-
Par Lolokili, le 28/01/2012
Des vies d'oiseaux de
Véronique Ovaldé
Paloma a toujours pensé que si ses parents s’étaient regardés le matin au-dessus de la table de petit déjeuner ils se seraient jetés l’un sur l’autre pour s’entrégorger.
Elle est convaincue que prendre son petit déjeuner en compagnie est une activité dangereuse.
Pour sa part, elle a besoin de rester debout dans la cuisine, absolument seule avec son thé, l’œil fixe, elle a besoin d’un espace de transition entre sa nuit et la journée.
-
Par Lolokili, le 28/01/2012
Des vies d'oiseaux de
Véronique Ovaldé
Et comment ne pas ressentir une vive douleur quand vous n’avez, aux yeux de quiconque, aucune raison de vous plaindre ni de vous ni de ce qui vous entoure mais qu’un chagrin tenace vous habite, et existe-t-il une chance que cela change puisque, comme le rappelait souvent Paloma, il y a un âge où l’on ne fait qu’accentuer sa pente
-
Par Nadael, le 07/04/2010
Ce que je sais de Vera Candida de
Véronique Ovaldé
L'odeur de Monica Rose faisait chavirer Vera Candida. Elle s'asseyait près de sa fille et plongeait le visage dans ses cheveux. Ils sentaient le sel et l'iode, le vent et quelque chose de plus souterrain et mammifère, comme la sueur d'un minuscule rongeur ou bien d'un petit loup. Monica Rose sentait la fourrure. Vera Candida se disait toujours, Comment ferai-je quand je serai une très vieille femme, que je n'y verrai plus, que je tenterai de me souvenir de cette odeur. Elle s'efforçait d'enregistrer comme sur des cylindres d'argile les sensations liées à sa fille : la main de la petite dans la sienne, la façon dont Monica Rose serrait son cou avec ses bras aussi fins que des roseaux, elle serrait serrait en y mettant toute sa minuscule force, et c'était inenvisageable de ne plus être deux un jour, c'était si injuste que cela paraissait impossible.
> lire la suite
-
Par mariech, le 09/12/2011
Des vies d'oiseaux de
Véronique Ovaldé
Vida se lève de table durant la soirée et en passant dans le couloir elle aperçoit son reflet dans le miroir . Ce qui lui crée un léger choc . Elle se sent ridicule dans ses voiles verts , on dirait une Grâce Kelly inconsolable , l'une de ces femmes qui boivent trop de gin tonic dans les films brésiliens des années 60 .
-
Par oops, le 25/10/2011
Des vies d'oiseaux de
Véronique Ovaldé
Aussi quand ce détachement s'était installé en elle et c'était venu très lentement tout comme les hommes cessent de vous regarder quand vous vieillissez, chaque jour moins d'hommes vous regardent ou vous complimentent, chaque jour leur intérêt pour vous s'émousse et leurs hommages s'espacent, si vous n'y prêtez pas garde, vous vous réveillez un matin et vous êtes devenue invisible ; si vous y prenez garde et n'en prenez pas votre parti, c'est une infime piqûre journalière jusqu'à la métamorphose finale.
-
Par line70, le 25/03/2011
Ce que je sais de Vera Candida de
Véronique Ovaldé
Dans la vraie vie, on ne comprend pas toujours tout, il n'y a pas de notice, il faut que tu te débrouilles pour faire le tri.
-
Ce que je sais de Vera Candida de
Véronique Ovaldé
Rose Bustamente fut une grand-mère formidable. Elle débitait des sentences à tout bout de champs et Vera Candida les notait (du coup, elle avait en permanence un petit carnet et un minuscule crayon de bois dans la poche de son short pour noter les phrases de sa grand-mère et pouvoir les relire à loisir, y réfléchir et les relire, tenter d'y déceler du sens, et puis abandonner et se dire, Ce sera pour plus tard, comme si elle avait engrangé des noix de cajou pour parer à une famine à venir).
Il y a des gens qui pensent qu'il suffit que vous leur plaisiez pour qu'ils aient droit à votre corps, énonçait souvent Rose Bustamente...
> lire la suite
-
Par Chrys, le 30/09/2010
Ce que je sais de Vera Candida de
Véronique Ovaldé
Première rencontre de Vera Candida et Itxaga:
P112: "De toute façon elle décréta qu'il ne lui plaisait pas: il était trop grand et n'était pas assez vieil homme pour lui faire le moindre effet- sa grand-mère Rose Bustamente disait toujours qu'il fallait se choisir un homme beaucoup plus âgé que soi "parce qu'ils en ont fini avec leurs problèmes et peuvent ainsi s'occuper des tiens", elle ne disait jamais ce que les femmes de Vatupuna répétaient sans cesse, qu'elles attendaient d'un homme qu'il soit travailleur, qu'il les aime et les respecte, parce que, quand elle entendait ça, Rose Bustamente levait les yeux au ciel, haussait les épaules et s'exclamait, Autant espérer une pluie d'or du cul d'un âne.
> lire la suite
-
Par jostein, le 26/08/2011
Des vies d'oiseaux de
Véronique Ovaldé
Les prières ne sont jamais entendues de personne, elles errent dans un grand désert gris et cendreux que le vent balaie sans jamais s'interrompre et elles ne sortent jamais des ténèbres.
-
Des vies d'oiseaux de
Véronique Ovaldé
"Mais combien de temps durera cette histoire ?" Alors elle balaiera cette pensée, elle se répétera la phrase que Taïbo lui répète toujours sans la moindre malice ni la moindre intention de la blesser, "Si tu voulais des garanties, ma douce, il fallait acheter un toaster", alors elle se laissera aller à son inclination, elle s'amollira dans ses bras et goûtera ce moment.