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Par Alice5, le 05/02/2012
Je ne t'aime toujours pas, Paulus de
Agnès Desarthe
Tu as un peu la nausée, tu as du mou dans les genoux, un truc qui chatouille vers le nombril, un agacement au niveau des épaules, tu as envie de tout casser, de courir, de sauter, et, en même temps, tu es épuisée, ton cœur bat très vite et pourtant tu as l’impression de manquer d’air. Si tu entends une musique sentimentale, tu as l’impression que ton corps s’allonge. Tu manges trop ou tu ne manges pas. La nuit, dans ton lit, tu te tournes, tu te retournes, et tu as envie de rire et que quelqu’un te voie.
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Le Remplaçant de
Agnès Desarthe
Nous avons tous commencé par être des enfants, c'est ce que nous devrions le mieux connaître. Ce qui se passe dans la tête d'un petit ne devrait jamais nous surprendre mais, au contraire, nous être familier, nous rappeler à nous-même ce que nous étions autrefois. Or c'est l'inverse. L'enfant nous déroute. Il se sent incompris et mal aimé, quand, de notre côté, nous nous sentons trahis et impuissants. Quelle est la substance de l'écran qui se dresse entre lui et nous ? Quel est le rôle du voile amnésique qui nous sépare ?
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Le Remplaçant de
Agnès Desarthe
C'était cela la vraie douleur : être une mère sans enfants, un écrivain sans livres, un chanteur sans voix, un conteur sans histoires. Avoir le désir et l'envergure, l'ambition et les dispositions nécessaires, mais échouer malgré tout, par manque d'initiative, de chance, ou encore par hasard.
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Par line70, le 19/03/2011
Mangez-moi de
Agnès Desarthe
Je me demande à quel moment j'ai compris qu'il fallait faire beaucoup plus d'efforts qu'auparavant pour continuer à vivre. Simplement à vivre. Je m'étais toujours figuré, je ne sais pourquoi, que l'existence avait la forme d'une montagne. L'enfance, l'adolescence et le début de l'âge adulte correspondaient à la montée. Ensuite, arrivé à quarante ou cinquante ans, la descente s'amorçait, une descente vertigineuse, bien entendu, vers la mort. Cette idée, assez commune je crois, est fausse. Je le découvre un peu plus précisément chaque jour. C'est par la descente qu'on commence, en roue libre, sans effort. On dispose de tout son temps pour contempler le paysage et se réjouir des parfums - c'est pourquoi les odeurs d'enfance sont si tenaces.
Ce n'est que plus tard que la véritable côte nous apparaît, et l'on met bien du temps à la reconnaître pour ce qu'elle est : une pénible ascension qui a la même issue que la folle pente sur laquelle on s'imaginait projeté à pleine vitesse.
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Par jostein, le 28/09/2010
Dans la nuit brune de
Agnès Desarthe
C'est quoi d'ailleurs l'amour...
C'est quand on pense à l'autre en souriant
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Mangez-moi de
Agnès Desarthe
Je m'étais toujours figuré, je ne sais pourquoi que l'existence avait la forme d'une montagne. L'enfance, l'adolescence et le début de l'âge adulte correspondaient à la montée. Ensuite, arrivé à 40 ou 50 ans, la descente s'amorçait, une descente vertigineuse, bien entendu, vers la mort.Cette idée, assez commune je crois, est fausse . Je le découvre un peu plus précisément chaque jour. C'est par la descente qu'on commence, en roue livre, sans effort. On dispose de tout son temps pour contempler le paysage et se réjouir des parfums- c'est pourquoi les odeurs d'enfance sont si tenaces.
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Par luocine, le 20/09/2009
Le Remplaçant de
Agnès Desarthe
Les nazis nous traitent de cancrelats, ils nous voient comme des montres infestés de vermine, des sous-hommes, nous comparent aux fruits gâtés qu’il convient de détruire afin qu’ils ne contaminent pas les récoltes saines, et nous chantons, et nous disons des vers, nous récitons la Divine Comédie , des fables et des comptines. Cela ne sert à rien, on meurt quand même. L’art ne sert à rien, car on meurt toujours. Mais l’image reste. L’image d’un convoi d’enfants qui chantent en allant vers la mort et disent « en nous exterminant, c’est vous-mêmes que vous tuez »
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Le Remplaçant de
Agnès Desarthe
Il y avait trop de données, trop de noms : Russie, Moldavie, Roumanie, Bessarabie, Ukraine.
"Mais le yiddish, c'est où qu'on le parle ? - A la maison", répondait-il.
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Le Remplaçant de
Agnès Desarthe
Triple B avait le bon goût de n'être pas à la hauteur du disparu ; ni aussi beau, ni aussi intelligent, ni aussi poétique que le mort qu'il remplaçait. On avait perdu au change, et c'était parfait ainsi, moins culpabilisant. La médiocrité du nouveau permettait d'honorer convenablement la mémoire de l'ancien.
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Mangez-moi de
Agnès Desarthe
Suis-je une menteuse? Oui, car au banquier, j'ai dit que j'avais fait l'école hôtelière et un stage de dix-huit mois dans les cuisines du Ritz.Je lui ai montré les diplômes et les contrats que j'avais fabriqué la veille. J'ai aussi brandi un BTS de gestion, un très joli faux. J'aime vivre dangereusement. C'est ce qui m'a perdue, autrefois, c'est ce qui me fait gagner aujourd'hui. Le banquier n'y a vu que du feu. Il a accordé l'emprunt. Je l'ai remercié sans trembler. La visite médicale? Pas de problème. Mon sang, mon précieux sang est propre, tout propre, comme si je n'avais rien vécu.
Suis-je une menteuse? Non, car tout ce que je prétends savoir faire, je sais le faire.
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