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Week-end de chasse à la mère - Prix Femina 1996 de
Geneviève Brisac
Son joli titre m'a fait rêver, et je m'y suis jetée avec cet espoir bizarre que nourrissent, je suppose, les autres aussi bien que moi : trouver dans un livre LA réponse à une question dont on n'a pas la moindre idée, quelque chose comme une solution générale, une explication et un réconfort.
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Par MyaRosa, le 29/04/2010
Les filles sont au café de
Geneviève Brisac
Je suis opposée à cette banalisation de l'emploi des femmes de ménage, quel que soit le nom qu'on leur donne, assistante ménagère, aide à domicile, esclave, salariée, bonne, ramasseuse des déchets de nos vies lamentables et pasteurisées. Pourquoi un être humain devrait-il faire appel à un autre être humain pour laver le sol qu'il a taché, repasser le linge qu'il a froissé, éplucher les légumes qu'il va manger, recoudre les tissus qu'il a déchirés, oui, pourquoi, et quelle différence cela fait-il avec toutes les anciennes pratiques esclavagistes que nous vomissons ?
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Week-end de chasse à la mère - Prix Femina 1996 de
Geneviève Brisac
Je sais que nous devons sortir. Prendre l'air. C'est une des rares certitudes maternelles que j'aie faites miennes. Prendre l'air tous les jours. Quoiqu'il arrive. Aller au jardin, y rester jusqu'à sentir le désespoir faire son sale petit ouvrage sans retour. C'est, je suppose, ainsi que d'autres vont à l'église, ou faire des courses.
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Par MyaRosa, le 29/04/2010
Les filles sont au café de
Geneviève Brisac
Partons sur les routes, je chante une chanson de marche qui me ragaillardit, ensemble nous avons marché, marché le long des routes, ensemble nous avons cherché. Je ne sais plus ce qu'on cherchait, la révolution, le bruit de nos voix, le charme de nos slogans creux, ensemble, cela n'a pas grande importance, des fleurs aux creux des vallons sans doute, je volette entre les murs jaunâtres, ils ne nous auront pas. On peut encore s'enfuir, il faut que je pense à le dire à Ramon. La cuisine sent une odeur de rouille, comme si des artichauts avaient mijoté pendant des semaines. Je cherche des bouts d'âme abandonnés par les anciens occupants. Une variété humaine, me semble t-il , aux besoins en oxygène extrêmement réduits.
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Par MyaRosa, le 29/04/2010
Les filles sont au café de
Geneviève Brisac
Il fait gris, l'automne est là, la lumière s'enfuit.
Comment réveiller le monde ? m'a demandé Arnaud.
Il avait cette fougue que je regrette souvent, je fouille mes poches, je me demande où elle est passée. Et je me dis : comment me réveiller moi ? Il y a des jours, des semaines entières où l'on ne se réveille pas.
Et il va de soi que si vous ne pouvez vous réveiller vous-même, il est bien prétentieux de songer - même une seconde, même pour rire - à réveiller le monde, même une seule fois, et d'une seule façon.
Je cherche ma façon. [...] Mais j'ai l'impression que le monde ne va, once more, pas avoir envie de se réveiller.
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Week-end de chasse à la mère - Prix Femina 1996 de
Geneviève Brisac
Eugenio se laisse aller au merveilleux bruit du train, cela me rappelle que le monde se referme doucement derrière nous. On s'en fiche, le train, comme un bateau au large, protège de tout.
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Par MyaRosa, le 29/04/2010
Les filles sont au café de
Geneviève Brisac
J'ai fui dans un autre quartier, j'ai changé mes habitudes, comme on fait quand on fuit un amour : on prend soin d'éviter les lieux qui l'évoquent, les allées où l'on a marché sans savoir son bonheur, les ruelles où l'on a échangé des baisers. Les cafés où l'on a échangé les insultes définitives.
Je connais des gens, à force, ils ne peuvent plus aller nulle part, tout lieu corrompu et empoisonné par d'anciennes amours.
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Week-end de chasse à la mère - Prix Femina 1996 de
Geneviève Brisac
Pourquoi les petites plumes blanches font-elles autant d'effet ? Leur légèreté, je crois, fait d'elles le symbole de la vulnérabilité existentielle : sitôt répandues et déjà dispersées. En vérité, elles tiennent bien, on en retrouve des semaines après, accrochées à une brindille, à un buisson.
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Par MyaRosa, le 29/04/2010
Les filles sont au café de
Geneviève Brisac
Je vois nos vies, ce qu'il en reste. Du pain et des rêves, il ne reste que croûtons et cauchemars.
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Par litolff, le 05/10/2011
Une année avec mon père de
Geneviève Brisac
Ta mère avait raison, murmure mon père, la littérature durcit le coeur, les écrivains sont des monstres d'indifférence. C'est ce qu'elle disait toujours.
Il y a des boulangers d'une cruauté extrême, dis-je, et des fleuristes nazis.