvrant le petit chien aux yeux de bakélite qui dormait là, couché sur une pile de couvertures. La peluche râpée, le museau poussiéreux, il était vêtu d'un manteau de tricot.

    Je m'en étais aussitôt emparé et l'avais serré sur ma poitrine, mais j'avais dû renoncer à l'emporter dans ma chambre, sensible au malaise de ma mère qui m'incitait à le remettre à sa place.

    La nuit qui a suivi je pressais pour la première fois ma joue mouillée contre la poitrine d'un frère. Il venait de faire son entrée dans ma vie, je n'allais plus le quitter.

    De ce jour j'ai marché dans son ombre, flotté dans son empreinte comme dans un costume trop large. Il m'accompagnait au square, à l'école, je parlais de lui à tous ceux que je rencontrais.

    A la maison j'avais même inventé un jeu qui me permettait de lui faire partager notre existence : je demandais qu'on l'attende avant de passer à table, qu'on le serve avant moi, que l'on prépare ses affaires avant les miennes au moment du départ en vacances.

    Je m'étais créé un frère derrière lequel j'allais m'effacer, un frère qui allait peser sur moi, de tout son poids. - Copyright © Éditions Grasset & Fasquelle



    *



    Voir nouveautés ches l'éditeur : http://www.grasset.fr/nouveautes/nouveau.htm
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    • Livres 5.00/5
    Par annie, 2008-08-26 16:23:59

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    Un livre exceptionnel !



    Souvent les enfants s'inventent une famille, une autre origine, d'autres parents. Le narrateur de ce livre, lui, s'est inventé un frère.

    Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu'il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas... Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque.

    Et c'est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu'il lui incombe de reconstituer.

    Une histoire tragique qui le ramène aux temps de l'Holocauste, et des millions de disparus sur qui s'est abattue une chape de silence.

    Psychanalyste, Philippe Grimbert est venu au roman avec La Petite Robe de Paul.

    Avec ce nouveau livre,

    couronné en 2004 par le prix Goncourt des lycéens

    et

    en 2005 par le Grand Prix littéraire des lectrices de Elle,

    il démontre avec autant de rigueur que d'émotion combien les puissances du roman peuvent aller loin dansl'exploration des secrets à l'œuvre dans nos vies.

    Philippe Grimbert a précédemment publié trois essais :



    Psychanalyse de la chanson (Les Belles Lettres 1996),

    Pas de fumée sans Freud (Armand Colin 1999, Hachette Littérature 2001)

    et Chantons sous la psy (Hachette Littérature 2002).

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    • Livres 3.00/5
    Par Nanou2008, 2009-01-18 20:50:19

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    Un beau roman, sur une période qui m'intéresse particulièrement (la 2e guerre), mais qui étonnamment ne surpasse pas spécialement le film qui en a été tiré !

    Reste une histoire belle et douloureuse sur ces secrets de famille que les enfants devinent bien souvent et sur ces tragédies de l'Histoire.

    Ou comment la petite histoire (une histoire de jalousie et de rivalité) rencontre la grande Histoire (la déportation des juifs de France).

    A noter aussi cette question du nom de famille qui, comme le reste, est maudit et nié.

    Difficile peut-être de lire un livre après en avoir vu l'adaptation ciné...

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    • Livres 4.00/5
    Par Leiloona, 2009-01-13 21:39:02

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    C'est la troisième fois que je lis ce roman, et à chaque fois je suis captivée par cette histoire. Grimbert a su donner à sa vie une portée universelle.

    Il s'agit en effet de son histoire, même s'il l'a romancée. Petit garçon, il a vécu avec un poids en lui, un poids qui l'empêchait de grandir, de s'étoffer. Et c'est Louise (créée pour le livre) qui lui a permis de grandir.

    A chaque lecture, je ne peux m'empêcher d'être touchée par ce petit garçon malingre qui peine à trouver sa place auprès de parents si parfaits et cette mère qui, telle Médée, sacrifie son enfant.

    Lien : http://leiloona.canalblog.com/archives/2009/01/08/12007421.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Zara, 2008-12-07 15:53:29

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    Philippe Grimbert raconte à travers ce roman son enfance de petit garçon chétif, fils unique d’un couple d’athlètes fous amoureux l’un de l’autre. Pour contrer sa solitude, il s’invente un frère ainé, fort et courageux, et imagine la façon dont ses parents se sont rencontrés et aimés ; jusqu’à ce qu’il apprenne le secret qui entoure sa famille : une triste histoire déroulée durant la seconde guerre mondiale…

    Lien : http://ainsi-bloggait-zarathoustra.fr/2008/05/27/un-secret-de-philip..
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Citations et extraits de Un secret


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  • Par Nanne, 2009-01-31 18:04:35

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    Le lendemain de mes quinze ans, j'apprenais enfin ce que j'avais toujours su. J'aurais pu moi aussi coudre l'insigne à ma poitrine, comme ma vieille amie, fuir les persécutions, comme mes parents, mes chères statues. Comme tous ceux de ma famille. Comme leurs semblables, ces voisins, ces inconnus, dénoncés par la dernière syllabe de leurs noms en sky, en thal ou en stein.
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  • Par Nanne, 2009-01-31 18:03:53

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    Fils unique, j'ai longtemps eu un frère. Il fallait me croire sur parole quand je servais cette fable à mes relations de vacances, à mes amis de passage. J'avais un frère. Plus beau, plus fort. Un frère aîné, glorieux, invisible.
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  • Par mlle-laura, 2008-08-20 23:37:39

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    Il fallait bien qu'un jour ou l'autre son fantôme apparût dans cette brêche, qu'il surgit de ces confidences. Ma découverte du petit chien de peluche l'avait arraché à sa nuit et il était venu hanter mon enfance. Sans ma vieille amie, peut-être n'aurais-je jamais su. Sans doute aurais je continué à partager mon lit avec celui qui m'imposait sa force, ignorant que c'était avec Simon que je luttais, enroulant mes jambes aux siennes, mêlant mon souffle au sien et finissant toujours vaincu. Je ne pouvais pas savoir qu'on ne gagne jamais contre un mort.
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  • Par mlle-laura, 2008-08-20 23:33:02

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    Aussi longtemps que possible, j'avais retardé le moment de savoir : je m'écorchais aux barbelés d'un enclos de silence.
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  • Par Ori, 2008-06-27 19:30:14

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    Citations (à ne pas lire si vous ne connaissez pas "le secret") :
    - Tous mes proches savaient, tous avaient connu Simon, l'avaient aimé. Tous avaient en mémoire sa vigueur, son autorité. Et tous me l'avaient tu. A leur tour, sans le vouloir, ils l'avaient rayé de la liste des morts comme de celle des vivants, répétant par amour le geste de ses assassins."
    - "Jusqu'à leur arrivée dans le café on n'entendra pas sa voix. Un peu plus tard elle parlera, pour la première fois depuis le départ de Paris. Alors elle prononcera une phrase, une seule, qui perdra Simon"
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