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Par line70, le 19/03/2011
Mangez-moi de
Agnès Desarthe
Je me demande à quel moment j'ai compris qu'il fallait faire beaucoup plus d'efforts qu'auparavant pour continuer à vivre. Simplement à vivre. Je m'étais toujours figuré, je ne sais pourquoi, que l'existence avait la forme d'une montagne. L'enfance, l'adolescence et le début de l'âge adulte correspondaient à la montée. Ensuite, arrivé à quarante ou cinquante ans, la descente s'amorçait, une descente vertigineuse, bien entendu, vers la mort. Cette idée, assez commune je crois, est fausse. Je le découvre un peu plus précisément chaque jour. C'est par la descente qu'on commence, en roue libre, sans effort. On dispose de tout son temps pour contempler le paysage et se réjouir des parfums - c'est pourquoi les odeurs d'enfance sont si tenaces.
Ce n'est que plus tard que la véritable côte nous apparaît, et l'on met bien du temps à la reconnaître pour ce qu'elle est : une pénible ascension qui a la même issue que la folle pente sur laquelle on s'imaginait projeté à pleine vitesse.
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Par Jumax, le 10/12/2012
Petit Prince Pouf de
Agnès Desarthe
"Bonjour, Petit Pince Pouf. Je suis ton maître d'école. Je m'appelle Monsieur Ku." "Enchanté", dit Petit Prince Pouf. "C'est étrange", dit Monsieur Ku, "tu es le premier enfant que je rencontre à ne pas éclater de rire en entendant mon nom." "Oh, vous savez", dit le prince, "quand on s'appelle Pouf..."
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Par FRANGA, le 01/12/2012
Une partie de chasse de
Agnès Desarthe
C'est bien ce que je disais, bougonne le lapin, excédé. Vous séparez. Vous divisez. Vous vous croyez supérieurs pour cette raison, mais vous êtes vos propres dupes. J'ai beaucoup de tendresse pour toi, jeune homme, mais j'ai honte quand je t'écoute. J'ai honte de l'existence morcelée que tu mènes.
Absence de continuité. Classification stérilisante. En catégorisant, tu assassines. Cette femme, Emma, si tout est raté avec elle, quitte-la. Et ne me parle pas d'amour. Comme si je ne savais pas ce que c'est. Votre passion guindée, votre distance, le respect qu'elle t'inspire. Foutaises.
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Mangez-moi de
Agnès Desarthe
Je m'étais toujours figuré, je ne sais pourquoi que l'existence avait la forme d'une montagne. L'enfance, l'adolescence et le début de l'âge adulte correspondaient à la montée. Ensuite, arrivé à 40 ou 50 ans, la descente s'amorçait, une descente vertigineuse, bien entendu, vers la mort.Cette idée, assez commune je crois, est fausse . Je le découvre un peu plus précisément chaque jour. C'est par la descente qu'on commence, en roue libre, sans effort. On dispose de tout son temps pour contempler le paysage et se réjouir des parfums- c'est pourquoi les odeurs d'enfance sont si tenaces.
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Mangez-moi de
Agnès Desarthe
Suis-je une menteuse? Oui, car au banquier, j'ai dit que j'avais fait l'école hôtelière et un stage de dix-huit mois dans les cuisines du Ritz.Je lui ai montré les diplômes et les contrats que j'avais fabriqué la veille. J'ai aussi brandi un BTS de gestion, un très joli faux. J'aime vivre dangereusement. C'est ce qui m'a perdue, autrefois, c'est ce qui me fait gagner aujourd'hui. Le banquier n'y a vu que du feu. Il a accordé l'emprunt. Je l'ai remercié sans trembler. La visite médicale? Pas de problème. Mon sang, mon précieux sang est propre, tout propre, comme si je n'avais rien vécu.
Suis-je une menteuse? Non, car tout ce que je prétends savoir faire, je sais le faire.
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Par luocine, le 20/09/2009
Le Remplaçant de
Agnès Desarthe
Les nazis nous traitent de cancrelats, ils nous voient comme des montres infestés de vermine, des sous-hommes, nous comparent aux fruits gâtés qu’il convient de détruire afin qu’ils ne contaminent pas les récoltes saines, et nous chantons, et nous disons des vers, nous récitons la Divine Comédie , des fables et des comptines. Cela ne sert à rien, on meurt quand même. L’art ne sert à rien, car on meurt toujours. Mais l’image reste. L’image d’un convoi d’enfants qui chantent en allant vers la mort et disent « en nous exterminant, c’est vous-mêmes que vous tuez »
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Par jostein, le 28/09/2010
Dans la nuit brune de
Agnès Desarthe
C'est quoi d'ailleurs l'amour...
C'est quand on pense à l'autre en souriant
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Par FRANGA, le 09/11/2012
Quelques minutes de bonheur absolu de
Agnès Desarthe
Il n'y avait plus aucune rancoeur en elle. Elle avait l'impression d'être dans le même sac qu'eux, un sac absurde qui roulait lentement vers la disparition. Il n'était plus question de nostalgie. Tous les gens rassemblés dans cette salle n'étaient que des poussières brièvement animées qui allaient déformer imperceptiblement le drap des siècles placides. Il n'y avait pas de quoi s'énerver, le repose se trouvait au bout de tous les chemins. On n'avait qu'à faire du mieux possible, afin de donner une petite couleur individuelle, une lueur pure et humble au morceau de temps qui nous portait sur son dos.
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Par kathy, le 12/01/2013
Une partie de chasse de
Agnès Desarthe
Il avait dix-huit ans. Tout arrivait trop vite dans sa vie. Il avait l'impression que quelqu'un avait tourné la molette du temps et que son existence se déroulait en accéléré.
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Mangez-moi de
Agnès Desarthe
Le réel, c'est quand les choses se passent très mal et s'enchaînent admirablement. Le rêve, à l'inverse, c'est quand tout se passe très bien, mais sans lien.