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Par Outis, le 25/10/2007
Sans moi de
Marie Desplechin
Il faut claquer la porte tant qu’on peut la claquer. Après c’est trop tard, et crois-moi, trop tard c’est très vite. Si tu obéis maintenant, tu obéiras toute ta vie.
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Par Outis, le 25/10/2007
Sans moi de
Marie Desplechin
J’écoute le silence domestique. Il y a une jubilation de conjuré à confirmer ce que je sais : quand les enfants sont partis, je suis toute seule.
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Par Outis, le 25/10/2007
Sans moi de
Marie Desplechin
J’ai raccroché le téléphone, ma faiblesse me faisait honte. Plus cette honte était grande, et plus elle était profonde, plus je souhaitais laisser d’autres misérables messages, plus je voulais que l’on me rappelle, pour me rendre de la consistance, je n’existais plus qu’à peine, dilué dans la solitude et l’attente.
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Par Outis, le 25/10/2007
Sans moi de
Marie Desplechin
Je fus ainsi rappelée à deux vérités. La première, quel qu’ait été mon désir de renvoyer dos à dos victimes et bourreaux sous prétexte d’histoire, ce monde indigne se pensait au présent, et il était proprement scié en deux. Il fallait que je me résigne à savoir de quel côté ranger mon cœur. La seconde, ce n’est pas parce qu’un travail est idiot que ce n’est pas du travail. L’injuste collaborateur du monde indigne ne bosse pas moins que son intègre contempteur. Et même, souvent, il en fait plus. Je pouvais me moquer autant que je voulais, je n’allais pas m’en tirer comme ça.
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Par VanessaV, le 23/06/2010
Verte de
Marie Desplechin
- Qu’est-ce que tu lui as fait, à Mme Arsène ? a demandé Verte avec une pointe d’inquiétude dans la voix.
- Un tas de choses. Des crèmes et des lotions pour la peau et les cheveux, une potion pour la digestion, une autre pour le moral, des abonnements d’un an à des magazines distrayants.
- Il n’y a pas un gramme de sorcellerie dans tout ça, a protesté Verte. C’est à la portée de n’importe quel pharmacien ou de n’importe quel libraire !
- Ksss, ksss, petite ignorante. Je suis mille fois plus mystérieuse et mille fois plus efficace que tous les pharmaciens et tous les libraires du monde. En prime, j’ai envoyé quelques sorts désopilants sur sa maison, si bien que sa vie est devenue pendant quelques semaines une suite ininterrompue de joyeuses surprises, musique brésilienne au réveil, envol d’oiseaux multicolores sous ses fenêtres, escorte d’admirateurs devant sa porte, frigo fournisseur de menus diététiques et tutti quanti.
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