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ISBN : 2757805185
Éditeur : Points (2007)


Note moyenne : 3.62/5 (sur 299 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Ouvrir un restaurant ? Quelle idée...
C’est pourtant celle qui vient à l’esprit de Myriam, et qu’elle s’empresse de mettre à exécution. Les ennuis commencent car ce restaurant est aussi sa maison. Éviter la faillite, vivre en clandestine et garder le secret sur u... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Lorraine47, le 23 avril 2015

    Lorraine47
    Quelle drôle de bonne femme Myriam! A l'âge où la plupart de ses congénères sont bien installées dans la vie, elle reprend tout à zéro. Elle n'a pas la quarantaine triomphante, c'est le moins qu'on puisse dire mais comme elle n'a plus rien à perdre, elle a l'audace du désespoir. Ouvrir un restaurant, seule et y dormir parce qu'elle n'a pas d'autre solution, Myriam relève avec brio ce pari un peu fou et trouve en chemin d'autres têtes brûlées qui vont l'aider à mener à bien cette aventure de la dernière chance.
    Myriam est attachante et sa conception de la restauration qui est avant tout faite de partage et d'amour ne peut que toucher le lecteur au plus profond de ses tripes. Petit à petit nous nous lions d'amitié avec elle, elle nous révèle ses failles, son bannissement de la famille après une grosse erreur dont elle se tient pour responsable. Seule, lâchée par son mari, rejetée par son fils, Myriam relève courageusement la tête et entame devant nous une symphonie sans tambours ni trompettes, mais sa musique lyrique est toute empreinte d'émotions et de saveurs suaves.
    Mangez-moi est un hymne à l'amour. Mitonner pour ceux qu'on aime est un acte d'amour, certes très quotidien, parfois trivial mais je suis persuadée que pour bien cuisiner il faut aimer les autres, en tout cas être dans ce don de soi.
    Je me suis personnellement régalée à la lecture des belles phrases d'Agnès Desarthe, une écriture émouvante et très "punchy", oserais-je dire épicée? Un livre que j'ai gloutonné en quelques heures, hips!
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    • Livres 3.00/5
    Par comtesseoboulof, le 30 septembre 2012

    comtesseoboulof
    Voilà un livre que j'ai mangé moi aussi , que j'ai dégusté pour être exacte , un roman succulent…
    Myriam est une femme de 43 ans un peu perdue, lunaire, un peu utopiste qui monte un restaurant, ou plutôt un endroit où les gens viendront manger ses petits plats , sortis tout droit de son imagination, mélange de saveur et de simplicité. Elle débute dans un petit local , avec quelques chaises usagées, une étagère avec des livres , une banquette pour dormir, et une étroite cuisine avec un évier qui lui sert aussi de bac à douche. Cette femme au passé cabossé comme un vielle casserole, pose ces valises et s'autorise à être, tout simplement, sans formatage. Elle épluche, émince, mélange, prépare de tendres gâteaux qu'elle vend pour quelques euros , sans notion de rentabilité. Elle donne plus qu'elle ne vend, elle veut faire plaisir Myriam, elle s'oublie dans sa cuisine d'amour , mangez, mangez moi , c'est sa part d'humanité qu'elle offre et à travers la douceur de ses plats, elle prends à chaque bouchée avalée une part d'amour elle aussi.
    Mais bon voilà , c'est bien beau tout ça, mais cette endroit doit devenir un commerce, et c'est Ben, le serveur tombé du ciel qui veut lui faire comprendre. Ben l'orphelin, connu dans tout le quartier, qui l'asticote, l'agace à vouloir faire évoluer les choses, à rentabiliser, à gérer l'administratif. Et voilà que Vincent aussi , le fleuriste du quartier s'y met aussi, à l'encourager vers l'extension.
    C'est pas bientôt fini de l'emmerder Myriam ?????
    Y'a du Anna Galvada dans ce roman. Il est temps de reconstruire mais Myriam ne veut pas se laisser faire , elle lutte, elle s'auto flagelle, elle est le monstre et compte bien le rester, mais des fois les choses ne se passent pas comme on les avait prévues. Et la vie vous pousse vers vous-même au lieu de vous en éloigner. C'est bon des livres comme ça, ça vous met la patate (c'est la cas de le dire !).
    En tout cas j'aurais bien été y manger : « Chez Moi ».
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    • Livres 3.00/5
    Par tynn, le 17 septembre 2013

    tynn
    En rupture de ban avec son passé douloureux, Myriam, femme fantasque et instable tente de reconstruire sa vie en ouvrant un petit restaurant.
    Malgré les difficultés de l'installation, les maigres ressources, les factures, la fatigue, le petit « Chez moi » devient vite un lieu de vie, chaleureux et convivial pour tout le quartier, à l'image de la propriétaire et de sa cuisine, simple, légère et généreuse.
    L'énergie et l'inventivité de ce cordon bleu, son attention aux autres ouvrent un horizon d'espoir et d'avenir réussi.
    Mais la fêlure est là, bien réelle, qui manipule la vie, malgré elle, en dépit d'elle… Myriam doit faire face aux fantômes du passé, à sa culpabilité, accepter les choix et les erreurs, ne pas être effrayée une nouvelle fois par la réussite et la stabilité.
    Comment ne pas s'attacher à cette jolie figure de femme, un brin solitaire, qui désire, envers et contre tout, rester en accord avec ses idées de partage, d'amour, d'amitié, de justice et d'égalité ?
    Comment rester indifférent face à la douleur maîtrisée, mais toujours tenace des secrets intimes, des regrets coupables, de l' « avant » si cruel, alors que le futur est rempli de promesses et de rencontres ?
    Comment ne pas être ému par la détresse de la mère qui croyait ne pas aimer son fils, par la fragilité de la femme qui ne se savait pas douée, elle aussi, pour le bonheur?
    On se sent comme dans un cocon dans le livre de Agnès Desarthe, un nid douillet d'odeurs et de saveurs, d'effluves de fleurs, de café, de desserts chocolatés. Il flotte ici comme un retour à l'enfance !
    Des personnages attachants, une certaine poésie culinaire, un livre bien écrit, très agréable à lire, qui souffre un peu de sa jaquette pas à la hauteur de la profondeur du sujet.
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    • Livres 3.00/5
    Par argali, le 16 janvier 2013

    argali
    Quelle jolie parabole que ce récit !

    A travers la création d'un restaurant de quartier atypique, Myriam, qui a eu jusqu'ici une vie instable faite de fuites et de déceptions, va s'ancrer dans un lieu et se construire une identité, surmontant lentement la culpabilité qui la taraude. Pour la première fois, elle a enfin l'impression d'être elle-même. Elle se prend en main, plus ou moins bien, et décide de mener à bien son grand rêve : ouvrir un restaurant qui lui ressemble et faire du bien autour d'elle.

    Mais Myriam est une rêveuse un peu menteuse, et les réalités financières quotidiennes d'un commerce lui échappent. Heureusement, elle sera aidée par un ange, engagé chez elle comme serveur. Un autre utopiste mais plus au fait de la gestion d'entreprise. Entre eux se nouera une relation maternelle protectrice où Myriam retrouvera l'amour et l'affection qu'elle a si mal donné à son propre fils.

    L'histoire de ce roman c'est aussi, et surtout, une histoire d'amour avortée, autodestructrice, entre une mère et son fils. Un fils parfait, brillant, gentil comme toutes les mères en rêveraient mais pour lequel Myriam a éprouvé si peu d'amour. Sa clientèle va pallier ce manque, pour un temps. Elle est enfin reconnue, aimée et revit peu à peu. Elle comprend alors qu'il n'est pas besoin d'être parfait pour être aimé ou être aimable. Et une digue lâche enfin.

    Agnès Desarthe a su donner à son personnage le brin de folie et les fêlures qui la rendent unique et intéressante. Ses pensées nous permettent de mieux appréhender sa personnalité et sa souffrance et au fil des pages, elle devient de plus en plus attachante. La langue est belle, drôle, sensuelle aussi

    Ce récit plein de saveurs nous relate finalement une quête initiatique originale où la tolérance et l'accueil de l'autre permettront à tous, et pas seulement à Myriam, de se construire une identité.

    Un petit coup de fraicheur et d'optimisme bienvenu en ces temps difficiles.


    Lien : http://argali.eklablog.fr
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    • Livres 4.00/5
    Par Syl, le 24 mars 2014

    Syl
    Afin de réaliser son rêve, Myriam est obligée de mentir à son banquier en ajoutant quelques fabulations sur son CV, pour le rendre riche et digne de confiance. L'emprunt dans la poche, elle peut monter sa petite affaire, un restaurant qu'elle appelle "Chez moi". le nom n'est pas anodin, il est une terre d'asile, une parcelle qui n'appartiendra qu'à elle. Cette chance qu'elle s'accorde, elle la peaufine les nuits d'insomnie en la souhaitant proche de ses idéaux. Elle ne veut pas d'un restaurant sans âme et froid, elle l'imagine chaleureux. le mieux serait qu'elle puisse choisir sa clientèle pour lui préparer avec amour des petits plats… Sa cuisine, elle la désire généreuse.
    Myriam a une quarantaine d'années et déjà, elle est bien fatiguée, lasse de cette vie qui tangue sur un fil. Que s'est-il passé ? Dans la journée, elle se donne à fond dans cette périlleuse entreprise, mais le soir, lorsqu'elle baisse son rideau de fer et qu'elle s'écroule sur son sac de couchage, elle retrouve son passé si douloureux et pesant…
    Une petite salle, des meubles de bric et de broc, une bibliothèque, un divan, une cuisine ouverte, une première journée d'incertitudes, un lendemain d'inauguration avec la famille, et voici ses premiers clients qui arrivent un peu à tâtons. Deux jeunes lycéennes qui prendront pension chez elle par la suite, et son voisin fleuriste qu'elle accepte malgré sa mauvaise haleine. Marianne les adopte sans contrepartie. Les filles ont des hanches dodues et ne font pas les mijaurées, elles aiment saucer, elles sont gourmandes, jeunes et fraîches. Vincent lui apporte des fleurs sur le déclin qu'elle met dans des carafons. Et bientôt Ben, un étudiant qui se passionne pour le restaurant et qui se propose comme serveur. Ben apporte à Myriam les bases qui lui manquent ; côté cuisine, rien à redire, mais côté gestion, c'est une catastrophe !
    Sur un cahier, elle note ses concepts et se motive. Sa seule ambition, c'est de retrouver une atmosphère familiale. En cuisinant, elle a les gestes de sa grand-mère et ceux de toutes les ménagères. C'est l'amour maternel qui renaît.
    Le quartier s'anime chez elle, ceux qui viennent déjeuner, ceux qui viennent souper et ceux qui passent pour un café dans la journée. Ça s'étire, ça devient un foyer. Comme à l'époque où elle travaillait en tant que cantinière dans un cirque, Mr. Slimane, dans sa camionnette bleue, lui apporte les produits de son jardin, des fruits et des légumes de qualité. le restaurant dégage l'humanité que Myriam recherchait, elle peut enfin se permettre une petite part de bonheur, c'est tout ce qu'elle s'autorise car les spectres du passé continuent à la perturber.
    Petit à petit, au fil de cette lecture qui se pare de plats alléchants, nous découvrons la peine secrète de Myriam. Elle se confie seulement à nous, timidement, et sans le savoir, amorce une guérison.
    Soupes, petites salades, herbes parfumées, boulettes de viande, terrines, daubes mais aussi une cuisine raffinée comme… "dos de cabillaud au jus de mûres et aux mousserons, mille-feuille d'aubergine et d'agneau, tourte blanche au fromage, aux raisins et cognac…", Myriam nous enchante, partage, et se donne. "Mangez-moi" pense-t-elle… Celle qui veut garder ses distances, se livre avec abnégation comme une offrande.
    C'est un très beau portrait de femme qu'Agnès Desarthe nous raconte. Poignant avec une poésie légère et gastronome, riche en sentiments, en désirs, en espoirs, le roman est une quête. Myriam recherche une légitimation et l'exploration douloureuse se fait dans la confidence. Elle ne se connaît pas, elle est humble alors qu'elle est solaire. L'amour ne se trompera pas… il l'a reconnaîtra.
    A ses côtés, de bonnes âmes sont ses anges gardiens. le cocon est doux, amical avec une once de sensualité.
    Je vous recommande cette belle histoire.
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Citations et extraits

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  • Par line70, le 19 mars 2011

    Je me demande à quel moment j'ai compris qu'il fallait faire beaucoup plus d'efforts qu'auparavant pour continuer à vivre. Simplement à vivre. Je m'étais toujours figuré, je ne sais pourquoi, que l'existence avait la forme d'une montagne. L'enfance, l'adolescence et le début de l'âge adulte correspondaient à la montée. Ensuite, arrivé à quarante ou cinquante ans, la descente s'amorçait, une descente vertigineuse, bien entendu, vers la mort. Cette idée, assez commune je crois, est fausse. Je le découvre un peu plus précisément chaque jour. C'est par la descente qu'on commence, en roue libre, sans effort. On dispose de tout son temps pour contempler le paysage et se réjouir des parfums - c'est pourquoi les odeurs d'enfance sont si tenaces.
    Ce n'est que plus tard que la véritable côte nous apparaît, et l'on met bien du temps à la reconnaître pour ce qu'elle est : une pénible ascension qui a la même issue que la folle pente sur laquelle on s'imaginait projeté à pleine vitesse.
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  • Par Evilysangel, le 26 novembre 2010

    Suis-je une menteuse? Oui, car au banquier, j'ai dit que j'avais fait l'école hôtelière et un stage de dix-huit mois dans les cuisines du Ritz.Je lui ai montré les diplômes et les contrats que j'avais fabriqué la veille. J'ai aussi brandi un BTS de gestion, un très joli faux. J'aime vivre dangereusement. C'est ce qui m'a perdue, autrefois, c'est ce qui me fait gagner aujourd'hui. Le banquier n'y a vu que du feu. Il a accordé l'emprunt. Je l'ai remercié sans trembler. La visite médicale? Pas de problème. Mon sang, mon précieux sang est propre, tout propre, comme si je n'avais rien vécu.

    Suis-je une menteuse? Non, car tout ce que je prétends savoir faire, je sais le faire.
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  • Par bibliophage, le 07 février 2011

    [...] le livre que j'ai perdu est un traité de philosophie. Mon chapitre préféré concerne le chien. L'auteur y explique que le chien n'est pas un animal. Le chien, selon lui, ou elle (de la même façon que j'ignore le nom des auteurs, j'ignore aussi leur sexe), le chien est un concept. Le doberman ressemble assez peu au cocker, qui lui-même partage peu d'attributs avec le chihuahua ; le saint-bernard peut rencontrer un pékinois, ils ont la capacité, théoriquement, de s'accoupler, mais cela arrive-t-il et cela est-il souhaitable ? Car, si d'un point de vue zoologique, ils appartiennent à la même espèce, d'un point de vue pratique, il saute aux yeux qu'ils ne sont pas faits l'un pour l'autre. L'auteur, il ou elle, s'étonnait ensuite que sa fille de trois ans (cette façon de mêler vie personnelle et rationalisation me ferait pencher pour un auteur anglo-saxon) fût capable de reconnaître à tout coup un chien quand elle en voyait un dans la rue, alors que les animaux qu'elle montrait, d'un index enthousiaste, réjouie de pouvoir étaler sa maîtrise conjuguée du langage et de la catégorisation, ne se ressemblaient pas le moins du monde entre eux. [...] Même muet, même les oreilles taillées en pointe, même sans queue, même vêtu d'un anorak miniature pour le protéger des intempéries, le chien conserve son intégrité conceptuelle. Une réflexion qui, bien qu'embrouillée, m'inquiète fort concernant l'indiscernabilité de mon établissement. Vincent ne peut pas dire que j'ai ouvert un restaurant. Il n'a pas de mot pour décrire l'endroit où nous nous trouvons et cela me donne le sentiment d'être un chien hors concept, le seul chien que les enfants de trois ans prennent parfois pour un ours, ou un chat.
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  • Par livresdetrain, le 24 août 2010

    Je m'étais toujours figuré, je ne sais pourquoi que l'existence avait la forme d'une montagne. L'enfance, l'adolescence et le début de l'âge adulte correspondaient à la montée. Ensuite, arrivé à 40 ou 50 ans, la descente s'amorçait, une descente vertigineuse, bien entendu, vers la mort.Cette idée, assez commune je crois, est fausse . Je le découvre un peu plus précisément chaque jour. C'est par la descente qu'on commence, en roue libre, sans effort. On dispose de tout son temps pour contempler le paysage et se réjouir des parfums- c'est pourquoi les odeurs d'enfance sont si tenaces.
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  • Par Lorraine47, le 22 avril 2015

    J'aime lever le rideau de fer pour rentrer chez moi. C'est archaïque et cela me procure un authentique sentiment de puissance. Une fois à l'intérieur, je le baisse à nouveau et je me sens protégée. Cette paupière d'acier qui, en se fermant, m'abstrait du monde - comme parfois un clignement d'oeil suffit à refouler une pensée, une larme - me fait mieux disparaître qu'une porte.

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